Note : 10 154 mots ! 10 154 mots ! 10 154 mots !
Bon, je crois que vous avez compris que j'ai participé à la dernière Nuit de l'Ecriture, celle du 21 janvier, et que j'en ai relevé le défi ^^ Et vous allez être contents, je n'ai écrit que sur Shaman King cette fois-ci (enfin, SK et SK en crossover avec Pokémon...). Ce chapitre a donc été écrit dans le cadre d'une des Nuits de l'Ecriture de 10000wordsanight. J'espère qu'il vous plaira. Bonne lecture à tous !
Personnages : les Paches
Chapitre 7 : Guerriers du passé
Elle regarde le ciel d'où tombent les feuilles d'automne. Est-il là-haut ? Veille-t-il sur elle ? Elle aurait tant aimé le connaître. Il devait être grand, et fort, et intelligent, et autre chose encore. Oui, il devait être toutes ses choses fantastiques. Ces choses qui faisaient que lorsque sa mère parlait de lui, c'était toujours avec des étoiles dans les yeux, un air rêveur, une larme le long des joues.
Anna se laisse tomber par terre, s'allonge dans les feuilles mortes et regarde le ciel jaune orangée qui bouge au-dessus elle. Le vent a une odeur particulière. Elle n'a jamais l'impression d'être seule dans ces cas-là.
Un bruit, elle se redresse, elle croit le voir. Comme un nuage, une brume, une ombre au milieu des branchages, mais il n'y a que le vent et les rayons du soleil. Et pourtant… Serait-il fantôme ? Elle pourrait donc le voir. Etait-ce seulement bien lui ? Ou alors un produit de son imagination, ce serait bien possible.
Cela ne l'empêche pas de sentir cette chaleur se répondre dans son corps, douce et rassurante.
« Tu peux être fière de ton père Anna, il est au près du Shaman King désormais. » Lui répétait sans cesse Lip.
« Tu lui ressembles. » Disait Rap.
Anna aurait voulu le connaître. Sa mère lui parlait souvent de lui et il paraissait avoir été un homme merveilleux.
« Toi aussi tu seras une splendide guerrière, comme lui. » Riait-elle souvent. Et alors Anna sentait son cœur se gonfler dans sa poitrine et ses ambitions se renforcer. Elle n'avait qu'un désir : celui d'être shaman.
…
- Je m'en doutais.
Silva sortit de sa rêverie en sentant Karim s'approcher de lui.
- De quoi te doutais-tu ?
- Que tu serais en train de veiller sur ta fille.
- Mais pas du tout, essaya de se défendre Silva.
- Oh pas de ça avec moi, évinça Karim. Après tout tu as bien raison. Enfin… tu aurais bien raison si le Shaman King ne t'avait pas donné une mission.
- Hao peut bien attendre un peu… souffla Silva.
Karim soupira.
- Nous étions censé aller examiner la situation du Proche-Orient, tu te rappelles ?
- Ce n'était pas la Chine ?
- Silva ! gronda Karim. Nous sommes allés en Chine le mois dernier.
Son ami se reprit et lâcha enfin définitivement du regard sa fille.
- Pardon, je te suis, reprit-il gravement.
- Mieux, se moqua gentiment Karim.
- Il n'empêche, fit remarquer Nichrom, je ne comprends pas pourquoi nous devrions nous occuper de tout cela alors que ce sont aux cinq guerriers d'arranger les choses, lâcha-t-il avec dédain.
- Depuis quand tu es là, toi ? demanda brutalement Silva.
- Assez longtemps pour savoir que tu ne fais pas très bien ton travail, se moqua Nichrom.
Son aîné vit rouge mais Karim posa une main apaisante sur ton épaule.
- J'ai croisé Chrom dans les sphères supérieures, il te cherchait, déclara-t-il calmement.
Nichrom sursauta, trépigna et fila rejoindre son frère.
- Il ne changera jamais, éclata de rire Karim.
- Tu as vraiment croisé Chrom ? s'enquit Silva, juste pour avoir confirmation de ses soupçons.
- Oui, mais dans les enfers en train d'apprendre à un groupe de démons à jouer de la musique, fit Karim en lui adressant un sourire complice.
…
Rutherfor aimait bien jouer au messager. Le Shaman King l'envoyait parfois sur Terre, se renseigner auprès d'un des cinq guerriers, du Gandhara ou des anciens X-laws. Elle se doutait bien que ce n'était pas vraiment utile, qu'il pouvait avoir accès à ces informations de manière bien plus rapide et facile, mais elle avait fini par comprendre qu'il essayait de la faire vivre. Enfin… Ce n'était pas exactement « vivre », se fit-elle la réflexion. Mais pour elle qui n'avait presque jamais parlé à personne, toujours cachée derrière son over-soul, discuter aussi anodinement avec ces shamans, même s'ils étaient vivants et elle fantôme, lui donnait l'impression d'avaler un grand bol d'oxygène. Enfin, manière de parler.
- Ruthie ! Tu n'as pas vu Chrom ?
La jeune fille se tourna vers Nichrom. Il était l'un des rares avec qui elle avait eu des contacts durant son enfance, quand il venait la voir en cachette tard le soir pour lui raconter ses journées. Ses principaux sujets de conversation étaient Chrom, la musique et la danse, Chrom, les cafards, Chrom, les pralinés aux chocolats… Il lui en avait apporté une fois et Rutherfor avait trouvé cela délicieux. Elle ne comprenait pas pourquoi Goldova s'acharnait à lui apporter du homard, du bar, des huîtres et ces petits œufs de poisson dont elle n'avait jamais mémorisé le nom. Du baviard ou quelque chose comme cela.
« C'est ce qu'il y a de meilleur », lui avait certifié le chef des paches. Rutherfor n'était pas d'accord. Ce qu'il y avait de meilleur, c'était le chocolat.
- Non, je ne l'ai pas vu, fit Rutherfor en clignant des yeux. Pourquoi ?
- Il paraît qu'il me cherche.
- Demande à Radim, lui conseilla la jeune fille.
- Bonne idée, merci ! s'exclama le garçon avant de s'éloigner vivement à la rechercher du pache.
Le problème avec le Great Spirit, c'est que c'était vraiment trop grand !
…
Magna détestait devoir demander aux habitants du Great Spirit s'ils se plaisaient, s'ils n'avaient besoin de rien. Et il était persuadé que le Shaman King prenait un malin plaisir à toujours le charger de cette mission. Cela lui apprendrait à déclarer qu'il connaissait quelqu'un qui aimait bien les petites demoiselles en rose. Il pensait pourtant avoir été discret, il n'y avait alors que Renim et Namari avec lui et ces derniers n'étaient pas du genre à ébruiter ce genre d'informations. Mais le Shaman King aussi devait penser avoir été discret à chaque fois qu'il se rendait sur Terre. Il ne fallait tout de même pas être très intelligent pour s'apercevoir qu'il allait toujours au Fumbari Onsen et ne ratait jamais certains concerts, bien que l'auteur des concerts en question ignore sa présence. Il ne devait pas être le seul à avoir remarqué le manège de leur roi !
« Sauf que, songea Magna avec amertume, les autres avaient été suffisamment intelligents pour garder le silence sur cette affaire. »
- Serait-il possible qu'il y ait un peu moins de soleil ? se plaignait une dame en face de lui. Ce n'est pas très bon pour ma peau.
- Madame vous êtes morte, vous n'avez plus de peau, craqua Magna.
Et sur ce il s'éloigna d'un pas vif, tournant le dos à l'esprit offensé. Il allait plutôt aller sonder les éléphants, eux ne lui poseraient pas autant de problèmes et, après tout, n'étaient-ils pas eux aussi des habitants du Great Spirit ?
…
Tarim avait toujours eu un très mauvais sens de l'orientation. Dès le premier jour dans le Great Spirit il avait prédit qu'il s'y perdrait. Bien sûr Goldova l'avait assuré du contraire.
« Tu es un excellent shaman, tu ne pourras pas te perdre, lui avait-il certifié. Rappelle-toi, le plus important, c'est l'âme. »
C'était bien joli mais ça n'avait pas empêché Tarim de se perdre.
- Un monde sans bien ni mal, un lieu où conduit l'ultime errance… se mit-il à fredonner doucement, comme si la chanson pache pourrait l'aider à retrouver son chemin.
- Le Shaman King. Sa grandeur est notre force. Shaman King. Son furyôku est nôtre. Une croyance absolue. Aucun égarement. Une âme qui ne s'épanche pas. Invincible, il est.
- Fum Fum Bari Bari, je travaille.
Tarim se retourna brusquement, à la recherche de l'origine de cette voix inconnue.
- Fum Fum Bari Bari, il est terminé. A la sortie de Tokyo. Son adresse véritable est à Saitama. Elle coule, elle coule, la source chaude. Elle y coule depuis toujours. Fum… Bari… Onsen.
- J'ai entendu parler de toi, se reprit Tarim en découvrant un homme blond au visage souriant devant lui. Tu dois être… Faust.
- Oui, et elle c'est Elisa.
Tarim ne remarqua qu'alors la dame radieuse dans l'ombre de Faust qui lui adressa un sourire sincère en s'accrochant au bras de son compagnon. Ce fut comme une flèche plantée en plein cœur alors que Tarim ne pouvait plus détacher ses yeux du magnifique fantôme. Sa chevelure blonde semblait briller comme un soleil et il se sentait fondre devant son visage d'ange.
- Vous vous êtes perdu ? demanda Faust.
- Oui… heu non… Enfin…
- On a vu l'un des vôtres aller par là, tout à l'heure, lui indiqua la sublime Elisa.
- Ah… heu… merci.
- Il n'y a pas de quoi, fit Faust avant de s'éloigner avec sa douce et tendre.
Tarim resta un moment hébété à fixer le dos d'Elisa avant de se reprendre et de repartir. Il n'était vraiment pas tombé amoureux de la bonne personne.
