Alors qu'ils arrivaient sur Baker Street, ils furent accueillis par la vue d'une voiture noire luxueuse. John leva les yeux au ciel.
"Il ne sait pas faire dans le subtil, hein ?" demanda-t-il tandis que Sherlock approchait l'homme abrité sous un parapluie à côté du véhicule.
"John" l'accueillit sèchement Mycroft, notant l'absence de la canne. Il remit à Sherlock une enveloppe en papier kraft. "Parcoure cela à ta guise." L'intérêt du docteur fut piqué au vif – une affaire ? Une nouvelle affaire pourrait leur être utile à vrai dire, cela pourrait les ramener à une certaine normalité. Sherlock cala l'enveloppe sous son bras, n'étant apparemment pas pressé d'en examiner le contenu. Etrange, généralement un nouveau cas avait la priorité. Peut-être ne voulait-il pas avoir l'air trop impatient devant Mycroft ?
"Ce sera tout ?" demanda-t-il froidement à son frère. L'ainé Holmes observa pensivement John, comme en proie à un débat intérieur sur le fait de lui adresser un commentaire acerbe ou non. Le docteur se redressa instinctivement, il avait le sentiment désagréable que Mycroft savait tout et s'attendait à une quelconque réaction de sa part. John fut à moitié tenté de dire ce qu'il pensait mais décida que 'Oui j'ai failli baiser avec ton frère dans le bureau de la thérapeute et il est possible que je le refasse dans un avenir proche, alors quoi ?' serait un peu inapproprié, au lieu de ça il se contenta de sourire calmement.
"Il faudra que nous rattrapions le temps perdu John, ça fait un moment" finit par dire l'ainé. Sherlock leva les yeux au ciel d'un air dramatique.
"Oui" agréa John, soupçonnant qu'il allait avoir le droit à la conversation et légèrement amusé par l'idée de Mycroft le menaçant. Curieusement, il n'avait jamais vraiment craint Mycroft – même s'il était ' l'homme le plus dangereux qu'il ne rencontrerait jamais '. Il savait que le cœur de l'ainé Holmes était au bon endroit la plupart du temps, que les intérêts de Sherlock lui tenaient à cœur. "Bientôt."
"Une seule déclaration faussement polie de plus de votre part et je m'en vais" déclara Sherlock d'un ton cassant, grandement irrité par le ton cordial qu'ils avaient tous les deux. John ne faisait pas confiance à Mycroft, pas après qu'il ait vendu son histoire aux journaux (même si Sherlock avait convenu que c'était la meilleure chose à faire) et Mycroft ne faisait pas confiance à John pour ne pas blesser son frère à nouveau. C'était pathétique – d'une manière attachante. Sherlock n'avait pas l'habitude que les gens s'inquiètent autant pour lui.
"Pas besoin, je dois y aller – les coréens nous ont à leur merci." Il fit une pause. "Encore une fois." Il soupira et se glissa dans la voiture avec la grâce et l'élégance typiques des Holmes. Sherlock s'était déjà mis en route vers le 221b et il fallut à John quelques foulées pour le rattraper.
"Une affaire ?" demanda-t-il, hochant la tête vers l'enveloppe.
"Hm ? Non. Non pas une affaire." Il fouilla dans ses poches et en sortit un paquet de cigarettes et un briquet. "Vas-y, je te rejoins" insista-t-il. John soupira, il ne pouvait nier à Sherlock son seul vice – pas quand il avait réussi à le détourner de tant d'autres, ainsi il continua sa marche seul, se demandant distraitement s'il aurait l'opportunité d'utiliser l'excuse ' c'est comme embrasser un cendrier ' pour le faire arrêter. Il jeta brièvement un coup d'œil par-dessus son épaule lorsqu'il arriva à la porte – Sherlock fumait de la main droite, tenant le fichier ouvert dans sa main gauche. Le médecin sourit à cette vision. Tout était si nouveau et compliqué. Sauf que ce n'était pas compliqué du tout.
"Oh John !" s'exclama une Mme Hudson surprise lorsqu'ils faillirent se percuter dans l'entrée. "Vous rentrez tôt. Est-ce que cela s'est mal passé ? J'étais sur le point d'aller voir Mme Turner pour discuter mais si vous voulez je peux aller mettre la bouilloire sur…"
"Non c'est bon, tout va bien après ce matin ?" demanda John, véritablement préoccupé.
"Oh à mon âge vous apprenez à accepter les catastrophes comme elles viennent" rejeta-t-elle, agitant sa main comme si elle chassait une mouche.
"A votre âge vous ne devriez pas faire d'escalade." La voix de John était chaleureuse. "Je suis sérieux Mme Hudson, vous allez finir par vous casser l'autre hanche ! Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous pouvez toujours m'appeler."
"Je n'aime pas vous déranger très cher." Elle hésita. "Bien que… l'ampoule de ma salle de bain a grillé – si cela ne vous pose pas de problèmes ?" Le visage de John s'adoucit.
"Pas de problèmes, je vais…" La porte s'ouvrit et Sherlock se glissa à l'intérieur, apportant l'odeur de la fumée de cigarette avec lui. "Demander à une personne de haute stature de s'en occuper."
"Sherlock !" s'écria joyeusement la propriétaire, l'attirant à elle pour une étreinte, apparemment imperturbable face à l'odeur persistante. "Vous êtes de retour ! Êtes-vous de retour ? Oh c'est merveilleux de vous revoir très cher." Elle l'embrassa sur la joue avant de se reculer. "Vous vous êtes réconciliés tous les deux ?"
"Euh…" John n'était pas tout à fait sûr de savoir comment répondre à cette question. Sherlock, cependant, répondit avec la gentillesse habituelle qu'il réservait à Mme Hudson et Mme Hudson uniquement.
"Ce n'est que le début, mais il y a du progrès" répondit-il avec diplomatie. Il ne l'avait pas beaucoup vue depuis son retour, chose qui l'avait embêté – stupide et égoïste de sa part mais il considérait que Mme Hudson était à lui. Elle faisait cependant partie de l'appartement et John avait été si catégorique qu'il n'avait pas osé approcher le 221b avec le docteur à ce point en colère. Et puisque la femme âgée répondait rarement au téléphone, il avait été difficile de parvenir à un compromis. Il la relâcha.
"Alors, pourquoi avez-vous besoin d'une personne de grande taille ? Ampoule ?" demanda-t-il en connaissance de cause.
"Et voilà que vous recommencez, au courant de tout sans que l'on vous l'ait dit" dit-elle avec émotion. "Je vais juste passer voir Mme Turner et lui dire que vous êtes en visite donc que je ne peux pas rester."
"Non" dit rapidement Sherlock – aussi reconnaissant qu'il était de la voir, il ne voulait pas maquer l'occasion de parler à John. "Allez voir Mme Turner, tout va bien. John a la clé de votre appartement, j'irai changer l'ampoule avant de partir…"
"Vous avez été très indépendant depuis votre retour Sherlock" dit-elle, sa lèvre inférieure tremblant légèrement. "Pour autant que je le sache, je ne vous reverrai pas avant trois mois !" Sherlock eut la bonne grâce de paraitre coupable, mais John n'allait pas le laisser prendre le blâme pour ça. Il s'incrusta dans la conversation avec:
"Il s'est tenu éloigné à ma demande, mais il est de retour pour l'instant et… et il sera beaucoup plus dans le coin" lui promit le docteur. Un air de soulagement passa sur le visage de Sherlock pendant une fraction de seconde – il allait pouvoir revenir alors, finalement. John voulait qu'il revienne.
"Si vous êtes sur… Je suis tellement heureuse que vous soyez à nouveau ensemble, vous travaillez tellement mieux en tandem." Elle semblait sur le point de pleurer.
"Je… suis conscient de ce fait" convint Sherlock, ouvrant la porte comme une invitation à son départ. Elle agita joyeusement la main dans leur direction avant de disparaitre derrière la porte. John ouvrit la marche et passa à l'étage, entrant sans se presser dans la cuisine et plaçant la bouilloire sur le feu. Sherlock s'attarda sur le seuil pendant un si long moment que John se retourna dans sa direction.
"Tu vas bien ?"
"Tout a changé" murmura doucement Sherlock. Le docteur secoua la tête.
"Non" soutint-il. "Pas ça. Tu avais raison sur ce point… c'est chez toi." John regarda alentour. "Ça a toujours été chez toi, je n'ai fait que… m'en occuper" dit-il honnêtement.
"Chez nous" le corrigea Sherlock, entrant dans la cuisine comme s'il s'attendait à ce qu'une bombe explose (quoique, ce n'était pas une attente tout à fait déraisonnable au 221b Baker Street).
Il regarda partout comme si tout était nouveau, s'arrêtant une fois de plus sur le pas de la porte entre la cuisine et le salon, observant la salle de séjour.
"Sentiments ?" demanda-t-il doucement.
"Pardon ?" répondit John, plaçant une tasse à café dans la main de son compagnon. Sherlock regarda le salon une fois de plus pour confirmer sa théorie.
"Très peu d'usure supplémentaire sur le tapis dans l'escalier, des marques de pas vers la chambre du bas – une très forte usure. Il y a trois ans tu as déménagé dans ma chambre." Sherlock avait l'air tout à fait insulté et John se demanda comment il pouvait considérer cela comme une violation de la vie privée étant donné que l'homme était mort.
"Ma jambe" murmura John. "Je n'avais pas envie de monter les marches supplémentaires et… sentiments" admit-il avec embarras. "C'est juste que… ça a aidé, je suppose." Il haussa maladroitement les épaules. "Tu pourras la récupérer quand tu rentreras à la maison, c'est juste que…"
"Arrête de parler" insista Sherlock. Non pas parce qu'il essayait d'être grossier, non. Non il avait juste besoin de réfléchir, il y avait de nouvelles données à traiter.
Il erra dans le salon, faisant courir ses doigts sur tous les objets dans une tentative pour assimiler les infimes changements qui avaient eu lieu. Cela l'aidait à peindre un portrait de l'état mental de John au cours des dernières années. Le plus grand changement était le fait que presque rien n'avait changé. Leur appartement n'était jamais resté le même pendant une aussi longue période, il y avait toujours eu de nouveaux livres sur les accoudoirs des fauteuils, de nouvelles expériences sur la table, le pull de la dernière petite amie de John négligemment jeté sur le dossier d'une chaise – toujours quelque chose, mais l'appartement avait l'air presque identique au jour où Sherlock l'avait quitté, figé dans le temps. Le sanctuaire d'un homme plongé dans les affres de la douleur. Au moment où Sherlock finit de traiter toutes ces informations, John était déjà assis sur le canapé avec une tasse de café dans les mains. Le cadet Holmes n'était pas content. Les gens lui avaient dit à quel point John était tombé bas, mais ils lui avaient tous affirmé qu'il avait réussi à s'en sortir, qu'il avait remonté la pente. Soit ils lui avaient menti, soit personne ne s'était rendu compte de l'ampleur de la souffrance du docteur. Sherlock détestait ces deux théories.
"La raison pour laquelle tu es toujours en colère contre moi, c'est que tu n'as jamais réussi à surmonter cette histoire…" conclut Sherlock. "Tu n'as pas tourné la page. Le jour où je suis revenu tu étais toujours en deuil" dit-il tout en sirotant son café, prenant soin de s'asseoir à l'autre bout du canapé – assez près pour un contact si John le souhaitait, mais pas trop près de façon à lui laisser le choix. "Tu n'as jamais fait face à la situation, tu ne l'as jamais acceptée, tu étais probablement affligé par rapport aux sentiments que tu avais à mon égard sans jamais les avoir formulés – même si tu n'étais pas consciemment au courant de leur existence. Ainsi, même si mon retour fut tout ce que tu souhaitais, l'idéal, cela a fait ressurgir la confusion, la colère, le stress et la culpabilité que tu n'avais jamais vraiment enterrés." Sherlock hocha la tête, tous les rouages se mettant en place au fur et à mesure qu'il parlait.
"Il faut vraiment que t'arrêtes de lire les livres de psychologie de Claire." John frissonna, ayant une fois de plus le sentiment que Sherlock avait ouvert son cœur et le lisait à voix haute. Cela le rendait mal à l'aise et il n'aimait pas ça du tout. Trop exposé. Trop vulnérable. Sherlock réfléchissait à nouveau, c'était évident au vu de la façon dont il était assis, penché au-dessus de son café. John fronça les sourcils. Il avait été celui qui voulait participer à cette thérapie, parler de leurs problèmes, mais maintenant qu'ils étaient dévoilés au grand jour… il se sentait faible et ce n'était pas quelque chose qu'il souhaitait.
Les tasses furent vidées sans qu'un seul mot de plus ne soit prononcé entre eux. John commençant à douter du fait qu'ils arriveraient un jour à fonctionner en tant que couple, et Sherlock convaincu du renforcement de leur liaison.
"Pouvons-nous…" John fit une pause. "Pouvons-nous juste arrêter avec tout ça ? Je ne suis… Je ne suis plus en colère et plus on parle de ça…"
"C'est toi qui a insisté pour que nous en discutions " dit calmement Sherlock. "Tu es plutôt hypocrite."
"Ouais… ouais je sais" admit le docteur, repliant ses jambes sous lui.
"Tu ne veux pas aller de l'avant, mais tu en as marre de revenir sur le passé." Les yeux de Sherlock cherchèrent les siens. "Il faut que ce soit l'un ou l'autre – ou nous sommes coincés." John hocha la tête à contrecœur. Sherlock avait raison. Sherlock avait toujours raison. "Cela ne me dérange pas d'y aller doucement. C'est peut être le mieux… cependant." La langue de Sherlock effleura sa lèvre inférieure. "Je refuse de vivre dans l'expectative. Si tu souhaites continuer la thérapie, en parler – c'est très bien. Si tu veux aller de l'avant et faire marcher cette histoire, ça me va aussi. Mais je ne vais pas rester dans l'incertitude." Sherlock se releva et John le regarda avec incrédulité.
"Nous avons attendu assez longtemps. Si tu en as réellement terminé avec le passé alors il ne devrait y avoir aucun problème… et s'il y en a encore alors cette relation est fondamentalement biaisée dès le départ." Il parlait avec gravité et John fronça les sourcils, cela sonnait un peu comme une rupture et il n'était même pas au courant qu'ils étaient engagés dans une relation.
Non.
Pas une rupture. Un ultimatum. Maintenant ou jamais. Le cœur du docteur s'accéléra, il savait que si Sherlock partait c'en était fini – enterré à tout jamais. Merde. C'était leur seule et unique chance et, prêt ou pas, s'il voulait la saisir il devait le faire maintenant. Sherlock se dirigea vers la porte et il prit sa décision. John s'élança après lui, lui saisissant le poignet et l'attirant à lui dans une étreinte brusque et gauche.
"Tu es un vrai salaud. Tu le sais ça ?" souffla John contre sa poitrine, le cœur battant à tout rompre. Les bras de Sherlock se refermèrent avec précaution autour de lui.
"Oh Dieu merci" s'exclama Sherlock dans un soupir de soulagement. "C'était un pari que j'aurais préféré ne pas avoir à prendre. Tu te révèles vraiment difficile à vivre" murmura-t-il avec indignation, comme si John lui avait fait du tort. Le docteur laissa échapper un petit rire. Cela avait été un tour cruel, et probablement une échappatoire pour Sherlock si le tour en question n'avait pas fonctionné, mais tout cela n'avait pas d'importance, parce que ça avait fonctionné. Etre face à la possibilité d'avoir Sherlock ou de le voir s'éloigner – le choix était très simple.
L'étreinte maladroite se fondit en quelque chose de plus intime très facilement – ce sentiment de sécurité que John avait cherché pendant si longtemps le submergea à nouveau et cette fois il n'y avait pas de confusion, pas de ' oh mon Dieu qu'est-il en train d'arriver ', seulement eux deux et c'est ce qui rendait ce moment très réel, très douloureux. A revenir sans cesse sur le sujet, la plaie avait semblé à vif et inédite, mais en cet instant elle semblait oh combien ridicule. L'imbécile. Il avait laissé la peur de perdre quelque chose l'empêcher d'essayer et c'était juste inutile. Le seul obstacle auquel ils avaient dû faire face depuis le retour de Sherlock s'était dissipé, avait sombré dans le néant. Donc cela n'avait pas d'importance qui embrassa l'autre le premier – le fait est qu'ils s'embrassaient comme ils auraient dû le faire depuis des semaines, des mois, des années.
Il n'y avait aucune tension, aucune prudence, ils s'embrassaient comme s'ils avaient fait ça toute leur vie, lèvres pressées l'une contre l'autre, leurs langues se taquinant. John se targuait de bien embrasser, dieu sait qu'il avait embrassé assez de femmes, mais Sherlock… putain, John savait que le détective n'avait pas vraiment eu de relations avant lui – alors comment diable avait-il appris à embrasser d'une façon aussi destructrice ? Toutes les résolutions de John furent réduites en poussière lorsque Sherlock commença à l'assaillir d'innombrables baisers, variants en intensité et en technique mais tous parfaits. D'une douce poussée John se retrouva sur le dos sur le canapé, les lèvres de son compagnon fusionnées aux siennes et un corps ferme et empourpré au-dessus de lui. Le docteur gémit avant de s'éloigner.
"On ne peut pas" haleta-t-il, l'air un peu déçu.
"Pourquoi pas ?" rétorqua Sherlock, les pupilles dilatées d'anticipation.
"Je n'ai pas…" John prit un moment pour reprendre son souffle. Bon sang, il avait séduit des femmes sur trois continents, ça ne lui ressemblait pas d'être hors de contrôle. "Je n'ai pas de lubrifiant." Sherlock plongea la main dans la poche de son manteau (John se demanda vaguement pourquoi il ne l'avait pas encore enlevé) et en sortit un petit flacon.
"Présomptueux" murmura-t-il, un peu déconcerté – toute cette séduction avait-elle été planifiée?
"Je suis préparé à toute éventualité" murmura le cadet Holmes, donnant à son ancien colocataire l'impression qu'il pouvait lire dans les pensées. Il baissa la tête et embrassa voracement la nuque et la gorge de John, faisant frissonner ce dernier.
"Préservatifs ?" haleta-t-il, emmêlant ses doigts dans les boucles de Sherlock et tirant légèrement dessus à titre expérimental. Oh. Il aimait ça apparemment, à en croire le gémissement rauque que ce mouvement induisit.
"Pas nécessaire" chuchota le brun, ses lèvres quittant à peine la peau de son compagnon.
"Docteur" lui rappela John. "Nécessaire." Sherlock soupira avec exaspération.
"Il est très difficile de mener à bien ma tâche lorsque tu continues à me parler" grommela-t-il, s'asseyant et s'éloignant ainsi de John. Le docteur craignit immédiatement d'avoir fait quelque chose de mal, parce que la chaleur de Sherlock ne l'enveloppait soudainement plus. Sherlock, cependant, récupéra le dossier dans l'enveloppe et le tendit à John. Le docteur fronça les sourcils, les photos gores de scènes de crimes étaient probablement en haut de sa liste des choses pouvant anéantir une érection. Mais l'ouverture de l'enveloppe lui révéla un rapport médical.
"Mycroft a insisté pour que je me soumette à un dépistage complet avant que nous nous embarquions dans… cette voie." Il s'arrêta maladroitement. "Et je sais avec certitude que la clinique te force à en subir régulièrement, tu as perdu ce travail mais tu n'as pas eu de partenaire sexuel depuis ton dernier…" Sherlock fut coupé dans sa tirade par les lèvres de John, qui le fit taire avec un baiser franchement brutal. Electrisant. Pendant quelques instants Sherlock permis à John de prendre l'avantage tandis qu'il l'obligeait à se défaire de son manteau, désireux d'avoir ses mains une ou deux couches plus près de la peau nue.
"Je ne savais pas que me rabaisser à éjaculer dans un gobelet était excitant" grogna le détective alors que John luttait avec les boutons.
"Ce n'est pas ça, idiot." Les gens traitaient si rarement Sherlock d'idiot, c'était nouveau – l'amusement s'éteignit avec un rapide baiser de la part de son compagnon. "C'est le fait que tu étais disposé à le faire… et nous allons devoir parler des sujets que tu ne dois pas aborder dans la chambre." Sherlock se figea, les doigts de John avaient trouvé leur chemin sous sa chemise et s'occupaient d'un mamelon durci. Il ressentait une sensation de brulure, mais dans le même temps il ne voulait pas que ça s'arrête. Jamais.
"Nous ne sommes pas dans la chambre" fit valoir le détective, à juste titre au vu de la façon dont ils étaient avachis sur le canapé. John se leva et offrit sa main à Sherlock, et par pure chance le brun se rappela de saisir la bouteille de lubrifiant avant qu'ils ne se retirent dans la chambre. Son cerveau avait décidé de se déconnecter de tout ce qui ne se rapportait pas à cette réalité: John Watson voulait de lui.
Il n'y avait aucun doute entre eux, mais beaucoup de nervosité par contre. La décision d'aller dans la chambre cimentait l'idée que ce n'était pas juste du sexe sur un coup de tête mais bien un acte de chair prémédité, planifié. Sherlock posa le flacon sur la table de chevet qui avait été autrefois sienne mais qui abritait désormais les livres du docteur, les somnifères qu'il n'aimait pas admettre utiliser et ses lunettes de lecture, dont il ignorait que Sherlock connaissait l'existence.
"Reculer est toujours une option" lui rappela prudemment le vétéran.
"Reculer a arrêté d'être une option au moment du 'Afghanistan ou Irak ?'. Ce n'était qu'une question de temps avant que nous en arrivions là." Sherlock sourit, plaçant un bras autour de la taille de John et l'attirant à lui.
"Très probablement. Mauvais choix de mots… je voulais dire, si tu n'es pas prêt alors…"
"Es-tu prêt ?" argua le détective, toujours aussi obstiné. John n'hésita pas avant d'acquiescer.
"Absolument."
"Alors je le suis." Il y avait une finalité dans son ton qui laissait entendre que c'était la fin de la discussion. John hocha la tête, continuant de déboutonner la chemise de Sherlock jusqu'à ce qu'il fût en mesure de pousser l'article offensant au sol, prenant son temps pour l'enlever en faisant aller et venir ses doigts le long des bras de son compagnon.
Ils n'avaient pas fait grand-chose de plus que se rouler des pelles et se tripoter, se tenant à côté du lit, leurs mains errant sur chaque centimètre de peau exposée, avant que Sherlock ne s'avère en quelconque difficulté. John savait qu'il ne fallait pas lui demander si tout allait bien, mais il détacha sa bouche de l'épaule de son compagnon assez longtemps pour lui envoyer le regard 'quoi ?'. Sherlock rougit furieusement.
"Pantalon. Trop serré" marmonna-t-il, ce qui fit sourire John. C'était bien fait pour ce petit con toujours bien habillé qui portait des pantalons serrés.
"Lit" ordonna le détective, regagnant un peu de son sang-froid durant la trêve temporaire de l'attaque de John sur sa personne. "Tout de suite." Il se figea puis secoua la tête, saisissant le poignet de John alors que ce dernier se dirigeait vers le lit en question. "Non, non – vêtements d'abord, lit ensuite" instruit le détective d'un ton décisif. John sourit à nouveau et s'approcha avec l'intention de s'attaquer à la fermeture éclair de Sherlock mais l'homme recula maladroitement.
"Tes propres vêtements, je pense" marmonna-t-il, avalant sa salive nerveusement. John hocha la tête très lentement, les yeux fixés sur ceux de Sherlock tandis qu'ils parcouraient son corps, en découvrant un peu plus à chaque seconde qui passait. John n'était pas timide à propos de son corps, il était un peu plus mou au niveau du ventre qu'il ne l'avait été il y a trois ans, et il avait toujours la grande et vilaine cicatrice due à sa blessure par balle qui lui barrait le flanc gauche, mais cela ne l'avait jamais dérangé autant que ses précédentes petites amies l'avait assumé. Apparemment, cela ne dérangeait pas Sherlock non plus, qui avait levé une main à sa bouche et mâchouillait son index. Il avait à peine été touché et il semblait déjà consumé, les lèvres rouges d'avoir été embrassées, la chemise depuis longtemps oubliée, le pantalon ignominieusement serré, mais le signe d'excitation le plus évident était ses yeux devenus sombres, les pupilles effroyablement dilatées. Au moment où John retira son sous-vêtement, Sherlock eut l'air complètement et totalement ravagé.
"Les tiens aussi ?" Le docteur fit un geste vague en direction de la situation inconfortable dans laquelle se trouvait Sherlock. La réponse du détective fut un son étranglé. Sherlock Holmes qui était prêt à sauter du haut d'un immeuble pour lui, Sherlock qui était prêt à embrasser au nom de l'Angleterre, Sherlock putain de Holmes se tenait devant lui emplit de tension sexuelle et ne sachant absolument pas quoi en faire. John était sur le point de l'apaiser, de lui dire que ce n'était pas grave s'il était effrayé et qu'ils n'allaient pas plus loin aujourd'hui, que tout allait bien, mais Sherlock prit la parole.
"Je préfèrerais être au-dessus." Sa voix était quelque peu décousue, comme si prononcer ces mots était au-delà de ses forces. John hocha la tête.
"L'un ou l'autre me va" convint-il, désespéré de passer à l'étape suivante et de réduire la distance qui s'était imposée entre eux. Sherlock ébouriffa ses cheveux dans une tentative de redémarrer son cerveau qui avait pratiquement fermé boutique.
"Penche-toi sur le bord du lit" ordonna-t-il, avec un ton sérieux et autoritaire qui fit froncer John des sourcils. Il se dit qu'il ne pouvait pas vraiment s'opposer à cette demande, mais il avait espéré quelque chose d'un peu moins… dirigiste, un peu plus romantique. Se sentant un peu vulnérable et bien trop exposé, John fit son chemin jusqu'au lit et se pencha dessus – le cul en l'air. Il se sentait ridicule. Encore plus lorsque Sherlock ne bougea pas immédiatement, John put sentir le regard passionné de son amant parcourir son corps bien avant d'entendre le son de la fermeture éclair signalant qu'il retirait son pantalon. Il mourrait d'envie de jeter un coup d'œil par-dessus son épaule pour profiter de la vue, mais dès que cette pensée lui vint à l'esprit il sentit Sherlock s'agenouiller derrière lui.
Son toucher était incertain, dénoué de toute confiance tandis qu'il caressait l'arrière des cuisses de John, les écartant. Le docteur déglutit lorsqu'il entendit le clic d'ouverture de flacon de lubrifiant. Sherlock SAVAIT que cet acte nécessitait un peu de préparation pas vrai ? Qu'il ne pouvait pas se contenter de l'enduire de vaseline et de la plonger dedans ? Les mots restèrent coincés dans la gorge du docteur. Il voulait parler mais se sentait étrangement épinglé par le fait que Sherlock le touchait à peine – la panique était bien réelle et John était un soldat. Il ne paniquait pas. Il n'était pas supposé paniquer. Cela n'empêchât pas son cœur de remonter dans sa gorge lorsqu'il sentit un long doigt froid et humide contre son entrée. Au moins Sherlock savait ce qu'il faisait.
Embarrassé, le militaire fit reposer sa tête sur son coude et laissa Sherlock continuer. Ce n'était pas délicat et romantique, c'était froid, clinique, méthodique et très Sherlock. John sentit une légère douleur dans sa poitrine. Il savait qu'il aimait Sherlock, et que Sherlock l'aimait plus qu'il n'avait jamais aimé personne.
Ce devrait être suffisant pensa John, ne voulant pas être déçu par l'attitude du détective au lit. Pour lui, ce n'était probablement qu'une fonction biologique de plus. Une nécessité peut-être ? John eut le souffle coupé lorsque Sherlock inséra un second doigt en lui. Cela brûlait un peu, mais c'était plus une sensation d'inconfort que de réelle douleur. Tout à fait gérable.
Dit quelque chose songea désespérément John. Même durant ses brèves relations et ses coups d'un soir, John avait toujours envisagé le sexe comme quelque chose d'intime, et être autant éloigné de la personne qu'il aimait durant l'acte rendait le docteur complètement perdu. Il n'était généralement pas indigent ou désespéré mais le seul point de contact entre leurs corps était les doigts de Sherlock à l'intérieur de lui. Le docteur recherchait un contact visuel, un regard aimant, des mots doux prononcés avec affection.
Il grimaça alors que l'annulaire de Sherlock l'abordait à son tour. Il désirait plus que tout un baiser au creux des reins, ou l'autre main de Sherlock caressant son mollet pour le rassurer. N'importe quoi. Il ne reçut rien de tout ça. Toute l'attention de Sherlock était focalisée sur le fait d'ouvrir John pour ce qui arriverait après. Ce n'était pas des préliminaires, c'était de l'entretien. A dire vrai, John était presque certain que son érection avait ramolli de manière significative – n'était-ce pas censé être une expérience incroyable ? Ça ne faisait pas vraiment mal mais ce n'était pas… agréable, et John était persuadé que c'était censé l'être. Il fronça les sourcils dans le creux de son bras. Peut-être pourrait-il convaincre Sherlock de le laisser être au-dessus la prochaine fois ? Les doigts du détective reculèrent et son compagnon réalisa que l'intrusion ne lui manquait pas autant que le contact avec Sherlock. Ils ne se touchaient plus du tout à présent et il y avait quelque chose de très incorrect à ce propos. Après une longue pause, Sherlock se releva et, instinctivement, John se raidit.
Il sentit la tête soyeuse contre son entrée palpitante et se prépara mentalement pour la suite. Sherlock s'enfonça très lentement, enfouissant son pénis centimètre par centimètre – en douceur, afin de ne pas blesser son amant. Preuve qu'il tenait à lui. Il avait beau n'avoir aucune idée de ce qu'était l'affection durant l'acte sexuel, cela ne voulait pas dire qu'il ne se souciait pas du confort de son compagnon. John laissa échapper un lourd soupir qu'il n'avait pas réalisé avoir retenu. Sherlock bougea un peu plus haut, il était à genoux entre les jambes de John et ce dernier s'attendait à un coup de butoir pour commencer, mais le détective le surprit. Complètement à l'intérieur de John, il se pencha en avant et colla son torse au dos du docteur, ouvrit ses bras et fit remonter ses doigts le long des biceps de John jusqu' ce que leurs doigts s'entrelacent. Il formait une cage au-dessus de son amant, de sorte qu'ils étaient collés l'un à l'autre à partir des genoux. Sherlock embrassa la nuque de John très doucement, ce qui fit frissonner ce dernier. D'accord – il avait eu tort. Sherlock était capable d'affection et de sexe en même temps.
"Nous devons y aller lentement" murmura-t-il dans l'oreille de John. "Je suis déjà presque venu deux fois et je préfèrerais que cela dure" continua-t-il de murmurer, parcourant du nez le cou de son colocataire. L'angle les empêchait de s'embrasser, mais John réalisa que cela n'avait pas d'importance, pas quand le cadet Holmes caressait chaque centimètre carré de son corps. Et oh… oh! Tout à coup cela prenait un sens. Les joues de John rougirent furieusement, Sherlock n'avait pas fait marche arrière parce qu'il n'en avait pas envie, il avait fait marche arrière parce qu'il en avait trop envie. Il n'avait pas osé laisser John lui enlever ses vêtements, et il n'avait pas supporté le toucher plus que nécessaire avant d'être prêt – parce qu'il était tellement excité qu'un contact de trop aurait déclenché un game-over. En voilà une pensée sexy. Des préliminaires orchestrés par John, et le grand Sherlock Holmes se retrouvait tellement excité qu'il manquait de venir dans son pantalon. Ledit Sherlock serra doucement les mains de son compagnon.
"Fais-moi savoir quand tu es ok pour que je bouge." La voix du détective était tombée exceptionnellement bas, et John grogna.
"Crois-moi, je suis prêt" promit-il, bougeant légèrement ses hanches pour confirmer ses dires. Sherlock se retira lentement, s'extrayant à peine du corps de John avant de se remettre en place. Le militaire frémit tandis que de l'électricité parcourait sa colonne vertébrale – il ne savait pas pourquoi cela n'avait pas été incroyable auparavant, mais en cet instant c'était le paradis. D'une manière douloureusement lente, ils bougèrent en rythme, les lèvres de Sherlock s'affairant sur la peau de son compagnon partout où elles avaient accès – un baiser sur la nuque, l'omoplate, la joue. La première fois que le détective frappa la prostate de John, ce fut tout à fait par hasard, et le docteur avança les hanches si brusquement qu'il faillit déloger Sherlock.
"Merde" murmura un Sherlock en état de choc. "Désolé, je n'avais pas l'intention de faire ça tout de suite." Il semblait béatement surpris, sa voix emplie de l'ivresse d'induire autant de plaisir. John connaissait bien ce sentiment d'ivresse, il en faisait l'expérience lui-même au même instant. Il voulait supplier, 'oh mon Dieu, fais-le à nouveau' ou 'plus fort' ou 'plus vite' ou quelque chose du genre mais il voulait également laisser Sherlock fixer le rythme parce qu'il faisait confiance à cet homme (il lui confierait sa vie), ainsi, les seuls mots qu'il parvint à sortir furent légèrement différents.
"Je t'aime." Sherlock s'enfonça à l'intérieur de John une fois de plus, si profondément qu'ils semblaient ne faire qu'un. Il pouvait sentir le pénis de son compagnon battre en rythme avec son cœur, pressé solidement contre son dos. Il grogna et recula.
Sherlock ne le dit pas en retour cette fois, pas à voix haute. Mais ce sentiment transpirait dans chaque mouvement de bassin, chaque coup de butoir délicat et attentionné, chaque baiser déposé au hasard. John ne s'était jamais senti aussi aimé, protégé et chéri. Même lorsque la libido de Sherlock commença à passer outre le côté sentimental de son cerveau, lorsque la vitesse accéléra et que les baisers furent mis de côté, John ressentait encore tout l'amour que le détective transmettait. Il se mordit la lèvre pour s'empêcher de laisser échapper un son carrément pornographique tandis que les mains de Sherlock quittaient à contrecœur les siennes pour aller se poser sur ses hanches, les immobilisant pour avoir un meilleur angle d'entrée. Chaque mouvement était désormais accompagné d'une claque humide peau contre peau, et la queue de John brûlait à force de frotter aussi vite contre la couverture. Il libéra une main pour s'en saisir, et ne fut pas surpris de sentir une goutte de liquide pré-séminal au niveau du gland. Sherlock grogna.
"J'allais le faire dans un instant" se plaignit-il doucement, trouvant inadéquat que John se touche lui-même alors que Sherlock en était parfaitement capable. John émit un petit rire.
"Je t'en prie." Le détective arrêta de pistonner son compagnon pendant un moment, et remplaça la main de John par la sienne, caressant l'érection du médecin en rythme avec ses coups de bassin.
Cette fois, le coup en regard de sa prostate fut intentionnel. Le corps de John tout entier fut pris d'un spasme, son souffle aspiré de ses poumons dans un soupir honteusement bruyant. Il n'avait pas besoin de voir le visage de Sherlock pour savoir que le bâtard arborait un sourire suffisant. John recula ses hanches d'un coup sec, gagnant un halètement semblable de la part du détective.
"Ah tu veux jouer comme ça ?" se ressaisit Sherlock, caressant le manche de John encore plus rapidement.
"Mmmhmm" haleta le docteur. Sherlock visa le point sensible à nouveau, et John contre-attaqua jusqu'à ce qu'il en soit incapable, jusqu'à ce qu'il soit si tourmenté par le plaisir qui l'habitait qu'il se retrouva dans l'incapacité de se battre, gémissant tandis que son amant l'amenait de plus en plus au bord de l'extase. Les derniers coups de rein du détective furent sauvages et frénétiques, la pointe de son excitation ciblait la prostate de John avec une précision infaillible, et sa main se déplaçait à la vitesse de l'éclair sur le pénis de son compagnon, dans l'intention de le faire venir en premier.
L'orgasme de John ne fut guère une surprise pour eux, mais l'effet domino qu'il eut sur Sherlock en fut une apparemment. John éjacula de façon spectaculaire sur les couvertures, son sang bouillait dans ses veines et son anus se resserra autour de pénis de Sherlock, obligeant l'homme à décharger tout ce qu'il avait dans son amant plus que consentant. Ils s'effondrèrent tous deux sur le lit, la respiration saccadée, redescendant sur terre de concert. John écouta la respiration haletante du détective contre son oreille gauche pendant un long moment, Sherlock était encore au-dessus de lui et le docteur n'avait ni l'énergie ni l'envie de le déplacer. Il fallut à Sherlock beaucoup plus de temps pour récupérer, mais John supposait que c'était à prévoir de la part d'un puceau qui venait tout juste de connaitre les joies d'un orgasme couplé. Il sourit paresseusement lorsque Sherlock se releva, ses genoux tremblant légèrement tandis qu'il se dirigeait vers la boite de mouchoirs posée près du lit. Non. Sherlock Holmes n'étais plus vierge.
John quitta le lit à son tour et se nettoya une fois que son amant eut fini.
"Je suppose que se câliner est obligatoire ?" s'enquit Sherlock. John hocha la tête et se hissa sur le lit, poussant plus loin les couvertures pour éviter le patch humide qu'il avait laissé. Sherlock grimpa près de lui et ils cherchèrent ensemble une position confortable dans laquelle se recroqueviller – John bercé contre la poitrine de son compagnon. Un long et confortable silence s'en suivit, seulement interrompu par les occasionnels baisers de John contre la poitrine de Sherlock, ou ceux de Sherlock contre les tempes de John.
"Etait-ce… Est-ce que c'était… Je veux dire, je sais que cela aurait pu durer plus longtemps et…" Le détective fronça les sourcils, il n'était pas tout à fait sur de savoir où il allait avec cette déclaration, son cerveau ne s'était toujours pas reconnecté après un tel orgasme.
"C'était génial" déclara-t-il avec sincérité. Oui, cela n'avait pas été sa plus longue relation sexuelle, ni la plus chaude, la plus sale ou la plus érotique – mais ça avait été la plus intense expérience sexuelle que John ait jamais partagée avec quelqu'un, et cela comptait plus que tout pour lui. "Si ça ne tenait qu'à moi, nous ne quitterions pas ce lit pendant un jour ou deux."
"Sommes-nous obligés de le quitter ?" demanda Sherlock.
"Oui. Tu y es obligé." Le détective soupira.
"Tu ne veux toujours pas de moi à l'appartement ?" Il semblait tellement fragile en cet instant, et un peu résigné. John n'eut pas le cœur à rire, au lieu de ça il se releva et embrassa le froncement de sourcils sur le visage de son amant, avant de se diriger vers sa bouche pour l'embarquer dans un baiser lent et brûlant qui, s'ils n'avaient pas été morts de fatigue, aurait conduit à bien plus.
"Tu restes. Je te veux à la maison" promit-il. "Mais tu vas devoir quitter ce lit à un moment – tu as promis à Mme Hudson que tu changerais l'ampoule de sa salle de bain." Sherlock laissa échapper un soupir de soulagement.
Ce ne fut que des heures plus tard, lorsqu'ils se retrouvèrent au lit pour la seconde fois, que Sherlock sourit et demanda d'une voix pleine d'espoir.
"Cela signifie que nous en avons fini avec cette stupide histoire de thérapie, pas vrai ?" John aurait bien répondu mais sa bouche était pleine, au lieu de ça il se contenta de lui adresser un regard noir et se fit la note mentale d'avoir une discussion avec lui à propos de son timing.
Ouhhh ce que ça a été long ^^ J'espère que ce chapitre vous a plu, merci encore pour toutes vos gentilles reviews :)
J'arrive pas à croire qu'il ne reste plus qu'un chapitre avant la fin de cette histoire :/
Le dernier chapitre est plus court que celui là donc normalement il arrivera plus vite.
Bonne soirée à tous et à bientôt pour le dénouement de cette histoire !
