La pluie avait cessé il y a une semaine (exactement, depuis que j'avais été chez Hanna) et la neige avait recommencé à tomber.
J'avais attendu Hanna toute la matinée, même si elle m'avait précisé qu'elle ne serait là qu'à midi. Il était l'heure et je faisais les cents pas dans le hall, perdant ma patience de plus en plus, de minutes en minutes. J'avais besoin d'elle, juste la voir, la sentir près de moi... Je ne l'avais pas ré-embrassée, je ne l'avais même pas prise dans mes bras, j'avais peur, tellement... Elle était si fragile, je ne voulais pas la brusquer ou faire quelque chose qu'elle ne voulait pas. La veille, j'étais tellement accablé par son départ que j'avais failli lui demander de rester, mais j'avais ravalé ma tristesse pour la laisser partir.
Dès que je l'entendis frapper à la porte, j'accourus lui ouvrir. Elle était magnifique (comme toujours), un bonnet sur la tête, une écharpe autour du cou et les mains emmitouflées dans des gants. Je lui embrassai la joue et la laissai entrer. Après avoir fermé la porte, je m'y adossais pour la regarder se débarrasser. Plusieurs pensées me vinrent en tête : l'embrasser, la plaquer contre le mur, la toucher... Je secouai la tête comme pour les faire sortir de ma tête et vins lui prendre la main. Ce si petit contact faisait parcourir un courant électrique dans tout mon corps.
- Du café ? ce fut la seule chose que je sus lui dire à cet instant.
- Oui s'il te plait...
J'allais à la cuisine et me tournai vers le comptoir pour lui en servir. Elle alla derrière moi, se colla contre mon dos et passa son bras autour de mon torse, ce qui me fit soupirer d'aise.
- J'ai besoin que tu me touches, me chuchota-t-elle. Je sais ce que tu penses mon ange, ne pas me brusquer, me laisser guérir, mais comment pourrais-je guérir sans tes "mon amour" et tes baisers?
Je me tournai vers elle les yeux fermés, respirant profondément pour me contrôler. Elle me connaissait bien, trop bien.
- Tu ne me trouves plus attirante ? continua-t-elle. Maintenant que je ne suis plus qu'un sac d'os, ne suis-je plus intéressante ?
J'ouvris mes yeux et vis une larme rouler sur sa joue. Je posai mes mains sur ses hanches et la collai contre moi. Il m'était insupportable de la voir pleurer.
- Tu seras toujours la plus belle pour moi, chuchotai-je à son oreille. Tu pourrais bien revenir avec trois dents cassées et un œil au beurre noir, ce serait pareil.
- Tu veux que je me fasse tabasser ? répondit-elle en souriant et essuyant ses larmes
- Tu es bête...
Elle releva la tête et la voir sourire me donna l'impression que mon cœur allait s'arrêter. Je repoussai une mèche blonde qui lui tombait sur le visage et pris son menton, me penchai et l'embrassai. Ses baisers me manquaient tellement, cette chaleur que je ressentais en moi, mon corps attiré vers le sien comme deux aimants...
Elle se mit sur la pointe des pieds pour être encore plus proche de moi et elle passa sa main sur ma joue. Je pris doucement ses cuisses et la soulevai pour la déposer sur le comptoir. Je remontai la manche de son t-shirt et embrassai son tatouage en remontant sur ses cicatrices, mais elle me repoussa et remis en place le tissu.
- Tu vas guérir, dis-je en me mettant entre ses jambes. Je te le jure mon amour.
Elle hocha la tête et enroula ses jambes autour de mes hanches.
- Je guéris un peu plus à chaque seconde que je passe avec toi...
Je posai ma tête sur son épaule et collai mon front contre son cou. Elle était trop gentille, elle ne m'en voulait même pas. J'aurais aimé qu'elle me déteste, qu'elle me fasse regretter tout ça, mais elle ne faisait que m'aimer.
- Arrête de réfléchir, me sermonna-t-elle. Nous sommes là, tous les deux, c'est tout ce qui compte.
J'acquiesçai et me relevai pour la regarder dans les yeux.
- Je vous aime Hanna Rivers.
Je ne crois pas que j'aurais dû lui dire, car elle recommença à pleurer.
- Je... commença-t-elle, je... n'y arrive pas... Je veux le dire, mais les mots ne sortent pas!
Elle ferma les yeux et fronça les sourcils.
- Ce n'est pas grave !
Je lui souris et la ré-embrassai.
Cette nuit-là, elle resta avec moi et je m'endormis en la serrant dans mes bras.
Elle ne l'oubliera jamais, cette douleur qui restera toujours tapie au fond de son cœur, mais peut être qu'à la fin, avec moi et mon amour, elle pourra vivre avec...
