Après mures réflexions, cette histoire contiendra des mélanges entre le film à succès et certains jeux vidéo Mario. Certaines futures scènes pourraient aussi ressembler à d'autres films/histoires … Je l'écris vraiment au feeling, mais ce sera principalement du "fluff, humour, famille."
Merci pour la lecture, n'hésitez pas à me faire des retours ! C'est important :)
Musique du chapitre : The Luma and the Hat
Chapitre 2 – Un petit ami
Le temps était devenu relatif au fond de cette prison. Les jours s'écoulaient, filaient tels des étoiles filantes dans le cosmos infini. La prisonnière n'avait aucun moyen de savoir combien de temps elle passait ici toute seule au fond de sa cage, recevant que très rarement de la visite d'un garde pour lui apporter de quoi se rafraîchir. A se demander si elle n'avait pas été oubliée … Un jour, puis deux, peut-être trois ou quatre, l'humaine perdait cette notion du temps alors que la solitude se faisait de plus en plus ressentir dans cette partie isolée du château maléfique. La chaleur étouffante n'aidait pas non plus à rester lucide alors que des formes commençaient à envahir les bords de sa vision. Ces conditions extrêmes allaient finir par la rendre folle !
Affalée au fond de sa cage en suspension, la jeune fille laissa tomber ses bras à travers les barreaux pour faire des dessins imaginaires dans le vide. Bien qu'elle trouvait la lave très jolie à regarder, cela devenait ennuyant de constamment voir le même paysage. Du gris, du noir, du rouge, du jaune … L'herbe chatoyante lui manquait. Les petites fleurs roses et blanches du printemps aussi, tout comme la beauté de la galaxie et ses spectaculaires couleurs à n'importe quel moment de la journée. Des aurores au crépuscule, le ciel était en permanence d'une beauté inégalable. Une palette de couleur qui ne connaissait aucune limite, tout autant que ce sentiment de liberté écourté par sa récente capture par la créature au mauvais caractère. Qu'avait-elle de si spécial pour autant titiller son intérêt ? Une question à laquelle elle pouvait répondre depuis qu'elle avait appris à comprendre son don.
Ses longs cheveux bouclés se faufilaient entre les barreaux épais et encerclait son joli visage pâle pendant qu'elle poursuivait ses dessins avec ennui. Inconsciemment, perdue dans ses pensées, elle débuta un chant qu'elle avait baptisé le Luma parmi les étoiles. Une chanson qui exprimait sa tristesse mais aussi ses espoirs de revoir un jour le merveilleux monde de l'extérieur. Lentement, les octaves de sa voix s'élevèrent dans la prison souterraine délaissée. Chaque note était parfaite. Une chanson qu'elle chantait doucement pour accompagner son esprit tourmenté sans se rendre compte qu'elle attirait l'attention de quelqu'un avec sa voix faisant écho dans les escaliers en colimaçon. Exprimant sa profonde tristesse par le chant, la jeune fille aux cheveux rougeoyants regarda comment les bulles se formaient à la surface de la lave jusqu'à ce qu'elle n'entende une petite voix aigüe.
«Pourquoi tu chantes s'il n'y a personne pour t'écouter ?» Demanda quelqu'un sur sa gauche.
La prisonnière sursauta puis se leva d'un bond quand elle vit l'auteur de cette question inattendue. Il s'agissait d'un petit Koopa, mais il n'avait pas les mêmes caractéristiques que les tortues ordinaires qui peuplaient ce château. Un enfant, plus exactement. Deux petits yeux noirs la fixaient avec confusion tandis qu'il haussait un sourcil rouge touffu au manque de réponse de la jeune fille en cage. Une queue de cheval se dressait sur sa tête toute ronde et il portait deux bracelets métalliques aux poignets. Un corps écailleux jaune, une grosse carapace épineuse se trouvait sur son dos. Il ressemblait comme deux gouttes d'eau à la créature qui l'avait enlevé ! Attrapant les barreaux pendant qu'elle observait attentivement l'enfant au bord du précipice, elle pencha la tête quand ce dernier se gratta le menton dans la réflexion.
«C'est parce que tu es triste ? C'est ça ? Pourtant elle est géniale cette prison ! On peut y mettre tous un tas de prisonniers !» S'enchanta-t-il d'un claquement de doigts. Mais au regard sceptique de l'humaine dans la cage, la jeune tortue ramassa un long crochet sur le sol pour ensuite attraper les barreaux afin de ramener la cage jusqu'au rebord. Incérant sa petite griffe dans la serrure, il réussit à la déverrouiller pour ouvrir la porte de la cage.
«Vient avec moi ! Je vais te montrer ma chambre.» Indiqua ce dernier ravi tout en faisant des gestes précipités à l'humaine pour qu'elle le suive jusqu'aux escaliers en colimaçon pour gravir les marches deux par deux.
D'abord hésitante, la jeune fille n'eut d'autre choix que de suivre l'enfant hyperactif. De toute façon, où pouvait-elle bien aller ? Elle ne savait même pas où elle était … D'autant plus qu'elle ne connaissait rien de ce monde. Alors elle souleva sa robe plus aussi blanche qu'autrefois pour tenter de suivre le petit Koopa bien plus rapide qu'elle. Les marches étaient nombreuses jusqu'au sommet ! Elle manqua presque de souffle lorsqu'ils arrivèrent dans un couloir puis que l'enfant s'empressa de passer une autre porte sans un regard en arrière. Décidemment, il était pressé ! Toujours sur ses traces, l'humaine se retrouva soudainement dans un grand hall majestueux avec un long tapis rouge, des peintures, des chandeliers, des statues de pierre et des armures de chevalier soigneusement exposées. Le plafond était si haut qu'elle n'en voyait pas la fin.
«C'est le couloir préféré de papa ! Et le mien aussi !» Déclara la petite tortue surexcitée déjà loin devant.
Emerveillée par cette architecture singulière, la jeune fille tourna doucement sur elle-même pour regarder les immenses peintures qui représentaient toutes, sans exception, la créature terrifiante qui l'avait kidnappé. Dans plusieurs positions, systématiquement menaçantes. Ces peintures étaient impressionnantes mais pas autant que les statuettes à l'effigie de la même tortue épineuse aux sourcils rouges épais. Apparemment, il s'agissait d'un monarque très respecté d'après tous ces ornements flatteurs qui peuplaient ce hall. Elle s'approcha lentement d'une grande statue de pierre proche des escaliers que le petit Koopa venait d'emprunter. Ses grands yeux verts fascinés examinèrent la statue impressionnante de ce Roi effrayant qui prenait la pose pour montrer ses muscles, s'attardant un instant sur le petit écriteau à la base du socle.
Bowser, Roi des Koopas
«Bowser …» Chuchota cette dernière qui voulait essayer de dire le prénom avec sa propre voix.
«Eh oh ! Tu viens ? On n'a pas que ça à faire ! Dépêche-toi ! Je veux jouer !» S'impatienta l'enfant identique à ce Bowser.
Sortant de sa rêverie passagère à ce cri indigné, l'humaine repris ses jupons en mains pour courir derrière le Koopa qui avait d'ores et déjà atteint le sommet des marches. Il se montrait très impatient, mais semblait excité à l'idée d'avoir un compagnon de jeu. Rattrapant finalement celui qui l'avait libéré d'un souffle d'épuisement, elle n'eut cependant pas le temps de se reposer car il s'enfonça dans un autre couloir un peu moins imposant que le précèdent. Toujours avec ces grands chandeliers accrochés au mur de pierre noire, son guide finit par bifurquer à droite avant de s'arrêter net devant une grande porte en bois et fer forgé. Sur le dessus était écrit dans un gribouillage coloré "Bowser Jr". L'enfant ne perdit pas une seule seconde pour ouvrir les portes afin de pénétrer dans son sanctuaire, ou en d'autres termes, sa chambre faisant aussi office de salle de jeu.
«Tada ! Voici mon antre ! Mon repère ! Ici, tu me dois obéissance et respect. Sinon, retour à la case départ et je le dirais à papa que tu n'es pas gentille avec moi.» Menaça l'enfant à la voix criarde tout en invitant la jeune fille à entrer d'un arc élégant.
Une fois de plus émerveillée par cette immense pièce regorgeante de jouets et autres trucs, l'humaine s'avança jusqu'au centre de la chambre pour constater qu'une fois encore elle paraissait incroyablement minuscule. Des cubes, des tubes de peinture, des chevalets, des jouets diverses et variés, des peluches faisant trois fois sa taille, des robots, des créations originales … Mais parmi ce désordre se trouvait aussi un grand lit à baldaquin rouge et or défait, deux grandes commodes en bois qui ne servaient pas à grand-chose à priori … Car les tiroirs débordaient. Mais aussi un superbe plafonnier avec des bougies et des tapis bariolés sous les dizaines de jouets qui jonchaient le sol en pierre de lave.
Bowser Junior sautilla sur place puis se jeta dans ses peluches pour en sortir un lapin qui semblait déjà avoir survécu à une bataille. Un de ses yeux noir pendant par une ficelle, la créature pelucheuse fût secouée dans tous les sens par le jeune Koopa qui n'était pas familier avec la délicatesse. Il se mit à faire l'avion autour de l'humaine avec son lapin négligé jusqu'à ce qu'il ne s'arrête derrière elle d'un petit "oh !" de fascination. Elle se retourna pour lui faire face et ainsi constater qu'il admirait ses cheveux roux foncés en cascade dans son dos, le museau formant toujours ce petit Ô de surprise. Lui esquissant un sourire timide, elle cligna des yeux lorsqu'il jeta son lapin de côté comme une vieille chaussette puis qu'il se pencha vers elle pour l'inspecter sous toutes les coutures.
«J'aime tes cheveux ! Ils sont jolis. Je veux les toucher !» Bowser Jr n'attendit pas l'accord de la propriétaire pour passer ses quatre doigts griffus dans sa chevelure soyeuse. La texture était si douce … Il avait l'impression de toucher de l'eau ! Ravi, la jeune tortue sautilla.
«J'en veux une mèche !» S'exclama-t-il tout à coup après avoir couru vers son bureau bordélique.
Trop accaparée par tous ces incroyables objets qui l'entouraient, l'humaine ne fit pas attention au Koopa un peu plus petit qu'elle qui cherchait une paire de ciseau. Elle n'en revenait pas de tout ce qui se trouvait dans cette chambre ! Il y avait également des carcasses de prototypes de vaisseau qui croupissaient dans un coin, à côté de peintures déchirées et gribouillées de toute part comme si quelqu'un avait libéré sa frustration dessus. D'un simple coup d'œil, elle remarqua du rose et du jaune sur l'une d'elle mais ce n'était plus identifiable. Toutefois elle se raidit au moment où ses yeux vert pomme se posèrent sur une grande horloge comtoise en boiserie sombre. Elle ne l'avait pas remarqué en entrant dans la pièce, mais désormais elle ne pouvait décrocher son regard effrayé de cette dernière d'aspect pourtant banale.
«Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as la trouille de l'horloge ? Pwah, c'est ridicule d'avoir peur de ça ! Moi, je n'ai peur de rien ni de personne !» Assura Junior dans son dos qui avait récupéré ses ciseaux. Pour ensuite les jeter sur le sol. Il attendit que l'humaine se retourne pour grogner et faire la même posture que son père en statuette, sauf qu'il était beaucoup trop mignon pour faire le même effet. Ce qui l'a fit rire.
«Arrête de rire !» S'agaça le jeune Koopa, les sourcils froncés et les mains en poings. Quand il souriait ou grimaçait, une petite canine ressortait à gauche de sa bouche, le rendant encore plus adorable.
Adorable cependant bien mal élevé …
«D'ailleurs moi aussi je peux chanter ! Je chante beaucoup mieux que toi. Regarde.» En dépit d'avoir dit regarde au lieu d'écoute, l'humaine se mit à grimacer d'inconfort à toutes ces fausses notes qui sortirent de sa bouche.
«Do ré mi fa sol la si do !» Le poing sur son torse bombé, Bowser Junior récita cette partition plusieurs fois d'affiler, jusqu'à ce qu'il ne s'en lasse. Au plus grand bonheur de sa spectatrice. Dorénavant assis au milieu de ses jouets, la tortue présenta certains d'entre eux à la fille qui prit place juste en face de lui afin de faire connaissance. A l'écoute de ses histoires pour la plupart complètement farfelues, à l'image d'un enfant de son âge, elle remarqua vite qu'il était distrait par son apparence.
«Comment tu t'appelles ?» Lui demanda-t-il soudainement.
«Je n'ai pas de nom.» Répondit bassement son interlocutrice après quelques secondes d'hésitation.
«D'où tu viens ?» Vint la prochaine question. Cette fois-ci elle lui répondit d'un petit haussement d'épaules indécis, ce simple geste faisant tomber ses cheveux sur sa poitrine. Honteuse, elle baissa les yeux sur les jouets au regard perplexe de l'enfant faisant preuve de beaucoup de curiosité.
«Tu as la mémoire courte on dirait … Mhmm, laisse-moi réfléchir.» Bowser Jr plaça son doigt contre sa bouche puis leva les yeux vers le plafond trop haut. Depuis tout à l'heure, la jolie chanson de l'humaine résonnait dans sa tête, ce qui l'amena à faire son choix.
«Je vais t'appeler … Solfège !» S'écria-t-il victorieusement d'un claquement de doigts suivit par un sourire.
«C'est joli.» Accorda l'humaine portant désormais le prénom Solfège, quelque chose qui collait bien à sa personnalité.
«C'est normal c'est moi qui l'ai trouvé d'abord. Papa serait fier !» Se réjouit-il alors qu'il bondissait à ses pieds pour rejoindre deux carcasses de jouets pour les présenter à Solfège qui restait sagement assise sur le tapis.
Bowser Jr entama une discussion à sens unique pendant que l'humaine écoutait avec intérêt l'histoire passionnante de ses deux premiers prototypes de robots. Quelque chose qui lui tenait à cœur au même titre que ses peintures enfantines cependant très jolies. Il lui parla également de son père et à quel point sa fierté était importante pour lui et qu'il adorerait pouvoir rejoindre son armée pour conquérir le monde à ses côtés. Mais évidemment, il était trop petit pour partir à la conquête des royaumes. Quelque chose qui semblait lui faire beaucoup de mal … D'après son museau tombant. Solfège comprit vite que cet enfant était un enfant très solitaire, et qu'il en souffrait. N'avait-il aucun ami avec qui s'amuser ? Il n'y avait pas d'autres enfants ici ? Heureusement que non ! Cet endroit regorgeait de danger. Mais où était sa maman ?
«Où est ta maman ?» Questionna Solfège lorsque le petit Bowser parti dans une explication qui n'avait ni queue ni tête. A cette question, il cligna des yeux de confusion puis il haussa les épaules avec nonchalance.
«Mama Peach ? Elle vient ici de temps en temps, mais ça fait longtemps que je ne l'ai plus vu.» Lui dit-il d'une pointe de tristesse dans sa voix fluette. Elle voulut le réconforter, mais la jeune tortue à épines changea vite de sujet pour parler de sa robe sale qu'il pointa grossièrement du doigt d'un froncement de sourcils.
«Tu es toute cracra ! Tu aimes te rouler dans la boue ou quoi ? Attends-moi là, j'ai une idée ! Je reviens !» Aussitôt dit, Junior sautilla jusqu'à la sortie de la chambre en laissant la porte entre ouverte le temps qu'il ne revienne.
Solfège resta assise-là à attendre, n'ayant même pas l'idée de prendre cette occasion pour tenter de s'échapper. Où irait-elle de toute façon ? Se demanda-t-elle encore pendant qu'elle attendait gentiment sur le sol avec les mains nouées sur ses genoux. Il se passa plusieurs longues minutes dans le silence avant que son jeune ami ou plutôt son mini ravisseur ne repointe le bout de son museau avec quelque chose de rose en main. Il s'agissait d'une robe. Une jolie robe rose avec des gants blancs en soie que Bowser Jr s'empressa de donner à l'humaine qu'il avait trouvé dans la prison grâce à son chant mélodieux. Montrant un sourire à pleines dents, le jeune Koopa croisa ses mains dans son dos avant de se balancer sur ses pieds en attendant de recevoir des compliments de sa nouvelle amie apparemment surprise par son cadeau.
«Ça appartient à mama Peach ! Mais je suis sûr qu'elle ne sera pas contrariée si tu l'utilises. Comme ça, tu ne seras plus toute cracra ! Alors, tu aimes ? Dis, tu aimes ?» S'impatienta l'enfant quand il n'eut pas de réaction.
«C'est très joli, oui. Mais je ne peux pas mettre cette robe … Elle ne m'appartient pas.» Refusa poliment Solfège d'une secousse de sa tête, ses cheveux roux rebondissants sur ses joues. Elle tendit la robe et les gants toutefois ce refus exaspéra Bowser Jr.
«Met-là !» Il piqua une crise de colère, enfonçant son talon dans le sol d'un grognement.
«Bon, je vais la mettre pour te faire plaisir. Mais ensuite je te la rends, d'accord ?» Proposa Solfège qui leva les bras pour admirer la magnifique robe soyeuse. Une véritable robe de princesse … Elle ne se sentait pas digne de la porter ! Mais aux sautillements du jeune Bowser qui ne tenait plus en place, elle se leva pour aller se changer derrière le lit après lui avoir demandé de couvrir ses yeux. Ce qu'il fit sans poser de questions.
«Maintenant tu peux les rouvrir.» Indiqua Solfège une fois la robe endossée à la place de l'autre. Elle passa ses mains sur le tissu doux sous les yeux ébahis du petit Koopa en admiration qui ne cessait de faire des bruits d'étonnement. Pour qu'au final, il n'hausse les épaules avant de se détourner pour revenir à ses jouets.
«Mouais, elle te va bien, mais elle va mieux à mama Peach. Il faudra trouver une autre couleur pour toi. Pourquoi pas du bleu ? Oh, j'ai une autre idée ! Hé hé hé !» Bowser Junior bondit d'un rire contagieux pour attraper la main de Solfège et avant même qu'elle ne puisse dire ou faire quoi que ce soit, il la tira jusqu'à la porte.
Pour l'ouvrir et dévoiler la silhouette menaçante de son père.
«Oups …» Gémit Bowser Jr qui se recroquevilla sur lui-même à côté de l'humaine figé par l'apparence colérique de Bowser.
La grande tortue les épia à tour de rôle, sans dire un mot. Il avait été sur le point d'ouvrir la porte de son fils quand il les croisa tous les deux au même moment. Haussant un sourcil à Bowser Jr qui avait subitement perdu la parole, il passa ensuite à l'humaine qu'il avait pourtant faite prisonnière il y avait de cela trois jours. Son cœur manqua un battement douloureux. Elle portait l'une des robes de rechange de Peach … Comment avait-elle fait pour mettre la main dessus ?! De la voir vêtu ainsi lui faisait du mal. Son visage perplexe se transforma en de l'irritation tandis qu'il la regardait de haut en bas avec des yeux plus rouges que la normale. Elle se tenait timidement aux côtés de son fils désobéissant, les mains croisées sur la robe avec ses cheveux ondulés descendants sur ses bras. Elle n'osait pas croiser son regard fielleux, mais après quelques hésitations, elle finit par établir un contact visuel avec le Roi des Koopas. Il semblait hors de lui.
«Qu'est-ce qu'elle fiche ici elle ? Et pourquoi elle est dans cette tenue !» Grogna Bowser à son fils en tendant une griffe en direction de l'humaine après l'avoir dévisagé. Il fallait laisser les affaires de Peach intact pour son prochain kidnapping.
«Elle, c'est Solfège ! C'est moi qui lui ai trouvé ce prénom. Je voulais juste m'amuser un peu …» Admit le plus jeune tout en nouant ses mains entre elles sous le regard réprobateur de son paternel. L'expression de Bowser s'assombrit, la colère rayonnait hors de lui.
«Tu trouves que tu n'as pas déjà assez de jouets pour t'amuser ? Je t'avais pourtant défendu d'aller te servir dans mes prisonniers !» Gronda ce dernier entre ses dents, ce qui fit réagir Junior.
«Elle a chantée et-» Bégaya-t-il, mais son père intervint.
«Elle a chantée ?» Répéta lentement Bowser qui reporta son attention sur la fille muette. Les sourcils froncés, il la fusilla du regard d'un grondement mécontent, ses poings craquants tant il les serrait. Alors comme ça elle avait chanté pour son fils, mais pour lui elle refusait ? Se payait-elle de sa tête ? Comment osait-elle ! Il était sur le point de la rôtir pour son manque évident de respect, mais il n'allait pas faire ça devant Junior. Voyons, il ne voulait pas brûler la jolie robe de Peach !
«Toi, file dans ta chambre !» Somma-t-il fermement à son fils d'une griffe pointée à l'intérieur de la pièce.
«Mais, je suis déjà dedans …» Rappela Bowser Junior d'une petite moue qui effectivement, se trouvait toujours dans sa chambre depuis qu'il avait croisé son père à l'embrasure. Bowser gonfla ses joues au ridicule de la situation avant de prendre les poignées de porte puis de rapidement les fermer au nez de son fils.
Non mais oh, et puis quoi encore ?
«Quant à toi, le petit oiseau chanteur …» Bowser baissa sa voix d'une octave, ce qui le rendait encore plus menaçant alors qu'il soulevait le menton de l'humaine avec sa griffe pour l'obliger à le regarder. Il fût frappé par ses grands yeux verts remplis de terreur. Quelque chose lui piqua le cœur, mais il reprit vite ses esprits pour finir sa phrase en suspens.
«Sache que j'arrive toujours à mes fins. Tu n'en feras pas exception. Et si tu continues à me résister, eh bien, tu ne seras plus là pour en voir les conséquences.» Offrant un sourire carnassier à sa prisonnière à qui il prenait un malin plaisir à intimider, Bowser s'éloigna pour aboyer à ses gardes de venir sur le champ.
«Gardes ! Ramenez la prisonnière dans sa cage et faite en sortes qu'elle y reste pour de bon cette fois-ci. Je m'en occuperais plus tard !» Ordonna-t-il sèchement aux deux Koopas ailés qui volèrent jusqu'à la fille pour la prendre par les bras et l'emmener avec eux.
Des larmes étaient sur le point d'envahir ses yeux verts alors qu'elle se faisait entraîner par les deux Koopas en armure dans les couloirs puis dans l'escalier en colimaçon menant droit à la prison. Elle ne voulait pas y retourner … Elle ne faisait rien de mal ! Elle voulait juste un peu de compagnie. Les deux gardes la lâchèrent pour lui permettre de marcher à son rythme une fois assez loin de Bowser, assez loin des potentielles représailles. Les deux tortues ailées escortèrent Solfège jusque devant la grille de sa cage dorée mais cette dernière s'arrêta à la porte pour lisser la robe qu'elle portait toujours. Elle ne voulait surtout pas la froisser ! Elle était bien trop jolie. Se tournant vers les deux Koopas, elle leur offrit une petite révérence polie.
«Merci.» Leur dit-elle d'un sourire avant de rentrer à l'intérieur de sa cage sans faire d'histoire.
«Euh, bah de rien ?» Hébétés, les tortues s'échangèrent un regard incrédule puis ferma le verrou de la cage d'un claquement brusque.
Solfège se retrouva bien trop vite seule … De retour dans cette prison ennuyeuse. Cependant contrairement à la première fois, un petit sourire ornait son visage tandis qu'une petite larme roula sur sa joue.
Car maintenant, elle avait un ami.
A suivre …
