La mère d'Hanna et moi venions de passer trois jours à l'hôpital, mais, ce matin, elle avait dû me laisser seul. Hanna ne s'était toujours pas réveillée. Le médecin disait que ça ne devrait plus tarder, mais il y avait toujours un risque qu'elle... ne se réveille pas. Elle était dans le coma, parce qu'elle avait arrêté de manger.
- J'aurais dû le voir, lui dis-je en prenant sa main. J'aurais dû t'empêcher de faire ça.
Je pris sa main glaciale, la serrant dans la mienne.
- Je ne sais pas si tu m'entends, mais je ne peux pas te regarder comme ça sans rien faire...
Pourquoi as-tu fais ça ? Je ne voulais pas que tu perdes du poids, je te trouve magnifique comme tu es. Quand on aime quelqu'un, ce n'est pas pour le physique. En tout cas, ce n'est pas
lui que j'ai envie d'aimer. C'est juste une enveloppe faite de chair et d'os, mais ça ne te définit pas.
Je regardai son corps, espérant voir un geste ou juste un mouvement de cils, mais rien...
- J'ai toujours rêvé d'avoir une famille et, maintenant que j'en ai une, on veut me l'avais-je faire sans mon petit bout de femme qui me réveille tous les matins en me donnant un doux baiser ? Comment vais-je faire pour pouvoir me relever si tu pars ? En fait, la vraie question est : Est-ce que je vais pouvoir vivre sans toi ?
Je levai mes yeux remplis de larme sur son visage et je remis une de ses mèches de cheveux derrière son oreille.
- Je t'aime Hanna.
J'allai sortir dans la pièce quand je vis un mouvement. Pendant un instant, je crus avoir rêvé mais non, c'était bien réel. Elle avait bougé sa main.
- Imbécile, dit-elle d'une voix à peine audible.
- Quoi ?
- De l'eau, gémit-elle.
Je me levai, pris un verre pour le remplir au robinet et lui donnai.
- J'ai dis : Imbécile, dit-elle après d'avoir bu son contenu. J'attends depuis plus de deux mois que tu me dises ça et tu me le dis à l'hôpital !
Je ris et l'embrassai, lui disant des centaines de fois que je l'aime.
-Tu es réveillée, soufflai-je.
- Je crois que ça se voit mon ange, dit-elle en riant.
Je souris et, après quelques minutes, je voulu appeler le médecin, mais elle m'en empêcha.
- Reste juste avec moi, me souffla-t-elle.
Alors, je m'allongeai dans le lit étroit de l'hôpital et la prit dans mes bras. Il ne lui fallut que quelques minutes pour se rendormir, mais moi je n'y arrivais pas. La seule idée qu'elle ne se réveille pas me tordait l'estomac. Quand elle se réveilla, j'étais toujours là, près d'elle.
- Ne me fais plus jamais ça, lui dis-je en caressant sa joue.
- Je te le promets.
Elle releva la tête et m'embrassa.
Plusieurs heures plus tard, sa mère arriva et prit sa fille dans ses bras, en pleurant.
