Note de l'auteur: Il est deux heures du mat' et j'ai honnêtement pas la tête à faire une news (dans les deux sens du terme) mais bon, comme je vous adore, je le ferais tout de même XD

Voila le chapitre 10 ! Il est plus court que les autres, mais ça ne fera de mal à personne. Sortez vous mouchoirs, il y a du drame en pagaille ! MAUDISSEZ MOI ! 8D

PS: je vous avez prévenu(e)s ! je suis fatiguée ! xD


Séparations

Levy ne comprenait plus rien. Ce qu'il leur arrivait paraissait si incohérent et improbable qu'elle n'avait rien saisi de ce qui s'était passé. Sans même pouvoir se défendre, Gajil et elle avaient été ramenés à Era, puis on les avait séparés. La jeune fille avait terminé en garde à vue dans une petite cellule à l'intérieur même de la salle de garde et le Dragon Slayer, elle ne savait pas. Il avait été emmené ailleurs, sans qu'elle puisse l'aider, ni protester. Et personne ne leur avait expliqué pourquoi ils étaient là, ce qui augmentait encore la frustration et le sentiment d'incompréhension qui envahissait son cœur. On lui avait enlevé ses menottes, mais elle était quand même emprisonnée, claire signification que ce n'était plus elle qui décidait de sa liberté. Debout, elle tenait fermement les barreaux de sa cellule, observant les deux gardes assis en face d'elle juste devant l'écran de contrôle des caméras de surveillance d'un regard noir. Parfois, lorsque le silence lui pesait trop, elle leur grognait une question, toujours la même: "Pourquoi suis-je ici ? Où est Gajil ? Qu'est ce qu'on a fait ?". Mais seuls leurs rires et leurs regards supérieurs lui répondaient. D'habitude elle n'était pas du genre vulgaire, mais là, elle se sentait obligée de faire partager toutes les insultes qu'elle connaissait tellement elle enrageait de ne rien pouvoir faire. Elle ne savait même pas combien de temps elle avait passé ici. Leur train était parti dans la matinée, puis ils s'étaient fait arrêter. Donc la seule indication qu'elle avait était qu'il devait être approximativement midi, parce que les gardes parlaient de leur pause déjeuner. Et malgré l'heure, toujours aucune nouvelle de Gajil. Pas un seul mot à son sujet, rien. Pourquoi les avaient-ont séparés ? De quoi était-il donc accusé ? Elle tenta une dernière fois d'obtenir une réponse en voyant ses geôliers sortir pour aller manger mais ils ne lui adressèrent pas un regard et claquèrent la porte du cachot, faisant rapidement tomber le silence.

Une fois sûre d'être seule, la jeune fille observa la salle, cherchant les clés des yeux. Elle les repéra sur le bureau en face d'elle, mais elles étaient bien trop loin pour qu'elle les attrape. Alors elle examina plutôt la serrure. Elle était assez grande, elle voyait même parfaitement le mécanisme à l'intérieur. Alors elle sortit sa plume magique de sous sa tunique et l'enfonça dedans. On lui avait enlevé son sac, mais elle avait eu la bonne idée de cacher son outil magique, au cas où une occasion se présenterait. Après quelques minutes passées à trifouiller la serrure, la porte s'ouvrit avec un claquement sonore, mais ô combien libérateur. Elle poussa un léger cri de victoire et poussa immédiatement la porte. Avant de la refermer aussi sec en voyant le chef des gardes qui les avaient arrêtés hier entrer dans la salle. Elle avait d'ailleurs appris qu'il s'appelait Atsu, et haïssait purement ce prénom maintenant. Heureusement, en se tenant aux barreaux comme elle le faisait avant, elle pouvait faire croire à l'illusion que la porte était fermée. Il fallait juste qu'il parte vite maintenant pour qu'elle puisse s'échapper. Ce qu'il ne fit évidemment pas, bien au contraire. Il se planta devant elle et un petit sourire narquois éclaira son visage, ce qui eut le don d'énerver la jeune fille plus qu'elle ne l'était déjà.

Tous les deux se toisaient, sans détourner le regard, en silence. Jusqu'à ce que Levy ne le rompe, agacée de toutes ces cachoteries et de ces regards hautains.

- Où est Gajil ? Cracha-t-elle en plissant les yeux.

Sa voix était voilée par la colère et elle resserra sa prise sur les barreaux pour tenter de la contenir. Ça devait bien faire la centième fois qu'elle posait cette question, et personne ne lui répondait. D'ailleurs, il ne le fit pas non plus.

- Vous n'êtes pas en mesure de poser des questions, jeune fille.

Son ton froid et supérieur la mettait hors d'elle, elle avait juste envie de lui sauter à la gorge, même si ce genre de pulsions meurtrières la surprenaient plus qu'autre chose. Mais elles étaient justifiées après tout. Parce qu'elle en avait marre d'être prise pour une idiote, marre qu'on lui cache la vérité, marre de ne pas pouvoir voir Gajil, marre d'être enfermée. Alors elle finit par exploser.

- RÉPONDS ! OÙ IL EST ? Hurla-t-elle.

Sa phrase résonna en écho autour d'elle comme s'il s'agissait de la seule réponse qu'elle aurait. Elle haletait en même temps que des grognements sortaient de sa gorge et que des larmes de rage coulaient de ses yeux. Et elle se mit à trembler en le voyant esquisser un sourire vicieux. Puis sa voix raisonna clairement à ses oreilles, l'horrifiant un peu plus à chaque mot.

- Très bien, mais ne venez pas vous plaindre ensuite. Il y a trois jours mes gardes sont venus m'annoncer que la ville de Kôkô avait été détruite par deux mages de Fairy Tail, et plus précisément par Gajil Redfox, un Dragon Slayer, et-

- Non ce n'était pas lui ! Demandez au maire de Kôkô, il pourra vous le dire !

- Mais c'est déjà fait, c'est lui qui nous à contactés pour s'opposer à la décision du conseil, mais il n'a aucun droit dans ce genre de procédure.

- C'est n'importe quoi ! Vous allez commettre une erreur judiciaire !

- Peut-être. Mais qui s'y opposera ? La loi est ici mademoiselle. Cela fait des années que Fairy Tail sème la pagaille à Fiore, le conseil à décidé que c'était la fois de trop. Donc, votre ami vient de subir un interrogatoire, quand à moi, je suis venu vous relâcher avant d'aller à son procès. Il sera jugé et emprisonné. De plus il a un passé assez lourd de crimes depuis votre affrontement avec Phantom Lord. Mais en entrant à Fairy Tail il a pu échapper à la justice, et il est temps qu'il paye pour tous ce qu'il a commis, tout comme vous si vous osiez contester cette décision.

Il n'eut même pas le temps d'admirer le visage décomposé de Levy, ni son regard noir. Elle ouvrit violemment la porte et le garde la reçut en pleine face suivi d'un bruit de cloche tonitruant. Avec un cri de douleur il tomba au sol et elle lui décocha un coup de pied au visage, ajoutant hargneusement:

- Ça c'est de la part de Fairy Tail.

Elle attrapa les clés des cellules sur le bureau et l'enferma dans celle qu'elle venait juste de quitter avec un rire démoniaque, avant de se précipiter vers la sortie. Bien sûr, elle ignorait où se trouvait Gajil, et le bâtiment était vraiment grand, donc elle ne s'encombra pas de politesses inutiles. Furieuse, elle attrapa un garde qui passait par là, l'entraina dans un coin à l'abri des regards indiscrets et lui extorqua l'emplacement de la salle qu'elle cherchait à coup de baffes dès qu'il disait non. Et comme ses claques faisaient mal, elle ne perdit pas son temps.

Elle traversa la cour centrale à toute vitesse en priant sa bonne étoile de ne pas se faire remarquer, et aussi qu'il ne soit pas trop tard. Elle devait arrêter ces idiots, Gajil ne méritait pas qu'on le condamne ! Suivant les indications qu'elle avait reçues, elle traversa différents couloirs en faisant attention de ne pas glisser sur le marbre qui les couvraient et finit par arriver devant une grande porte gardée par une vingtaine de gardes.

Elle tenta de passer en force mais les ils la stoppèrent automatiquement. Et malgré tout, elle parvint quand même à se jeter sur les portes et à entrer dans la salle, se débattant pendant qu'on essayait de la faire sortir.

- GAJIL !

Il était là, il lui tournait le dos, entouré par deux gardes et les poings liés par de drôles de menottes dont elle ne doutait pas qu'elles empêchaient l'accès à la magie. Il ne se retourna pas en l'entendant crier et ne réagit même pas, comme s'il ne l'avait pas entendue.

- Peut-on savoir ce que signifie cette intrusion ?

C'est seulement après avoir entendu cette voix qu'elle remarqua les neuf personnes assises en face du Dragon Slayer, les nouveaux membres du conseil réformé. Celui qui venait de parler était celui qui était au centre, c'était un vieux bonhomme avec une énorme barbe grise. Levy le connaissait comme étant Guran Doma, le nouveau chef du conseil, elle l'avait lu dans les journaux.

- RELÂCHEZ-LE ! VOUS N'AVEZ PAS LE DROIT !

- Mademoiselle Mcgarden, veuillez sortir de cette salle ou vous taire, et je n'aimerais pas me répéter.

Tremblante de colère elle se tut et cessa de se débattre pendant que les gardes s'écartaient lentement, mais sans trop s'éloigner d'elle. C'est seulement ensuite qu'elle remarqua quelque chose d'étrange. Mis à part les gardes, les membres du conseil, Gajil et elle, il n'y avait personne, la salle était vide, et le Dragon Slayer n'avait même pas d'avocat ! Etais-ce une condamnation pour la forme ? Comme avec Erza, lorsque Natsu, Grey, Lucy et elle avaient détruit la salle de réunion de maîtres de guilde ? Non, au vu de ce que les juges énonçaient, ce n'était pas pour la forme.

- Reprenons si vous le voulez bien. Nous allons énoncer les chefs d'accusation.

Les huit autres membres du conseil firent alors passer des feuilles au neuvième et la jeune fille les contempla avec inquiétude soudain.

- Pour la destruction d'une vingtaine de villages complètement rayés de la carte désormais, hormis Kôkô dont nous reparlerons plus tard, et ce, sans motif valable, que plaidez-vous ?

Levy n'avait jamais eu vent de ces histoires, d'un autre coté elle ne lui avait jamais demandé des précisions sur son passé qu'elle savait trouble. Mais elle ne s'attendait pas non plus à ce que le Dragon Slayer allait dire.

- Coupable.

Sa voix était froide, sans aucune émotion, comme s'il prononçait un mot parmi tant d'autres, sans se soucier du poids qu'il avait ici. Il n'avait toujours pas bougé d'ailleurs, la tête haute avec un soupçon de dignité.

- Pour coups et blessures sur environ deux cent cinquante personnes, dont cent d'entre elles sont mortes de suites de leurs blessures, que plaidez-vous ?

- Coupable.

Et le même scénario se répétait inlassablement. Accusation, "coupable". Elle ne le supportait pas. C'est là que la jeune fille décida de réagir. Elle ne pouvait tout simplement pas rester les bras croisés à regarder son ami se faire condamner sous ses yeux.

- Vous n'avez pas le droit de le condamner pour ça ! Cria-t-elle soudainement, faisant sursauter les gardes à coté d'elle.

- Mademoiselle Mcgarden, sortez ou je vous condamne pour outrage à la cour.

Aussitôt, les gardes tentèrent une nouvelle fois de l'emmener dehors mais elle résista à coup de poings et de pieds, hurlant un "Je vous emmerde !" magistral. Elle était absolument hors d'elle, et ne pouvait pas tolérer l'injustice qui se déroulait sous ses yeux. Et pourtant, malgré ses cris et ses protestations, ils continuaient comme si elle n'était pas là.

- Pour la destruction partielle de la ville de Kôkô il y a une semaine, que plaidez-vous ?

- Coupable.

Et ce crétin de Gajil qui ne s'était pas retourné une fois pour la dévisager, pour lui parler, ou même l'envoyer balader, et qui était en train de se condamner lui-même ! Mais à quoi pensait-il bon sang ?

- Ce n'était pas lui ! S'écria la jeune fille, complètement outrée par l'attitude de son ami qu'elle ne reconnaissait plus soudain? C'est un Dragon qui à détruit la ville !

- Un Dragon, mais bien sûr, ironisèrent les membres du conseil avant de partir dans un grand fou rire. Sérieusement mademoiselle, arrêtez de raconter pareilles âneries et sortez, je vais finir par perdre patience et vous cloitrer dans un asile.

La mage aux cheveux bleus rougit de honte et de fureur, mais ne s'arrêta pas pour autant.

- Gajil dit leur toi ! Qu'est ce que tu fais ?

Toujours aucune réponse, il l'ignorait. Et ses larmes recommençaient à couler, elle ne pouvait pas les arrêter. Elle était vraiment pitoyable à pleurer tout le temps. Et une nouvelle fois, elle se fit ignorer, comme la parfaite fille faible et inoffensive qu'elle était. Après tout, que pouvait-elle contre la loi ? Sauf qu'ils commencèrent à l'accuser à propos de ce qu'elle ne voulait absolument pas.

- Pour l'attentat perpétré contre Fairy Tail et la destruction de leur quartier général, que plaidez-vous ?

- Coupable.

Et là, sa voix avait brusquement changé, même elle l'avait remarqué. Plus faible, tremblante, et vraiment coupable. Alors il ne l'ignorait pas autant que ça hein ? Il savait bien qu'elle était derrière, qu'elle entendait tout, et qu'elle se remémorait bien involontairement ce qui s'était passé. Il ne savait que faire souffrir les autres, et ce ne serait sans doute pas la dernière fois qu'il la ferait souffrir elle.

- Pour violences sur la personne de Lucy Heartfilia, que plaidez-vous ?

- Coupable.

- ARRÊTEZ ! VOUS NE POUVEZ PAS L'ACCUSER POUR ÇA ! VOUS N'AVEZ PAS LE DROIT !

- Silence ! Gardes, ne me dites pas que vous ne parvenez pas à faire sortir cette impertinente !

La seule réponse des gardes que Guran reçut fut quelques bruits de lutte, et c'est tout. Avec un hochement de tête agacé, il reprit une nouvelle fois, non sans se promettre à lui-même de condamner cette petite peste qui l'interrompait à chaque phrase avec ses geignements. Surtout qu'ils arrivaient à la fin des accusations.

- En dernier lieu, pour agression physique sur les personnes de Sarusuke, alias "Jett", Droy, et Levy Mcgarden, justement ici présente, que plaidez-vous ?

- NON COUPABLE ! Pas ça s'il vous plait, laissez-le !

- … Coupable.

- GAJIL TU N'AS PAS LE DROIT DE DIRE ÇA ! TAIS-TOI !

- Très bien. Je vous condamne donc à une peine de quinze ans de prison ferme, et sans sursis.

La sentence tomba comme un couperet et faucha les jambes de la mage aux cheveux bleus qui s'effondra au sol et fondit en larmes pendant que les gardes tentaient de l'emmener de force et que le silence retombait dans la salle. Et étrangement, ce fut le mage d'acier qui le brisa.

- Je peux lui parler ? Demanda soudainement Gajil.

Les mages en face de lui, s'interrompirent soudain et le regardèrent intensément, sans pour autant montrer ne serait-ce qu'une seule trace d'émotions. Elle releva la tête en entendant sa phrase, mais ne cessa pas de pleurer pour autant, et se redressa automatiquement lorsque le conseil eut donné un accord réticent. Les deux gardes autour du Dragon Slayer lui enlevèrent ses menottes et ceux à coté de Levy la lâchèrent une nouvelle fois. Puis il se retourna et elle se jeta désespérément à son cou avec un halètement paniqué et refusa de le lâcher. Il la prit doucement dans ses bras et enfouit sa tête dans ses cheveux avec un puissant grognement, avant qu'elle ne se mette soudain à gémir et à lui parler précipitamment, parce qu'elle savait que le temps leur était compté.

- Pourquoi tu as dit ça ? Tu n'es pas coupable ! Je ne veux pas qu'ils t'emmènent, ils n'ont pas le droit, ils ne peuvent pas faire ça. Tu n'as rien fait de mal, je refuse qu'ils te jettent en prison, je veux rester avec toi. Dis leur qu'ils se trompent je t'en prie, c'est injuste, ils ne peuvent pas faire ça !

Elle parlait tellement vite que suivre ses paroles devenait automatiquement quelque chose de compliqué. Elle tremblait violemment contre lui et il sentait que la panique commençait à la submerger, hantant chacun de ses gestes. Le problème était que s'ils l'emmenaient, elle s'y opposerai certainement, et finirait condamnée comme lui. Et ça il ne le voulait absolument pas.

- Levy…

A l'entente de son prénom, la mage s'interrompit abruptement et releva la tête vers lui, inquisitrice. A ce moment là, il agrippa sa nuque à une main et de l'autre accentua la pression autour de sa taille pour la rapprocher de lui. Puis il plongea vers ses lèvres avec un profond soupir et les plaqua durement sur celles de la jeune fille, étouffant son cri de surprise. Elle lui répondit soudainement en passant ses bras derrière sa nuque, approfondissant leur baiser. Sentir ses lèvres chaudes plaquées férocement contre les siennes lui provoquait de telles sensations dans tout le corps qu'elle en oublia l'endroit où ils étaient. De toute façon, à cet instant précis elle s'en fichait qu'on puisse la regarder, elle envoyait tout le monde au diable, plus rien n'avait d'importance si ce n'est l'homme qui la tenait dans ses bras. Au fur et à mesure que les jours qu'ils avaient passés ensemble pour cette mission s'étaient égrenés, elle s'était surprise à rêver et attendre cela. Qu'il l'embrasse. Qu'elle voie que l'amour qu'elle lui portait était réciproque. Elle ne parvenait plus à retenir ses larmes, trop de sentiments contradictoires faisaient rage en elle. Après tout, tant d'émotions passaient entre eux par ce simple geste. Comme si le fait qu'ils joignent leurs lèvres ainsi était une porte ouverte sur leur âme, sur des sentiments que jamais ils ne révèleraient autrement. Et malgré le plaisir qu'elle en retirait, elle ne pouvait pas ignorer le désespoir de leur étreinte. Pour Gajil c'était la même chose. Il le savait, peu importe ce qu'il ferait ou dirait maintenant, il était condamné. Pendant dix ans il ne verrait plus personne et resterait seul, même s'il l'avait toujours été.

Il n'avait jamais embrassé personne, c'était un geste emprunt de trop de gentillesse pour lui. Mais justement, Levy le faisait devenir gentil, sans elle, il aurait déjà abandonné depuis longtemps. C'est elle qui lui avait redonné confiance en lui lorsque ça n'allait pas. L'amour qu'il avait si souvent refoulé était revenu pendant la mission, mais cette fois trop puissant pour qu'il l'ignore. Maintenant qu'il la voyait pour la dernière fois, autant qu'il saisisse sa chance. De toute façon, il savait qu'on allait vite l'oublier et que dix ans étaient trop longs pour l'attendre. Lorsqu'il sortirait, elle l'aurait vite oublié et il n'aurait plus l'occasion de le faire, même si ça lui brisait le cœur de penser cela d'elle.

Il quitta brusquement ses lèvres et colla son front au sien, inspirant brièvement avant de prendre sa tête entre ses mains, de l'embrasser une dernière fois et de lui souffler deux mots. Les derniers qu'elle entendrait venant de lui pour un bon moment. Et non, ils étaient loin de vouloir dire "je t'aime". Surtout que la voix du Dragon Slayer, tremblante, désespérée, suppliante et sur le point de craquer ne s'y prêtait pas non plus.

- Pardonne-moi…

Elle eut juste le temps d'ouvrir la bouche, mais pas celui de lui demander pourquoi il avait dit cela parce que tout l'air qu'elle avait dans les poumons venait de sortir d'un coup après que Gajil l'ait violemment frappée au ventre. Son visage s'était refroidi et durci, masquant ses émotions sous le voile de l'indifférence qu'il arborait si souvent. Et ce fut la dernière image qu'elle eut de lui. Avant même de s'être ressaisie et d'avoir compris ce qu'il venait de faire, il la frappa une nouvelle fois du plat de la main au niveau de la nuque. La douleur faucha sa conscience et elle tomba dans les bras du mage d'acier pour se réveiller seulement quelques heures plus tard. Seule. Loin de lui.