C'était limite s'il me disait que je puais! Oh le manant!... Je commençais à partir vers la salle de bain. J'avais du mal à marcher. Foutues ecchymoses! Je jetais un coup d'oeil à Aro.

"_ Dis aussi que je pue... J'te dirais rien, grommelais-je.

_ Non, je te proteste! S'exclama Aro, en prenant un air enfantin. Tu as un magnifique parfum florale... Euh... Non, Monsieur... Ce n'est pas à vous que je parlais... Oui, Lys Pince se porte bien mais elle a reçu un message de la part de Sébastien et il semblerait qu'il l'ait retrouvé. Enfin... C'est ce qu'il raconte. Du coup, Lys appréhende un peu mon départ pour... D'accord. Merci. A vous aussi."

J'entendis qu'il avait déposé son portable. Un léger bruissement de tissu me révélait qu'il était déjà en tenue d'Adam. Je frissonnais. Mon dieu! Il allait me prendre dans la douche! A cette pensée, tout mon corps vibra. Un de ses bras était autour de ma taille tandis que sa main prit une de mes jambes. Et il me souleva dans les airs.

"_ Oh!

_ Tu ne t'y attendais pas à cela."

J'enroulais mes bras autour de son cou. Un de mes seins caressait légèrement son téton qui durcit presque immédiatement. Il baissa son regard sur moi. Ses lèvres étaient un peu pincées.

"_ Poses-moi tes questions."

Je fus prise au dépourvu. Je pensais qu'on allait... Le rouge me monta aux joues. Quoique... Une pause ne peut pas faire de mal. Cela le fit éclater de rire. Est-ce vrai qu'il pouvait lire dans mes pensées? Cela expliquerait tellement de choses.

"_ Oui, je lis dans les pensées, dit-il tout simplement.

_ Et ta famille a aussi des facultés?"

Je voyais qu'il était en train de réfléchir. Il ne voulait pas tout me dire. Je haussais un sourcil. Interrogateur.

"_ Ma sœur pouvait rendre heureux n'importe quelle personne, murmura Aro soudainement mélancolique."

Ses traits montraient une profonde triste. De la souffrance. Et je compris qu'il avait du mal à faire son deuil. A passer à autre chose. Déjà que je lui avais fait mal... Maintenant je lui posais les mauvaises questions... J'étais vraiment un monstre...

"_ Non. Tu n'es pas un monstre. Tu es un ange à côté de moi."

Encore une fois, il se traitait de monstre alors qu'il n'avait rien fait. Mais sa voix était un peu plus rauque, un peu plus sombre. Je ne pus retenir mon frissonnement. Non. Il ne me faisait pas peur. Je l'aimais.

"_ Que veux-tu dire?"

Il me posa sur le sol puis fit tourner le robinet d'eau chaude à son maximum. Son silence n'était pas... Apaisant. Il était même assez effrayant. Aro se tourna vers moi, les yeux noirs. Qu'est-ce qu'il voulait dire par là? Pour moi, il n'était pas un monstre, loin de là.

"_ Si tu l'es alors moi aussi, je le suis, rétorquais-je sur la défensive. Ce n'est pas toi qui me disait qu'on était un couple?"

Ce fut lui qui prit un air étonné puis un petit sourire apparut sur son visage. Minuscule. Mais cela ne suffisait pas pour le rendre heureux. Aro prit ma main et m'aida à aller dans la baignoire - bien que je n'en avais pas besoin. Je m'assieds. A genoux. J'attendais qu'il me rejoigne mais il n'était pas décidé à le faire.

"_ Si c'est trop difficile, on peut passer à la prochaine question, dis-je en essayant de détendre l'atmosphère."

Aro passa une jambe puis l'autre dans l'eau chaude. Il poussa un petit soupir, soulagé. Ses muscles du visage se détendirent.

"_ Quel est ton plat préféré?

_ Euh..."

Silence. Soudain, ses lèvres s'étirèrent en un grand sourire. Révélant des dents blanches et bien alignées. Mais tout ce qui m'intéressait réellement, c'était le goût de ses lèvres. Il me serra dans ses bras et m'installa sur ses genoux. Il me fit un baiser dans le cou et fit d'une voix faussement méchante:

"_ Je suis un grand carnivore.

_ L'homme est omnivore, rectifiais-je en riant. Et manger trop de viande, ce n'est pas bon pour la santé. Il va falloir que je veille sur ton régime alimentaire.

_ Oh non..."

Il avait l'air terriblement déçu mais il avait retrouvé le sourire. C'était ça de gagner.

"_ Question suivante:... Quel est ton animal préféré?

_ L'aigle.

_ Symbole de l'Empire Romain. Serais-tu un conquérant?

_ Je suis le conquérant de ton coeur et cela me suffit largement, déclara-t-il en m'embrassant.

_ Dis-moi maintenant quel est ton plat préféré?

_ Je ne sais pas... J'aime bien le sang chaud.

_ Le sang chaud? Riais-je en lui donnant une petite tape sur sa cuisse. Dis donc... N'es-tu pas en train de me dire que tu es un..."

J'écarquillais les yeux. Je venais de comprendre quelque chose. En 3ème, j'avais lu Dracula de Bram Stocker. Et je me souviens que les vampires n'appréciaient pas l'ail. L'eau bénite et le crucifix les éloignent. Je secouais négativement de la tête. En me disant que ce n'était pas possible. Les vampires n'existent pas. Ce n'est qu'un délire que l'homme a fait pour expliquer les disparitions ou les morts étranges. Et... Pourtant... J'avais le sentiment que ce qu'il me disait était vrai.

"_ Tous les Italiens sont comme toi? Interrogeais-je en changeant de conversation.

_ Comment ça?

_ De vrais chauds lapins?"

Aro pouffa puis il enroula ses bras autour de ma taille.

"_ Je suis un sacré phénomène, admit-il.

_ Non, c'est vrai! M'exclamais-je en étant faussement étonnée. Je ne l'avais pas remarqué...

_ Arrête de te moquer de moi.

_ Et toi tu ne le fais pas, peut-être?

_ Prends garde, ma douce, je risque de vous punir."

Mon corps eut des frissons agréables. Je me collais plus contre lui. Ce qui avait l'air de l'enchanté. Quel pervers! Il eut un sourire et m'embrassa fougueusement.

"_ Intéressant, lâchais-je, moqueuse. Quel genre de punition?

_ Le genre de punition qui t'empêchera de te lever demain matin à cause de douloureuses courbatures que tu auras attrapé pendant la nuit.

_ J'aime cette punition."

J'entendis mon portable vibrer. Ce n'était pas un message. Mais un appel. Je sortis de l'eau en toute vitesse bien que j'eus quelques difficultés à convaincre mon compagnon de me lâcher. Après lui avoir passé sur le corps... Je courrais jusqu'à mon sac à main et saisie mon portable.

"_ Allô?

_ Cela fait plaisir d'entendre ta voix. Si douce. Si raffinée..."

C'était Sébastien. Mes muscles se raidirent automatiquement tandis que mon compagnon se tenait au seuil de la chambre. Son regard me demandait qui c'était.

"_ Va ailleurs si j'y suis! Rétorquais-je."

Le visage d'Aro était étrangement lisse, détendu mais je sentais que quelque chose se préparait dans son esprit. Il ne voulait pas que je le vois en colère. Il ne voulait pas me faire peur. Ses iris se firent plus sombre. J'avais l'étrange impression qu'il allait tuer Sébastien rien qu'en pensant à mon harceleur.

"_ Du calme. Je ne te veux aucun mal...

_ Si tu ne voulais pas me faire de mal, tu n'aurais pas agi comme tu l'a fait hier soir! Répliquais-je haineuse.

_ Dis-moi... Ton protecteur est toujours avec toi?

_ Laisse l'Inspecteur Venturi tranquille! Il n'est pas avec moi, mentis-je en essayant.

_ Je l'espère bien... Car si jamais je vous vois ensemble... Je te jure qu'il mourra dans d'atroces souffrances.

_ Faudrait déjà que tu le trouves."

Je raccrochais rapidement et bloquais le numéro. Maintenant je serais tranquille. Mais je sais que ce n'était que de courte durée. Je me retournais vers Aro. Toute tremblante. Il se précipita vers moi et me couvrit d'un peignoir puis il me serra dans ses bras. Il me conduisit jusqu'à sa chambre qui était à l'autre bout du couloir. Je ne faisais plus attention à mon environnement. J'avais peur que Sébastien me retrouve. J'avais peur pour Aro. Je ne voulais pas qu'il soit mêlé à cela. Je ne voulais pas le voir mourir. Sa main me serra encore plus. Comme pour me dire que je ne risquais rien tant que je resterais auprès de lui. Il me souria pour me rassurer. Cela m'apaisa.

Il savait comment faire pour calmer mes craintes, mes angoisses. Il savait comment éloigner mes cauchemars et mes doutes. Je devais juste lui laisser la chance de prouver à quel point il m'aime...

Aro me fit allongé dans son lit et se plaça à côté de moi.

"_ Dis-moi ce que tu veux comme repas."

Je l'enlaçais. Je ne voulais pas qu'il aille dans la cuisine. Je voulais qu'il reste auprès de moi. Il me serra un peu plus contre lui. Je ne voulais pas qu'il me quitte.

"_ N'aie pas peur, Lys. Je suis là. Tu es en sécurité. Il ne sait pas où tu es et il essaye de te provoquer pour que tu sortes de ta cachette. Reste calme."

Sur ces mots, je m'endormis dans un profond sommeil sans rêve.