Je retournais dans la salle de bain. Et très lentement, je soulevais mon haut. La peur me nouait le ventre. Mes mains tremblaient... Si j'avais vu juste... Mais je ne voulais pas tirer de conclusion trop hâtives. J'écarquillais les yeux de surprise. J'étais au milieu de la pièce à regarder une bosse qui ressemblait à un kyste. Je touchais la bosse. Elle était aussi dure que du marbre. Aussi froide que la neige. Comme LUI… J'étais enceinte d'un vampire… Je tombais à genoux. Un vampire ne pouvait pas avoir d'enfant… Si ?... A moins qu'il m'ait menti et que c'était une mauvaise blague… Non… C'était un vampire. Il y avait beaucoup de choses qui allaient dans ce sens. Mais est-ce que ses sentiments étaient réels ? Est-ce qu'il m'aimait vraiment ? Les vampires étaient la symbolisation de la tentation, de la vie sexuelle. Et ils étaient réputés pour ne pas être fidèles. Je ne pense pas qu'ils aient d'âmes-sœurs. Ou du moins, ce n'était pas marqué dans les livres classiques. Dans ce cas, IL m'avait menti. Je n'étais pas sa cantante comme IL le disait. IL s'était trompé.
J'étais enceinte de lui… Je logeais ma tête dans les mains. C'était complètement impossible… Et pourtant… J'avais la preuve devant mes yeux. Comment allais-je faire pour continuer mes études ? A moins que je me fasse avorter. Je devais aller dans le centre de planification. On pourra me renseigner par rapport à cela. Pour l'instant, il fallait que je mange quelque chose avant que je ne tombe réellement dans les vapes. Ce qui serait quelque peu embêtant.
Et lui ? Savait-il qu'il pouvait engendrer une descendance ? Pour le savoir, il faudrait qu'on se voie. Or ce n'était pas gagné… Je soupirais. Je pris mon portable et allais dans répertoire. Qui sait ? Peut-être qu'il a mis son numéro dans mon téléphone ? Mais je fus rapidement déçue… Aucunes traces de lui. Tant pis… Il va falloir que je me débrouille toute seule… Inconsciemment, je posais ma main sur mon ventre. Comme pour rassurer l'être qui était en moi. Peut-être valait-il mieux que je le garde ? S'IL pensait qu'IL était stérile… Cela LE rendrait malheureux s'IL apprenait que je me suis fait avorter. Non… Je devais trouver un moyen pour lui parler. Je ne pouvais pas le laisser à l'écart.
Je me demandais ce que mon enfant allait manger… Bien sûr, il aurait un côté vampirique. Mais aura-t-il un côté humain ? Je soupirais. J'ignorais tant de choses sur ce nouveau monde. Et marcher à tâtons dans le noir m'était désagréable. Je me sentais tellement vulnérable… J'aurais aimé qu'IL soit là pour me réconforter. Pour me rassurer… Je fermais les yeux. Tant pis… Je devais faire sans…
Les jours qui suivirent cette découverte furent les plus durs de toute mon existence… Et ouais… Moi qui pensais qu'il y avait des cours où s'étaient réellement de la torture… Bah là… J'avais la preuve que ce n'était rien à côté de ce que je vivais aujourd'hui. A chaque fois que je me réveillais, mon ventre avait doublé d'envergure. Comme si on l'avait gonflé à bloc pendant la nuit. Et cela avait le don de m'effrayer. Oui… Je l'admets… J'avais peur. Peur de cette chose qui grandissait en moi. Dès que je mangeais quelque chose, je le vomissais aussitôt. Par contre, quand je croisais mes voisins ou les passants dans la rue, je devais me retenir pour ne pas les mordre pour avoir leur sang. Cela me fit frissonner… Et LUI qui n'était pas revenu… J'avais tellement besoin de sa présence pour me dire ce que je devais faire…
L'interphone sonna. Je m'approchais pour décrocher et fis :
« _ Oui ?
_ Je suis heureux de pouvoir entendre ta douce voix, Lys. Je t'ai enfin retrouvé. »
Ce n'était pas la voix d'Aro. Elle n'était pas aussi suave et séduisante que celle que je venais d'écouter. Mais la seule personne qui pouvait me harceler ainsi… C'était Sébastien… Je fermais les yeux. Je n'étais pas d'attaque à fuir. J'étais si seule… Je caressais mon ventre maintenant bien arrondie. J'avais peur pour le bébé. Si jamais il m'attendait au coin de la rue et qu'il me voyait ainsi… Il rentrerait dans une colère si noire qu'il pourrait me faire du mal. Et faire du mal à mon enfant. Je soupirais. Rester cloîtrer entre quatre murs ne m'enchantait guère. Mais je n'avais pas trop le choix… Si seulement IL était là… IL saurait me protéger… IL me dirait quoi faire… Je devais trouver un moyen pour l'éloigner de moi. J'ignorais comment je devais m'y prendre. Je lui raccrochais au nez. Il était hors de question que je lui ouvre la porte. Le bruit de l'interphone retentit. Une fois… Deux fois… Trois fois… Quatre fois… Cinq fois… Je me calais sur le canapé tout en mettant des écouteurs dans mes oreilles. Ainsi il allait se lasser et partir. C'est ce que j'espérais… Et cela fit son effet. Je m'avançais vers la fenêtre de la cuisine qui donnait sur la rue. Je le voyais en train de partir. Tout droit. Je regardais à droite et à gauche lorsque je remarquais une belle voiture noire. Mon cœur fit un bon dans ma poitrine. Oui… IL était là. IL veillait sur moi. De loin. IL sortit de la voiture et leva ses yeux vers moi. Comme s'IL se sentait brûlé par mon regard. IL portait un costume noir avec une chemise rouge. Cela mettait ses yeux en valeur. Mes lèvres s'étirèrent lentement en un minuscule sourire. IL ne m'avait pas abandonné… Je n'étais pas toute seule comme je le pensais. Inconsciemment, je posais ma main à plat contre la vitre. Je voulais tellement qu'IL soit là auprès de moi.
« _Ton père est là, mon ange, murmurais-je en caressant mon ventre. »
En guise de réponse, j'eus le droit à un petit coup de pied au niveau de ma main. Cela me fit un peu mal car je me doutais que l'enfant avait hérité de la force de son père. Cela me fit sourire. Je levais les yeux vers LUI. Son visage se tordit de douleur. De souffrance. Comme s'il avait compris ce qui se passait. Comme s'il avait lu sur mes lèvres. Je sentais qu'il voulait me voir. Qu'il voulait me sentir. Me toucher. Mais il avait peur. Il fallait que l'un de nous fasse le premier pas.
Je me retournais brusquement. Je devais descendre. Je pris mon manteau et dévalais les escaliers en faisant attention à ne pas tomber. Quand je fus au rez-de-chaussée, je remarquais que la silhouette de la personne que j'aimais tant était déjà devant l'entrée. J'ouvris la porte. Mon cœur battait la chamade. J'avais l'impression qu'il allait exploser. Il entra rapidement et me prit dans ses bras. Plaquant ses lèvres glacées contre les miennes. A ce moment-là, je fus apaisée. Complète. En un seul morceau.
