Notes : Un nouveau chapitre comme vous pouvez le constater. L'orgueil ne ressort pas particulièrement comme un péché, et peut ne pas être seulement appliqué au personnage principal (l'Empereur par exemple mais tout le monde s'en fiche...) Bref, j'espère que vous aimerez quand même. Bonne lecture !
Personnage : Mosuke (une anecdote au passage, pour choisir le personnage j'ai sélectionné au hasard l'un de la liste... et je suis contente que ce soit bien tombé, il n'y en a pas beaucoup des histoires avec Mosuke :D)
Chapitre 3 : Orgueil
J'ai passé des jours et des nuits à forger ce sabre. Je ne crois pas y avoir mis tout mon talent, car je n'y ai pas mis tout mon cœur, mais je trouve qu'il approchait toutefois de la perfection. C'est avec fierté que je l'ai remis à l'Empereur il a semblé satisfait. Deux nuits plus tard, Amidamaru est venu me voir, et mes rêves se sont écroulés.
Nous n'étions que deux gosses quand nous nous sommes connus. Nous nous sommes battus ensemble, pour protéger les autres et pour survivre dans le monde. Ca n'a pas été facile tous les jours, et nous avons erré longtemps avant de trouver notre place. Etre embauché par l'Empereur semblait être ce qui pouvait nous arriver de meilleur, mais paradoxalement, c'est ce qui s'est révélé être le pire.
- Mosuke, tu dois te sauver d'ici rapidement.
C'est insensé, je ne ferai jamais une chose pareille.
- Quoi ! Et toi, qu'est-ce que tu vas devenir ?
Cette vie n'est pour nous. Ce n'était qu'un but impossible à atteindre, un rêve qui s'évanouit au matin. Pourtant j'y avais cru à ce rêve, j'y avais cru quand l'Empereur nous avait dit qu'il nous voulait tous deux à son service, j'y ai cru à cette porte de sortie de la misère. Quel naïf j'ai été !
Nous avons grandi, vécu et survécu ensemble, il est impensable que j'abandonne Amidamaru. De la même manière que pour lui, il est impossible de me tuer. Nos vies n'ont toujours formées qu'une seule nous avancions sur le même chemin. Pourquoi cela devrait-il changer désormais ? Pour les lubies d'un Empereur ?
- Oui ! je m'exclame. On va se tirer ensemble ! Comme ça, aucun de nous deux ne souffrira !
- Je ne peux pas.
Les mots d'Amidamaru tombent comme une sentence.
- J'ai donné ma parole au seigneur, explique-t-il. Remettre cette parole en question est indigne d'un samouraï. Mais cela ne me donne pas la force de te tuer pour autant… J'assumerai la faute et le châtiment de t'avoir fait fuir.
Il ne me regarde pas, la tête basse, ne me présentant que son dos.
- Amidamaru…
Quand je l'appelle, il ne se retourne pas. Il préfère se sacrifier pour me laisser vivre, et je sais que j'aurai agi pareillement à sa place.
- J'ai compris.
Je lui ai fait une promesse, celle de lui forger le plus puissant, le plus magnifique des harusames. Toute la journée qui a suivi, à la sueur de mon front j'ai conçu le plus beau des sabres. J'y ai mis tout mon cœur, toutes mes peurs, toute ma joie, ma colère, ma tristesse. Je voulais que ce sabre soit le témoin de notre amitié, une amitié que rien ne pouvait briser, et surtout pas un Empereur sans éthique.
Je pouvais observer le reflet de mon visage dans sa lame alors que je l'affutais. Je n'ai jamais trouvé sabre aussi parfait, et j'étais fier de me dire qu'il s'agissait de mon œuvre.
- Mosuke le forgeron… on était sûr de te trouver là.
Je me suis retourné, et j'ai vu les soldats de l'Empereur. J'ai compris que j'allais mourir. Pire, j'ai compris qu'Amidamaru allait mourir. Mais j'ai serré fort dans ma main l'épée de lumière que je venais d'achever. Parce que cette épée parfaite, c'était l'amitié qui existait entre Amidamaru et moi.
