Ce fut difficile pour moi de me séparer de ce bel inspecteur de police. Mais je devais le laisser partir. Je n'avais pas le choix. Il devait travailler et je ne devais pas le déranger pour quoi que ce soit. Mon compagnon me regarda en s'habillant. J'étais encore allongée dans mon lit. Un peu dévasté par nos ébats. Mon corps réagissait instinctivement à ce que j'étais en train de penser. Mon sang affluait plus rapidement dans mes veines. Mon cœur prenait de la vitesse. J'entendis le doux rire d'Aro. Il devait savoir que je ne voulais pas qu'il me quitte... Il s'assied sur le rebord du lit en caressant doucement mon dos nu... C'était si agréable... Je fermais les paupières pour me délecter de ces instants.
"_ J'essayerais de revenir le plus vite possible.
_ Sois prudent, Aro."
Aro eut un tendre sourire. Il se pencha vers mon visage pour y déposer un baiser. Je pris l'initiative de l'approfondir. Il m'emprisonna mes mains d'une de ses poignes et s'allongea sur moi tandis que l'autre main s'amusait à masser ma poitrine. Me faisant comprendre à tel point il me désirait. Ses lèvres glissèrent vers mon cou et je sentis une vague impression de pincement. Sa langue lécha ma peau meurtrie. Comme c'était bon... Je dû faire un effort titanesque pour qu'il s'écarte de moi.
"_ Va, Aro. Ils t'attendent."
Mais je compris, rien que dans son regard, qu'il ne voulait pas se détacher de moi. Non... Il ne voulait pas partir... Il voulait continuer nos ébats. Comme si on n'en avait pas fait assez pendant toute l'après midi. A cette pensée, cela me blasa. Je n'ai jamais été aussi... Active au lit... Il baisa les parcelles de ma peau où il y avait des hématomes mais sincèrement, je ne pensais pas qu'il était un monstre. Il était juste mon sauveur. Mon ange protecteur. Je le sentis sourire sous ses baisers. Il se redressait de toute sa hauteur.
"_ Je serais prudent. Ne t'en fais pas."
Il commença à partir de la chambre quand il s'arrêta et se retourna pour me dire:
"_ Puisque nous avons... Un peu chahuté... Et que ton lit n'a pas résisté au poids de nos ébats... Peut-être seras-tu mieux dans ma chambre?"
Dans sa chambre? Il m'autorisait à aller dans sa chambre? J'avais écarquillé les yeux ce qui lui provoqua un fou rire. Doux. Gracieux...
"_ A croire que tu es mal traitée, plaisanta-t-il tout en me dévorant des yeux.
_ Non, fis-je d'une toute petite voix tout en rougissant."
Je me levais et me dirigeais vers lui. Je sentais son regard couvrir mon corps. Je me sentais belle pour lui, à ses yeux. Bien que je savais, au plus profond de moi, que tout allait s'arrêter. Je serais auprès de lui pendant un moment de sa vie mais un jour ou l'autre, tout s'arrêtera. Cette pensée me pinça le cœur. Je pris sa main et je le mis sur mon cœur. Je voulais qu'il sache que je l'aimais même si notre relation sera de courte durée. Peut-être le temps que Sébastien soit arrêté et jugé. Mais cela ne tiendra pas. Ces moments avec lui disparaitront peu à peu de ma vie. De mon existence. Pour laisser place à la solitude. A la nostalgie. Je ne croyais pas au Prince Charment. Bien que dans mon cœur, je voulais réellement le croire. Sans doute, j'avais gardé un peu mon âme d'enfant dans mon être.
Je vis que le regard de mon compagnon avait changé. Une lueur d'inquiétude et de tristesse était présent dans ses iris de braise. Lui avais-je fait mal? Lisait-il vraiment dans mon âme? Cela était complétement absurde! Et pourtant... Il réagissait comme s'il entendait mes pensées. Il me contempla longuement comme il le faisait hier soir. Insistant. Pénétrant. Intense. Une nouvelle fois, je l'avais blessé. Je sentis sa main se poser sur ma joue. Je fermais les yeux. Mon cœur battait comme les ailes d'un papillon. Je luttais pour ne pas pleurer. Je ne voulais pas qu'il me voit triste. Je ne voulais pas qu'il sache que j'étais blessée par ce que je venais de penser. Mais je voulais m'excuser.
"_ Pourquoi ne me crois-tu pas quand je te dis que je t'aime, Lys? Chuchota-t-il, meurtri."
J'avais peur de m'engager. J'avais peur de tout donner dans cette relation. J'avais peur de sombrer dans la folie. Dans la dépression s'il m'abandonnait. J'avais tellement peur... Je préférais mettre une barrière pour me protéger. Pour ne pas souffrir. Mais une rencontre n'est...
"_ Que le début d'une séparation..., acheva-t-il. C'est ce que tu penses réellement?"
Je reculais de quelques pas. J'avais raison. Il lisait dans les pensées... Ou du moins tactilement. Il me regardait avec cet air de chien battu. Il avait l'air tellement déprimé. Non... Non... Je ne pouvais pas... Pourquoi fallait-il toujours que je sois pessimiste? Pourquoi avais-je ce don pour tout gâcher? Je voulais tellement m'excuser.
"_ Reste avec moi, ce soir. Apprenons... A nous connaître, murmurais-je."
Oui. C'était mieux de faire ainsi.
"_ Je te connais déjà, Lys. Beaucoup mieux que tu le crois. Ton visage est tellement expressif. Tellement émotif qu'on sait directement que quelque chose te tracasse. Quand tu es stressée, tu essayes de dédramatiser la situation. Tu penses toujours que tu ne vas pas réussir pour éviter d'être en échec. Cela t'évite de penser que tu as mal fait. Quand tu manges chez des amis, tu essayes de faire bonne figure et de manger à tout, même au fromage et aux aliments que tu ne connais pas..."
Plus il parlait, plus je me disais qu'il connaissait ma vie. Mes faits et gestes. Comme s'il avait grandi avec moi. Comme s'il avait toujours été là pour moi. Ce qui était totalement absurde. Et pourtant, plus il énumérait ce que je faisais, ce que j'aimais... Plus mon cœur me disait que c'était lui que j'attendais. Je ne devais pas laisser passer cette chance. Je l'aimais. Mon cœur me le criait.
"_ ...Déteste que tes frères se moquent de toi lorsqu'un film te fait pleurer. Pour moi, c'est que tu es sensible. Et la sensibilité est une grande qualité. Aie confiance en toi. Aie foi en moi aussi. Nous formons un couple. Nous devons se faire confiance.
_ Reste avec moi, Aro."
L'homme que j'aime me souria et acquiesça d'un signe de tête. Je l'enlaçais. Il avait raison. Je devais apprendre à lui faire confiance. Je ne me détachais pas de lui.
"_ Est-ce que je pourrais te poser des questions? Demandais-je toute timide."
Je sentis ses muscles se raidir. Comme s'il avait peur. Je devais lui demander autrement je ne le saurais jamais. Car au fond de moi, je savais que je ne savais rien de lui.
"_ Sur toi. Ta famille... Si tu as envie...
_ Bien sûr. Tu es ma compagne, je te dois la vérité. Maintenant, va prends une douche."
Il sortit son portable et composa le numéro du commissariat ou de son supérieur.
