Le trajet se fit silencieusement. Aro assura à mes parents que je serais plus en sécurité à Lyon qu'ici. Par chance, ils comprirent. Et ce fut le temps des au revoir. Cela me pinça le cœur mais je savais que j'allais les revoir. Aro m'a dit qu'il allait disparaître. Comme s'il n'avait jamais existé. Comme si je ne l'avais jamais rencontré.
Étrangement, je ne pleurais pas. Je n'en avais pas envie. Mon cœur souffrait de cette perte mais les larmes ne venaient pas. C'est comme si j'étais déjà hors de ce monde. Morte... Cela m'arrangeait bien. Je ne voulais pas lui parler. Je ne me sentais pas capable. Je me demandais alors... Pourquoi? Pourquoi m'avait-il choisi? Mia cantante? C'était quoi? Qu'est-ce que cela voulait dire? Surtout du point de vue vampire... Et plus je réfléchissais, plus mon cœur me disait que je l'aimais réellement... Il n'était pas un monstre. Il tuait des personnes pour se nourrir comme nous, nous le faisons avec les animaux. Non. Il n'a jamais été un monstre pour moi. Quand il était avec moi...
Mais nous avions pris une décision. Il fallait la tenir.
Le voyage jusqu'à Lyon se passa sans ménagement. Toujours aussi silencieux. Il ne m'avait pas adressé la parole. Bien que mon cœur voulait entendre sa douce voix. Elle m'était si agréable... Si apaisante... Le véhicule arriva devant mon appartement. Je sortis rapidement de la voiture tout en prenant mon sac à main et ma valise. Quant à Aro, il ne sortit pas de la voiture. Il gardait le silence. A force, je vais réellement croire l'expression "muet comme une tombe". Mon cœur fut meurtri par cette réaction. Mais je le cachais aussitôt. Je n'avais plus rien à faire de lui. Je me tournais vers la porte et la déverrouilla. Au loin, je pouvais dire qu'il était parti.
Je montais les marches. Une à une. Assez difficilement, je dois l'avouer. Ce ne fut que lorsque je pénétrais chez moi. Dans mon antre, que je me mis à pleurer... La tension était redescendue. Le trou était béant dans ma poitrine. La souffrance était présente. Et je savais que j'allais la sentir jusqu'à ce que je sois guérie. Je verrouillais l'entrée, me mis en pyjama et me coucha dans mon lit. Sans manger. Je n'en éprouvais pas le besoin.
Les jours passèrent lentement. Sans grand changement. Je n'avais pas eu de coup de téléphone de Sébastien. Cela me rassura. Pas de nouvelles non plus d'Aro. Je restais cloîtrer dans mon appartement, à attendre que la rentrée se rapproche pour que je puisse faire mes achats scolaires. Je soupirais. A présent, je n'avais plus trop envie de vivre. Loin d'Aro surtout.
Si vraiment il était un vampire, il m'aurait déjà tué, non? Mais puisque je n'avais rien dis à personne, il ne pouvait rien me faire. C'était un peu idiot comme raisonnement...
Un jour, je décidais de sortir un peu. Pour aérer mon esprit. Je remarquais alors que j'avais maigri. Remarque je n'avais rien mangé depuis que j'étais arrivée. Je ne buvais que de l'eau ou du thé. A part ça... Rien ne passait. Même les choses que j'aimais, le chocolat, le spéculoos ou encore le réglisse ne passaient pas. Je traversais la rue et allais au bar tabac d'en face. Je m'assied à une table devant la baie-vitrée. J'aimais regarder les passants tout en sirotant mon thé au citron. Mon regard vogua... Je ne sais où...
Jusqu'à ce que je le vis... En train de me regarder. Il avait une sale mine. Comme si le fait d'être éloigné de moi était nuisible pour sa vie. Tant mieux. Il avait pris tout seul la décision de me quitter. Qu'il assume. Je n'ai fait que poser des questions. Il ne m'avait pas répondu. C'est lui le fautif.
Mais il me manquait...
A présent, j'avais peur. Peur pour lui. Et peur de lui. Oui, je l'avoue... C'était bizarre comme réaction.; Et s'il venait me voir pour me parler. Qu'allais-je lui dire? "Je t'aime"? Non. C'était bien trop simple. Dois-je réellement lui laisser une chance? Je ne savais plus trop quoi penser. A vrai dire, je n'étais pas prête pour une confrontation. Pour notre confrontation.
Je réglais la note tout en jetant des coups d'œil furtifs vers lui. A mon plus grand regret... Il était déjà reparti. Ce fut à ce moment-là que je fus prise par des hauts-le-cœur. Le gérant m'indiqua rapidement les toilettes pour que j'y aille. J'eus juste le temps de fermer la porte et de me retourner pour me vider. Plus je vomissais, plus j'avais mal à la gorge. Je me sentais si nauséeuse. J'étais tellement mal que je me demandais si j'avais assez de force pour rentrer jusqu'à mon appartement. J'attendis un peu avant de me relever. Puis je décidais que je m'étais assez éternisée dans ce bar après avoir nettoyé derrière moi.
Là... Dans les escaliers... Ce fut difficile... Très difficile. Ma main était accrochée à la rampe de l'escalier comme si j'espérais qu'elle allait me tracter jusqu'à mon étage. Malheureusement, je n'avais pas d'accesseur comme vous avez pu le constater. Ce fut une lente et atroce agonie. Mais une fois arrivée devant le pallier de ma porte, je fus prise par un étourdissement. Je tentais, désespérément, d'ouvrir la porte. Par chance, je pus la déverrouiller! Par je ne sais quelle miracle! Après quelques longues minutes à essayer de rentrer la clef dans la serrure... Pas facile lorsqu'on est en proie d'un malaise... Je m'enfermais... Pas parce que j'avais peur que quelqu'un rentre... Ou peut-être que j'avais peur de me retrouver nez-à-nez avec mon... Comment vais-je l'appeler? Ce n'étais pas une relation sérieuse... Mon aventure d'un soir? Oui... Cela correspondait mieux. Je ne voulais pas qu'un vampire se pointe dans mon appartement à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.
Je me dirigeais vers la salle de bain. Vraiment... Je n'étais pas bien... Je vais prendre un Smecta... Je mis la poudre blanche dans mon verre. J'ajoutais de l'eau. Je mélangeais l'étrange contenu qui n'avait pas de goût une fois dans la bouche. Je grimaçais une fois le liquide ingurgité. Puis j'allais vers ma cuisine pour poser mon verre dans le levier... Mais le verre me glissa des mains. Il se cassa sur le sol... Je venais de comprendre quelque chose...
Pas très rassurant...
