Note de l'auteur: En avant pour le chapitre 6 ! Je rattrape peu à peu mon retard xD Oui, car au cas où vous ne le sauriez pas, je suis déjà en train d'écrire mon chapitre 8 =P Sauf qu'en ce moment, je ne me connecte que rarement et en coup de vent pour poster, donc les chapitres mettent plus de temps à arriver. Et puis... Oui j'ai envie de vous faire baver en attendant les suivants, c'est comme ça, je suis sadique ^^ En tout cas, merci pour toutes vos reviews, vraiment ça me fait plaisir et ça me donne envie de continuer ! Tout ce que j'ai fait ne serait pas là sans vous, donc merci beaucoup x) Et pendant qu'on y est, je vais en rassurer certains (Surtout Sadie en fait =P) Metallicana à beau être le grand méchant de l'histoire, il va se radoucir très légèrement vers la fin, voila sur ce, bon chapitre ! =D
Chapitre 6: prendre des décisions.
A ce moment précis, il n'avait conscience que d'une seule chose; il avait mal. Il ne se rappelait plus ce qu'il s'était passé, ce qui avait causé cette douleur, où il était, qui il était. La douleur détruisait ses pensées unes à unes, ne lui laissant que le vide pour seule identité. Mais il s'en fichait. Même s'il en ignorait à présent la cause, il se fichait d'avoir mal. Il subissait, mais ne criait pas, il laissait faire parce qu'il ne voulait plus lutter. Il se sentait flotter et peu à peu sombrer dans un épais brouillard, mais n'avait pas peur, non. Il s'en fichait aussi. Il n'en avait plus rien à faire, il voulait juste rester seul, comme il l'avait toujours été.
"Gajil !"
Cette petite voix résonna dans son esprit embrumé. Il tendit l'oreille, tentant d'en trouver l'origine, cherchant à percevoir d'où elle venait, mais déjà le murmure s'évaporait. A qui appartenait cette voix ? Il ne le savait plus, et ça n'avait plus aucune importance. Il avait tellement mal, qu'il avait déjà tout oublié, commençant une nouvelle fois à sombrer dans le noir.
"Gajil réveille toi ! Je t'en prie ! Debout !"
Encore une fois, ce faible murmure le réveilla pour un temps, mais il était trop faible pour pouvoir résister longtemps à la force qui tentait de noyer sa conscience. Bien que, cette fois-ci, on ne fit pas que l'appeler. Il sentit quelqu'un le secouer faiblement, le faisant à peine bouger. Mais ce contact eut finalement pour effet de l'éveiller, et même s'il avait mal, il ouvrit difficilement les yeux, prenant enfin conscience qu'il avait un corps.
La première chose qu'il vit en ouvrant les yeux fut le ciel rose-orangé où apparaissaient déjà quelques étoiles.
Première déduction : Fin de journée. Crépuscule.
Ensuite il remarqua une tâche bleue et rose, beaucoup plus proche, qui s'effondra sur lui en sanglotant en voyant qu'il avait les yeux ouverts. La nouvelle douleur qui en avait résulté le fit grogner et lui donna un léger regain, ravivant quelque peu sa mémoire.
Seconde déduction : Levy était avec lui. Blessée et ouverte de partout, mais vivante.
Troisième déduction : Metallicana avait disparu.
La jeune fille avait enfoui la tête dans son cou et pleurait doucement en serrant sa veste, comme si elle avait peur qu'il ne s'échappe. Peu à peu, alors qu'il clignait des yeux, la douleur refluait et il arrivait à penser plus clairement. Il ne savait pas pourquoi, mais son visage était trempé. Pourtant il n'avait pas l'air d'avoir plu.
Esquissant une grimace douloureuse, il tenta de se relever, malgré Levy toujours à moitié couchée sur lui, mais n'y parvint pas. Principalement parce que son bras droit ne lui répondait pas. D'un autre coté, il ressemblait beaucoup à un steak haché. A peine avait il tenté de le bouger qu'une immense douleur avait fusé dans son estomac et dans sa tête. Bon, il devrait se ménager et ne pas l'utiliser alors.
En le sentant remuer et haleter, la jeune fille s'écarta du mieux qu'elle pût, aussi faible que lui. Elle était égratignée et saignait de partout, sans parler de ses vêtements déchirés. Vu le sang qu'il y avait au sol, elle s'était trainée jusqu'à lui pour le réveiller.
Vaguement gênée elle s'écarta de lui et s'assit tant bien que mal sur les genoux, trifouillant ses doigts d'une façon qui traduisait mal son stress.
- Putain… Où est passée cette enflure ? Gémit soudain Gajil en réussissant finalement à se relever après s'être retourné sur le ventre.
- Je ne sais pas. Il était déjà parti lorsque je me suis réveillée. Et toi tu étais encore inconscient.
La voix de Levy était si faible que même avec ses sens surdéveloppés, le Dragon Slayer eut du mal à la percevoir. Peut-être parce qu'il était énervé aussi. Cognant son poing dans la roche avec une violence non contrôlée, se contrefichant de la douleur, il tremblait de rage.
- Ce salopard avait pas dit qu'il voulait me finir ? Finalement il me laisse en vie et il se casse ? A quoi est-ce qu'il joue, ce putain d'enfoiré ? Hurla-t-il si fort que la mage aux cheveux bleus sursauta violemment.
Après de nombreux efforts, il finit par se mettre sur ses jambes, même s'il titubait encore. Etrangement, après son accès de colère, il était étrangement calme et indifférent, même s'il ne faisait aucun doute qu'il ne s'agissait que d'apparences.
- Gajil, calme toi, c'est tant mieux s'il est parti, souffla-t-elle d'une petite voix.
Il se retourna alors furieusement vers elle, et elle fit de nouveau un bond. Il avait exactement la même tête que lorsqu'ils s'étaient disputés, elle craignait la suite. Il l'attrapa soudain par le bras et la souleva brusquement du sol. Surprise et choquée, elle cria et se débattit, ne sachant pas pour quelle raison il faisait ça.
- Gajil tu me fais mal !
- Silence !
Sans comprendre elle se retrouva plaquée contre un rocher, tenue au col à une seule main par le Dragon Slayer, qui en plus d'afficher une grimace douloureuse, avait l'air furieux, et pire, hors de lui.
- Pourquoi tu es partie comme ça, sans rien dire ? Ne t'avais-je pas demandé de jamais me quitter à Tenrou ? T'aurais pu me prévenir au lieu d'être inconsciente à ce point ! T'as failli te faire tuer ! Tu sais pas à quel point j'ai eu peur ! Et puis t'avais pas à te mêler de cette histoire! Qu'est ce qui t'es passé par la tête ?
Il hurla tout d'une seule traite, ce qui eut pour seul conséquence de le faire haleter et siffler de douleur. Il arrivait à peine à la soulever, lui qui était pourtant si fort, et il tremblait violemment, ne contrôlant pas la moitié de ses gestes. Si un regard pouvait tuer, dans ce cas elle serait morte. Elle n'osait même plus le regarder tellement il avait l'air furieux.
Et ce fut trop pour Levy. Elle craqua et se mit à pleurer. Parce qu'elle avait mal, parce qu'elle était désolée, parce qu'elle avait peur de la colère de Gajil. Prenant sa tête entre ses mains, tentant d'étouffer ses sanglots et ses gémissements, elle se mit à trembler à son tour, ne maitrisant plus rien.
C'est à ce moment là qu'il la lâcha brusquement et qu'elle retomba lourdement au sol, sans pour autant s'arrêter. Il savait qu'il était allé trop loin, qu'il avait manqué de contrôle. Il n'avait jamais eu l'intention de la faire pleurer une nouvelle fois. En fait, il n'était pas différent de son père. Il se détestait autant qu'il le détestait.
Il s'agenouilla en face d'elle et tendit timidement la main, pendant qu'un air purement triste, horrifié et désolé par son geste apparaissait sur son visage.
- Levy…
Avant même qu'il ne puisse continuer sa phrase, elle se jeta une nouvelle fois à son cou, lui arrachant un énième grognement rauque mais il n'en tint pas compte et tâcha avant tout de la calmer.
- Là, là… Tout va bien, je suis là, ok ? Pleure pas, faut pas pleurer.
Il lui tapait maladroitement le dos, un peu dépassé par les évènements, la faisant hoqueter à chaque fois. Pourquoi fallait-il toujours qu'il réagisse avec les poings ? Lui qui souhaitait désespérément perdre cette réputation de type froid et sans pitié, il n'était clairement pas sur la bonne voie.
Finalement calmée, Levy s'écarta une nouvelle fois, les yeux gonflés et le nez rouge en le regardant d'un air gêné et triste.
- Je… Pardon, excuse moi, hoqueta-t-elle en se mouchant bruyamment.
- Pas grave. Content d'avoir pu servir à quelque chose, maugréa-t-il en se frottant l'arrière de la tête d'un air bougon.
Elle tenta alors tant bien que mal de se relever à son tour, les jambes tremblantes, mais à peine fût-elle debout qu'elles se dérobèrent sous elle et qu'elle tomba en gémissant. Gajil la rattrapa tant bien que mal et grogna lorsqu'elle le percuta lourdement.
- Pardon, je suis désolée, s'excusa-t-elle d'une voix faible et pâteuse.
- Arrête de t'excuser bon sang ! C'est rien, grommela-t-il en évitant son regard.
Il prit une grande inspiration et soupira avant de soudainement la soulever et la caler dans son dos, passant ses mains sous ses cuisses.
- Gajil ? Mais qu'est ce que tu fais ? S'écria la jeune fille en virant au rose.
- Tu peux pas marcher, et on va pas s'attarder dans ce putain d'endroit la nuit. Il va faire froid, et ça m'étonnerait pas qu'il y ai des loups. Donc j'te porte.
- Mais Gajil, tu n'es pas en état ! Ton bras…
- Mon bras va déjà beaucoup mieux que toi ! Maintenant tu la ferme !
Ses sautes d'humeurs étaient déroutantes. D'abord il était gentil et doux, et la seconde d'après il s'énervait. Mais vu ce qu'il s'était passé, c'était parfaitement compréhensible. Resserrant sa prise sur elle, et elle s'agrippant du mieux qu'elle pouvait aux épaules du mage d'acier, ils finirent enfin par repartir en direction de Kôkô, même si la marche n'allait vraiment pas être aisée.
Ils avançaient difficilement, Le Dragon Slayer étant obligé de faire une pause tous les cinquante mètres et menaçant de ne pas pouvoir se relever de nombreuses fois. Il s'était même mit à cracher du sang à un moment. Levy avait beau protester, s'énerver, pleurer, supplier, le mage d'acier n'écoutait pas ce qu'elle disait et pour la faire taire, lui dit que s'il le fallait, il la ramènerait en la tirant par les cheveux. Du coup, elle trouva soudain très confortable le dos de son ami et se retint de protester, sachant très bien qu'il n'hésiterait pas à le faire au vu de son ton menaçant.
Sauf qu'elle le trouva un peu trop confortable au bout d'un moment. Complètement épuisée, elle clignait des yeux, et finalement, sa tête retomba mollement contre l'épaule du mage d'acier qui sursauta et tourna légèrement la tête pour voir ce qui lui arrivait, avant de soupirer et de reprendre sa route, ignorant la douleur et la fatigue.
Arrivé au village, il décida de passer par derrière, n'ayant pas très envie de croiser du monde et d'avoir à répondre aux questions. Ils avaient beau avoir mis un temps fou à descendre de cette maudite montagne, la soirée n'était pas encore très avancée et quelques rares personnes traînaient encore dans les rues.
Lorsqu'il arriva enfin à leur logement, il tenait à peine sur ses jambes et était complètement épuisé. Il réussit tant bien que mal à ouvrir la porte en empêchant Levy de tomber et entra, allumant toutes les lumières au passage. Puis il déposa doucement la jeune fille sur le canapé, la tête contre le coussin, avant de partir chercher de quoi la soigner. Et il s'occupa d'elle alors qu'elle était encore endormie, nettoyant les coupures sur ses bras et son visage d'un geste tremblant et épuisé. Lorsqu'il eut terminé de panser les plaies qu'il voyait (en même temps il n'allait pas la déshabiller) il enleva son manteau, quasiment intact malgré quelques trous, et la recouvrit avec, avant de se diriger d'un pas titubant vers la salle de bain. Maintenant qu'il s'était occupé d'elle, il devait s'occuper un peu de lui.
Il s'enferma à l'intérieur et se fit rapidement couler un bain avant de se glisser dans l'eau brûlante presque machinalement, comme s'il ne faisait pas réellement attention à ses gestes. D'un regard las et morne, il vit l'eau se colorer lentement de rouge, absorbant le sang et nettoyant son corps qui en était couvert. Il gardait son bras droit en dehors de l'eau, sur le rebord de la baignoire, il était trop profondément entaillé pour qu'il puisse le tremper aussi. La seule chose qu'il risquait en le faisant était de se vider de son sang ou de ne pas cicatriser correctement. Donc il tentait tout simplement de le laver avec un gant de toilette, serrant les dents à chaque fois. Lorsqu'il eut terminé, il soupira profondément et se mit à regarder le plafond, laissant l'eau chaude le détendre. Il prenait rarement des bains, préférant une bonne douche parce que c'était plus rapide, mais là, il en avait plus que besoin.
Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas ressenti cette douleur, qu'il n'avait pas été aussi bouleversé physiquement et mentalement. Physiquement parce que la douleur qui émanait de ses blessures n'était absolument pas la même que s'il était simplement tombé ou s'était battu contre un autre mage. Les blessures infligées par les griffes d'un Dragon provoquaient une douleur diffuse, se répercutant dans tout le corps, tendant les muscles et les nerfs avant de refluer et de revenir lentement, un peu comme lorsqu'on se coupait avec un rasoir. Et elles avaient du mal à guérir aussi. Cela faisait sept ans qu'il n'avait plus ressenti cela, et il avait d'autant plus mal puisque s'était son père qui les lui avait infligées après l'avoir rabaissé en beauté. Enfin… il était habitué, ça n'avait jamais été autre chose avec lui.
D'un regard vague, il contemplait indifféremment ses longs cheveux onduler dans l'eau, formant comme un rideau de ténèbres d'où s'échappait des nuages de vapeur. Et ses pensées revinrent à Levy. Inconsciemment il se tourna vers la porte et serra les poings. Dans quoi l'avait-il fourrée ? Jamais il n'avait voulu l'emporter dans ce genre de querelle familiale. Et il n'avait pas réussi à la protéger, elle avait été blessée par sa faute. Il s'en voulait comme jamais auparavant, il se sentait minable de n'avoir rien pu faire. Il était déboussolé, il ne savait plus quoi faire, et avec elle, et avec son père. Il savait qu'il devrait choisir entre les deux à un moment donné, mais n'était pas sûr de pouvoir assumer son choix. Il soupira une nouvelle fois, termina de se laver et sortit de l'eau. Il s'essuya et se coiffa machinalement, perdu dans ses réflexions.
Levy sortit lentement des bras de Morphée et ouvrit les yeux, découvrant une pièce qui lui semblait légèrement familière. Elle nota aussi qu'elle était couchée sur un canapé. La dernière chose dont elle se souvenait était Gajil qui la portait tant bien que mal en descendant la montagne. Elle en déduisit avec une certaine gêne qu'elle s'était endormie pendant que le Dragon Slayer la portait. Pff, elle était pathétique. Comment avait-elle pu dormir dans une situation pareille ? Alors même que le mage d'acier était dans un état pire qu'elle et s'évertuait encore à la porter. Elle gémit et se replia sur elle-même, se sentant faible et petite à nouveau. C'est à ce moment là qu'elle vit les bandages recouvrant ses bras et l'étoffe sur ses épaules qu'elle avait prise pour une couverture et qui se trouvait être le manteau de celui qui hantait ses pensées. Elle se redressa difficilement, se cala contre un coussin et prit la veste entre ses mains. Très doux et chaud, il était fait d'une étoffe qu'elle ne connaissait pas, mais qui était apparemment utilisée par les Dragons, étant donné que Gajil lui avait avoué assez aigrement qu'elle venait de son père. En ce rappelant de ce moment, elle pinça les lèvres et se mit à trembler doucement en plongeant la tête dans la veste du mage d'acier, respirant son odeur métallique qu'elle finissait par trouver apaisante.
C'est à ce moment là que la porte de la salle de bain s'ouvrit lentement, brisant le silence en grinçant et fit sursauter la jeune fille. Gajil passa une tête sombre par l'entrebâillure, mais parut s'adoucir en voyant la mage aux cheveux bleus. Il referma la porte et se retourna vers elle en enfouissant les mains dans ses poches avec une drôle de tête. A la fois triste et maussade. Mais ce n'était pas cela que Levy remarqua en premier, bien sûr que non. C'était la première fois qu'elle le voyait torse nu, normal, elle avait son manteau dans les mains et aussi parce que le Dragon Slayer avait la mauvaise habitude de se planquer sous les couvertures et qu'elle n'avait, pour ainsi dire, rien vu alors qu'ils dormaient dans le même lit. Et cela n'arrangeait pas ses affaires de le voir ainsi alors qu'il sortait comme par hasard de la douche. Elle se raidit sur place en voyant cheveux encore luisants d'humidité onduler gracieusement dans son dos en une cascade ébène. Elle se mit à haleter silencieusement, sentant son cœur battre si vite et fort qu'elle était quasiment sûre que c'en était audible, et tout le sang qui y passait avait l'air d'affluer vers son visage. Elle avait presque l'impression de voir de la fumée sortir de ses oreilles tellement elle bouillonnait. Et elle sentait son corps trembler, secoué de drôle de spasmes et traversé d'une chaleur intense lorsqu'elle admirait les muscles parfaits de son corps où roulait parfois une goutte d'eau. Jamais elle n'avait été autant attirée par le corps d'un homme, même si elle en avait déjà vu beaucoup.
C'est seulement ensuite qu'elle aperçût les différentes blessures et coupures qui le maculaient, et ses pulsions diminuèrent de moitié. Son bras surtout, faisait vraiment peur à voir. Un peu de sang en coulait encore, il était enflé au niveau des longues entailles qui le barraient et en plus de cela, il y avait de profondes marques de crocs à l'endroit ou Metallicana l'avait mordu, même si à ce moment là, son bras était enveloppé d'acier.
- Gajil… ça va ? Demanda finalement Levy d'une voix nouée par l'inquiétude.
- Parfaitement.
Un simple mot, prononcé plus par stoïcisme que par envie de rassurer, d'une voix froide, sans aucune trace d'émotions, et qui pourtant dévoilait clairement son état d'esprit du moment. Elle, elle voyait parfaitement qu'il n'allait pas bien. Alors elle se leva, tentant de ne pas tomber cette fois, et s'avança rapidement vers lui, tendant les bras devant elle avant de les passer timidement autour de la taille du Dragon Slayer qui se raidit et inspira profondément. Et elle pleura à nouveau, n'étant capable que de ça. S'il était blessé, c'était de sa faute, elle avait agi en parfaite imbécile et manqué de les faire tuer tous les deux. Mais surtout, il était triste pour lui. Il devait vivre un véritable enfer, et malgré cela, il s'évertuait à l'enfouir, le cacher, loin au fond de lui. Pour ne pas l'inquiéter elle.
- Hé ! Ça va pas Crevette ? Pourquoi tu pleures ? Interrogea-t-il d'une voix surprise en se raidissant un peu plus.
- Je pleure… Parce que toi tu ne le fais pas.
Elle sanglotait et tremblait, la tête enfouie dans sa poitrine où elle sentait son cœur tonner furieusement, trahissant bien la confusion qui l'habitait. Et elle se laissa complètement aller contre lui lorsqu'il passa lentement sa main dans ses cheveux bleus, lui caressant doucement l'arrière de la tête.
- Idiote… Tu te fais du mal pour rien, chuchota-t-il doucement d'une voix tout aussi nouée que la sienne.
Elle n'avait jamais vécu ça avec ses parents, et ne pouvait donc pas se mettre à sa place, mais elle comprenait très bien ce qu'il ressentait. Elle aurait aimé le rassurer, le réconforter, mais, pour la première fois, elle ne trouvait pas les mots juste, et était juste capable de se faire consoler. Pourtant ce n'était pas elle qui en avait le plus besoin, et elle le remarqua bien vite.
Elle sentit soudain quelque chose d'humide tomber sur son épaule et n'y prêta pas attention, pensant que c'était juste de l'eau, jusqu'à ce qu'elle entende Gajil renifler au dessus d'elle. Lentement elle releva la tête et son cœur fit un bond dans sa poitrine.
- Mais… tu pleures ? Demanda-t-elle ahurie.
Le Dragon Slayer sursauta soudain, comme un enfant pris sur le fait et essuya rageusement ses yeux.
- Ah… Non je pleure pas, grogna-t-il d'un air énervé.
Il la lâcha soudain et partit s'enfermer dans la chambre, la plantant seule dans le salon. Surprise, elle ne bougea pas pendant un certain temps, avant de se diriger d'un pas hésitant vers la chambre à son tour. Levy passa par l'entrebâillure de la porte, sans aucun bruit et vit le Dragon Slayer couché sur le lit, exactement dans la même position que lorsqu'ils s'étaient disputés. D'ailleurs, quelques souvenirs revenaient peu à peu. Peut-être qu'elle ferait mieux de le laisser tranquille cette fois ci. Alors qu'elle allait ressortir et le laisser seul, elle remarqua qu'il serrait les poings et tremblait et se ravisa. Il vivait exactement la même chose que ce qu'elle avait vécu elle, sauf qu'elle n'avait eu personne à qui se confier. Elle s'assit timidement à coté de lui, passant sa main dans ses cheveux encore humides, priant pour que tout ne se passe pas comme la dernière fois.
- Gajil ? Demanda-t-elle d'une petite voix.
Pas de réponse, juste un long gémissement. Elle se coucha à coté de lui, continuant de caresser ses cheveux et sa peau si douce d'un geste apaisant et tendre, malgré son manque de réaction. Elle posa silencieusement son regard sur les marques blanches qu'elle apercevait et retint une grimace affligée.
- C-c'est ton père… qui t'as fait tout ça ? Demanda-t-elle en passant timidement la main sur une des nombreuses cicatrices qui barraient son dos.
- Ouais… Parce que je réagissais pas assez vite. Quand on se battait, c'était pas du bluff, il était pas du genre à me ménager. Il prenait ça très au sérieux et n'aurait pas hésité à me fracasser si j'exécutais un geste de travers.
- Parle moi de lui, s'il te plaît.
- Y a rien à dire Levy. T'as tout vu par toi-même.
Elle secoua la tête en gémissant et se serra un peu plus contre lui, tentant de réfréner ses larmes. Elle ne devait pas pleurer, elle devait être forte. Alors elle insista quand même, priant pour qu'il ne se referme pas. Même si, vu ce qu'ils avaient affronté aujourd'hui, c'était hautement improbable.
- Il a toujours été comme ça avec toi ?
- Ouais. Toujours. Jamais un mot gentil, ni aucune preuve d'amour, enfin, maintenant je sais pourquoi. Il me disait tout le temps que je devais m'écarter des autres, parce qu'aimer et m'attacher serait ma plus grande faiblesse. Il a toujours été égoïste et répétait qu'on devait pas se sacrifier pour les autres. "Ta vie, avant celle de ton prochain"… il le disait souvent. Et au bout d'un moment, c'est rentré, j'ai obéi et j'ai pas changé.
Le silence s'installa entre les deux mages, qui pourtant ne bougèrent pas d'un pouce. Ce qu'ils avaient vécu aujourd'hui les avait vraiment marqués, et tous les deux se rendaient compte qu'ils avaient réellement eu de la chance de s'en sortir indemnes. A peu de choses près.
- Gajil… commença-t-elle en le sentant trembler à nouveau, mais il l'interrompit bien vite, répondant à sa question silencieuse.
- Mais même s'il a fait tout ça, ça reste mon père… Et… malgré tout je l'aime… Et je l'admirais étant gosse. Il était grand, fort, inébranlable. Je voulais être pareil et ne plus me faire traiter comme un moins que rien. Être comme lui qui ne ressentait rien, ou ne le laissait pas paraître. Donc je l'ai imité. Mais après, j'étais quand même malheureux, parce que lui, était trop sérieux et trop insensible. C'est à peine s'il faisait attention à moi. Il me laissait me débrouiller, mais je voyais que ça ne le rendait pas particulièrement inquiet. Et malgré ça, je l'excusais à chaque fois. J'aurais du me rendre compte plus tôt qu'il se foutait de moi, je suis qu'un minable.
- Non, bien sûr que non ! Tu n'as rien à te reprocher dans cette histoire, c'est lui qui a été con, pas toi, ne dis pas ça.
Le mage d'acier sursauta, et esquissa mentalement un très léger sourire amusé. C'était la première fois qu'il entendait Levy dire consciemment un gros mot, et l'effet en était déroutant. Cependant il ne répondit pas, se perdant de nouveau dans ses souvenirs, de ces nombreux moments passés, où il se rendait compte qu'il aurait pu tout deviner plus tôt.
- Dis Levy… Finit-il par demander au bout d'un moment, désirant plus que tout ne pas repenser à son passé.
- Oui quoi ?
- Qu'est ce que… Qu'est ce que je dois faire maintenant ?
Elle découvrait une nouvelle face de sa personnalité, que jamais elle n'aurait imaginée. Il était triste, perdu et désespéré, lui qui d'habitude était si fier, sûr de lui et sérieux. Il devait faire un choix difficile, ne pouvait pas se décider, et avait besoin d'aide. Mais ça ne ressemblait pas au Gajil qu'elle connaissait de demander de l'aide, non il avait trop de fierté pour cela. Oui mais, sa fierté avait été envoyé au tapis par son père le matin même.
- Gajil, si tu veux, on peut rentrer. On n'à qu'à traduire le livre et dire qu'on n'arrivera pas à vaincre le monstre. Tant pis si on ne leur dit pas de quoi il s'agit, ou de l'image de Fairy Tail, ce n'est pas le plus important. Si tu ne t'en sens pas capable, on peut laisser tomber d'accord ?
- Non ! Je veux pas m'enfuir comme un lâche ! Je peux pas…
- Dans ce cas, on peut toujours aller cherche de l'aide. Natsu et Wendy sont des Dragon Slayer, et je suis sûre que tout le monde acceptera de venir aussi !
- Non ! Je veux pas les mêler à tout ça, c'est déjà trop avec toi. Je veux pas qu'ils soient blessés par ma faute, je me sens déjà assez coupable de te voir dans cet état !
- Mais tu ne peux pas affronter Metallicana tout seul ! C'est ton père, tu as besoin d'aide ! Je vais finir de traduire, puis j'irais chercher les autres.
- Non !
Il lui attrapa violemment les poignets, les plaquant à l'arrière de sa tête avec force, se plaçant au dessus d'elle et l'empêchant de bouger. Puis, essoufflé et d'une voix énervée qui montait peu à peu, il lui dit:
- Tu vas traduire le livre. Tu vas retourner à Fairy Tail. Et après tu ne reviendras pas, tu me laisseras ici, seul, et je règlerai moi-même ce problème. Tout seul. J'ai été assez clair ?
Il tremblait et respirait bruyamment à nouveau, ayant pour la première fois du mal à maîtriser la jeune fille qui se débattait du mieux qu'elle pouvait sous lui.
- N-non je refuse ! Je veux rester avec toi, je veux t'aider ! Cria-t-elle à son tour, sentant les larmes revenir doucement.
- Tu peux pas m'aider ! Je refuse de te mettre en danger à nouveau ! Je… Je t'ai déjà fait assez mal comme ça, et je n'ai jamais réussi à te protéger correctement. Pour une fois que j'ai le choix, laisse moi décider et obéis-moi ! Je… Ne veux plus… que tu sois blessée par ma faute.
Il baissa la tête et se mordit violemment la lèvre, mais cette fois, ne parvint pas à les retenir. Et Levy écarquilla les yeux en sentant les larmes du mage lui tomber sur les joues pendant qu'il resserrait encore sa prise sur ses bras. Et elle prit le dessus, pour la première fois de sa vie.
- Mais c'est réciproque ! Moi aussi je ne veux pas te voir blessé ! Je souffrirais plus s'il t'arrivait quelque chose si j'étais en sécurité et ne tentait rien pour t'aider ! Et si ton père s'en prends à moi, ou à n'importe qui d'autre, tu n'as pas à t'en sentir coupable, ce ne sera en rien ta faute ! Fais-moi confiance, je sais que je peux t'aider.
Et voila, ils pleuraient tous les deux à présent, ça faisait beaucoup en une soirée. Gajil haletait et saignait à nouveau, autant parce qu'il avait trop bougé que parce qu'il était énervé et angoissé.
- Ça ne te va pas, de pleurer. Calme-toi. Déclara soudain Levy d'une voix faible, les yeux à moitié clos.
Le Dragon Slayer tressaillit et la lâcha brusquement, secoué par de longs sanglots silencieux, avant de se laisser tomber lourdement à coté d'elle, les yeux étroitement fermés et la respiration sifflante, plus qu'éreinté. Avec tous ses soucis, il en avait oublié la fatigue, mais elle revenait à la charge. Il ne remarqua même pas que la jeune fille s'était levée. Emporté par un tourbillon qui le faisait chuter, il ne percevait déjà plus le monde extérieur. Et il sentit à peine la mage aux cheveux bleus frotter un tissu sur son visage trempé puis soigner ses blessures à lui, comme il l'avait fait plus tôt, fredonnant une drôle de chanson au mos apaisants. Il ne sût pas quand, mais il finit par s'endormir entièrement, plus qu'épuisé par ses émotions.
