Chapitre 2

Première sortie


Faire une chute libre de presque quatre vingt mètre de haut était une sensation plutôt étrange, bien sûr, grâce au Nicra, je tombai aussi vite qu'une plume , comme si j'avais eu un parachute, mais cela restai quand même très inédit. Je l'admet, avant de sauter, il m'avait fallu plusieurs tentatives, mais dès que je fus lancée et que je compris que je n'allai pas m'écraser une fois arrivée au sol, je dû admettre que le saut en lui même était plutôt cool, le seul problème, c'est que je n'était malheureusement pas tout à fait préparée à l'atterrissage... Et que j'atterris bien malgré moi dans une flaque d'eau, sur les fesses.

Bref, après m'être époussetée et relevée, j'examinai la ruelle dans laquelle je me trouvai. Heureusement pour moi, elle ressemblai plutôt à une impasse, ce qui voulait dire que personne ne m'avait vu tomber dans cette flaque d'eau. Bref, je me dirigeai alors vers la grande rue, bien que ne sachant pas ce que je devais faire.

- Tu doit te rendre : premièrement au Service des Dons Personnels pour débrider ton don, et deuxièmement, tu doit t'occuper de toutes tes affaires: comme t'acheter les meubles que ton classement te laisse le droit d'acquérir, et si d'ici là tu as vraiment assez de classement, tu pourra même t'offrir une voiture. Pas un beau modèle, bien sûr, mais au moins un truc qui roule.

- Et où se trouve le SDP ?

- Je vais te l'indiquer.

Le réel choc de la journée, fut quand je débouchai dans la grande rue, et que je m'aperçu qu'a chaque fois que mon regard entrai en contact avec celui d'un quelconque passant, il s'offrait à lui un spectacle des plus magnifiques. Ils avaient tous, sans exceptions, des yeux colorés, de beaux cheveux soyeux. Un corps élégant et affiné. Une démarche gracieuse et élégante… Bref, la totalité des habitants de cette ville étaient tous simplement parfaits. Instinctivement, mes mains se portèrent à mon visage : et si je n'était pas comme eux … et si j'était moche ?

- Tourne toi vers la gauche, Lena, me dit-il la voix musicale et douce de Alice.

Alors, c'est ce que je fis. Je me retrouvai devant la paroi en verre d'un immeuble imposant, et c'est là, que je me vis pour la première fois.

De même que tout les gens que je croisait, j'avais un visage équilibré et symétrique, avec des proportions agréables et raisonnables et des traits parfaits, sans défauts. Un corps élégant, fin, musclé. Une peau pâle, régulière, douce, sans imperfection, mais… affreusement glacée. Comme si mes doigt étaient entrés au contact de glaçons. Mis à part ce détail troublant, je continuai mon inspection de moi même. J'avais de longs cheveux noirs corbeau, plutôt longs et raides, avec une frange qui arrivait juste en dessus des yeux, ils contrastaient agréablement bien avec ma peau blanche. J'avais aussi de grands yeux gris bleutés, tellement expressifs que je me perdis moi même dans mon propre regard, encadrés par des sourcils fin et gracieux, qui dessinaient une courbe élégante sur mon visage parfait. Je regardai attentivement mon petit fin et droit, puis examinai ma bouche, une bouche rieuse et pleine, rouge vif. J'avais également de petites pommettes saillantes et rosâtres qui apportaient un peu de couleur sur ma peau albâtre, et qui se transformait en mignonnes petites fossettes lorsque j'esquissai le moindre sourire. Mon menton était comme le reste de mon visage, fin, droit, parfait.

Celui-ci était au dessus d'un corps gracieux et élégant, avec des formes avantageuses et des muscles fièrement dessinés mais pas effrayant. Donc, oui, j'était bien comme eux tous.

La découverte de mon nouveau physique passée (bien que je ne me souvienne même pas de l'ancien), le reste du trajet se déroula silencieusement car j'étais trop occupée à admirer les gens que je croisai, et les paysages par où je passai. Ce fut quand la voix mélodique d'Alice me dit que nous étions arrivées, que je me rendis vraiment compte de là où nous étions.

Nous étions certainement devant l'immeuble le plus haut et le plus imposant de la ville, avec d'immense paroi en verre et culminant à une cinquante de mètre de haut, une immense insigne rouge et dorée avec les lettres SDP inscrite dessus.

Mais mon inspection fut de courte durée, car au bout de quelques secondes, Alice déclara :

- Sans vouloir être indiscrète, ni rabat-joie, il faudrait vraiment que tu te dépêche, nous avons rendez-vous avec Mr Dewis dans cinq minutes, et tu te rendra bien vite compte qu'il n'aime pas les retards.

- Je n'ai toujours pas compris le but de notre présence ici, tu sais.

- Tu aura bientôt ta réponse, ne t'inquiète pas. Par contre, à moi, il me tarde d'avoir la mienne : quel sera ton don personnel ?

Arrivées dans le hall, nous furent tout de suite prises en charge par une élégante secrétaire blonde et un peu plus grande que moi, qui portait un tailleur gris, avec une petite broche, elle aussi rouge et dorée et inscrite « Julia à votre service » sur la face de sa veste.

- Mademoiselle, veuillez me suivre s'il vous plait. Alors que je ne lui avait même pas dit l'objet de ma visite. Elle m'emmena vers un couloir de facture classique, les murs blancs et au sol, un carrelage beige rosé des plus ordinaires, entrecroisé d'imposantes portes de chêne.

Ce couloir était plutôt long, et sur les différentes portes, on pouvait voir des plaques dorées avec diverses inscriptions dessus comme «Contrôleur en chef des variations classementaires» ou encore «Centre des limites technologiques» et des trucs comme «Secrétaire du contrôle de la longévité», «Comité des normes aériennes» et «Congrès de la téléportation moléculaire».

Enfin, nous arrivâmes au bout du couloir, et là, une dernière porte s'imposa à notre champ de vision, elle aussi en chêne. Sur la plaque, il y avait écrit «Service des Dons Personnels», avec écrit juste en dessous et en minuscule «Bureau de Mr Dewis».

J'examinai attentivement cette porte. Quelque chose clochai, mais je n'arrivai pas à savoir quoi. La porte était certes tout ce qu'il y a de plus normal, mais en la regardant, je m'était rendue compte qu'il manquait quelque chose, sauf que je ne savais pas quoi.

C'est quand la secrétaire passa tout simplement à travers la porte que je remarquai enfin … qu'il n'y avait tout simplement pas de poignée.

- Cela s'appelle un rideau nanotechnologique Il reproduit au touché et à l'œil l'apparence d'une matière voulue, mais il est facile d'y passer à travers. Cela sert dans les grands bureaux où les gens sont «trop pressés» pour ouvrir des portes. Répondit Alice à ma question informulée.

- Merci, Alice.

- Pas de quoi. Tu … doit passer au travers.

- Euh … comment on fait ?

- Tu marche droit devant toi, comme si tu marchai dans la rue. Rien de plus simple.

Alors, je m'exécuta.


La suite, dans le prochain épisode,

Volterra