Chapitre 64 : Soutien Malfoyen

Harry marchait dans les couloirs, son sac de cours à l'épaule. Il discutait en compagnie de Tracey et Daphnée. Hermione était partie en bibliothèque en vitesse pour régler un détail dans l'un de ses devoirs. Elle les rejoindrait plus tard pour le cours de métamorphose.

Le petit groupe de Serpentards fut soudain bloqué par quelques Gryffondors. Et sous le nez d'Harry, un badge magique et rutilant montrait le slogan « A bas Potter ! » avec des couleurs criardes avant de virer en « Vive Cédric ! » la seconde suivante.

« Vraiment sympa, » fit Daphnée, ironique. « Vous nous laissez passer ? »

« Et si on ne veut pas ? »

Harry soupira et carra ses épaules pour mieux encaisser le choc quand il força le passage. Les Gryffondors ricanèrent fortement mais ne l'empêchèrent pas de passer. Ses deux amies suivirent sans problème et ils allèrent tous trois s'installer sous l'arbre de la cour de métamorphose en compagnie d'autres Serpentards. Il sortit son carnet à dessin et s'appuya contre le tronc d'arbre pour patienter le temps de la pause de midi.

« Raconte, » fit soudain la voix de Malfoy.

Harry leva la tête et vit le blond percher dans les branches, une pomme à la main.

« Raconter quoi ? » demanda-t-il.

« Comment tu as fait pour te retrouver champion alors que tu ne le voulais pas, » soupira Malfoy.

Le brun resta un instant devant sa feuille blanche, pensif. Plusieurs de ses camarades attendaient, curieux d'entendre sa réponse. Il n'y avait aucun jugement. Il commençait vraiment à avoir des amis depuis quelques mois au sein de sa maison et cela lui faisait un bien fou de ne plus se sentir exclus par tout le monde. Mais Hermione resterait toujours sa meilleure amie, la première.

« Quelqu'un cherche à me piéger, » répondit-il au bout d'un moment.

« Tu sais qui ? »

« Non. »

« Tu as vu son visage ? »

Le sous-entendu dans la bouche du blond était clair.

« Pas vraiment. Il était bizarre. Un peu comme quelqu'un qui prend du polynectar. »

Il y eut un long silence et Harry crut pendant un moment que le sujet était clos. Il avait repris un vieux croquis d'une panthère montrant les crocs, prête à attaquer.

« On va t'aider, » fit soudain Malfoy.

« Hein ? »

Harry leva la tête et croisa les billes argents, confus. Le blond leva les yeux au ciel et parla de sa voix trainante comme si c'était une évidence.

« Parrain ne pourra rien faire pour t'aider puisqu'il est professeur. C'est dans le règlement du tournoi. Granger en a parlé. »

« Toi, tu es allé parler à Hermione ? Pour moi ? »

« Elle est peut-être une Sang-de-Bourbe mais elle reste intelligente. Et c'est ta meilleure amie. Et si pour tenir une promesse que j'ai faite à mon père, je dois la fréquenter, alors soit ! On va collaborer et on va t'aider. On va tous t'aider, » ajouta-t-il en montrant les autres Serpentards.

« Règle numéro 1 : Serpentard est la maison, » ajouta un plus âgé. « Si tu as besoin d'aide, pour un sortilège ou quoi, demande. On fera ce qu'on peut pour t'aider. Tu es notre champion après tout. »

« Euh… merci, » fit Harry, surpris et touché.

« Et donc, » repris Malfoy. « On fait quoi en premier ? Des recherches sur les dragons ? »

« Les dragons ? » fit un plus âgé.

« Il y a des rumeurs qui courent, » répondit le Sang-Pur pour ne pas évoquer le don particulier du brun.

« Je pense que c'est ce qu'on a de mieux à faire dans l'immédiat, » confirma Harry dans un soupir. « J'ai déjà commencé mais il y a tellement d'espèces différentes… Je vais finir en croquettes grillées pour dragon, c'est sûr. »

« Ne sois pas défaitiste, Harry, » intervint Daphnée. « Si on s'y met tous pendant les travaux de groupes, chacun un passage. Il y a moyen qu'on trouve une solution pour chaque dragon qui existe d'ici une ou deux semaines. »

« Et après on fait une liste des sortilèges utiles qui reviennent le plus et il ne te restera plus qu'à les apprendre avant le jour de l'épreuve, » continua Tracey.

« C'est faisable, » confirma Malfoy. « Règle numéro 1 ? »

« Serpentard est la maison ! » scandèrent calmement les Serpentards.

'Serpentard est la maison,' ajouta Lily, le cœur rassuré et un brin réchauffé.

« Serpentard est la maison, » répéta Harry avec un sourire.

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Severus punit et envoya en retenue avec Rusard quelques élèves portant un badge dénigrant son fils. Pendant une semaine pour leur faire regretter leur méchanceté gratuite. Peut-être. Il fit ensuite route vers son bureau pour corriger des copies. Il s'arrêta en chemin quand on l'appela.

« Parrain ! »

« Oui, Drago ? »

« C'est Harry. »

« Qu'y a-t-il ? »

Le Maître en Potions vit son filleul hésiter.

« Hmmm… Normalement, rien de grave mais… »

« Mais quoi, Drago ? »

« Harry n'aime pas le professeur Maugrey. »

« Oui, je sais. Viens-en au fait. »

« Dans la cour, Weasley a attaqué Harry par derrière et le professeur Maugrey est sorti de nulle part pour le transformer en belette. »

Severus soupira devant la énième bourde de son collègue.

« Je vais aller voir Minerva. Mais cela me surprend que tu t'inquiètes pour un Gryffondor. En particulier un Weasley. »

« Oh non ! Pas du tout ! Je me fiche pas mal de Weasley ! »

« Alors quoi ? »

« Le professeur Maugrey a demandé à Harry de le suivre jusque dans son bureau juste après. Harry m'a demandé de venir te prévenir parce qu'il n'a pas confiance. »

« Je te remercie, Drago. Je vais aller voir. »

« Qu'est-ce qu'il se passe exactement ? »

« Harry est champion de Poudlard et il n'est pas impossible que Dumbledore s'immisce encore dans mes choix ou ceux d'Harry. Voilà ce qu'il se passe. »

Le Maître en Potions marcha rapidement jusqu'au bureau de son collègue et, entendant déjà la voix de Maugrey dire le nom de « Snape » et aussi « ennemi, » il frappa à la porte avec force. Respect quand même puisque le vieil homme était un ancien auror. Comme il savait aussi qu'il l'avait vu arriver depuis longtemps et qu'en plus, Severus n'avait pas plus de respect que cela pour cet homme, il pénétra dans le bureau sans en être invité.

« Ah ! Snape ! »

« Maugrey, » répondit Severus avec autant de calme qu'il était capable de rassembler.

La première chose qu'il fit, ce fut d'examiner sommairement son fils, même avec la magie.

« Je ne lui ai rien, Snape. »

« Vous m'excuserez si je reprends votre credo 'vigilance constante' quand il s'agit de mon fils, Maugrey. Et vous irez dire à Dumbledore que j'ai dit non. Minerva et Minerva seule aidera Harry. Pas vous. »

« Et pourquoi je ferais cela ? »

« Parce que peut-être que vous, il vous écoutera. »

« Pourquoi arrêterais-je d'aider le jeune Snape ? Minerva n'est pas habileté à le faire. »

« Croyez-moi, cette vieille sorcière a non seulement les ressources nécessaires, le mordant, mais Harry est aussi très doué et autodidacte. Cela suffira amplement pour survivre dans ce tournoi. »

Tout en disant cela, il avait doucement Harry dehors.

« Oh, et dernière chose. N'emmenez plus jamais mon fils dans votre bureau seul. »

« Est-ce une menace ? »

« Non. Une demande. Vous mettez mon fils mal à l'aise. Il n'aime pas l'aura qui se dégage de vous. Rien que cela me pousse à refuser l'aide et les conseils que vous pourriez lui apporter. Et cela indépendamment de la haine et la méfiance que j'éprouve pour vous. Contentez-vous de lui donner cours. Rien de plus. »

L'instant suivant, il sortit et emmena son fils loin de cette classe.

« Merci, » soupira Harry avec un certain soulagement. « Et maintenant ? »

« Maintenant, on va voir Minerva parce que je crois avoir entendu Drago me dire qu'un certain petit Gryffondor qui te cherche des noises depuis des années s'est retrouvé transformé en belette et qu'il est absolument hors de question qu'on me voit aider un Gryffondor qui ne fait pas partie de tes amis. »

« Et si je te disais que le professeur McGonagall a déjà rendu à Weasley sa forme humaine et a enguirlandé Maugrey juste avant qu'il ne m'embarque dans son bureau, cela irait ? »

« Je ne passerai pas pour plus Poufsouffle que je ne le suis déjà, » répondit Severus avec un hochement de tête.

« Est-ce que je peux y aller ? J'ai un travail de groupe à faire. »

« Bien sûr. File. »

« A plus tard, Papa ! »

Severus le vit disparaître le long du couloir et jura. Il avait oublié de lui demander un truc essentiel. Pourquoi Maugrey l'avait embarqué ? Il verrait plus tard. Ce n'était pas comme si Harry ne venait pas tous les deux jours à son bureau…