Note de l'auteur : En avant pour le chapitre 3 ! Au fait, c'est vrai que je ne l'ai pas dit, mais j'en suis déjà à 6 chapitres pour cette histoire, c'est juste que je ne publie pas tout d'un coup sur ce site, histoire de vous faire baver un peu =P Ouuh que je suis sadique ^^ Enfin bref, pour ceux qui ne pourraient pas attendre, je ne suis pas difficile à trouver 8D Pour les autres, contentez vous de prendre votre mal en patience ! =P (Et de me me faire entendre vos cris enragés et désespérés par la même occasion) ^p^ Je sens que ce chapitre va vous plaire, surtout la fin ! Mouhahahaha

Chapitre 3: Et si tout ne se passait pas comme prévu ?

Il devait être aux alentours de dix heures lorsque Levy se réveilla enfin. Les yeux étroitement clos pour ne pas être éblouie par le soleil qui éclairait la pièce, elle bailla et s'étira lentement avant de se retourner vers sa droite, la bouche déjà ouverte pour saluer Gajil. Sauf qu'elle ne s'adressa qu'à du vent, tout simplement parce qu'il n'était même pas dans le lit. Déjà levé sans doute.

La jeune fille s'habilla rapidement et se coiffa avant de sortir de la chambre. Et là, surprise, pas de Dragon Slayer. Elle plissa les yeux et fit la moue, se demandant où il était. Peut-être à la douche, mais elle n'irait jamais vérifier. Sauf qu'au bout d'une heure, elle se dit que finalement, il n'était pas en train de se laver. Mais où était-il dans ce cas ? Agacée elle prit son petit déjeuner, réunit ses affaires et sortit de la suite. Et voila, elle devait le chercher maintenant, tout ça parce qu'il ne l'avait pas prévenue. Elle descendit à la réception pour demander si quelqu'un l'avait vu et en effet, on lui confirma qu'il était sorti tôt ce matin. Non mais quel culot ! Il aurait pu au moins lui laisser un mot, ou quelque chose lui faisant comprendre où il allait ! Mais non, rien, rien du tout.

Elle sortit de l'hôtel en secouant la tête d'un air exaspéré, maudissant le mage d'acier. Il avait intérêt à revenir vite. Ça ne se faisait pas de disparaitre ainsi ! Faire le tour de la ville à la recherche de son compagnon lui prit toute la matinée, mais l'air frais de la montagne lui fit du bien. Sauf que personne ne pouvait lui donner d'indices vu que Gajil s'était levé tôt et que tout le monde dormait à ce moment là. Vaincue elle finit par rentrer pour déjeuner. Elle attendrait qu'il revienne en traduisant le livre, elle n'avait que ça à faire de toute façon. Même si c'était beaucoup moins amusant s'il n'était pas là pour discuter avec elle.

Lorsqu'elle eut fini de manger, elle s'assit à table et se remit au travail, terminant la deuxième page qu'elle avait commencée hier. Celle-ci, en plus de l'énigme au centre qu'elle avait déjà traduite, parlait de l'histoire des dragons. Comment ils étaient arrivés à Fiore depuis une contrée lointaine, comment ils avaient vécu ici, ce qu'ils avaient appris de ce monde… Et ceci, datant d'une époque tellement lointaine que même les humains ne connaissaient pas encore ce pays. C'était vraiment fascinant. D'habitude, Levy n'était pas tellement fan des livres d'histoire, mais celui là était tellement passionnant qu'elle ne pouvait plus s'en détacher. Lorsqu'elle eut fini, il était presque quatre heures et elle décida de faire une pause en attendant d'avoir la suite. S'affalant lourdement de tout son long sur le canapé elle soupira et tenta de détendre son dos qui lui faisait mal à force d'être restée assise. Sans s'en rendre compte elle s'endormit, épuisée à force d'attendre Gajil, et se réveilla un peu plus tard, alors que le soleil commençait à se coucher. Elle sursauta et se releva en grognant, les yeux encore à moitié fermés en se rendant compte qu'elle avait dormi. Et le Dragon Slayer n'était toujours pas là. Elle était vraiment inquiète maintenant. Décidant de descendre et de manger à la réception avec l'espoir de le voir à ce moment là, elle sortit, notant au passage qu'une troisième page était apparue. Elle s'en occuperait plus tard.

Assise à une table, pile en face de la porte histoire de cueillir le Dragon Slayer s'il arrivait à ce moment là, la jeune fille n'avalait quasi rien, boudeuse, triste et effrayée. Il n'était pas revenu de la journée, et s'il lui était arrivé quelque chose ? Elle détestait ne pas être au courant dans ce genre de situations et être laissée en arrière de cette manière ! Mais elle devait se raisonner, Gajil était fort, il savait se protéger… contrairement à elle. Peut-être était-ce pour ça qu'il n'était pas là… A moins qu'il ne l'ai laissée toute seule parce qu'il la trouvait trop faible… Elle secoua la tête, chassant toutes ces mauvaises pensées et décida d'aller prendre l'air et de continuer à traduire à l'air libre. Elle remonta chercher ses notes, redescendit puis sortit, partant se chercher un petit coin tranquille non loin de l'hôtel Elle s'assit à l'ombre d'un arbre et se remit au travail, tentant d'oublier Gajil ce qui ne fut pas chose aisée. Elle mit quasiment deux fois plus de temps que la dernière fois pour traduire l'énigme du milieu. D'ailleurs, il y en avait deux cette fois.

"Présent, Futur et Passé,

A lui, tout est relié.

Puissant et discret,

Il est pourtant si proche.

Ne te fie pas à ce que tu vois,

Les apparences sont trompeuses."

"Les apparences sont trompeuses"… Étrangement cela lui rappelait l'énigme d'avant avec le fait que quelqu'un les suive sans qu'ils s'en rendent compte. Soudain un miaulement la fit sursauter et lâcher son livre. Haletante et le cœur battant à toute vitesse, elle releva la tête pour voir un chat. Non pas un chat. Le chat qu'elle avait déjà remarqué lorsqu'ils étaient arrivés. Un frisson qui n'augurait rien de bon lui parcourut le dos. Pour une raison qu'elle ignorait, il lui faisait peur, et elle n'arrivait plus à se détacher de son regard félin. De ses yeux. Rouges. D'un rouge familier, d'une forme familière. Et son pelage était gris, ce qui ne lui était pas non plus inconnu. Elle pensa automatiquement à Gajil. Ce chat lui ressemblait. Certes, en aucun cas physiquement, mais il lui ressemblait. Sauf que ce n'était pas le Dragon Slayer, c'était un chat, rien de plus. Ou peut-être pas. Les apparences sont trompeuses, hein. Sous les yeux ébahis de la jeune fille, un halo vert entoura le chat, tellement éblouissant qu'elle dû plisser les yeux et les couvrir avec sa main. Et lorsque la lumière s'estompa, un oiseau gris s'envola à tire d'ailes dans le ciel. Bouche bée, elle fixait la direction dans laquelle il était parti d'un air hébété. Elle se pinça et se colla une petite gifle, mais ne se réveilla pas. Depuis quand un chat était capable de se transformer ainsi et d'utiliser la magie ? C'était improbable ! Illogique ! Impossible ! Il fallait qu'elle parle de cela à Gajil, absolument. Sauf qu'il n'était pas là. Tremblante et toujours aussi choquée, elle se dépêcha de rentrer, ne se sentant plus vraiment en sécurité dehors.

"Changeant de forme selon ses envies.

Depuis que vous êtes ici, il vous suit.

Prenez garde à lui,

Il n'est pas votre ami."

Elle venait de résoudre une énigme on dirait. C'était cet espèce de chat / oiseau qui les suivait. Mais pourquoi ? Étais-ce lui leur ennemi ? Elle en doutait au vu de ce que le maire leur avait dit. Quoique, s'il pouvait changer de forme, cela facilitait les choses. Maintenant qu'elle était rentrée, et se sentait en sécurité, elle se décida à traduire la seconde énigme, espérant qu'elle lui apporterait des précisions. Surtout sur les deux premières phrases de celle d'avant qu'elle ne comprenait pas très bien. Cette fois elle travailla vite, avec une frénésie toute nouvelle.

"Ce que tu cherches n'est pas ici,

Lui l'a comprit, c'est pour cela qu'il est parti.

Nouveaux liens… Antécédents…

Tout terminera dans le sang."

Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu ! D'abord Gajil qui disparaissait, ensuite ce chat capable de se transformer et maintenant ça ! Cette mission prenait une tournure glauque à laquelle elle ne s'attendait pas du tout ! Et qui ne lui plaisait pas non plus ! Et cet idiot de Dragon Slayer ! Qu'est ce qu'il attendait pour rentrer ? Elle devait le voir absolument ! Donc elle fit la chose qui lui parût la plus censée. Elle attendit. Et les heures passaient. Sept heures. Huit heures. Neuf heures. Et Gajil n'était toujours pas là. Levy commençait réellement à avoir peur. Elle n'arrivait plus à se concentrer sur sa traduction, toutes ses pensées étant tournées vers le Dragon Slayer, et des tonnes de questions fourmillant dans sa tête.

Que faisait-il ?

Ou était-il ?

Est-ce qu'il allait bien ?

Pourquoi n'était-il pas revenu de la journée ?

L'avait-il laissée seule ici ? Et pourquoi ?

Elle sentit un frisson glacé lui parcourir le dos et ferma les yeux, tentant de se calmer et de se raisonner une nouvelle fois. Lentement elle prit sa tête entre ses mains en soupirant. Elle n'allait pas se mettre à pleurer tout de même ! Oui elle avait stressé toute la journée, mais ce n'était pas une raison.

Soudain la porte s'ouvrit en grand et se claqua violemment. Sur le coup, la jeune fille faillit tomber de sa chaise tellement elle avait été surprise. Elle releva la tête mais les mots qu'elle voulut prononcer en cet instant restèrent coincés dans sa gorge lorsqu'elle vit le Dragon Slayer et l'aura noire qui l'enveloppait. Complètement décoiffé et l'air furieux, il alla directement s'enfermer dans la chambre sans lui adresser un seul regard, ni une parole, claquant une deuxième porte et lui collant un vent épique.

Pendant de nombreuses minutes elle resta assise ainsi, à fixer la porte de la chambre d'un regard à la fois curieux, inquiet et énervé. Il disparaissait une journée entière sans la prévenir, rentrait à une heure pas possible et ne lui disait même pas un mot ! Il venait de faire comme si elle n'était pas là. En soupirant elle se leva et se dirigea vers la chambre. Il s'en passait des choses aujourd'hui ! Vu son attitude, il s'était sans doute passé quelque chose. Quelque chose d'assez grave pour qu'il soit dans cet état là. A elle de savoir quoi, elle lui parlerait plus tard de ce qu'elle avait découvert, ce n'était clairement pas le moment. Elle ouvrit doucement la porte et passa une tête timide par l'entrebâillure, apercevant le Dragon Slayer couché sur le ventre, la tête enfoncée dans les coussins. Elle s'approcha et s'assit à coté de lui, appréhendant ses réactions qu'elle savait imprévisibles, mais il ne bougea toujours pas. Lentement elle posa sa main sur son épaule et commença à lui caresser le dos en tentant d'être la plus apaisante possible. Raté, il se mit à gronder méchamment dès qu'elle le toucha, tremblant de colère, même si cela n'empêcha pas la mage de continuer.

- Où étais-tu donc passé ? Je me suis inquiétée pour toi ! Tu aurais pu me prévenir.

Malgré les différentes émotions qu'on y ressentait, sa voix restait douce et calme. Elle savait pertinemment qu'il ne fallait pas le brusquer. Sauf que, malgré tout, cela ne suffit pas. Il était trop énervé pour que de simples paroles fassent effet sur lui.

- Va te faire foutre, grogna-t-il d'une voix rauque et étouffée.

La jeune fille écarquilla les yeux, ouvrant et refermant la bouche ne s'attendant pas à ce qu'il la rejette ainsi. Vraiment ce n'était pas normal. Pourquoi réagissait-il ainsi ? Elle avait un mauvais pressentiment maintenant, son cœur commençait à battre à une vitesse effrénée contre sa poitrine.

- Ne dis pas ça… J'essaye de t'aider tu sais ? Il faut que tu m'en parle si quelque chose ne va pas, on forme une équipe, on doit se faire confiance.

Il se releva brusquement, la faisant sursauter violemment, et se planta debout devant elle, une aura menaçante et mortelle l'entourant. Ses yeux reflétaient une colère noire, si puissante qu'il était presque impossible de percevoir la peur et la tristesse en dessous. Pour la première fois depuis longtemps, Levy eut peur.

- Qui a dit qu'on faisait équipe ? Cracha-t-il d'un ton qui fit plus que blesser la mage aux cheveux bleus qui se recroquevilla sur elle-même trop choquée et terrifiée par ce qu'il venait de dire pour ne serait-ce qu'ébaucher une réponse.

- M-mais… On travaille ensemble non ? Fut la seule chose qu'elle réussit à balbutier d'une voix gémissante en s'affaissant face à son regard meurtrier.

- Non. Tu fais ce que t'as à faire, et je ferais ce que j'ai à faire, pigé ? Rien de plus. J'ai accepté de t'aider, mais ça va pas plus loin. De toute façon, j'commence à penser que j'aurais pas du venir.

Il était blessant, méchant, agressif, jamais elle n'avait eu aussi mal. Jamais elle n'avait été aussi humiliée, sauf peut-être cette fois là… lorsqu'il l'avait crucifiée. Mais elle ne se laisserait pas faire cette fois, elle avait sa fierté aussi. Et puis, de quel droit disparaissait-il une journée entière et réapparaissait le soir pour lui envoyer des propos de ce genre à la figure ? Il n'avait pas idée de ce qu'elle avait vécu aujourd'hui, de l'état dans lequel il l'avait mise ! Elle voulait juste l'aider, mais apparemment être douce, gentille et conciliante ne marchait pas. Elle se releva d'un bond, les joues rouges de colère et affronta son regard si dur et froid avant d'hausser le ton à son tour.

- Alors si je te comprends bien, moi je suis juste là pour traduire un simple livre, c'est ça ? Je ne sers qu'à ça ? Avoue que c'est ce que tu penses !

- Pas faux.

Chacune des phrases qu'il prononçait était pleine de mépris et il ne bougeait pas d'un pouce alors que Levy tremblait, tentant d'ignorer la douleur et commençant à pleurer. Elle ne parvenait pas à s'en empêcher quand elle était en colère, c'était vraiment humiliant, surtout dans une situation pareille.

- T'es vraiment dégueulasse, moi j'essaye de t'aider, de comprendre ce qu'il t'arrive, et toi tu m'envoie balader comme si je n'étais rien, juste après avoir disparu une journée sans donner signe de vie !

- Sauf que je veux pas que tu m'aides, ça te regarde pas, t'as pas à savoir. Et justement, pour moi tu n'es rien.

De plein fouet. En pleine figure. Il n'avait pas l'intention de mâcher ses mots, pas envie de lui faire de cadeaux. Sur le moment, elle ne comprit même pas sa phrase. Son esprit ne voulait pas en comprendre le sens, refusait d'y croire, s'interdisait de l'écouter. Et malgré cela, elle résonnait dans sa tête, vibrait dans son corps en ondes d'une douleur inouïe. Comme elle l'avait si souvent pensé, elle n'était qu'une petite fille insignifiante sur son passage, à qui accorder de l'intérêt n'existait pas. Maintenant qu'elle en était réduite à cela, autant qu'elle sache. Qu'elle apprenne toute la vérité.

- Alors pourquoi es-tu devenu mon partenaire pour l'examen hein ? Allez, vide ton sac, profite-en !

- Ah tu veux vraiment que j'te balance la vérité ? Très bien. A ce moment là j'étais trop dégouté de pas avoir été choisi. C'est vrai, toi par exemple, qu'avais-tu de plus que moi pour avoir été sélectionnée ? J'avais trop la haine qu'une simple fille dans ton genre puisse passer avant moi alors que t'étais sans doute celle qui avait le moins de chance d'être choisie. Donc j'me suis mis en tête de partir avec toi histoire de m'incruster et de gagner ma place. T'es trop facile à manipuler, j'ai juste eu à dire trois pauvres phrases et t'as accepté comme une gourde. Tu devrais savoir depuis longtemps que je fais jamais équipe avec personne. Ici ça servait mes intérêts donc j'ai accepté. Tu pensais honnêtement que je voulais faire équipe avec toi à ce moment là juste parce que je t'appréciais ? Putain j'ai jamais vu quelqu'un d'aussi idiot !

Lui aussi était tout rouge, tremblait et haletait maintenant. Levy, elle, était abattue. Tout ce qu'il lui avait dit… Tout ce qu'il avait fait…n'avait été que pour lui. Il se fichait d'elle, il n'avait jamais cru en elle. Elle avait redouté que ce soit pour cette raison qu'il ait décidé de venir avec elle, mais elle l'avait vite oubliée en voyant qu'il paraissait sincère. Et elle s'était bien ramassée. Tout ce qu'il avait dit était faux, il l'avait fait par pure envie de montrer qu'il était le plus fort une nouvelle fois. Et elle avait cédé, parce que c'est ce qu'elle avait toujours rêvé d'entendre de sa part. Des paroles d'encouragement, d'amitié…

"Si tu veux vraiment devenir un mage de rang S, alors je vais te donner un coup de main"

"J'abattrai tout les types qui te feront de l'ombre pendant les épreuves"

"Comment peux-tu dire des choses comme ça avant même que j'ai commencé à t'aider ?"

"Je te ferais devenir grande…"

"Tu veux un peu plus d'attention crevette ? Dans ce cas, bats-toi sérieusement avec moi !"

"C'est difficile de retrouver une personne aussi petite. Alors ne me quitte plus jamais."

Ces paroles. Ses paroles. Elles étaient creuses, ce n'était que du vent. Elle y avait cru. Elle avait pensé qu'il était différent, qu'il avait changé. Elle en avait douté à Tenrou et s'était enfuie. Elle aurait mieux fait de ne pas se raviser lorsqu'il l'avait sauvée. La douleur était dix, cent, mille fois pire que tout ce qu'elle avait jamais vécu. Lorsqu'il lui avait promis qu'il la ferait devenir grande, elle s'était sentie si flattée, encouragée, appréciée à sa juste valeur… elle s'était surprise à aimer le Dragon Slayer. A l'aimer parce qu'il daignait lui accorder de l'attention, parce que, chose improbable, il acceptait de faire équipe avec elle. Mais elle s'était fourvoyée. Et elle ne le comprenait que trop tard. Pourquoi fallait-il qu'elle ne l'aperçoive que maintenant, à ce moment précis ? Pourquoi fallait-il qu'elle l'apprenne de cette façon ? Il avait seulement fait et dit ces choses pour lui, il n'avait jamais pensé à elle. L'attention qu'elle croyait qu'il lui portait, n'était en fait tournée que vers lui. Et tout ce qu'elle avait ressenti avec lui, tout ce qu'elle avait vécu avec lui, disparaissait à présent, ne laissant qu'un vide sombre, froid et horriblement douloureux. Comment un être humain était il donc capable de dire pareilles choses ? D'être aussi égocentrique ? De faire tellement mal avec seulement quelques mots ? Elle s'était sentie si proche de lui, lui avait fait confiance au point de lui confier sa vie, à lui, lui qui l'avait déjà blessée dans le passé. Lui qui venait de recommencer, mais d'une façon encore plus atroce que la première fois.

Jamais Levy ne s'était sentie si déchirée, trahie, affligée, triste qu'en ce jour. Secouée par de violents sanglots, elle tentait tant bien que mal de sécher les torrents de larmes qu'elle versait avec ses mains déjà trempées, poussant de longues plaintes misérables. Et Gajil, qui se tenait raide devant elle, qui ne daignait pas lui accorder ne serait-ce que l'ombre d'un regard, qui serrait les poings et tentait de se maîtriser, lui ne pleurait pas, non. Jamais il ne le ferait. Pas pour elle, certainement pas. Il était un peu tard pour s'en rendre compte.

- Tu n'éprouves donc aucun sentiment pour personne ? Finit par articuler la jeune fille entre deux sanglots étouffés, la tête baissée vers le sol, ne voulant pas croiser le regard mauvais qui la toisait et qui lui donnait envie de hurler sa douleur.

- Probablement pas non.

Chaque phrase qu'il prononçait de sa voix qu'elle avait tant aimée sans jamais le lui dire était emprunte de tellement de colère et de mépris qu'elle était méconnaissable à présent. Meurtrie au plus profond de son âme, la jeune fille fit la seule chose qu'elle pouvait encore réaliser.

- Je… Je… JE TE DETESTE ! Hurla-t-elle d'une voix aigue avant d'ouvrir la porte de la chambre d'un geste violent puis de la refermer de la même façon.

Elle en avait assez, elle ne voulait pas pleurer devant lui. S'il ne partageait pas sa détresse, il n'avait pas le droit de la voir non plus.

A peine eut-elle claqué la porte que Gajil l'entendit s'écrouler sur le canapé en pleurant. C'était bien fait pour elle, elle aurait mieux fait de le laisser en paix. Rien de tout cela ne serait arrivé si elle s'était mêlée de ses affaires. Appuyant son front contre la vitre froide, il soupira et le son qui s'échappa de sa gorge mourut en un chuintement lassé. D'un geste violent il écrasa son poing contre le mur, faisant trembler toute la pièce. S'il était parti, il y avait une bonne raison. Un besoin s'était imposé à lui, il devait connaître la vérité. Depuis qu'il était arrivé, il sentait qu'il se passait des choses étranges, et trop d'indices coïncidaient. Le seul problème c'est qu'au moment où il avait finalement atteint son but, il s'était enfui, comme un lâche qui n'avait rien trouvé de mieux à faire. Parce qu'il avait eu peur. Et il se détestait pour ça. Il était énervé pour ça. Et Levy avait fini par tout faire exploser. Cela l'avait plus que dégouté de la sentir conciliante avec lui, il n'avait que faire de sa pitié et de ses états d'âme. Qu'elle se les garde, il avait un plus gros problème sur le dos et n'avait pas de temps à perdre avec elle. Ils étaient séparés maintenant. Elle, faisait ce pourquoi elle était venue. Lui s'occupait de ses problèmes, et si elle n'était pas contente, tant pis pour elle.

Ruminant ainsi un tourbillon de sombres pensées, il avait fermé les yeux, tremblait et soufflait bruyamment en grognant à chaque fois. Il fallait qu'il se calme, il ne devait pas s'emporter, il ne devait pas céder à ses pulsions et casser tout ce qu'il voyait, il ne devait pas devenir violent.

Soudain, Gajil écarquilla les yeux et scruta la pénombre au dehors, n'y voyant pas grand-chose vu que la Lune était masquée par des nuages. Il l'avait senti. Le sol venait de trembler. Quelque chose se rapprochait. Cette chose même qu'il était allé vérifier aujourd'hui. La raison de sa putain de colère, de son putain d'emportement, de leur putain de mission. Déjà le soir d'avant, lorsqu'il avait entendu ce drôle de cri, le doute s'était insinué en lui. Lorsqu'il était allé chercher des indices aujourd'hui et qu'il en avait trouvé, il était immédiatement rentré, et la suite, vous la connaissez. L'inquiétude balaya immédiatement tous les autres sentiments qui l'habitaient, et une seule pensée le traversa. Cet enfoiré n'allait quand même pas…

Le Dragon Slayer ouvrit la porte à la volée, faisant sursauter Levy qui ruminait son malheur en serrant un coussin. En sentant le sol bouger à son tour elle se releva d'un air peu rassuré, mais ne se rapprocha pas de Gajil pour autant. A chaque fois les secousses étaient plus violentes, suivies d'un bruit sourd qui se rapprochait continuellement. Et eux étaient tétanisés, n'osant pas bouger. Soudain, le même cri que celui d'hier retentit, beaucoup plus proche et beaucoup plus puissant. Les deux mages se bouchèrent les oreilles en grimaçant. Le son qu'ils entendaient ressemblait à un mélange entre une scie en train de découper une plaque de métal, une craie appuyée trop fort sur un tableau et un grondement rauque et menaçant qui leur brisait les tympans. Aussi vite qu'il était arrivé, le hurlement s'estompa, faisant ensuite place à une lumière verte, bien trop familière au goût de Levy qui l'avait vue un peu plus tôt dans la journée. D'ailleurs, ce fut la dernière chose qu'elle aperçut. Les murs vibrèrent et elle vit une énorme lueur émeraude arriver droit sur eux, éblouissante et signe de danger. La dernière chose qu'elle entendit fut Gajil qui criait "A TERRE !" avant de la plaquer violemment au sol. Ensuite il y eut une énorme explosion, et tout devint noir.