PDV de Matt
J'étais en train d'enfiler ma tenue de travail dans les vestiaires du Grill lorsque j'entendis une voix familière, de l'autre côté de la porte. J'arrêtai immédiatement de mettre mon t-shirt, sous le choc, lorsque la porte s'ouvrit, laissant apparaitre Kol, tenant à la main le même uniforme que le mien. Je le regardai, incapable de reprendre mes esprits face à la conclusion que je venais de tirer. Kol travaillait dorénavant au Grill. Je pris conscience de la situation et pensai à une façon de devoir le croiser le moins souvent possible. C'était impossible. Le Grill manquant cruellement de personnel, Karl, le patron, insistait pour que je sois présent le plus souvent possible et que je forme les nouveaux arrivants. Évidemment, je me doutais que si Kol avait eu l'idée de venir travailler au Mystic Grill, ce n'était pas par vocation envers le métier de serveur, une vie d'Originel débordait de choses beaucoup plus intéressantes qu'un emploi de serveur dans une petite ville sans intérêt. Il était là pour moi, et s'obstinait à vouloir se faire pardonner et à retrouver le rôle d'ami qu'il endossait encore une semaine auparavant.
"Bonjour Matt", me dit-il avec un sourire empli de tendresse, différent de l'habituel sourire séducteur qu'il affichait tout le temps. Après une pause, pendant laquelle il regarda avec avidité mon torse encore nu, il reprit la parole. "Tu le fais exprès? Tu veux vraiment que je te saute dessus au beau milieu des vestiaires?" me taquina-t-il, sans que je trouve ça drôle.
Je ne lui répondis pas et une fois que j'eus repris mes esprits, j'enfilai mon t-shirt et passai outre lui, le frôlant, pour me rendre en salle. Le service de ce midi fut calme, mais je ne pouvais m'empêcher de remarquer que durant les 4 heures que durait notre service, il n'avait cessé de m'observer et de me sourire dés que nos regards se croisaient. Comment osait-il encore m'adresser la parole et espérer redevenir mon ami après ce qu'il avait fait! Manipuler mes pensées et mes émotions était surement la pire erreur qu'il avait commis depuis que je le connaissais. Je fus soulagé lorsque mon patron décida de me laisser partir un quart d'heure plus tôt. Je regardai ma montre. 4h17 P.M. Merde, pensai-je, je suis en retard chez Elena! Elena organisait un gouter chez elle, où elle avait invité Bonnie, Caroline, Stefan et moi-même. L'invitation étant pour 4h, j'étais déjà en retard. Je me pressai chez Elena, tout en roulant prudemment, et frappai à la porte une fois arrivé devant chez elle.
La porte s'ouvrit sur Jeremy, qui m'invita à rentrer. A la cuisine se trouvaient Elena, Caroline, Stefan, Alaric et Bonnie, tandis que Jeremy et moi les rejoignîmes. Après avoir dit bonjour à tous le monde, j'attrapai une part du gâteau restant, surement apporté par Caroline. Pendant tout l'après-midi, celle-ci ne cessait de me regarder, comme si elle essayai de lire en moi. Il était vrai que je n'essayai pas vraiment de dissimuler mes sentiments, et n'importe qui aurait fait attention aurait remarqué que quelque chose n'allait pas. J'essayai donc de brouiller les pistes en adressant un sourire à mon ex-petite-amie, qui détourna le regard, continuant sa conversation avec Bonnie. Lorsque vers 6h30, j'annonçai à mes amis que j'allai partir, Caroline me demanda si la raccompagner chez elle me dérangerai. D'abord réticent car je connaissais ses réelles motivations, j'acceptai de la ramener.
Une fois dans la voiture, elle débuta immédiatement la discussion.
"Quelque chose ne va pas, Matt? Je t'ai observé une grande partie de l'après-midi, et tu ne sembles pas en forme!
-Si, tout va très bien", me contentai-je de lui répondre.
Elle reporta son regard sur la route, mais je sentais qu'elle n'était pas satisfaite de ma réponse. Après quelques minutes de silence, elle revint à la charge :
"Elena m'a dit que tu trainais beaucoup avec le frère de Rebekah ces temps-ci... Vous êtes devenus amis?
-Je ne vois pas du tout de quoi tu veux parler, lui répondis-je, voulant à tous prix éviter ce sujet de discussion.
-Oh si Matt tu sais très bien de quoi je veux parler, rétorqua-t-elle sèchement, me faisant comprendre qu'elle ne lâcherait pas l'affaire.
-Caroline, tu es mon ex, c'est vraiment très bizarre de parler de ça avec toi!
-Mais Matt, on se connait depuis toujours et je ne suis pas homophobe, je ne te laiss...
-Qu'importe! Je n'étais pas moi-même lorsqu'il m'a... embrassé, avouai-je, honteux et à la fois soulagé d'en parler.
-Que veux-tu dire par là? questionna-t-elle.
-Je veux dire qu'il m'a manipulé! Il a utilisé son pouvoir d'hypnose sur moi pour me forcer à l'embrasser! dis-je alors que je me garais devant la maison de Caroline que nous venions d'atteindre.
-Mais tu ne bois pas de verveine? Et comment sais-tu qu'il t'a hypnotisé? Il te l'a dit?
-J'ai du oublier de prendre ma verveine plusieurs fois, je ne suis malheureusement pas assez rigoureux sur ça. Et non il ne m'a rien dit, je l'ai deviné car ça ne me ressemble pas du tout!
-Oh Matt! Premièrement tu ne connais pas l'étendue des pouvoirs d'un vampire et deuxièmement tu ne te connais pas toi-même! Il est impossible de se rendre compte que l'on a été hypnotisé, l'unique manière et de se transformer en vampire! Et je parle en connaissance de cause, Damon m'a hypnotisé pendant des mois, et je ne m'en rappelle que depuis ma transformation. Alors crois moi quand je te dis que le Matt qui embrassais Kol, c'était bien toi Matt!"
Voyant que je ne répondais pas, elle me dit au revoir et descendit pour rentrer chez elle.
Kol ne m'avait donc jamais manipulé, je ne faisais que me voiler la face durant tout ce temps! Toutes ces émotions que j'avais ressenties lors du baiser et même après, l'euphorie, la joie, la surprise, le bonheur, tout était donc réel! J'essayai d'assimiler toutes ces émotions qui revenaient petit à petit en moi en pensant au baiser, que j'avais adoré. Je fus immédiatement soulagé mais en repensant à ce moment, je repensai également à tout ce qui avait suivi. La manière dont j'avais traité Kol, la souffrance que j'avais du lui infliger, je devais tout corriger, autrement je ne pourrais plus me regarder dans un miroir à nouveau. J'avais agis comme un monstre et je devais m'en excuser, et si possible, embrasser Kol une nouvelle fois, pour ressentir tout ce que j'avais pu ressentir la semaine passée, mais sans inhibitions, en étant conscient que j'étais maître de moi-même et de mes actions. J'appréciai vraiment Kol et comme me l'avait fait comprendre Caroline, mes amis m'accepteraient tous tel que je suis, en couple avec une femme ou avec un homme. Cette fois, j'espérai que ça allait être un homme, Kol.
