J'étais rentrée chez moi en pleurs, n'attendant que d'être seule pour pouvoir m'enfoncer une lame de rasoir dans le bras, en espérant que cela fasse disparaitre cette douleur qui m'avait envahi le cœur. Pourtant, quand je vu mes amies, assises dans mon salon, je ne pus que les prendre dans mes bras et vider mon sac.

J'étais allongée sur le sofa et je venais de finir de raconter les évènements de ces dernières heures sans pouvoir arrêter les sanglots.

- Tu lui as dit de partir ? s'exclama Aria.

- Oui, dis-je d'une voix étranglée.

Elles étaient autour de moi, essayant de comprendre mes explications.

- Mais tu l'aimes encore ? me questionna Spence.

- Oui, répondis-je une fois de plus.

- Donc tu veux qu'il reste ? renchérit Em'.

- Oui !

Aria se leva et commença à frapper sa tête contre le mur, Emilie secoua la tête et Spencer fronçait les sourcils. Je leur aurais bien expliqué pourquoi je lui avais dit cela, mais même moi je ne le savais pas. Tout ce que je savais c'est que je ne voulais plus souffrir.

La pièce était silencieuse, le seul son qui gâchait se calme était le bruit de la pluie qui battait sur la fenêtre. Après quelques minutes, un bruit se fit entendre derrière la porte d'entrée et une enveloppe fut glissée dessous. Je me levai et juste en voyant écrit mon nom sur le papier, je su que cela venait de lui. Je la ramassai et l'ouvris.

"Mon amour,

Ai-je le droit de t'appeler comme cela après tous ce que je t'ai fait? Sûrement pas, mais je m'y tente.

Je n'ai jamais voulu te quitter, mais ce matin-là, quand ton père m'a dit que tu serais mieux sans moi, je l'ai cru. Depuis ce jour, chaque seconde éloignée de toi m'est insupportable, mais au moins je pouvais me dire que tu étais heureuse. Maintenant que je t'ai revu, je sais que j'ai eu tort. Te voir ainsi me tue un peu plus à chaque fois, c'est pour ça que, pour ton bonheur, je vais partir. Mais avant, j'aimerais pouvoir m'expliquer, voir tes yeux posés sur moi, ta voix prononcer mon nom… Au fond de moi, je sais que tu ne devrais pas accepter, pourtant l'idée de ne pas te voir m'insupporte. Dans tous les cas, je serai en face de chez toi.

Mon cœur t'appartiendra toujours,

Je t'aime,

Caleb."

Je la relus plusieurs fois pour être sûre que je ne rêvais pas, mais non, c'était réel. J'ouvris la porte devant laquelle j'étais restée plantée. Il était bien là, debout sur le trottoir, trempé jusqu'aux os.

- Qu'est-ce qu'il fait là ? demanda Spencer

Je secouai la tête, ne le lâchant pas des yeux. Il releva la tête et je cru voir une lumière éclairer ses yeux. Un sourire apparut sur son visage et je m'approchai de lui tout doucement. Quand je fus à un peu moins de trois mètres de lui, je commençai à courir avant de sauter dans ses bras. Il m'attrapa et me serra contre lui.

- Tu es là… chuchota-t-il.

- Tu m'aimes encore, lui répondis-je.

- Bien sûr.

Il se pencha vers moi et s'arrêta à un centimètre de mes lèvres. Je plongeai mon regard dans le sien et lus en lui comme avant. Ses magnifiques yeux bruns qui montraient tout son amour, sa tristesse, sa… frustration. Je passai mon bras autour de son cou et le rapprochai vers moi jusqu'à que nos lèvres se touchent. Je sentis ses bras se resserrer autour de moi et, doucement, il m'embrassa. Ce n'était pas un baiser passionné, il était doux, rempli d'amour. Je passai mes mains dans ses cheveux, ne voulant pas qu'il s'éloigne, pourtant il le fit. Après une bonne minute, il se recula, mais sans pour autant me lâcher.

- Ne pars pas, le suppliai-je en recommençant à pleurer.

- Jamais mon ange, dit-il en embrassant mon front.

Je posai ma tête sur son torse et nous restâmes comme cela un long moment, sous la pluie, oubliant mes amies qui nous observaient de l'intérieur.

A ce moment-là, je voulu croire au compte de fée, que Caleb et moi, ce serait pour toujours, que je n'aurais plus jamais mal, que notre histoire se terminerait par un : "Ils finirent heureux".