Note de l'auteur: Bon, on m'a convaincue de poster le 7ème chapitre ce soir, donc je le fais xD C'est le plus long chapitre que j'ai jamais écrit O_O J'espère qu'il vous plaira. Bon, comme j'en avais un peu marre de faire pleurer tout le monde et d'écrire malheur sur malheur (je veux quand même pas que Gajil et Levy meurent à la fin parce qu'ils dépriment avec tout ce qui leur tombe dessus moi !) donc, j'ai fait un chapitre sur une note disons plus... légère ^^ Mais vous avez déjà assez à lire, donc je vous laisse avec votre chapitre xD

Chapitre 7: sceau de Zeref ?

Gajil sentait qu'il émergeait peu à peu, mais garda les yeux fermés, sans doute à cause de sa tête qui le lançait douloureusement parce qu'il était encore épuisé. Il avait dormi d'un sommeil lourd qui ne l'avait pas réellement reposé. Seul le silence l'entourait, parfois entrecoupé du grattement d'une plume sur le papier, ou du bruit d'une page qui se retournait. Une odeur de parchemin et de fleurs parvint à son nez, et vu la façon dont le matelas bougeait, Levy était à coté de lui. Il ouvrit lentement un œil et tomba d'abord sur l'image de son bras recouvert de bandages. Il bougea faiblement les doigts, fronçant les sourcils lorsqu'il en résulta une sensation étrange. Il ne sentait plus que sa main, comme si, à la place de son bras, il n'y avait rien si ce n'est une immense douleur. Et cette fois, il n'arrivait plus du tout à le bouger. C'était à prévoir. Il soupira d'un air las, attirant automatiquement l'attention de la jeune fille qui était couchée sur le ventre à coté de lui, entourée de livres et de notes, signe qu'elle travaillait. Elle sursauta et releva le nez de ses papiers pour se tourner vers le Dragon Slayer qui ne se sentait définitivement pas en forme aujourd'hui.

- Gajil ! Ça va ? Demanda-t-elle en posant sa tête sur le coussin à coté de lui, faisant que leurs visages se touchaient presque.

- Mal à la tête, grogna ce dernier.

- C'est vrai que tu as mauvaise mine. Tu veux prendre quelque chose ?

- Non ça ira… c'est bon.

- Il est deux heures de l'après-midi… Tu n'as pas faim ?

- Non j'ai pas faim, lâche moi.

Il se retourna en gémissant et posa un coussin sur sa tête avec sa main encore valide. Il avait tellement mal à la tête que la douleur battait dedans comme si on le frappait avec un marteau et lui retournait le cœur, il avait juste envie qu'on le laisse tranquille et que ça passe.

Il entendit un bruit étrange derrière lui, étouffé par le coussin, mais n'y prêta pas attention, trop étourdi et malade. Jusqu'à ce qu'il sente Levy s'accouder légèrement sur sa tête, agitant un petit "A" en acier qu'elle venait de créer devant ses yeux.

- Ooooh le joli petit bout d'acier !

Il grogna d'une façon menaçante et la jeune fille le sentit soudain trembler sous lui. Apparemment, il n'avait pas envie.

- Allez, juste ce morceau là ! Ça ira mieux après.

- Tu me saoules, soupira-t-il.

D'un geste agacé, il prit l'acier qu'elle lui tendait et l'avala sans énergie.

- Et ben voila, ce n'était pas si compliqué.

Elle souriait gentiment et paraissait en forme, elle. Contrairement à lui qui était plus que maussade. Il n'avait jamais vraiment souri, mais là, même s'il l'avait voulu, il n'aurait pas pu, et la jeune fille ne pourrait rien y changer. Voyant qu'il ne répondrait pas, elle retourna à ses notes, les observant avec un air concentré. Elle se mordait la lèvre par moments, en réfléchissant, avant de griffonner deux trois choses. Il l'observa longuement, sans dire un mot, l'esprit vide. Il n'avait jamais réellement aimé lire, enfin du moins, pas comme elle. En ce sens, il ne comprenait pas trop sa fascination pour ce genre d'activité, surtout qu'un livre n'était en fait que quelques feuilles sur lesquelles ont avait inscrit des mots. Pour lui ce n'était rien de plus. Il ne savait pas comment elle faisait pour être tellement absorbée par quelque chose de ce genre.

- Qu'est ce que tu fais là ? Interrogea-t-il dans un soupir fatigué.

En fait, il lui parlait juste pour oublier qu'il avait mal, penser à autre chose, sinon il n'aurait rien dit, mais c'était moyennement efficace.

- Je continue à traduire, mais je n'ai pas énormément avancé en fait.

Il se contenta de grogner, comme si cela lui importait peu. Et c'était le cas, pour l'instant, il avait des problèmes plus graves. D'un air inquiet, Levy lui toucha le front et remarqua qu'il était brûlant. D'où ses joues roses, son souffle court et ses yeux vitreux.

- Tu as de la fièvre je crois, déclara-t-elle.

Il ne lui répondit pas, se contentant de relever la tête et de croiser le regard inquiet de la jeune fille.

- Je vais chercher un médecin.

- Non. Pas besoin, ça va passer, souffla-t-il d'une petite voix faible, les yeux à moitié clos.

- Ne dit pas de bêtises, tu as été blessé et maintenant tu es affaibli et malade, il faut te soigner!

Le Dragon Slayer grogna d'un air agacé, n'ayant pas spécialement apprécié l'adjectif "affaibli" que venait d'employer la jeune fille. Et puis il n'avait pas du tout envie qu'un type qu'il ne connaissait pas trifouille son corps, il préférait se débrouiller seul. Mais il ne se sentait pas assez bien pour avancer de vrais arguments contre la jeune fille, donc il ne se foula pas pour la suite.

- Il pleut.

Et c'était vrai. Depuis la fin de la matinée, il pleuvait sans s'arrêter. Parfois, un ou deux éclairs traversaient le ciel, seule chose interrompant brièvement le bruit continu de la pluie sur les carreaux.

- Ce n'est pas grave. Continua Levy qui se montrait aussi bornée que lui.

Epuisé, vexé et boudeur il finit par céder à contrecœur. Avant de partir, elle lui fit une compresse avec de l'eau froide et des glaçons, la lui posa sur le front tout en évitant de regarder son corps couvert de sueur sous peine de devoir expliquer un saignement de nez intempestif. Puis elle sortit et referma doucement la porte.

Plus tôt dans la journée, en tout début de matinée à vrai dire, elle était sortie pour voir Fiorenzo et le rassurer après qu'ils aient disparu durant une journée entière. Elle s'était fait accueillir par toute la ville qui était venue s'enquérir des dernières nouvelles. Cela lui avait fait chaud au cœur que les habitants s'inquiètent ainsi pour elle et Gajil. Ils n'étaient pas là depuis longtemps et étaient peu sortis de chez eux (enfin, façon de parler bien sûr). Et pourtant, tout le monde semblait les connaitre depuis des années.

Lorsqu'elle fut dans la rue, baissant la tête sous la pluie battante, elle courut vers la maison du médecin que le maire lui avait déjà indiquée à leur arrivée, au cas où. Mais vu qu'il faisait très sombre à cause du mauvais temps, elle eut un peu de mal à la retrouver. Et quand finalement elle arriva devant, trempée et essoufflée, elle toqua et attendit qu'on l'invite à entrer.


Gajil ne savait pas combien de temps il était resté seul, mais il finit par entendre le bruit d'une porte qui s'ouvre et des éclats de voix. Levy apparut soudain dans la chambre, tenant une serviette pour essuyer ses cheveux mouillés.

- C'est bon, je suis là. Repose-toi on arrive tout de suite. Juste le temps de se sécher et de boire quelque chose. Par contre, j'imagine qu'il va vouloir voir ton bras, je lui dis à propos de… Tu sais qui ?

Le Dragon Slayer hocha vigoureusement la tête dans le sens négatif et grogna quelque chose d'incompréhensible en faisant la grimace parce qu'il venait d'avoir mal à la tête. Puis il ferma à nouveau les yeux lorsque la jeune fille sortit, laissant la porte entrouverte. Il les écoutait distraitement, déjà à moitié endormi et ne comprenant pas le quart de ce qu'ils disaient, lorsque quelque chose d'à la fois mou, dur et lourd n'atterrisse sur sa tête avec un drôle de bruit ressemblant à un rire. Aussitôt il sursauta et se releva, faisant tomber une petite fille d'environ un an aux cheveux bruns, aux yeux bleus avec une robe rose et blanche, sur les fesses. Gajil écarquilla les yeux. C'est qui cette môme ? Et comment elle est montée là ? Il enleva lentement la compresse de son front, la posa sur la table de chevet, pris la petite et la reposa sèchement au sol avant de se recoucher en grognant et en secouant la tête. Sauf que cette fois, il l'entendit clairement essayer de monter, s'agrippant à la couverture avec de petits cris enthousiastes et autres babillements. Oh et puis merde, qu'elle fasse ce qu'elle veut. Il décida de l'ignorer superbement, jusqu'à ce qu'elle lui grimpe à nouveau dessus et ne se plante soudain devant lui, le contemplant d'un petit air curieux. Exaspéré, il tenta de prendre un air menaçant, priant pour qu'elle s'en aille. Ce que la petite ne fit pas. Elle se contenta de rire en secouant les bras, avant d'écarquiller les yeux à son tour et de former un "O" parfait avec sa petite bouche. Puis elle tâtonna sur le front du mage d'acier avant d'attraper une de ses mèches et de tirer dessus à plusieurs reprises avec une vigueur non dissimulée et un "Oooh" émerveillé suivi de quelques sons indéfinissables.

- Bon, maintenant ça suffit. Grogna-t-il. Je sais pas qui t'es mais tu vas vite arrêter de me faire chier compris ?

Il reprit violemment ses cheveux et s'assit difficilement avant de pousser légèrement le bébé, lui faisant quand même faire une culbute arrière sur le lit. Elle cria d'un air frustré et mécontent, avant de grimper sur sa jambe puis de s'agripper à son bras droit, donc, le mauvais.

- Dégage microbe ! S'écria-t-il en sentant la douleur fuser dans tout son corps.

Elle, elle avait l'air de trouver ça rigolo, qu'il s'énerve. Elle gazouillait d'un air joyeux en le tapotant amicalement partout où elle pouvait. Déjà épuisé et agacé comme jamais, il l'attrapa à la tête d'une seule main et la décolla lentement de son bras sur lequel elle commençait à baver avant de l'enfoncer quasiment dans le lit à coté de lui tellement il l'avait posée violemment. Puis il lui tourna le dos et se recoucha, maugréant des insultes. Il n'était pas à l'aise avec les enfants et ne savait pas comment s'y prendre. Surtout qu'en plus, il était malade, et donc n'avait pas forcément envie qu'on le dérange. Sauf que… la petite brune semblait têtue et ne voulait plus le lâcher. Elle fit le tour et se planta devant lui en bavant d'un air idiot. Cette fois, elle s'en prit à ses piercings. Tentant d'arracher ceux au dessus de ses yeux avec sa petite main rose, et se faisant repousser à chaque fois par celle du Dragon Slayer, elle décida de s'attaquer à une zone moins défendue. Alors elle tenta de manger ceux de son nez, et son nez par la même occasion, en tapant sur sa joue d'un geste amusé.

- PUTAIN LÂCHE MOI SALETÉ ! Hurla-t-il pendant qu'elle le mordait avec force et bavait avec envie.

Aussitôt des bruits de pas se firent entendre et Levy arriva, suivie de près par un homme qui avait tout l'air d'être le père de l'enfant au vu de ses cheveux bruns et de son air horrifié.

- Lilas ! Laisse le tranquille ! S'écria le type en arrachant littéralement sa fille du nez de Gajil qui à présent était rouge avec des marques de dents.

Et aussitôt la petite se mit à pleurer.

- Je crois qu'elle veut rester avec lui monsieur Sebastian, déclara Levy qui se retenait tant bien que mal de rigoler.

- Si vous le dîtes.

- Eh ! Gardez ce monstre où il est et ne l'approchez plus de moi ! Râla le Dragon Slayer en se massant le nez, n'osant pas quitter des yeux le petit démon.

Sauf que, trop tard, Sebastian reposa sa fille qui se précipita aussitôt vers lui. Titubant sur le lit, elle lui tomba lourdement dessus, le faisant gémir, mais cette fois, resta sage et immobile, se contentant de le fixer en ouvrant et fermant la bouche, ayant l'air de très bien comprendre la situation.

- Et bien, j'ignorais que tu avais tant de succès avec les enfants Gajil ! Rigola la mage aux cheveux bleus qui ne pouvait plus se retenir.

- La ferme !

- Je suis vraiment désolé. Je ne pouvais pas la laisser seule à la maison, il fallait que je l'emmène avec moi. Ma femme est partie il y a peu de temps à cause des nombreuses attaques dont nous avons été victimes, mais j'ai réussi à garder ma fille, expliqua le médecin d'un air confus, pendant que l'intéressée recommençait à baver sur les habits du pauvre Gajil.

- Voyons, ce n'est pas grave, ça ne nous dérange pas du tout ! S'exclama Levy avec un grand sourire.

- Parle pour toi, chuchota le mage d'acier, de telle façon que seule Levy pouvait entendre.

Elle s'approcha et prit la petite fille dans ses bras, voyant que le Dragon Slayer la regardait d'un air plus que méchant. Elle résista au début, mais se mit finalement à bouder dans les bras de la mage lorsqu'elle comprit que son nouvel ami lui était inaccessible.

Et alors même qu'elle ouvrait la bouche pour proposer à Sebastian de regarder ce qui n'allait pas chez le mage d'acier, celui-ci s'écroula littéralement sur le lit avec un gémissement rauque, les yeux perdus dans le vague, les faisant sursauter tout les deux.

- Gajil ça va ? S'inquiéta la jeune fille en s'asseyant sur le lit.

- Je crois que ma fille l'a un peu trop malmené, il est complètement out, déclara le médecin avec un sourire à moitié désolé et amusé. Enfin, on va pouvoir s'occuper de lui comme ça.

A ça oui, il l'était. Il marmonnait de drôles de choses, si bas que s'en était incompréhensible, et ses yeux étaient plus vitreux que jamais, un peu comme s'il avait été drogué. Levy posa Lilas au sol, qui alla immédiatement vers les bottes et le manteau de sa nouvelle obsession pour jouer avec. Elle toucha son front toujours aussi brûlant et l'appela plusieurs fois mais il ne répondit pas, ce qui fit s'emballer son cœur inquiet.

- Vous êtes sûr que c'est normal ?

- Vu l'état d'épuisement dans lequel il se trouve, c'est tout à fait normal, il dort les yeux ouverts là.

Levy soupira et leva les yeux au ciel. Il était vraiment incorrigible, et elle aussi, à s'inquiéter pour rien. Sebastian défit rapidement le bandage autour de son bras et grimaça en voyant ce qui se cachait en dessous, sous le regard consterné et triste de la jeune fille. Malgré les soins qu'elle lui avait prodigué hier, il était enflé, et d'une couleur rouge qui n'augurait rien de bon autour de ses blessures. Comment cela avait-il pu s'aggraver à ce point ?

- Mon Dieu je n'ai jamais vu ce genre de blessures de ma vie ! Souffla-t-il d'un air à la fois impressionné et horrifié.

- Vous pensez que c'est à cause de ça qu'il est dans cet état ?

- Sans aucun doute. Je vais régler ça.

- Mais je… Je pensais avoir bien fait hier… Je l'ai soigné pourtant… Est ce que j'aurais mal fait quelque chose ?

Levy s'était mise à trembler, presque à pleurer, se sentant horriblement fautive et imaginant déjà les pires scénarios. Et si on devait lui couper le bras ? Ou alors et s'il s'infectait tellement que Gajil en mourrait ? Ça serait de sa faute, elle ne s'était pas bien occupée de lui.

- Mais non voyons ! Si vous n'aviez rien fait, le résultat aurait été bien pire, croyez-moi ! Il n'y à pas grand-chose d'autre à faire en plus. Je vais juste désinfecter une nouvelle fois et recoudre, ça devrait aller mieux après. Par contre, il vaudrait mieux qu'il se ménage et ne bouge pas avant un certain temps. Un mois minimum.

- Un mois ? Mais… Comment on va faire ? On doit encore finir la mission !

- Ah c'est vrai que vous devez encore affronter cette sale bestiole. Est-ce que c'est à cause d'elle qu'il est dans cet état ?

La jeune fille hocha la tête affirmativement, sentant une boule se former dans sa gorge. Et Gajil lui avait dit de ne rien avouer à propos de son père. Elle ne dirait rien.

- Je ne voudrais pas avoir l'air pessimiste, mais vu l'état de son bras, cela me semble un peu mal barré, lança soudain Sebastian en se levant pour chercher sa mallette qu'il avait laissée dans la cuisine.

- Il… Nous à prit par surprise. Nous n'avons pas vraiment eu le temps de réagir. Mais Gajil a dit qu'il le vaincrait coûte que coûte, je dois lui faire confiance. Déjà que ce n'est pas trop ça en ce moment coté relations, avoua la jeune fille.

- Vraiment ? Vous avez l'air de bien vous entendre pourtant.

Il versa doucement du désinfectant sur une compresse et commença à tamponner le bras du Dragon Slayer qui grognait, haletait et gémissait dans son sommeil, les yeux toujours à moitié ouverts.

- En apparences seulement. On forme vraiment une mauvaise équipe… Malgré tout ce qu'on a vécu, on ne parvient pas à se faire confiance.

Et voila, elle pleurait. Encore. Une nouvelle fois à cause de lui.

- Mais non ! Vous êtes absolument fantastiques tous les deux ! Qui a dit que vous faisiez une mauvaise équipe ? C'est difficile d'accorder sa confiance à quelqu'un d'autre qu'à soi-même, mais il faut faire avec, essayer de se comprendre mutuellement, ou de mieux se connaître.

- J'essaye de le comprendre, mais lui ne fait aucun effort ! J'ai beau lui dire et lui prouver que je le soutiens, il s'écarte toujours et ne dis jamais rien. Il se renferme sur lui-même et devient vite agressif.

- C'est les hommes ça ! On n'y peut rien, on ne peut pas s'empêcher de faire les gros durs, de prouver qu'on est fort et qu'on a besoin de personne. C'est idiot, mais c'est comme ça.

Levy renifla, ne trouvant rien à répondre, et s'installa sur le lit à coté des deus garçons. Un fois que le bras du mage d'acier fût correctement nettoyé, Sebastian sortit une aiguille et du fil, et aussitôt la jeune fille grimaça.

- Il vaudrait peut-être mieux être sûr qu'il ne se réveille pas non ? Ça risque de faire des dégâts sinon, déclara-t-elle.

- Hmm, oui tu as raison.

Sebastian fouilla dans sa mallette, en sortit une seringue et la remplit de sédatif. Autant être prudent. Si Gajil se réveillait alors qu'il était en train de recoudre, et au vu de son caractère, le pire était à craindre et le résultat ne serait sans doute pas beau à voir. Autant l'endormir médicalement pour ne pas prendre de risques.

- Ah je peux pas voir ça ! Gémit soudain Levy en se cachant le visage.

Et si, comme Levy, vous avez du mal à supporter ce genre de situation, seringues et tout le reste, vous comprendrez donc pourquoi nous allons faire une ellipse et parler de notre bébé préféré.

Donc, pendant que son papa et sa nouvelle amie aux cheveux bleus s'occupaient du beau jeune garçon sur qui cette petite fillette d'un an avait flashé, cette dernière mâchait négligemment une de ses bottes. Si Gajil les avait mises, elles avaient forcément un goût délicieux et exceptionnel. Cette phrase parvint dans son esprit encore jeune sous forme d'image de botte avec des étoiles autour, et elle s'était dirigée vers l'objet de ses désirs en bavant.

- Tu n'es pas obligée de rester à coté si tu ne supportes pas de voir ça, dis soudain son père, même si Lilas n'en comprit pas un mot.

- Si, je reste c'est bon, je ne regarde pas c'est tout, répondit l'autre qui semblait mal à l'aise avec quelque chose.

Ne leur prêtant nullement attention, elle se mit debout sur ses jambes, abandonna la pauvre botte du Dragon Slayer à son sort, et s'attaqua à son manteau qui d'ailleurs lui tomba dessus lorsqu'elle le tira de la chaise où il était posé. Elle se retrouva sur les fesses et fit un petit bruit surpris en voulant sortir de cette chose toute noire qui lui était tombée dessus. Lorsqu'elle y parvint enfin, elle se coucha dessus et se mit à rire pour une raison plus qu'obscure, secouant les bras joyeusement.

- Oh mon Dieu, mais ça ne lui fait pas mal ? Gémit soudain la grande aux cheveux bleus d'un air horrifié, et blanche comme un linge.

- J'imagine que si, la douleur ne disparait pas comme ça. Mais comme je l'ai sédaté et qu'il dormait avant ça, il ne réagira pas avant un certain temps. Ah, et s'il délire quand il se réveillera, ne t'inquiète pas, ce sera tout à fait normal, continua son papa adoré.

- J'espère que ça n'arrivera pas…

Le cri de Lilas se transforma en rire, elle trouvait ça rigolo, parce que son père tirait la langue dès qu'il était concentré. Elle se remit lentement sur ses jambes, attrapa un petit bout de la veste du Dragon Slayer pour le mettre en bouche et sortir de la pièce en titubant, sans pour autant savoir où elle allait. Sans but elle se dirigea vers le salon, tourna autour de la table, abandonna involontairement la veste de son bien aimé au sol avant d'aller rouler sur le tapis devant le canapé.

Un peu plus tard, Sebastian ressortit de la chambre, suivie de sa nouvelle amie à la coiffure étrange qui avait à présent le visage vert. D'après les mots qui lui parvenaient, mais toujours sans qu'elle les comprenne, son père voulait en profiter pour aller voir si tout allait bien dans le village et la jeune fille lui proposait de garder Lilas ici pour qu'il ne soit pas embêté par sa présence. Elle bava et retroussa les lèvres. Depuis quand elle embêtait les gens ? Elle n'écouta même pas le reste, décidant de se diriger à nouveau vers la chambre très discrètement pour aller admirer celui qui dormait sur le lit.


Gajil se réveilla en ayant une sensation des plus étranges. Il ne savait pas ce que c'était, mais il avait l'impression que son visage avait été plongé sous quelque chose de visqueux, c'était vraiment louche. Tellement qu'il en ouvrit les yeux. Et… Il sursauta et se redressa, faisant rouler Lilas qui était en train de baver et de lécher son visage au bas du lit. Le nourrisson fit une culbute et tomba, se retrouvant au sol et elle se mit automatiquement à pleurer, mais le mage d'acier ne s'en soucia pas. Il se précipita vers la salle de bain, manquant de percuter Levy qui arrivait justement pour voir ce qui se passait, et si enferma avec une insulte dégoutée.

- Et ben alors ? Qu'est ce qui s'est passé ? Demanda la jeune fille en prenant la petite dans ses bras pour la consoler avant qu'un cri venu de deux pièces plus loin ne lui fasse comprendre la situation.

- CE TRUC VIENT DE ME BAVER SUR LA BOUCHE ! Hurla Gajil qui tentait tant bien que mal de se rincer le visage à une main, l'autre ne pouvant pas bouger.

- Fais attention ! La pauvre, tu lui as fait mal… Et ce n'est pas une raison pour la faire tomber par terre !

- Si S'EN EST UNE !

La mage soupira en berçant le bébé qui commençait à se calmer et accueillit un Dragon Slayer assez énervé et décoiffé au sortir de la salle de bain.

- Et son père il est où ? Grogna-t-il d'un air suspicieux en regardant autour de lui.

- Je lui ai proposé de garder Lilas parce qu'il voulait encore faire une tournée en ville. Il revient la chercher plus tard.

- Ouais ben tu t'en occuperas toute seule !

- Je m'attendais à cette réponse, soupira-t-elle. Et sinon ton bras ça va ? Tu t'es quand même fait recoudre… Tu n'as plus mal ?

- Ça m'a l'air d'aller.

A peine eut-il prononcé ces mots qu'il pâlit et faillit tomber en avant si la jeune fille ne l'avait pas rattrapé à une main.

- Hé ! Comment je suis censée gérer les deux ! S'écria-t-elle, les genoux à moitié pliés sous le poids du mage d'acier, pendant que le bébé lui tirait les cheveux d'un air boudeur, comme pour se passer les nerfs sur elle.

- Tête qui tourne, gémit le coupable.

- C'est parce que tu t'es levé trop vite j'imagine, attends.

Elle s'accroupit et posa délicatement Lilas au sol, soutenant le Dragon Slayer d'une main qui commençait à fatiguer, avant de se relever tant bien que mal, et d'emmener son ami dans la chambre en le trainant quasiment parce qu'il avait une petite faiblesse au niveau des genoux. Puis elle l'allongea sur le lit en soufflant, déjà épuisée par l'effort qu'elle avait dû fournir.

- Maintenant reste couché d'accord ? Il faut que tu te ménages.

Elle était toute rose et évitait de le regarder, parce que, bien évidemment, il n'avait TOUJOURS PAS remis son haut.

Gajil grogna et fit la moue avant de se laisser aller une nouvelle fois sur le lit qu'il ne quittait décidément plus aujourd'hui. Et Lilas repassa à l'action à ce moment là. Avec de petits cris, elle tenta de monter sur le lit, battant l'air avec ses pieds.

- Empêche-la de monter. Ordonna Gajil en s'écartant lourdement, les yeux fixés sur le petit bout de chou en face de lui.

- Enfin Gajil ! Elle ne t'a rien fait, laisse là donc, elle veut juste jouer avec toi !

- Mais je veux pas jouer avec elle ! T'es une fille, toi ! Occupe-toi en !

- Et pourquoi ça ? Je traduis, je te signale.

Il ne répondit pas et se contenta de soupirer, fermant les yeux lorsqu'il remarqua la petite qui se dirigeait à présent vers lui avec un énorme sourire. Elle s'arrêta cependant devant lui et secoua la tête bizarrement, avant de s'écrier:

- Gah ! Fbblllvbbb !

Puis de se laisser tomber sur lui. Le mage d'acier, toujours couché se prit la tête entre les mains (enfin, entre la main, l'autre, oublions la) et gémit en la secouant de droite à gauche, pendant qu'elle se relevait difficilement avec un rire attendrissant et s'amusait à lui marcher dessus. Levy sourit et reporta son attention sur ses notes, pendant que le Dragon Slayer grognait. Il ferma les yeux, posa un bras dessus et enfonça sa tête dans les coussins, désireux d'oublier à jamais la petite fille.

Jusqu'à ce que Lilas décide soudain qu'elle avait faim et ne prenne un peu trop Gajil pour sa maman. Au début, il ne sentit rien, mais la sensation arriva bien vite. Il ouvrit à nouveau les yeux et la première chose qu'il vit fut Levy qui se mordait la lèvre pour ne pas rire. Et ensuite, il remarqua que le petit bébé souhaitait tout simplement "se nourrir à la source" comme on dit. Parce que oui, elle était tout simplement collée à sa poitrine, en gros, elle le tétait. Le rugissement qu'il poussa à ce moment failli faire s'écrouler la maison et il se releva brusquement, faisant tomber la petite sous le cri indigné de la mage aux cheveux qui la rattrapa avant de s'éloigner, et elle avait bien fait.

- PUTAIN DE MERDE ! ELOIGNE CETTE SALOPERIE DE MOI !

- Arrête de crier voyons ! C'est une marque d'affection, pourquoi tu le prends aussi mal ?

- CETTE SANGSUE VIENT DE DEPASSER LES BORNES !

- Mais elle n'a qu'un an Gajil ! C'est normal à son âge ! Qu'est ce qu'elle t'a fait pour que tu la déteste à ce point ?

- DEPUIS QUE CETTE CHOSE EST ICI, ELLE A PAS ARRÊTE DE ME GRIFFER, DE ME BAVER DESSUS, DE ME TIRER LES CHEVEUX, DE ME FRAPPER, DE ME… DE ME… JE LA DETESTE PAS, JE LA HAIS ! TU COMPRENDS CA ? ELLE PEUT PAS ARRÊTER DE FAIRE CHIER DEUX SECONDES ! C'EST CA QUE JE SUPPORTE PAS CHEZ LES MÔMES !

Il venait de s'arracher les poumons sur cette tirade, et arrivait à peine à reprendre son souffle, le visage d'une couleur s'approchant plus du brun que du rouge.

- Gajil tu es méchant là !

- JE M'EN BRANLE D'ÊTRE MECHANT ! JE VEUX JUSTE QU'ELLE ME LÂCHE !

Et à ce moment là, ce fut trop pour lui. Avec un grondement furieux, il attrapa sa veste, l'enfila tant bien que mal avec son bras blessé et se dirigea vers la porte d'un pas rageur, enveloppé dans ce qu'il lui restait de dignité.

- M-mais où tu vas ? Demanda Levy en écarquillant les yeux.

- NULLE PART ! Lui répondit-il très intelligemment.

- Reste ici ! Tu ne te sentais pas bien il n'y a même pas cinq minutes et maintenant tu vas faire un tour ?

La dernière chose qu'elle entendit fût un "Je t'emmerde" suivit du claquement brutal de la porte d'entrée.

Lilas agita la main en direction de la porte qui venait de se refermer, regardant Levy avec de grands yeux choqués et un petit cri, l'air de dire "Tu as vu ce qui vient de se passer ?". La jeune femme soupira longuement, à la fois triste et énervée par l'attitude du Dragon Slayer. Même avec une petite fille d'un an qui ne lui avait rien fait, il était froid et distant. Quel imbécile… Elle resta longtemps sans bouger, à regarder la porte, mais finit par soupirer et se détourner.

- Bon… Tu avais l'air d'avoir faim toi. Reste là je vais te préparer quelque chose, dit-elle au petit bébé qu'elle tenait dans ses bras.

Elle la posa délicatement sur le sol du salon et partit pour la cuisine, accompagnée de ses cris de joie. Elle ouvrit le frigo et hésita quelques minutes devant. Elle ignorait ce qu'elle pouvait lui donner à manger. Elle opta donc pour du lait, craignant qu'elle ne puisse pas encore mâcher. Mieux vaut prévenir que guérir. Après quelques tentatives, elle réussir à faire apparaitre un biberon convenable (avec des lettres, bonjour la difficulté !) parce qu'elle n'en avait pas sous la main, et le remplit avec du lait avant de le faire chauffer au micro-onde. Une fois tiède, elle l'apporta dans le salon et émit un petit rire en voyant la fillette, la main tendue vers la poignée de la porte d'entrée, bavant et tirant la langue en essayant de sortir. Levy s'approcha, lui montra le biberon mais elle l'ignora complètement, continuant de taper contre la porte. La mage aux cheveux bleus soupira et partit mettre une veste, ayant très bien compris ce que la petite voulait. Ensuite, elle habilla Lilas, lui mettant son pull et un petit chapeau. Il avait cessé de pleuvoir, mais maintenant il faisait légèrement frais.

- Toi alors… Qu'est ce que tu lui trouves à cet idiot ? Demanda-t-elle en ouvrant la porte d'une main, l'autre tenant celle du nourrisson qui s'élança dehors.

Les deux filles le cherchèrent dans le village, Levy demandant aux habitants qui passaient dans les rues s'ils l'avaient vu, mais apparemment il n'y était pas. Après une bonne demi-heure de recherche et une très forte envie de rentrer et de laisser le mage d'acier dans son coin, elles le trouvèrent purement par hasard. Elles étaient en train de rentrer, passant derrière les maisons lorsque Lilas lâcha soudainement la main de la mage, se précipitant vers un arbre solitaire vers sa gauche avec un rire et un grand cri, talonnée par la jeune fille. Elle sourit: cette petite fille était vraiment étonnante. Elle avait repéré le Dragon Slayer, en train de bouder derrière l'arbre, alors que seul ses pieds et une partie de ses cheveux noirs ébouriffés en dépassait. La petite babillait à chaque pas qu'elle faisait, titubant vers "l'élu de son cœur". Devant lequel elle tomba lamentablement et se mit à pleurer, le cœur brisé parce qu'il ne lui avait pas accordé un regard et avait tourné dédaigneusement la tête.

- Tu aurais pu la relever tout de même ! S'écria Levy, littéralement outrée par son mauvais caractère.

Elle remit rapidement Lilas sur ses pieds, et celle-ci se dirigea aussitôt vers son but, plus bornée que jamais.

- Dégage ! Gronda le mage d'acier d'un ton plus que menaçant.

- Bwabwa ! Répondit la petite en lui tirant une langue baveuse.

- Gajil… Sois gentil avec elle, elle ne fait rien de mal !

- Si ! Elle me harcèle !

Il croisa les bras et repoussa l'accusée avec son pied alors qu'elle voulait lui grimper dessus.

- C'est sa façon à elle de dire qu'elle t'apprécie ! Elle veut juste que tu le lui rende !

- Mais j'ai pas envie putain !

- Pense à ce qu'elle ressent ! Tu la rejettes exactement comme tu t'es fait rejeter par ton père ! Tu devrais savoir mieux que quiconque ce que ça fait ! Tu penses que c'est bien pour elle ?

Gajil se releva brusquement et se planta devant elle, la transperçant d'un regard meurtrier. Qu'elle soutint, le sien brillant d'un éclat déterminé, le faisant grincer des dents de fureur. Levy ne baisserait pas le regard. Non, elle ne plierai plus devant lui, il fallait qu'elle devienne forte et ça commençait par là. Et, bien malheureusement pour elle, à ce moment précis, une envie éclata dans sa tête et elle se mit à rougir. Son cœur s'emballa aussi, la faisant haleter silencieusement. Pourquoi ? Qu'est ce qui lui arrivait ? Pourquoi son cœur semblait vouloir la rapprocher de lui à chaque battement ? Pourquoi son regard froid et furieux lui donnait envie de se jeter à son cou ? Alors que son sang commençait à bouillir dans ses veines, Gajil se détourna, baissant les yeux sur la cause de ses soucis qui lui avait attrapé le pantalon.

- Tch. Des conneries.

Il se dégagea brusquement et repartit vers la maison, cognant violemment l'épaule de la jeune fille au passage. Levy souffla d'un air agacé, énervée par son attitude, même si elle n'y répondit pas. Elle se contenta de ramasser Lilas, de souffler un "crétin" et de lui emboiter le pas.

Le chemin du retour se passa… en silence. Les mains dans les poches, le Dragon Slayer ne prêtait aucune attention aux deux filles derrière lui. Et quand ils rentrèrent aussi. Gajil ouvrit la porte et repartit vers le lit, l'air plus maussade que jamais. La jeune fille le suivit, s'assit au bord du lit et s'occupa un peu de Lilas, histoire qu'elle oublie l'autre insensible quelques secondes. Qui d'ailleurs les oubliait aussi. Adossé au mur, les bras à peu près croisés normalement, il regardait obstinément dans une autre direction, plongé dans ses pensées, même si les rires et chahuts qu'il entendait à coté de lui, lui donnaient mal au crâne. Comment pouvaient-elles rire comme ça ? Il ne le savait pas, et s'en fichait d'ailleurs. Enfin… Pas autant que ça en fait. Il savait que Levy avait eu raison avant. Il agissait comme son père, une nouvelle fois. Il fallait absolument qu'il termine cette maudite mission et qu'enfin, il n'ai plus ce poids sur ses épaules. Parce qu'il ne voulait pas être comme son père. Non il ne le voulait plus. Bon, ce n'est pas qu'il voulait devenir gentil non plus hein. Il soupira profondément, se retournant vers la mage aux cheveux bleus qui s'amusait à faire sauter Lilas sur ses genoux. Si on lui avait dit qu'un jour il ferait ça du temps où il était à Phantom Lord, celui qui aurait avancé cette hypothèse se serait fait décapiter.

- Qu'est ce que je dois faire pour être sympa avec elle ? Lâcha-t-il soudainement d'un ton sec.

La jeune fille sursauta et s'interrompit sous les protestations de la petite qui voulait continuer, et se tourna vers lui en plissant les yeux.

- Tu t'es enfin calmé ?

- La ferme…Gronda-t-il, se voulant menaçant.

C'était déjà assez humiliant comme ça qu'il demande à s'occuper d'un bébé. Pas la peine qu'elle en rajoute une couche.

- Tu peux lui donner à manger, ça serait pas mal, proposa elle en lui tendant le bébé.

Le Dragon Slayer grogna, attrapa Lilas, s'installa en tailleur et se cala contre le mur avant de la poser sur ses jambes, la tête contre son bras droit, grimaçant légèrement sous le poids qu'elle faisait peser dessus. Avec un sourire encourageant, Levy lui tendit le biberon, se faisant remercier par un rictus horripilé, comme s'il faisait la pire chose de toute son existence. Ensuite, il le lui enfonça violemment dans la bouche et secoua pour qu'elle boive, ce que bien sûr, elle ne réussit pas à faire.

- Attends ! Pas comme ça voyons, ne bouge pas !

- Mais elle veut pas boire !

- Laisse lui le temps, soupira la jeune fille avec un demi-sourire.

Voir une grosse brute comme lui aussi démunie et désemparée face à une petite chose telle qu'un bébé était vraiment un spectacle à ne pas manquer. Et lorsqu'elle commença finalement à boire en le fixant avec de grands yeux, les joues du mage d'acier se colorèrent de rose et il maugréa des paroles incompréhensibles d'où ressortirent les mots "putain" et "honte". Au moins, Levy venait de lui pardonner, maigre consolation. Avec un sourire appuyé, elle vint s'installer à coté de lui, un paquet de feuilles en main et continua de travailler. Gajil ne lui avait pas encore demandé où elle en était. Il le ferait plus tard, une fois qu'il aurait fini de gérer le petit démon qu'il avait dans les bras.

Lorsque Lilas eut fini de manger un peu plus tard, la jeune fille tenta de faire comprendre au Dragon Slayer comment bercer un bébé, ce qui n'était pas facile vu qu'il n'écoutait rien et se montrait d'une mauvaise volonté et d'un sale caractère sans bornes.

- Gajil ! Sois plus doux ! On dirait qu'elle est sur une balançoire ! Elle va vomir bientôt !

Pourtant le bébé semblait en pleine forme, gazouillant parce que son nouvel ami la portait, plus heureuse que jamais.

- Mais comment veux-tu que je m'en sorte ! J'ai jamais fait ça putain ! S'écria Gajil.

Il était tout rouge et s'énervait de plus en plus, balançant la petite fille de droite à gauche en un geste stressé et confus.

- Va plus doucement.

Levy attrapa le bras du Dragon Slayer, le forçant à ralentir le rythme, puis le lâcha lorsqu'elle fût sûre qu'il le faisait comme il faut. Et finalement Lilas s'endormit et le calme retomba dans la pièce. Il devait être à peu près quatre heures de l'après-midi, mais tous les deux étaient déjà exténués.

La mage aux cheveux bleus grogna et se massa la nuque, un peu fatiguée de traduire. Puis elle se tourna vers son ami, qui regardait le bébé dans ses bras d'un air pensif, une petite moue retroussant ses lèvres. Comme ça, il était mignon, même s'il avait l'air triste.

- A quoi tu penses ? Demanda-t-elle gentiment.

- A rien, grogna-t-il sans lever la tête.

Levy ne répondit pas, elle se contenta de le fixer d'un regard appuyé qui le fit soupirer, puis céder.

- J'me demandais juste ce que j'avais fait de mal étant gosse pour mériter ça, chuchota-t-il en daignant enfin croiser son regard.

Pendant longtemps ils restèrent silencieux, se contentant de se fixer, comme si leurs yeux parlaient plus que tout ce qu'ils pourraient dire, comme si un regard suffisait à comprendre et à exprimer ce que les mots ne pouvaient dire. Parce qu'il y avait des déclarations qui se passaient de réponses, et celle là en faisait partie.

- Et toi, à quoi tu penses ? Demanda-t-il soudain, sans la lâcher des yeux, la faisant légèrement rougir.

Elle baissa lentement sa tête, regardant ses mains posées sur ses genoux qui se crispèrent sous l'affluence de sentiments dans son cœur.

- On se dispute beaucoup en ce moment. Je n'aime pas ça, c'est triste, soupira-t-elle.

Ne pouvant lui tapoter l'épaule parce que ses mains étaient prises, il se contenta d'y poser la tête, esquissant un léger sourire qui se voulait rassurant.

- Une fois qu'on aura fini cette putain de mission, ça ira mieux.

- J'espère.

- Par moment, je regrette vraiment que Lily ne soit pas venu, ça aurait fait plus d'animation.

Levy pouffa face à son air bougon et posa doucement sa main sur la sienne, heureuse qu'il ai tenté de lui remonter le moral.

Et c'est à ce moment là qu'on toqua à la porte. Les deux jeunes se redressèrent et Levy alla ouvrir, faisant rentrer un Sebastian légèrement essoufflé et fatigué. Soulagé qu'il soit enfin là, Gajil se mit à secouer vigoureusement Lilas pour la réveiller, ce qu'elle fit en pleurant au bout de quelques minutes. Puis il se leva, la posa par terre et l'emmena immédiatement voir son papa, avant qu'elle ne puisse lui faire quoi que ce soit. Et lorsqu'elle le vit, ô joie immense, elle lâcha d'elle-même la main du Dragon Slayer pour aller enlacer la jambe de son père, babillant un tas d'onomatopées incompréhensible, ayant l'air de lui raconter beaucoup de choses.

- J'espère qu'elle ne vous a pas causés de problèmes, déclara le médecin.

Il la prit dans ses bras d'un vaguement gêné.

- Mais non pas du tout, sourit Levy, absolument sincère.

Discrètement Gajil lui enfonça son doigt dans le dos, signifiant qu'il n'était pas d'accord, et elle lui répondit par un coup de pied lorsqu'elle fut sûre que personne ne regardait, signifiant que elle, elle n'en avait rien à faire. Passé les dernières formules de politesse et autres phrases d'adieu, Sebastian s'apprêta à partir, mais Lilas gémit et agita désespérément la main vers le Dragon Slayer qui s'approcha d'elle en roulant des yeux.

- Tu m'veux quoi moustique ?

Elle lui attrapa une mèche de cheveux et la tira, le faisant grogner de douleur et automatiquement se rapprocher d'elle pour avoir moins mal. Et c'est à ce moment là qu'elle lui fit un bisou sur la joue. Enfin, rectification, qu'elle lui lécha la joue, la couvrant de bave. Il frissonna de dégoût et rosit légèrement pendant que Sebastian et Levy riaient. Puis le père et sa fille repartirent, la petite faisant quelques signes de la main à ses deux amis restés sur le pas de la porte.

Puis tous les deux rentrèrent une énième fois, s'installèrent sur le lit une énième fois et soupirèrent de concert une énième fois. Levy terminait de traduire tous les textes qu'elle avait passés pendant que le Dragon Slayer s'ennuyait à coté.

Il se mit à dessiner ce qui lui passait par la tête, sans grande conviction et toujours couché sur le lit. Traçant mollement quelques lignes, il en gommait quelques unes par moments. Jusqu'au moment où il eut terminé et qu'il tendit lentement son œuvre à la jeune fille qui continuait de traduire à coté de lui.

- Et bien, il est joli ton sapin de Noël, tu penses déjà à ça ? Ce n'est pas encore la période pourtant. Demanda-t-elle avec un petit rire en penchant la tête sur le coté.

Gajil marmonna dans sa barbe et lui tourna le dos. Il avait essayé de la dessiner elle… Mais s'il l'avait fait ressembler à un sapin de Noël, autant ne pas lui avouer. Il commençait doucement à s'endormir, lorsqu'il remarqua la moue inquiète et surprise de la jeune fille.

- Qu'est ce qui y'a ? Demanda-t-il en se redressa doucement.

- Il y a un passage dans le texte qui dit qu'un Dragon peut prendre la forme qu'il veut.

- Oui, ils sont capables de modifier leur ADN, ou un truc dans le genre.

- Ça m'a fait repenser à ce chat qu'on avait vu lorsqu'on était arrivé tu te souviens ?

- Oui je crois.

- Et bien, le jour où tu étais parti sans me prévenir, j'étais sortie faire un tour et je l'ai recroisé. On s'est regardés et il s'est transformé en oiseau avec une lumière verte, je suis sûre que c'était Metallicana.

- Probable. C'était dans l'après-midi ? Il a du voir que je n'étais pas avec toi et il est probablement rentré. Je l'ai "croisé" en fin de journée, et dès que je l'ai vu je suis rentré, parce que, comme un con, j'ai flippé. Je sais pas pourquoi mais j'ai de plus en plus l'impression que cet enfoiré joue avec nous…

- J'ai la même impression. Mais pourquoi il ferait ça ?

- J'en sais rien. Et je crois que pour lui demander, on peut oublier. Enfin… T'as trouvé autre chose ?

- Oui, je me rends compte que si je n'avais pas traduit que les énigmes, mais aussi les textes, j'aurais appris beaucoup plus de choses et tout ça ne serait sans doute pas arrivé.

- Au point où on en est, c'est pas forcément grave hein.

- Si tu le dis… Au fait ! J'ai lu aussi que les Dragons pouvaient vivre jusqu'à plus de milles ans, c'est vrai ?

- Ouais, enfin, ça dépend. Le plus vieux Dragon qui ait jamais vécu avait un peu plus de milles ans, on va pas rechigner sur les chiffres, et donc ils ont pris ce chiffre comme âge de référence quoi. Enfin, je sais pas si j'explique bien, c'est un peu louche leur truc.

- Si c'est bon, je vois à peu près où tu veux en venir. Et Metallicana, il a quel âge ?

- Je sais pas précisément, dans les quatre cent ans si je me souviens bien. En gros, ça correspondrait à un type qui à dans la trentaine chez les humains.

- Il est encore jeune alors !

- C'est le moins qu'on puisse dire.

Les deux jeunes se turent, Levy s'attaquant aux deux énigmes qui étaient apparues. Elle souriait étrangement en feuilletant ses dictionnaires. En fait, c'était parce qu'elle venait d'avoir une des plus longues discussions de sa vie avec le Dragon Slayer, et il avait même réussi à légèrement plaisanter avec elle. Un certain temps plus tard, lorsqu'elle eut terminé de traduire les deux énigmes, elle réveilla le mage d'acier qui s'était de nouveau presque endormi et tous les deux se penchèrent dessus.

"Vous ne pouvez pas gagner.

Les forces sont trop peu égalées.

Mais ne perdez pas espoir, tout renaît.

Une fois que le sceau de Zeref sera brisé,

Le pouvoir sera libéré."

- Le sceau de Zeref ? Demanda Levy en fronçant un sourcil, qu'est ce que ça signifie ?

- Aucune idée. Zeref était un mage noir non ?

- Oui, mais je ne vois pas le rapport.

- J'te rassure moi non plus. Et pourquoi un sceau ?

- Je ne sais pas. Là, je ne vois vraiment pas. Enfin, peut-être qu'il faut attendre les prochaines pages pour en savoir plus. La seule chose que j'arrive à déduire c'est que Zeref aurait créé un sceau retenant le pouvoir, ou la magie, et qu'il faut le casser pour la libérer. Mais quelle magie? Et quoi comme sceau ? Qu'est ce qu'il faut s'imaginer ? Pour moi un sceau, c'est ce que tu mets sur une lettre pour la fermer, c'est tout.

- Je sais même pas ce que c'est moi. Je vais suivre ton raisonnement donc. Et puis ouais, on verra avec la suite, elle me saoule cette énigme, on passe à l'autre.

- Tu es assez expéditif.

- Non c'est surtout que je commence à me poser la question de savoir si cette putain de mission aurait pas mieux fait de se faire classer rang S.

- Tu sais quoi ? Je pensais à la même chose.

Avec un petit rire, Levy récupéra sa deuxième feuille et ils la lurent ensemble.

"Nous même, nous ignorons ce qu'il en est,

Mais nous savons qui peut vous aider.

C'est de cela dont le livre est là clé.

Pour comprendre, vous devrez monter,

En un endroit oublié, ou plutôt inexploré.

Suivez le point bleu au Sud, trouvez un escalier vers le Nord, et vous pourrez le rencontrer.

Daégan, celui qui a réponse à tout va vous éclairer."

- Un point bleu au Sud et un escalier vers le Nord ? Je comprends rien ! S'énerva le Dragon Slayer en croisant les bras. Et puis, si eux même savent pas ce que c'est que ce sceau, on est mal barrés je crois !

- Je pense qu'on doit d'abord trouver ce "point bleu", peut-être que ça se rapporte à l'eau, un lac, ou je ne sais pas… Et qu'ensuite on verra l'escalier. Même si je me demande ce que peut bien faire un escalier près d'un lac. Enfin, il est dit qu'il faut "monter". Et apparemment il faudra emmener le livre, puisque c'est soi-disant la "clé". Et peut être que comme ça, on pourra briser ce soi-disant sceau.

- Je sais pas comment tu fais pour trouver tout ça, maugréa-t-il.

- Question de logique… Et puis, c'est qui Daégan ?

- Ça me dit quelque chose, mais j'arrive pas à me rappeler. On verra bien.

- Mouais…

Ils sortirent une carte de la région, regardant tout ce qui était susceptible d'être bleu au Sud. Et comme Levy l'avait suggéré, il y avait un lac à quelques kilomètres de Kôkô. Vu que l'endroit leur paraissait suspect, c'est celui qu'ils iraient voir en premier.