Note : Court feuillet dont je ne suis pas entièrement satisfaite, mais je crois qu'il transmet bien l'ambiance que je voulais, donc ça va quand même. Bonne lecture !

Personnages : Ren, Jeanne

Information : Gei Yin est la cousine de Ren et Jun dans l'anime. Elle essaie de tuer Yoh dans la saison 1 puis accuse, avec son petit frère et sa petite soeur, Ren et Jun d'avoir trahi les Tao dans la saison 3.


Chapitre 3 : Chez les Tao

Jeanne était stressée. C'était la première fois qu'elle rencontrait les parents de Ren et elle était on ne peut plus tendue. Il lui disait que tout irait bien, qu'elle ne devait pas s'inquiéter. Il était gentil mais elle s'inquiétait quand même. Elle redoutait par-dessus tout les questions creuses sur ses parents ou son éducation. Elle se sentait toute petite devant le château des Tao.

- Tu sembles anxieuse, remarqua Ren à côté d'elle qui était allé la chercher en diligence à l'aéroport.

Avait-elle vraiment besoin de répondre à cette question ?

- Ren !

Elle releva la tête et aperçut Jun et Pyrong qui venait vers eux.

- Bonjour Jeanne, tu as fait bon voyage ? lui demanda aimablement la sœur de son fiancé.

- Très bien, merci, répondit la jeune femme.

- Toute la famille s'est réuunie, enchaîna Jun. Certains sont bizarres mais ne fais pas attention à eux.

- Bizarres ? s'inquiéta Jeanne.

- Notre grand-père a demandé trois fois si c'est parce que tu étais enceinte que je t'avais demandé ta main, répondit Ren à la place de sa sœur.

- Ren ! Arrête, tu vas lui faire peur ! lui reprocha Jun.

- C'est toi qui a dit qu'on avait une famille bizarre ! protesta son petit frère.

Jun soupira et les conduisit jusqu'aux grandes portes de la demeur.

- Ils vont être contents de te voir, confia Jun à Jeanne.

« Ce n'est pas réciproque », songea cette dernière.

- Je suis si contente que Ren ait trouvé son panda doré, fit Jun avec ravissement.

- C'est sa manière de parler d'une « âme sœur », chuchota Ren à Jeanne.

Les portes s'ouvrirent sur les parents de Ren qui détaillèrent Jeanne de haut en bas.

- Enchantée, je suis Ran, la mère de Ren, déclara celle-ci en saluant d'un léger signe de tête.

Jeanne la trouva belle dans son grand kimono rose, ses cheveux noirs accrochés en un chignon sophistiqué. Deux piques à cheveux ornés de fleurs dépassaient de sa coiffure comme dans les affiches devant lesquelles la jeune française restée plusieurs minutes fascinée.

- Jeanne, tout le plaisir est pour moi, répondit la jeune fille en lui rendant maladroitement son salut.

- Mon père, En Tao, présenta Ren en voyant que ce dernier ne daignait pas bouger.

Jeanne renouvela son salut mais n'eut droit qu'à un grognement pensif. L'homme la mettait mal à l'aise par sa seule présence.

- Venez, déclara Ran, toute la famille vous attend dans le grand salon.

Elle les conduisit avec son mari en haut des larges escaliers puis à travers les couloirs, dépassant plusieurs kyonshis de garde qui saluaient sur leur passage. Jeanne ralentit le pas pour les regarder, impressionnée devant l'enchantement qui les liait à leurs tâches. La main de Ren tirant gentiment la sienne la rappela à la situation présente.

Ils entrèrent dans une pièce immense toute tapissée de pourpre et remplie d'une foule de gens qui se turent pour se tourner vers eux.

- Bonjour à tous, je vous présente ma future femme, Jeanne, déclara rapidement Ren, pressé d'en finir avec cette corvée.

Les deux fiancés firent le tour de la salle et Ren enchaîna les présentations, Jeanne les saluts. Son malaise augmenta au fur et à mesure alors qu'elle entendait les commentaires peu discrets sur son passage.

- Elle est un peu pâle, non ?

- Vous avez vu ses yeux ?

- On dirait une kyonshii.

- Une albinos dites-vous ? Qu'est-ce donc que cela ?

- Elle n'a pourtant pas l'air enceinte…

- Vous croyez qu'elle engendrera de solides héritiers ? Moi j'en doute.

- Une étrangère, c'est certain. Elle semble être européenne.

- Ren n'a pas cité son nom de famille, c'est louche. J'espère que ce n'est pas une orpheline sans dot.

- D'où viens-tu ?

Jeanne mit plusieurs secondes à comprendre que la jeune femme énergique en face d'elle, une cousine de Ren du nom de Gei Yin, lui parlait.

- De France, se reprit-elle. Du Mont St-Michel.

- La cuisine est-elle aussi bonne qu'on le dit ?

Jeanne ne sut quoi répondre, désemparée. Cependant Ren lui sauva la mise en l'entraînant derrière lui, la dispensant de répondre. Il la conduisit sur un balcon à l'abri de la foule et Jeanne put reprendre son souffle.

- Normalement il reste encore un banquet et un bal, l'informa Ren.

Fatiguée à l'avance, Jeanne s'appuya contre la rambarde, sous les lampions. Elle voulait épouser Ren mais n'était pas sûre de souhaiter entrer dans la famille Tao.

- Mais on peut aussi s'éclipser par l'escalier là-bas et aller passer la nuit à la belle étoile, reprit Ren après un silence.

- Excellente idée ! s'exclama Jeanne.

Ils échangèrent un sourire complice avant de filer dans la nuit.