Veuillez m'excuser pour se retard de trois semaines ^^'. Mon ordi est mort en début de vacances, voilà la fameuse raison de mon silence. ^^ Mais bon, je vais tenter de rattraper mon retard! ^^
Bonne lecture!
Je me demandais vraiment si je devais aller à la Prade, ce soir...
J'hésitais à passer sur le siège de co-conducteur. Après ce qui s'était passé, je ne savais pas trop comment réagir. Comment me comporter. Je m'attachais tandis qu'il me regardait dans le rétroviseur. Je l'entendis soupirer et il démarra la voiture. J'observais le paysage défiler devant mes yeux. Ah... Il était vexé ou en colère car je sentais qu'on prenait de plus en plus de vitesse. Bah... S'il a une amende, ce ne sera pas de ma faute. Je ne suis pas son ange gardien. Ni sa conquête. Ni sa petite amie. Non... Je ne pense pas que j'étais quelque chose pour lui.
Puis je pris la décision qui me semblait importante. Je pris mon portable et frappais les touches de mon clavier pour envoyer un message à Joana. J'aperçus au loin le coup d'œil d'Aro sur mon portable mais je ne fis aucune remarque. Il avait l'air crispé. Les muscles de ses joues étaient un peu plus étirés qu'à la normale. Je n'aimais pas quand il était en colère. Même si ce que j'ai vu à la boutique n'était qu'une petite partie de ce qu'il pouvait faire...
Je ne pense pas venir ce soir. Tu verras peut-être l'Inspecteur Venturi.
J'aimerais bien venir mais je n'ai pas envie de tomber sur Sébastien. J'espère que tu peux le comprendre.
Je n'ai pas envie que je vous apporte des ennuis tant qu'il est nuisible. Pour vous comme pour moi.
Je l'envoyais. Joana me répondit presque automatiquement. Comme si elle était carrément dans mon portable. Okay... J'avoue que c'est peut-être un peu trop exagéré... Mais bon... Elle écrivait les sms aussi vite que son ombre. Oui oui! Je vous l'assure... Bon d'accord, j'arrête de parler... Revenons à nos moutons...
Dommage, mais je comprends. Quand voudrais-tu qu'on se voit tous ensemble?
Je jetais un coup d'œil au séduisant conducteur puis mon regard revint sur l'écran de mon mobile. Lui, il n'était pas prisonnier de son manoir. Moi oui... Je soupirais... Avais-je le droit de sortir? De voir mes amis et ma famille?
Dans la semaine, peut-être mais rien n'est encore bien sûr.
Je resoupirais. Blasée. Oh oui, je l'étais... Je ne pouvais plus sortir de la propriété sans que je sois suivie et surveillée par mon garde du corps. Il n'avait pas du travail à faire au lieu de me coller les baskets?
Sans trop savoir comment je m'étais recroquevillée sur le siège. Mes muscles étaient tendus. Je tentais de me rassurer, de me détendre mais mon corps ne le fit pas. J'étais en train de réagir à ce que mon compagnon m'avait fait. Il m'avait blessé. Rejeté. Comme si je n'étais pas assez bien pour lui. Comme si je n'étais pas de son rang. Comme si je n'étais rien pour lui...
Pourquoi ces paroles d'amour, ce matin? Était-ce pour me piéger? Me blesser encore plus dans mon amour propre? Dans ce cas, je ne devais plus lui faire confiance. Ou du moins... Pas en amour... Et pourtant... Mon cœur réagissait à ses moindres gestes, à ses moindres regards... Mon corps tout entier s'ébouillantait quand il me touchait... Son amour... Était rien... Il n'existait pas... Il n'avait jamais existé.
Je sentis les larmes montées. Non! Je ne voulais pas pleurer devant lui. Je ne voulais pas lui montrer que j'étais... Faible. Car je l'étais... Je fermais les yeux. Je faisais toujours ça pour éviter que les personnes comprennent que j'étais sur le point de pleurer. Je devais attendre que cela passe. Que je me maîtrise. Que j'aille mieux. Mon cœur s'était déchiré au moment où celui que j'aimais m'avait jeté mes vêtements à la figure. C'est ce qu'il avait fait... C'est ce qu'il venait de me faire... Mon cœur n'existait plus... Il laissait place à un trou... Au néant... Jamais je n'avais pensé que j'allais être traitée ainsi... Comme un objet... Comme un jouet. Que l'on prend et qu'on le jette lorsqu'il ne convient plus à son propriétaire. J'étais ce jouet... Quel rôle! Je me rendis compte que je respirais comme si je manquais d'air tel un poisson qui se trouvait hors de l'eau. Autrement dit, je n'étais pas très silencieuse... Je sentais le regard de mon "garde du corps". Il devait se demander ce que j'avais. A moins qu'il le savait déjà. Ce qui était très plausible. Vu que c'était lui, la source de ma tristesse. De ma souffrance.
Le véhicule s'arrêta enfin. J'entrouvris les paupières et balayait le lieu du regard. Nous étions arrivés au manoir. Cela me rassurait mais IL était toujours là, dans la voiture. IL s'était retourné pour m'observer mais je fis comme si je ne le voyais pas. Il n'avait pas l'air d'être inquiet. Ni d'être désolé par ce qu'il venait de me faire quelques instants plus tôt. Cela prouvait bien qu'il ne me portait pas directement dans son cœur. Encore... Fallait-il qu'il ait un cœur...
Je me décidais d'ouvrir les yeux. Après tout je ne risquais rien. Je n'avais pas pleuré. Je tentais de prendre un air détaché et sortis rapidement de la voiture pour aller dans ma chambre de séjour. Ses pas étaient sur les miens. A croire qu'il voulait que je lui parle. Comme si c'était à moi de m'excuser pour son comportement? Je grimpais les escaliers quatre à quatre. Il me suivait toujours. Toujours aussi silencieux. Je soupirais. J'étais vraiment mal. Il m'avait jeté... Pourquoi devais-je rester ici? Je pouvais repartir dans mon appartement dans la ville où je faisais mes études. Sébastien n'y était jamais allé.
Je rentrais dans ma chambre et fermais la porte d'un coup sec. Non... Je ne voulais pas le voir. Le regarder me ferait revivre sa répulsion envers moi. Je ne devais plus rester ici. Je cherchais un sac mais je me souviens que je n'avais rien emmené. Je me pinçais les lèvres. Quelle idiote!
J'entendis quelqu'un frapper à ma porte. Pas besoin de me demander qui s'était... Je le savais déjà... Il n'attendit pas ma réponse et referma la porte.
"_ Puis-je vous parler? Demanda-t-il."
J'allais lui lancer un pique mais je me mordis la langue. Si je lui disais cela, il allait surement se vexer. Il fallait que j'évite de le mettre en colère. Je sentis qu'il était près de moi. Mon corps l'avait reconnu. Je bouillais à l'intérieur de moi. La seule façon pour que je me calme c'était de sentir son corps froid sur le mien. Je fermais les paupières. Son doigt écarta quelques mèches de cheveux tandis que son autre main me faisait pivoter vers lui.
"_ Je vous prie de m'excuser pour l'écart que j'ai commis. Je sais que ce que vous vouliez faire était pour me contrôler. Pour me calmer. Et j'ai abusé de votre confiance. Et je vous ai lâchement rejeté comme un mouchoir usagé alors que mes sentiments sont sincères envers vous."
Une larme perla sur ma joue. Je n'étais pas capable de le regarder en face.
"_ Je vous ai fait mal... Si mal que je ne sais comment me racheter."
Il était si sincère. Je pouvais voir à travers mes paupières, son visage reflétant une grande tristesse. Mon cœur s'attrista. Il était si seule. Et j'étais son soleil. Je ne pouvais l'abandonner. Inconsciemment, je me mis dans ses bras tout en disant:
"_ Ne faites rien... Vous êtes déjà pardonné."
Ses bras s'enroulèrent autour de ma taille. Je me sentais rassurée, apaisée, en sécurité.
