J'étais au milieu de ma baignoire, regardant mes poignets sous l'eau, où j'avais posé une lame de rasoir.
Je pensais à ce dimanche que j'avais passé confinée dans ma chambre avec Caleb. On était restés couchés dans mon lit, dans les bras l'un de l'autre. Il ne faisait que m'embrasser le cou, les joues, les lèvres... Je me souviens que je m'étais dit que c'était un des plus beaux jours de ma vie, mais maintenant, je me disais que tout cela n'était qu'un mensonge...
J'appuyai sur la lame et elle s'enfonça dans ma chaire. Je regardais le sang couler pendant un moment, avant de la faire glisser pour sectionner mes veines. Des larmes coulaient sur mes joues et je passai à l'autre poignet où les mots écrits au feutre disparaissaient peu à peu. J'infligeai à celui-ci le même sort que l'autre, pourtant, la douleur fut plus atroce.
Je m'allongeai dans l'eau chaude qui était devenue rosée. Je regardais mon sang sortir de mes veines, pour se mélanger à l'eau et aux larmes et, doucement, je sombrais dans un sommeil sans retour.
J'avais aimé Caleb depuis le jour où je l'avais rencontré, je l'avais aimé pendant 98 jours, et, en
une minute, tout cela avait disparu.
Un jour, il m'avait dit qu'il ne pourrait pas vivre sans moi. Ce qu'il ne savait pas, c'est que moi non plus je ne pourrais plus vivre sans lui.
