Voilà une semaine que nous avions suivi la règle du : « ne pas en parler » et ça devenait très dur à supporter.
Ce matin-là, je fus réveillée par un claquement de porte et quand j'ouvris les yeux je trouvai quelqu'un assis sur le bord de mon lit.
- Cal' ! On est samedi et le samedi je ne me lève pas avant quatorze heures, grognais-je.
- Je crois qu'on... Enfin... Ça te dirait d'avoir un rencard avec moi ?
- Euh oui pourquoi pas, dis-je en me relevant toujours à moitié endormie.
Il me sourit et sortit de la chambre. J'allais avoir un rendez-vous avec Caleb... J'allais avoir... QUOI ?
Me rendant soudain compte de ça je me levai à toute vitesse et courus dans le couloir
- Tu veux avoir un rencard avec moi ? Lui demandais-je essoufflée
- Oui, dit-il d'un ton moqueur.
- Eh bien d'accord.
- Alors à ce soir... Et jolie la culotte Hello Kitty.
Je baissai les yeux sur ma tenue, voyant que je n'étais pas très habillée. Gênée je repartis doucement vers ma chambre, en y entrant je souris doucement avant de commencer à sauter partout. J'aurais cru me retrouver à l'âge de cinq ans quand je découvrais mes cadeaux de noël. Mais quand je me retrouvai devant le miroir tout me revint à la figure. Je n'avais pas perdu un gramme et ces grosses cuisses ne pourront jamais me donner un air sexy dans un jeans. Pourtant plusieurs heures plus tard, j'étais prête et je n'avais pas trop l'air grosse. Caleb m'attendait à côté de la porte, me regardant descendre en souriant.
-Où allons-nous ? Lui demandais-je.
- J'avais pensé qu'on pourrait aller boire quelque chose au café du coin, dit-il en ouvrant la porte.
Je hochai la tête et me dirigeai vers la voiture.
- Tu sais conduire ?
- Oui, mais je n'ai pas de voiture, me répondit-il.
Je ris et lui donnai les clefs de ma voiture, avant de monter côté passager. Un peu réticent, il entra dans la voiture, mais à peine avait-il démarré que je regrettais de l'avoir laissé conduire. Je n'aurais jamais cru que ma voiture pouvait aller aussi vite.
- Tu ne crois pas que tu vas un tout petit peu trop vite ?
- Il n'y a pas de radar a Rosewood, alors no problemo.
No problemo... Croyons-le. En arrivant au café j'étais même surprise d'être encore vivante.
Dans le café, d'où nous assîmes à une table près de la fenêtre pour nous regarder sans rien dire.
- Je ne sais pas ce que l'on fait à un rencard, m'avoua-t-il.
- On pourrait commander pour commencer...
- Bonne idée, dit-il en appelant la serveuse.
Je pris une limonade tandis que lui prit un coca, rien d'extraordinaire. Quand la serveuse partit, il posa sa main sur la mienne avec un air gêné. Il essayait de faire la discussion, mais il n'arrêtait pas de regarder nos mains comme si il avait peur que je retire la mienne. Je me relevai et vint embrasser sa joue un peu rouge, ce qui ne fit qu'amplifier ses couleurs.
On était en train de déguster nos boissons quand deux personnes derrière moi éclatèrent de rire.
- Regarde c'est la grosse Hanna, s'exclama l'un d'eux.
- Je plains le mec qui est avec elle, à sa place j'aurais honte, dit l'autre.
Caleb allait se lever, mais je le retins et lui demanda si l'on pouvait partir. Il accepta et paya avant de sortir de l'endroit.
- Tu sais, je n'ai pas honte d'être avec toi, dit-il en entrant dans la voiture.
- Je sais, dis-je en y entrant aussi.
Le retour fut très tendu, on échangea aucun mot jusqu'à que l'on soit devant la porte de la maison.
- Ma mère est là, tu pourras rentrer quand elle sera montée.
- Oui... Hanna, je sais que je ne suis pas forte pour les rendez-vous, mais dans les films le garçon raccompagne la fille jusqu'à chez elle et l'embrasse avant de la quitter.
Je souris doucement et passai mes bras autour de son cou. Il se pencha vers moi pour presser ses lèvres contre les miennes. Ce n'était pas grand-chose mais assez que pour me redonner le sourire. Il me souhaita une bonne nuit et je rentrai dans la maison. Ma mère se trouvait assise sur une chaise dans la cuisine.
- Les hommes n'aiment pas les filles grosses Hanna, me dit ma mère sans même me regarder.
- Je sais maman, dis-je en montant à l'étage.
Pour une fois je croyais ma mère, alors je me dirigeai vers la salle de bain pour enfoncer mes doigts au fond de ma gorge et vomir tout ce que j'avais dans le corps.
