Merci à Vautour2B qui m'a donné l'idée du nanar et du "palais royal Skendromme"

14.

D'un signe de tête, Karémyne remercia son fils qui venait de lui préparer une tasse de thé, alors que l'Arcadia qui la ramenait chez elle était à une journée de vol de Ragel.

- Pourquoi as-tu jeté le cosmogun d'Okranze à côté de son corps ? Ce n'était pas un peu dangereux ?

- Gansheer est brume, il ne pouvait la réactiver. Et comme elle ne cessait de le clamer, vu son niveau de sophistication de Mécanoïde, il aurait fallu un voire plusieurs laboratoires ultra-perfectionnés pour la remettre en fonction. Je ne vois vraiment pas qui pourrait le faire.

- Celle qui lui avait donné ledit cosmogun ! jeta Albator en venant dans le boudoir qui avait aménagé de façon contiguë à son propre appartement, pour sa femme, et qu'Aldéran avait découvert tout récemment avec des yeux ébahis une fois les quelques jours passés à la Colonie finis. Oui, tu as été terriblement imprudent, Aldéran ! Prométhium est inter-dimensionnelle, éternelle, et elle hait tout particulièrement celle du 999 et ceux qui arborent un drapeau pirate !

- Pour ce que j'en ai compris, elle est juste folle à lier ! gronda Aldéran qui savourait pour sa part un café surchargé de caramel et de crème fraîche, ayant servi un café noir à son père.

- Folle, sadique, impitoyable et toute puissante, grinça Albator. Je l'ai croisée à plus d'une reprise, à chaque fois elle renaît de ses cendres, à ce qu'il semble… Et tu es d'autant moins armé à te mesurer à elle que tu as laissé ce cinquième cosmogun auprès de cette Okranze.

- Que te souffle ton instinct ?

- Quoi, tu ne me traites soudain plus de vieux sénile ? Prométhium a armé Okranze, elle ne la laissera pas tomber… Avoir laissé l'arme auprès de la guerrière présumée morte était un noble geste mais, une fois de plus, ça pourrait sous peu te coûter la vie !

- Oh, une fois de plus ou de moins…

- Et moi, je ne suis pas prête à revivre une fois de plus les affres de l'annonce de ta mort ! gémit Karémyne. Ayvanère et moi partagions un thé glacé quand l'alerte du médiphone… Elle a été si rapide… Heureusement, elle a pu me rassurer avant même que je n'arrive à l'ascenseur. Mais ces quelques secondes ont été trop intenses, j'ai eu tellement mal…

- Je suis désolé, maman. En revanche, tu affiches une mine préoccupée, je doute que ça me concerne, en dépit de mon narcissisme coutumier ?

- Hoby est face à un souci propre à tout maître d'un empire financier et c'est toute notre famille qui est face à une menace médiatique…

- Oui ? firent d'une voix Aldéran et Albator.

- Contrairement à mes recommandations, Hoby a émis une nouvelle levée en Bourse de titres de Skendromme Industry et la majorité familiale pourrait bien être remise en question si lui-même ne parvient pas à racheter les propres actions émises – nous y étions toujours parvenus depuis Dankest mais Hoby est encore si jeune… Le second point est ce que l'on appelle communément en matière de films un nanar qui relate certaines démêlées sylvidresques…

- Quoi ? glapit le capitaine de l'Arcadia.

- Il semble que le passé de mon mari soit soudain moins nébuleux. Bref, ce film montrant de curieuse façon la guerre contre les Sylvidres n'est qu'une monstrueuse et inexacte parodie… J'ai déjà mis le Service Juridique de SI sur le coup.

- Inutile, je vais aller régler ce compte avec mon gravity saber !

- Mais bien sûr, pouffa Karémyne. Décidément, mon pirate préféré, tu n'auras jamais le moindre sens de la diplomatie ! Descendre les producteur, réalisateur, ou même tout le casting, n'empêchera nullement la diffusion par tout l'Union – et ça c'est ce que je vais tenter d'empêcher ! En plus, si tu voyais les trailers de ce film, ça ne ressemble à rien, on dirait qu'on t'a cloné avec un type ayant un hublot au niveau de la poitrine, tu sais comme lors de ces immondes expériences terrestres sur les vaches ?

- Merci pour la comparaison, grinça Albator.

- Mais, on ne peut pas abuser de l'image et du passé de papa sans avoir demandé d'autorisation ? protesta Aldéran, choqué.

- Aldie, c'est tout juste si j'existe, fit doucement celui-ci. Tout fut toujours si discret, secret, depuis mon mariage. Ce qui n'a pu que donner envie de fouiner… et on dirait d'après ma petite rose que cela ait fini par porter ses fruits !

Le pirate sourit alors à la blonde de son cœur.

- Ce n'est qu'un film, un nanar qui plus est. Je ne vais donc pas en chier une pendule, pour une fois ! Pourquoi te tourmenter ainsi, ma belle ? ajouta-t-il en déposant un baiser sur le dos de la main de Karémyne. J'ai affronté des armadas, alors un film…

- Les Médias sont destructeurs au possible, personne n'a idée de leur pouvoir pour tout salir… Nous l'avons tous déjà subi quand le doute fut jeté sur l'identité de ta génitrice, Aldéran !

A la stupéfaction générale, Aldéran eut à son tour un petit rire.

- Oui, Ayvanère avec son cynisme habituel a dit que cela avait mis « le palais royal Skendromme » sens dessus-dessous.

- Le « le palais royal Skendromme » ? ! tiquèrent en cœur Albator et sa femme.

- Oui, elle l'a qualifié ainsi depuis sa première venue au Manoir. Elle évoquait ainsi notre petit clan familial soudé et très fermé, privilégié et issu du sans pur des premiers colons terrestres ! Ca m'a toujours fait rire !

- Moi, pas du tout, marmotta Karémyne. Je ne suis que la fille de mon père !

- Tu es la fille de Dankest Skendromme, qui a créé un empire, une célébrité d'un monde privilégié et qui a souvent tendance à se croire hors des lois ! jeta encore Aldéran. Nous en avons tous profité, et abusé – moi le premier. Oui, Ayvanère avait trouvé la formulation parfaite : notre famille est un clan quasiment royal et le moindre soupçon ou opprobre le dérange profondément !

Aldéran esquissa son ravageur sourire.

- Ayvanère a dit qu'elle allait cuisiner un dîner spécial pour nous deux. Je vous laisse, les amants de toujours !


- Saucisses aux oignons ? hasarda Karémyne.

- J'espère bien que non, gloussa son fils roux. Je ne suis pas Alguénor ! Et Ayvi mitonne aussi bien que moi de bons petits plats.

- Bonne soirée, fiston, firent ses parents à l'unisson alors qu'Aldéran se retirait.

En robe décolletée et fendue au niveau des jupes là où il fallait, Ayvanère accueillit son mari.

- Sylvarande l'avait faite tisser pour moi. Elle te plaît ?

- Je sauterais bien les services du menu pour aller directement au dessert ! gloussa Aldéran.

- Patience, mon bel étalon.

- Hum, non, je n'ai pas envie d'attendre ! pouffa Aldéran en soulevant Ayvanère entre ses bras pour la porter jusqu'à la chambre, l'allonger sur le lit où elle s'ouvrit à lui avec un glapissement anticipé de plaisir charnel.