Fans de Rémus, vous êtes à la bonne adresse, voici une petite songfic sur son passé (inventé, mais possible, même d'après les canons), et un petit missing moment entre les tomes 5 et 6. Bonne lecture !
Le géant de papier
Paroles : Sylvain Lebel
Musique : Jeff Barnel
Interprète : Jean-Jacques Lafon
Demandez-moi de combattre le diable
D'aller défier les dragons du néant
De vous construire des tours, des cathédrales
Sur des sables mouvants
On a toujours vanté le légendaire courage des Gryffondor. Et comme la plupart de mes camarades de cette maison, j'ai fait honneur à cette légende. A peine sorti de Poudlard, je n'ai pas hésité un instant à m'engager dans la lutte contre Voldemort. Entouré de mes amis, ces heures pourtant sombres me paraissaient les plus belles, et rien ne venait entamer notre bonne humeur. Rien jusqu'à ce jour de janvier, ce jour où fut faite la prophétie.
Demandez-moi de briser les montagnes
D'aller plonger dans la gueule des volcans
Tout me paraît réalisable, et pourtant...
Nous étions jeunes, et nous voulions nous battre, pas seulement par bravade, mais pour notre avenir. Dumbledore a préféré nous mettre en retrait. Cela pouvait se comprendre, Voldemort avait eu connaissance d'une partie de la prophétie. Et nous étions tous les six en danger. Cela ne nous a pas empêché de n'en faire qu'à notre tête.
Quand je la regarde, moi l'homme loup au cœur d'acier
Devant son corps de femme, je suis un géant de papier
Quand je la caresse et que j'ai peur de l'éveiller
De toute ma tendresse, je suis un géant de papier
Marlène était Préfète en Chef, à Poufsouffle, l'année ou je fut nommé préfet de Gryffondor. Nous avons appris à nous connaître, à nous aimer. Puis elle a quitté Poudlard et s'est engagée dans l'Ordre du Phénix. Deux ans plus tard, mes amis et moi faisions de même, et c'est là que j'ai retrouvé Marlène. Nous ne nous étions rien promis en nous séparant, pourtant, les braises restantes réveillèrent en nous le feu de la passion. Était-ce dû à l'adrénaline des batailles ou à la promiscuité dans laquelle nous vivions au quartier général ? Qu'importait. Nous nous aimions et nous ne pensions ni au danger, ni aux contraintes.
Et puis, quelques semaines après que fut faite la prophétie, Marlène m'annonça qu'elle attendait un enfant… notre enfant, il naîtrait à la fin juillet, ou début août, et cela faisait de nous, à l'instar de James et Lily ainsi que de Frank et Alice, des parents potentiels pour l'enfant annoncé par la prophétie. Nous n'étions pas mariés, et ses parents ignoraient ma condition de loup-garou. Il fallait le leur dire.
C'est alors que les mangemorts nous ont attaqués. Nous nous sommes défendus comme nous avons pu. Mais à quatre contre douze… Mr McKinnon fut le premier touché. Sa femme fut atteinte par un Avada immédiatement après. Marlène et moi en avions tués deux, mais les autres allaient nous encercler. Derrière la table qui nous servait de bouclier, je l'ai regardée. Pas un mot ne fut échangé, il n'y avait rien à dire. Ses magnifiques yeux aux couleurs d'argent ne reflétaient ni la peur, ni le désespoir, mais uniquement la détermination, et l'assurance que nous en emporterions autant que possible avec nous dans la tombe… Nous allions partir ensemble, à la fois heureux de nous être aimés, et triste d'arriver au bout du chemin. Mais le sort en a décidé autrement. Ce jour-là ne devait pas être celui de ma mort, mais seulement le début de ma peine.
Demandez-moi de réduire en poussière
Cette planète où un dieu se perdrait
Elle est pour moi comme une fourmilière
Qu'on écrase du pied
Marlène est morte. Ce fut une terrible épreuve pour moi. Mais ce ne fut pas la pire. Un an et quelques mois plus tard, James et Lily furent assassinés par Voldemort, Peter mourut aussi en essayant d'arrêter Sirius, que je considérais comme mon meilleur ami, qui était presque un frère pour James, et qui pourtant n'a pas hésité à tous nous trahir. Depuis, des années de solitude et de chagrin m'ont endurci le cœur.
Demandez-moi de tuer la lumière
Et d'arrêter ce soir le cours du temps
Tout me paraît réalisable, et pourtant...
Et voilà que tout recommence, Voldemort est de retour, et nous devons nous battre à nouveau. Cela m'importe peu. Je n'ai plus peur de la mort depuis bien longtemps. Et le reste du monde m'est maintenant plus ou moins indifférent. Je ne me bats pas pour eux, je ne me bats que pour moi-même. Et ce n'est pas d'approcher une communauté belligérante de loups-garous qui me fera trembler, non. Mais…
Quand je la regarde, moi l'homme loup au cœur d'acier
Devant son corps de femme, je suis un géant de papier
Quand je la caresse et que j'ai peur de l'éveiller
De toute ma tendresse, je suis un géant de papier
Mais il y a eu cette nuit. Sirius, qui s'était avéré innocent de tout ce qu'on lui reprochait était mort la semaine précdente. Le quartier général avait aussitôt été évacué. Pourtant, c'est quand même là que le chagrin m'a conduit. Je pensais pouvoir y être seul, ou au pire, tomber sur Bellatrix Lestrange, auquel cas je me serais fait une joie de venger mon ami. Mais c'est sur une autre descendante de la famille Black que je suis tombé.
Nymphadora observait la tapisserie sur laquelle était représenté en fil d'or l'arbre généalogique des Black. Elle avait laissé tomber son visage en cœur et ses cheveux rose criard. Elle avait revêtu sa véritable apparence, que Maugrey lui avait toujours conseillé de cacher. Elle avait de longs cheveux bruns, et la peau claire, un nez fin et droit et des yeux d'un bleu intense. Elle était magnifique.
Je me suis installé a ses côtés. Nous avons longuement discuté, de Sirius, de la guerre, de Voldemort, des motivations qui pouvaient pousser quelqu'un à tuer ses semblables. Au fur et à mesure que la nuit s'écoulait, nous en vînmes aux confidences intimes. Et cette chaleur dans ma poitrine, cette chaleur que je croyais ne plus jamais ressentir, cette chaleur est venu m'emplir tout entier. M'emplir de joie et de bonheur, l'espace de quelques heures, le monde n'existait plus et il n'y avait plus qu'elle.
Quand je la regarde, moi l'homme loup au cœur d'acier
Devant son cœur de femme, je suis un géant de papier
Mais au lever du jour, alors que je la contemplais, endormie à mes côtés en caressant son dos, cette chaleur me fit peur. Si je la laissais faire, si je la laissais envahir mon cœur, Nymphadora ne pourrait que souffrir. Souffrir à cause de moi. Car tout ne pouvait que recommencer, et je ne pourrais pas le supporter. J'ai alors pris mes affaires, et je me suis enfui.
