Après avoir passé l'après-midi avec les filles, qui avaient essayé tant bien que mal de me faire prendre conscience de certaines choses sur Caleb (que je n'avais pas voulu croire), Sean était passé me chercher pour aller à la fête de Noël.
A peine étions-nous entrés qu'il me donnait déjà un verre de bière, que je ne refusais pas. Ce genre de fête servait à cela : boire, danser et flirter.
Je bu beaucoup, même trop, et quelques heures après notre arrivée, Sean et moi montâmes à l'étage. Il me fit entrer dans une des chambres où nous enlevâmes nos chaussures. Il n'alluma pas les lumières et alla fermer les tentures.
- Que fais-tu ? le questionnai-je, prenant soudainement peur.
Il ne me répondit pas, mais se colla contre moi et ma respiration se bloqua. Il fit glisser la tirette de ma robe et elle tomba au sol. J'essayais de le repousser, vraiment, mais l'effet de l'alcool réduisait ma force et embrumait mes pensées. Il me poussa sur le lit, sans que je puisse faire quoique ce soit. J'avais peur. Il allait avoir ce qu'il voulait depuis le début et, je commençai à crier en me rendant compte de cette vérité.
- Personne ne t'entendra, me chuchota-t-il à l'oreille.
Il se déshabilla et fit glisser mes sous-vêtements au sol. J'essayai de le frapper, de partir, de me débattre, mais il me retenait. Il était beaucoup plus fort que moi et toute tentative pour m'échapper était vaine.
Je sus que c'était fini, que personne ne viendrait à mon secours.
Dès que j'arrivai chez Noel, je commençai à la chercher, demandant à toutes les personnes que je connaissais s'ils ne l'avaient pas vues, jusqu'à ce que l'on me dise qu'elle était en haut, avec Sean. L'étage ne se constituait que d'un couloir avec des portes menant à de nombreuses chambres. Il était bondé, des ados, souvent plus jeunes que moi, étaient adossés aux murs, s'embrassant ou buvant. Elle n'était pas de ceux là, et j'en déduisis qu'elle était dans une chambre... J'allai partir, quand j'entendis un cris qui ne pouvait venir que d'une seul personne. Il venait de la première chambre. La porte n'était même pas fermée à clef et j'y entrai, m'attendant à avoir la gêne de ma vie si je me trompais. Mais ce ne fut pas le cas. Hanna était allongée sur le lit, complètement nue, en pleurs, les mains retenues au-dessus de sa tête par son petit ami qui était avec elle.
- C'est déjà prit mec, dit-il en enfilant son boxer avant de venir me faire face.
- C'est domage pour toi !
Je rassemblai toute ma force et projetai mon poing vers lui, qui arriva pile sur sa machoire. Surpris par le choc, il s'effondra au sol. J'étais tellement énervé, que je ne pus pas m'empêcher d'en rajouter en lui donnant plusieurs coup de pieds dans le ventre. Quand il eut la force de se lever, il prit ses affaires et partit en courant.
Mon ange était toujours dans le lit, tremblant et pleurant. J'embrassai ses joues et lui chuchotai : "ça va aller, je suis là". Je l'aidai à remettre ses vêtements tant bien que mal, malgré ses tremblottements, et la pris dans mes bras, sachant bien/me doutant qu'elle ne saurait pas marcher.
La voir dans cet état me brisait le coeur. J'aurais tellement aimé tuer Sean pour ce qu'il avait essayé de faire !
Je ne fis pas attention aux personnes qui se retournèrent en me voyant avec Hanna. Je la ramenai chez moi, car j'étais sûr qu'elle aurait des problèmes si elle rentrait dans cet état chez elle. Quand ma mère nous apperçut dans l'escalier, elle me jeta un regard interogatif, mais ne dit rien tandis que je montai dans ma chambre. Je déposai mon ange en pleurs sur mon lit et enlevai mes chaussures, avant d'aller la rejoindre.
Elle était secouée de sanglots et cela ne fit qu'empirer quand je la pris dans mes bras.
- Rien... de tout ça... ne serait arrivé... si tu étais resté, dit-elle en esseyant de se reprendre.
- Je sais mon amour, je suis tellement désolé.
Je posai ma tête sur la sienne et respirai l'odeur de ses cheveux.
- Je ne te pardonne pas, chuchota-t-elle.
Je passai mes bras autour d'elle et ne lui répondis pas. Je pleurai, je ne pouvais pas faire autrement. Comment aurais-je pus me pardonner si je n'étais pas arrivé à temps?
- Je ne te le demande pas, je ne te mérite pas.
Elle ne m'entendait même plus, elle dormait. Elle se retourna vers moi et, nous étions tellement proches que je sentais son souffle sur ma peau.
- Si tu savais à quel point j'ai besoin de toi, soufflai-je avant de tomber endormi.
