Attention ! Chapitre classé T


La Confession

Musique et Paroles : Manau
Idée originale : Mistykdana (NB : écrit avec sa permission)
Scénario : Daidalos

Je ne sais pas pourquoi mon corps bascule
Les bâtiments devant moi ont un effet de recul.
Je ne touche plus le sol, mes pieds ont quitté terre.
Comme un tout petit vol, mon corps est projeté dans les airs
Mais qu'est-ce qu'il m'arrive, je ne comprends plus rien.
Je suis à la dérive et je ne me sens pas très bien.

C'est étrange, j'ai déjà éprouvé cette sensation. Quand était-ce ? J'ai du mal à m'en rappeler. Je ne comprends pas trop ce qu'il s'est passé. C'est une sensation étrange, celle de flotter dans le vide, comme si on se trouvait dans l'espace intersidéral. On ne ressent aucun contact avec rien. Mais doucement, une douleur s'éveille en moi, je la sens monter comme un chant lointain qui s'amplifierait et se rapprocherait à chaque instant. C'est désagréable, ça n'augure rien de bon.

Ca y est je percute les pavés maintenant.
Dure a été la chute, je suis couvert de sang.
Allongé là, seul, sur le trottoir,
Je perds la boussole, je ne peux pas le croire.

Ca y est, je me rappelle maintenant quand est-ce que j'avais ressentit ça. C'était il y a un an, presque jour pour jour. C'était Potter qui en avait été la cause, et ce jour-là, j'ai bien faillit mourir. Je ne sais pas quel était ce sortilège qu'il avait utilisé, mais il mériterait de faire partie des sortilèges impardonnables. Il m'avait tailladé, comme si plusieurs lames invisibles avaient été lancées sur moi. Et voilà que ça recommence ! La même sensation, un coup violent, je suis projeté, et je chute en me vidant de mon sang.

Vais-je vraiment crever sous ce lampadaire ?
Je me suis fait shooter, ce mec avait un revolver.

Mais cette fois, ce n'est pas un sortilège qui m'a fait ça, non. C'est un moldu. Ces moldus que je méprisais tant il y a encore deux ans. Finalement, ce qu'ils appellent science n'a rien à envier à la plus terrible des magies. Cette arme, qu'ils ont fabriqué pour s'entretuer, j'en avait souvent ri. Je ne croyais pas qu'elle puisse me faire le moindre mal, et pourtant, tout s'est passé si vite, et voilà le résultat.

J'ai du mal a respirer, je ne veux pas mourir.
J'ai vraiment déconné, j'ai tant de choses à dire.

Je souffre atrocement, ça fait au moins aussi mal que le Sectumsempra. Une violente douleur me transperce la poitrine, si violente que j'ai du mal à la localiser. J'ai l'impression que ma gorge est obstruée, je dois forcer pour inspirer et expirer. Je crois que la fin approche, mais je ne veux pas. Je suis trop jeune pour mourir, j'ai encore tant de choses à faire, de personnes à rencontrer.

J'entends au loin la sirène d'une ambulance,
Je crois qu'il est trop tard, je n'ai pas eu de chance.

Mais je crois que je ne pourrais jamais faire tout ça. J'entends un son strident. Je crois que c'est le véhicule que les moldus utilisent pour emmener les blessés à l'hôpital. Arriveront-ils à temps pour moi, je commence à en douter.

Mesdames et messieurs, approchez de l'action !
Ne soyez pas nerveux ! Ne faites plus attention !
Mesdames et messieurs, approchez de l'action
Et venez écouter la dernière confession !

Si quelqu'un pouvait venir, je voudrais au moins que mes dernières pensées puissent être transmises. J'entends des gens pas loin. S'ils pouvaient s'approcher, s'il pouvaient m'écouter…

Dites à ma mère et mes frères que je les ai aimé.
Ce mot de vocabulaire, je l'avais oublié.
Je n'ai jamais été un garçon parfait.
La délinquance m'a touché mais j'n'étais pas mauvais.

Mon premier mot serait pour ma famille. Pas mon père, finalement il n'a eu que ce qu'il méritait. Mais tout au long de ces deux dernières années, ma mère a prouvé combien elle m'aimait. Je n'ai jamais eu de petit frère ou de petite sœur. Et ce n'est pas Crabbe ou Goyle qui pourrait prétendre à ce titre. Mais il y a deux personnes qui m'ont écouté, qui m'ont soutenu quand j'en avais vraiment besoin. Alors je voudrais que l'on dise à Blaise Zabini et à Mimi Geignarde qu'ils ont beaucoup compté pour moi. Je n'ai pas toujours été tendre avec ceux qui étaient autour de moi. Je crois bien que mon père à tout fait pour ça. Je suis bien son digne fils. Je suis allé jusqu'à…

J'ai fait des tas de choses qui ne seraient pas bonnes à dire.
Que personne ne s'oppose si je parle d'un mauvais délire.

Non, je ne peux pas le dire, c'est tellement horrible. Moi-même, je me demande encore comment j'ai pu faire de telles choses. Aujourd'hui, je suis content que rien de ce que j'aie pu faire ne se soit mal terminé, car ça aurait pu. Enfin, si, il y a quand même une chose qui s'est mal terminée. Ma plus grosse erreur. Je les ai fait entrer à Poudlard. Mais que pouvais-je faire d'autre ? La vie de mon père était en jeu. Au moins, ce soir-là, j'ai appris que je n'étais pas un assassin, que je n'était pas comme mon père.

Et si je parle de filles, laissez-moi m'excuser.
Ce n'était pas facile pour elles, j'ai vraiment déconné.
Faut dire que les sentiments, je ne les connais pas,
Je n'ai jamais pris le temps de les chercher en moi.

Je voudrais ensuite m'excuser auprès de deux filles. Avec l'une comme avec l'autre, j'ai vraiment été détestable. La première, c'est Pansy. Je ne l'ai jamais vraiment aimée. Mais comme elle était la plus jolie fille des Serpentard, et que j'étais le fils de Lucius Malefoy, je n'ai eu aucun mal à obtenir qu'elle sorte avec moi. Souvent, je la traitais comme un meuble. Aussi bête fut-elle, elle ne le méritais pas. La deuxième, c'est Hermione Granger. Pendant des années, je n'ai pas cessé de l'insulter, de la mépriser. J'ai même souhaité sa mort. Là encore, l'influence de mon père se faisait sentir. Mais je crois que si j'étais particulièrement agressif avec elle, c'est que au fond de moi, je l'admirais. Elle était intelligente, et au fil des années, elle s'est transformée en une ravissante jeune fille.

C'est bizarre, maintenant je regrette vraiment
De n'avoir pu aimer une femme avec des enfants.

Qui sait, peut-être que si j'avais été moins idiot, entre elle et moi, il y aurait pu avoir quelque chose de sincère. Peut-être même, serions-nous allés jusqu'au mariage, à la vie de famille paisible. Je n'y avait jamais pensé, mais je crois que j'aurais beaucoup aimé, surtout avec elle. Je n'en reviens pas… C'est en mourant que je découvre mes vrais sentiments !

La vie passe si vite et la mienne ce soir est stoppée.
Doucement elle me quitte, je ne l'ai pas volé.
C'est sûrement le jugement de toutes mes bêtises.
J'avais oublié que Dieu sur mon âme avait main-mise.

Mais il est maintenant trop tard. Je sens mes forces m'abandonner, ma vue se brouille. Je vais quitter ce monde. C'est peut-être mérité, allez savoir ! J'ai fait tellement de mal. Je prenais tellement de plaisir à faire souffrir les autres. Sans doute que celui que les moldus appelle Dieu a décidé que j'avais été trop loin, et que mon châtiment était de finir ainsi.

Mesdames et messieurs, approchez de l'action !
Ne soyez pas nerveux ! Ne faites plus attention !
Mesdames et messieurs, approchez de l'action
Et venez écouter la dernière confession !

Voilà, je crois que c'est tout ce que j'avais à dire… Ah ! Non ! Il reste encore une chose. Harry Potter. Tu n'entendras certainement jamais ces paroles, mais je voulais que tu saches que j'aurais vraiment aimé être ami avec toi. Mais j'étais tellement jaloux de ta renommée, et puis il fallait que tout ce que tu fasses, tu le réussisses, ça attisait encore plus ma jalousie, et, comme mon père m'a bien éduqué, je te la renvoyais sous forme de méchanceté. Mais si tu pouvais m'entendre, je voudrais te dire que j'espère de tout mon cœur que tu triomphes de Voldemort, afin que plus jamais personne n'ait à vivre comme j'ai vécu, dans la haine et la méchanceté gratuite.

Ca y est maintenant, je n'entends plus rien.
Il y a plein de gens, je me sens plutôt bien.
Des médecins s'agitent tout autour de moi.
Ca bouge et ça s'excite, je ne comprends pas pourquoi.

Une foule dense semble s'être amassée autour de moi. Je ne sais pas s'ils ont pu entendre ce que je venais de dire. Si quelqu'un a pris note de tout ça. Mais ça m'est égal, je perds peu à peu toute sensation. Le bruit des badauds, des médecins qui s'affairent autour de moi diminue jusqu'à disparaître. De même, je ressens de moins en moins la douleur dans ma poitrine. Je vois un médecin penché sur moi, il me dit quelque chose, je ne l'entends déjà plus, mais je peux m'en douter, il veut que je m'accroche. Je n'en ai plus ni l'envie ni la force.

Je ne veux plus les calculer, je regarde le ciel :
La soirée est étoilée, la lune étincelle.
J'n'aurais jamais imaginé qu'la nuit était si belle.
C'est dans ces moments-là que tout d'un coup tout s'émerveille.

J'en ai assez, je laisse ma tête basculer en arrière. Des millions de petits points brillants se dessinent sur un ciel non pas noir, mais d'un bleu nuit d'une grande pureté. C'est si beau, la lune, les étoiles. Si j'avais su, j'aurais fait plus attention aux cours du professeur Sinistra.

Oooh ! Ca y est, je me sens glisser,
Sur le chemin de la paix, je vais vous quitter.
L'étincelle la flamme va se consumer.
Ne crachez pas sur mon âme, je n'l'ai pas mérité.

Ca y est, la douleur à totalement disparu, j'ai l'impression d'être en apesanteur. La seule chose que je ressens encore, c'est le froid. Pourtant, il faisait plutôt bon cette nuit. Sans doute n'ai-je même plus l'énergie de maintenir la température de mon corps. Ainsi, comme une flamme vacillante, je vais m'éteindre.

Voilà c'est mon heure et tout devient noir.
Le dernier jour d'un voleur, c'était mon dernier soir.

Cette fois, c'est vraiment la fin, ma vue baisse, puis s'éteint définitivement. Je dois être mort, pourtant je parviens encore à réfléchir. Est-ce cela la mort ? Est-ce que l'on reste pour toujours prisonnier de ses pensées, dans le noir et dans le froid ? C'est drôle, je pensais que je mourrais de la main de Voldemort, ou tout du moins d'un de ses mangemorts. Je ne pensais pas que ce serait un moldu qui mettrait fin à mes jours. C'est tellement stupide. Pendant des mois, je me suis caché de Voldemort, j'ai vécu comme je pouvais, faisant les poches des passants. Et puis il y a eu ce type qui ne s'est pas laissé faire, et voilà, Drago Malefoy n'est plus.

Mesdames et messieurs, approchez de l'action !
Ne soyez pas nerveux ! Ne faites plus attention !
Mesdames et messieurs, approchez de l'action
Et venez écouter ma dernière confession !

Mesdames et messieurs, approchez de l'action !
Ne soyez pas nerveux ! Ne faites plus attention !
Mesdames et messieurs, approchez de l'action
Et venez écouter la dernière confession !

Une main décolle alors un coquillage d'une oreille et pose ledit coquillage dans un écrin qui semble avoir été fait pour lui. Une jeune fille aux épais cheveux chatains et aux yeux noisettes, verse alors des larmes silencieuses qui viennent faire deux sillons propre sur son visage maculé de sang et de boue.

- Qu'est ce qu'il tarrive Hermione ! Tu es blessée ?

- Non, enfin si ! Mais c'est pas ça !

- Allez viens ! Il faut annoncer la nouvelle à tous le monde ! Toi aussi Harry ! Dépèche-toi !

Un garçon brun, aux yeux verts passa à côté de la jeune fille et s'avança au côté du garçon roux qui les avait harangué, vers une sorte de butte au sommet de laquelle se trouvait un arbre mort. Le soleil se levait, transperçant d'épais nuages et découpait la silhouette des deux garçons. La voix du garçon brun s'éleva alors

- J'ai… J'ai vaincu Voldemort ! Il ne reviendra plus jamais !

Une véritable clameur s'éleva de derrière la butte.

- Tu vois Drago, dit Hermione à voix basse. Tes derniers vœux ont été exaucés. Il l'a vaincu. Et je transmettrait tes sentiments à ceux qui te furent proches.