Le diner se passa dans le silence le plus complet, on n'entendait que le bruit des couverts et le son des conversations des autres. Je n'osai même pas regarder Caleb tellement j'étais gênée.
J'étais en train de manger mon plat quand je sentis Caleb glisser son GSM sur mes jambes. Intriguée je baissai la tête pour y lire le message : « Excuse pour partir : Examen en géographie ». Je ris en le lisant et le lui rendis.
- Papa, j'avais complètement oublié ! Demain on a un énorme contrôle en géographie, lui dis-je en me relevant.
- Oh oui c'est vrai ! Il faut qu'on parte immédiatement, dit mon ami en mettant sa veste.
- Mais comment vous allez rentrer vu que c'est moi qui vous aie conduit ? demanda mon père.
- A pied ! Dis-je en même temps que Caleb.
- Il pleut et la maison est à plus de deux kilomètre d'ici, souligna ma mère.
- J'adore la pluie !
Alors nous sortîmes à toute vitesse du restaurant ne les laissant pas répondre. Dès que nous fûmes dehors nous éclatâmes de rire. Il prit ma main et nous commençâmes à marcher. Après quelques minutes, je n'en pouvais plus ! Même si Caleb m'avait donné sa veste je mourrais de froid, alors nous entrâmes dans une cabine téléphonique. On était vraiment à l'étroit, j'étais presque collée à Caleb.
- Vu qu'on doit attendre on pourrait parler, me chuchota-t-il.
- Parler ? Ah oui on pourrait parler de pourquoi un certain garçon m'a embrassé !
Il soupira et me colla encore plus contre lui.
- A-t-on besoin de gâcher ce moment ? me demanda-t-il.
- Dis-moi... C'était juste pour faire taire ma mère, pour t'amuser ou tu...
- Finis ta phrase...
- Ou par un miracle inexplicable et complètement surréaliste tu pourrais avoir des sentiments plus qu'amicaux pour moi ?
Il ne me répondit pas, il sortit de la cabine et me tourna le dos. Je sortis aussi pour remarquer que la pluie c'était transformé en orage.
- Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu ne veux rien me dire ? Ça fait des semaines que j'essaye de te comprendre, mais dès que je me rapproche un peu plus de toi tu me repousses ! M'écriais-je.
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Que tu me fais peur ? Que j'ai peur que si tu en sais plus sur moi tu te rendes compte que je ne suis pas assez bien pour toi ? Ou aussi que j'ai peur d'éprouver des sentiments pour toi que je n'ai jamais ressenti ?
- Je... ne sais pas quoi dire...
Il soupira et sortit son portable.
- Qu'est-ce que tu fais ? Lui demandais-je.
- J'appelle un taxi !
Je m'assis sur le bord de la route, le regardant s'acharner sur son téléphone pour trouver du réseau. Après dix minutes d'efforts il vint s'asseoir près de moi. La pluie avait presque cessé et nos vêtements étaient trempés. Il passa son bras autour de mes épaules et je posai ma tête sur celle-ci.
- Je crois que ce serait une erreur, lui chuchotais-je.
- De quoi tu parles ?
- Tu sais... Si on finissait ensemble ça ne ferait que nous faire du mal.
- Pourquoi ? Tu n'as jamais lu des contes de fées ? Ça se finit toujours bien dedans.
- J'ai toujours trouvé ça trop facile.
- L'amour est facile quand il est... réciproque
- C'est pour ça que cinquante pour cent des mariages finissent en divorce !
- Oui et voilà pourquoi je ne veux pas me marier, mais je veux juste que tu m'écoutes. J'ai été en maison d'accueil depuis l'âge de cinq ans parce que ma mère m'a abandonné. Je n'ai jamais été aimé et je n'ai jamais aimé personne. Je ne sais pas ce que je ressens pour toi, mais je sais ce que je ne veux pas : te perdre. Alors n'en parlons plus et rentrons a la maison.
J'acquiesçai, me levai et nous recommençâmes à marcher, mais ses paroles m'étaient restées en travers de la gorge.
Ne plus en parler, cacher ses sentiments : Était-ce la meilleur solution ?
Je mettrai 2 chapitres encore demain et comme ça jusque vendredi
