PDV Caleb

Ma mère et mon beau père avaient accepté de passer ces trois semaines de vacances à Rosewood. Ils avaient loué une petite maison près de la place.

A peine avais-je fini de vider ma valise, vers vingt heures, que je partais vers la maison d'Hanna. Rien n'avait changé, toujours les mêmes maisons, les mêmes personnes, on aurait dit que je n'étais jamais parti. Je me souvenais exactement quel chemin je devais faire et, j'arrivai vite devant chez elle. Je pensai sonner à un moment, mais à la place, je fis le tour de la maison, pensant pouvoir regarder à l'intérieur depuis la terrasse. Mais quelques mètres avant celle-ci, je vis que quelqu'un y était déjà : Hanna assise sur une chaise longue. Je failli ne pas la reconnaitre... On aurait dit qu'elle avait perdu 20 kilos, tellement que même de ma position, je pouvais voir qu'elle n'avait plus que la chair sur les os. Elle n'arrêtait pas de faire passer un objet sur son bras. Au début je ne compris pas, jusqu'à ce que je vis du sang couler sur la chaise. Je voulus m'approcher, pour vérifier que je ne rêvais pas, mais à peine avais-je fais un pas qu'une brindille craqua son mon pied.

- Qui est là ? cria-t-elle.

Je ne répondis pas et restai là une seconde avant de me reculer, une seconde de trop.

- Caleb ? dit-elle en se levant.

Elle jeta un coup d'œil autour d'elle, puis tomba à genou sur le sol en pleurant.

- Pourquoi ? Pourquoi ? disait-elle encore et encore.

Si son père n'avait pas ouvert la porte à ce moment-là, j'aurais couru la prendre dans mes bras.

- Hanna, on mange, dit-il sèchement.

Elle rebaissa ses manches et suivit son père à l'intérieur. Doucement, j'allai sur la terrasse et, en dehors des traces de sang, je trouvai une photo au sol. Je la connaissais bien, j'avais la même encadrée posée sur ma table de nuit. On était tous les deux, dans les bras l'un de l'autre, moi embrassant sa joue. Soudain, je compris que je n'avais pas fait le bon choix.

PDV Hanna

Je suivi mon père à l'intérieur et m'assis à table. Cela faisait six mois que mon père s'était remis avec ma mère, ce qui n'avait rien arrangé. Je le détestais. Pourquoi n'avait-il pas pu se mêler de ses affaires ce soir-là ? Pourquoi avait-il défoncé la porte de la salle de bain pour me sortir de là ? Pourquoi m'avait-il emmenée à l'hôpital ? Maintenant, à cause de lui, ma vie était devenue un enfer et je ne pouvais rien y faire. Il n'arrêtait pas de me surveiller, avait enlevé toutes les clefs. On aurait dit que cela lui faisait plaisir de me faire du mal. J'avais l'impression qu'il aimait diriger nos vies, celle de ma mère et la mienne.

Après le repas, je montai dans ma chambre. Je m'assis sur le lit et pris le bout de papier.

" Pour moi ce n'était pas sérieux, j'ai préféré partir".

Jamais je n'ai cru à ce message, pourtant c'était comme si mon cœur se brisait à chaque fois que je le lisais. Dans ces moments-là, je regardai mon poignet où était gravé "Hanna Rivers" dans ma chair et je me donnais le droit d'espérer qu'un jour, il reviendrait.