Je n'avais pas dormi de la nuit, ne faisant, finalement, que la regarder. Cette magnifique fille, qui avait sa tête posée sur ma poitrine, avait passé la nuit à parler dans son sommeil, et qui, dès qu'elle se réveillait, venait m'embrasser en me disant qu'elle m'aimait. A chaque fois, c'était comme une bouffée de bonheur, mon cœur recommençait à battre, mon amour devenait plus grand. Quand le soleil se leva, je sortis du lit, faisant attention à ne pas la réveiller. Je mis mon boxer avant de descendre et, dans le hall, se trouvait le père d'Hanna, mon sac à ses pieds.
- Vous devez partir, m'annonça-t-il.
- Monsieur... je l'aim...
- Jamais vous ne pourrez la rendre heureuse, me coupa-t-il. Elle a toujours rêvé de grande chose et avec votre petite condition, vous ne pourrez pas lui offrir tout ça. Pour son bien et son bonheur, partez.
Je baissai les yeux, honteux de la vérité qui venait de sortir de sa bouche. Je m'en voulais à présent, car la veille, je lui avais promis beaucoup de choses, que je ne pourrais pas réaliser, sauf une : Qu'elle ne soit plus jamais malheureuse. Je devais tenir cette promesse-là. J'essayai de trouver une solution pour faire taire mon cerveau qui me disait de partir, mais je n'y arrivai pas. Je pris mon sac , attrapai un bout de papier et écrivis cette phrase : « Je t'aimerais toujours, ne l'oublie pas».
- Vous pourrez lui donner ça ? demandai-je en lui tendant le mot.
- Bien sûr...
Il le prit et je me dirigeai vers la porte. Mes jambes tremblaient tellement que j'avais peur de ne plus savoir mettre mes pieds l'un devant l'autre. Une boule dans la gorge, je tournai mon regard vers l'escalier, priant pour la voir arriver et qu'elle m'empêche de faire ça, mais rien ne se passa. Je passai la porte, la refermai derrière moi et fis quelques pas, mais immédiatement, je me retournai pour faire demi tour. J'étais de nouveau devant cette porte mais je ne fis rien, car je savais qu'en partant je faisait le bon choix. Alors, je partis vers l'inconnu.
Un claquement de porte me réveilla. J'ouvris les yeux et regardai autour de moi, cherchant Caleb. Intriguée de ne pas le voir, je m'enroulai dans les draps et sortis de la chambre. Je regardai dans toutes les pièces de l'étage, mais il n'était pas là.
- Caleb ! Où es-tu passé ? criai-je.
- Il vient de partir chérie, dit mon père depuis le bas. Il t'a laissé un mot.
Je descendis les escaliers, serrant bien les draps pour ne pas qu'ils tombent.
- Très belle tenue, remarqua mon père.
Je lui arrachai le mot et le lus : « Pour moi ce n'était pas sérieux, j'ai préféré partir ». Je lâchai le morceau de papier et le regardai tomber. Je relevai la tête, plongeant mon regard rempli de larme dans celui de mon père.
- C'est vraiment Cal' qui a écrit ça ? m'assurai-je, d'une voix tremblante.
- Oui, me dit-il froidement.
Je retournai dans ma chambre et m'assis sur mon lit. Je pris l'oreiller de celui qui venait de passer la nuit avec moi et plongeai ma tête dedans pour respirer son odeur. Au fond de moi, j'espérais que ce soit une blague, qu'il passe la porte à cet instant et me prenne dans ses bras en riant. Bien sûr, je restai seule. Après plusieurs minutes, je m'allongeai sur le lit qui était encore emplis de l'électricité de la nuit dernière.
- Il est parti, murmurai-je finalement.
Ce n'est qu'après l'avoir dit que tout devint réel. Je me pliai en deux tellement je me sentais mal. C'était comme si on venait de me transpercer le cœur avec un pieu, comme si le monde s'effondrait. J'essayai de me reprendre, mais c'était impossible. Entre deux sanglots, mes yeux passèrent sur mon poignet où était toujours inscrit « Hanna Rivers », ce qui ne fit qu'amplifier la douleur. Comment avait-il pu me mentir ? Comment pouvait-on jouer la comédie à ce point ?
Il était parti et il avait emporté mon cœur.
