"_ Vous n'avez fait que votre devoir, me surpris-je à dire."
Ma voix était froide. J'ai été idiote de penser que j'allais pouvoir avoir une relation avec lui. Pff... Décidément, j'étais beaucoup trop dans les nuages. Grandis un peu ma vieille! Le prince charment n'existe pas et n'existera jamais. Il faut que tu te réveilles, ma belle au bois dormant! Je me dirigeais vers la porte, l'ouvris et fis:
"_ Maintenant que vous avez terminé votre boulot, pouvez-vous vous retirer, s'il vous plait?"
Nicolas Venturi cligna des paupières, surpris. A priori, c'était la première fois qu'on le congédiait de la sorte. Cela m'amusa quelque peu. Mes amis étaient plus que bouche bée. Quoi? Il fallait bien renvoyer un officier de police pour pouvoir dormir, non? Les questions réponses seront pour demain à moins qu'il ait envie de voir une diablesse comme interlocuteur. Et je risquerais d'être vraiment méchante. Mais vraiment désagréable. Il avait l'air tellement surpris qu'il avait la bouche entrouverte. Je me retenais de sourire à cette réaction.
« _ Je crains de vous décevoir mais mon supérieur m'a ordonné de ne pas vous quitter, me répondit-il en reprenant ses esprits. »
Il abhorrait un sourire mystérieux qu'il m'était directement destiner. En plus, le ton de sa voix était caressant... Comme une plume sur la peau. Je me sentis comme électrifiée. J'avais encore ces bouffées de chaleur à chaque fois qu'il m'observait… Ses yeux rouges sombres… Etaient vraiment étrange mais ils étaient si beaux. Je pense qu'il devait mettre des lentilles de contact. Je réprimais un ricanement… Un inspecteur ayant des yeux rouge… Voilà qui est fort étonnant. Peut-être qu'il n'avait pas terminé sa crise d'adolescence ?
« _ Je pense qu'il faudrait que tu ailles avec l'inspecteur Venturi chez lui, intervient Joana, sérieusement. Sébastien ne pourra pas te trouver. Et tu seras en sécurité.
_ Mais je rêve ou quoi ? M'exclamais-je. Sébastien n'osera rien me faire si nous sommes tous en groupe, si ?
_ Le sous-estimer serait une gigantesque erreur, ajouta Nicolas Venturi, ses yeux brillaient d'une étrange lueur. Vous serez plus en sécurité avec moi. Et en même temps vous protégerez vos amis. »
Je soupirais. Il avait raison. Je savais qu'il avait raison… Mes amis étaient importants pour moi. J'acquiesçais lentement de la tête.
« _ Ne le prends pas comme ça, soupira Lucy. Nous préférons que tu sois en sécurité.
_ Je sais. Du coup, on se voit demain ? Demandais-je, toute timide.
_ Oui ! Un kébab ! S'écria Joana.
_ Pourquoi pas un resto chinois ? Supposa Erinn.
_ Une crêperie ? Proposa Jessica. »
Je les observais puis jetais un coup d'œil à l'inspecteur. Son nez était légèrement plissé. Comme s'il sentait une mauvaise odeur. Il avait une mine de dégoût. Quoi ? Il n'aimait pas manger ? Nos yeux se croisèrent. Son expression changea rapidement. Il me souriait et sortit de l'appartement. J'aperçus alors qu'il avait pris mon sac à main. Je soupirais. Ça, c'était clair… Je le suivis après avoir dit au revoir à mes amis.
Arrivée devant sa voiture – une BMW aux vitres teintées – je m'arrêtais. Wouah… Une Z4 coupée M noire. Une décapotable quoi… Je roulais des yeux… Ouais. Pour être inspecteur aussi jeune, il avait dû avoir des pistons. Ou alors il avait couché avec sa patronne. J'eus un pincement dans la poitrine. Penser qu'il était avec une autre femme que moi me fit du mal. Pourquoi ? Pourquoi pensais-je tout le temps à lui ? Ca tournait presque à l'obsession ! Cela devenait inquiétant. Je n'aimais pas du tout cela…
Nicolas Venturi ouvrit ma portière avant même que je touche à la poignée. Nos mains se frôlèrent. Je retirais immédiatement ma main. Le souffle coupé. Sa peau était si froide que cela ? Je n'osais pas le regarder dans les yeux. Je ne voulais pas voir sa réaction. J'avais trop peur. Me retrouver seule avec lui… Mon cœur accéléra sa cadence. Et mon esprit divagua vers des… Pensées pas très catholiques… Oh mon dieu ! A quoi suis-je en train de songer ? Je secouais négativement de la tête. Non… Non… Non… Reprends-toi un peu ma vieille !
« _ A quoi êtes-vous en train de penser pour réagir ainsi ? Demanda l'inspecteur avec une moue moqueuse.
_ A rien.
_ Vos rougeurs vous trahissent… »
Comment… Comment cela se fait-il qu'il voyait mes rougeurs ? Minuit était passé et les rues n'avaient plus de lumières. Je sentis qu'il s'était raidit comme s'il avait trop dit. Mince… Je ne voulais pas le mettre mal à l'aise. Je ne poserais pas de question sur ce sujet, ce soir. J'attendrais. Enfin... Si je restais en contact après cette histoire avec Sébastien.
J'entrais dans la voiture. Et il referma la porte. Je me sentais bien. En sécurité alors que je ne connaissais que le nom de mon protecteur? Avais-je le droit de l'appeler ainsi? Le siège était moelleux. Tellement moelleux que je m'endormis avant même qu'il démarre la voiture. Je soupirais d'aise... Je perçus la voiture avancée dans les rues de Guéret mais j'étais déjà loin. Loin dans le pays des songes...
Je le voyais. Il se tenait là, juste devant moi. Souriant comme il n'avait pas arrêté de faire pendant la soirée. C'était vraiment un bel homme. Mais je savais qu'il n'était pas pour moi. Cependant je pouvais bien rêver de lui… Non ? Il se rapprocha de moi. Ses mains s'enroulant autour de ma taille. Oh… Entreprenant en plus ? Ses yeux rouge ocres ne cessèrent de me déshabiller. Il en avait envie. Son appétit était là. Dévorante… Il me voulait comme une gourmandise… Comme pâtisserie. Oui… Il voulait me déguster comme un met de grande qualité. Il se pencha vers mon cou et déposa un baiser. A ce contact, je tressaillis. Je ne savais pas comment définir la texture de ses lèvres, elles étaient plus que douces… Il parut satisfait de l'effet qu'il me faisait. Il se pinçait les lèvres. Un peu soucieux. Quoi ? Il avait peur ? Il redoutait quelque chose ? Je n'allais pas le manger. C'était mal me connaître. J'aimais être guidée. Cette fois-ci, ses lèvres cherchèrent ma bouche. Nous nous embrassâmes amoureusement. Ses mains étaient plus qu'insistantes à certains endroits. Cela me provoquait des sensations que je n'avais encore jamais ressentie… Je le sentis sourire. J'enroulais mes bras autour de son cou… Notre embrassade se fit plus… Intense… Plus langoureux… Le feu était présent dans tout mon corps…
D'un coup, je sursautais. Quelque chose en moi me disait de me réveiller, je ne sais pas pourquoi. La voiture s'était arrêtée au beau milieu de la route. Je cherchais Nicolas Venturi des yeux. Où était-il passé ? La peur me saisit une nouvelle fois. Et si Sébastien nous avait suivis ? Je frissonnais. Non… Non, il ne pouvait pas avoir fait de mal à l'inspecteur. C'était inimaginable ! Je sortis de la voiture. Je fis quelque pas quand j'entendis sa voix douce :
« _ Veuillez m'excuser, je ne voulais pas vous réveiller. J'ai heurté un chevreuil et j'ai… Voulu voir les dégâts.
_ J'ai eu peur, j'ai vraiment cru que… Sébastien nous suivait et qu'il avait trouvé un moyen pour… »
Je tremblais… Nicolas Venturi se rapprocha de moi et me prit dans ses bras.
« _ Il ne pourra jamais m'avoir, me déclara-t-il mystérieusement. Et quand vous êtes avec moi, il ne pourra pas vous toucher. Ni vous parler. Je vous en donne ma parole.
_ Votre parole met en jeu votre honneur. »
Il garda le silence puis me força à entrer dans la voiture. Je grognais. J'aurais aimé rester un peu plus longtemps dans ses bras… Le bel homme eut un petit ricanement. Comme s'il avait deviné mon envie. Je rougis, honteuse. Vraiment... Je devais faire attention. Il redémarra la voiture et quelques minutes plus tard, nous arrivâmes dans une propriété privée. Eh ben dis donc... C'est qu'il est vraiment riche... Je me demandais pourquoi il n'avait pas fait un métier plus... Qui mettait plus en valeur son physique. Mannequin par exemple.
Nicolas Venturi contourna la voiture et m'ouvrit la porte. C'était vraiment un gentleman... Il avait de l'élégance, de la beauté et... Une telle politesse... Ses parents devaient être fier de lui. Cela me fit sourire...
Je regardais en face de moi et vis un manoir se dresser dans l'obscurité. L'homme me proposa son bras que je pris. Je frétillais encore une fois. Je fermais les paupières... Non mais vraiment... Je n'avais jamais autant réagis physiquement à un homme. Je lui emboitais le pas. Sa démarche était aérienne tandis que la mienne était plus... Comment dire... Hésitante? Il éclata de rire, encore une fois. Sans vouloir être méchant. Il me jeta un coup d'œil amusé. Euh... Qu'est-ce que je pouvais dire? Je me sentais tellement insignifiante...
