Bonjour!
Eh oui! Vous avez vu? Je poste plus souvent! :p C'est parce qu'on approche de la fin. Il y en reste plus que deux à poster. Et ce sera la fin. Je vais remercier: Lili, Fuyuki417 et Paulipopo pour leur review.
Je ne me souviens plus très bien le nombre de jour où je suis restée au lit. Je savais quand le soleil se couchait ou se levait. Mais toujours indirectement. Aro ne voulait pas ouvrir les rideaux. Je ne sais pour quelle raison. A moins que la fenêtre donnait sur un balcon. Ah... Dans ce cas je comprenais mieux. J'essayais de faire mon deuil. D'une manière ou d'une autre. Je ne sortais que pour aller dans la salle de bain. Et encore... J'avais des difficultés à marcher. Cela faisait longtemps que je n'avais pas utilisé mes jambes. Elles me faisaient mal. Aro restait dans ses appartements. Il ne me quittait pas. Jamais. Il avait arrêté de s'alimenter. Juste pour me surveiller. J'avais remarqué ses yeux, assoiffés par le manque de sang. Il luttait pour ne pas me bondir dessus mais il ne voulait pas faillir à sa "mission". Il savait que j'attendais qu'il s'absente pour que je puisse me suicider. L'idée me trottait encore dans la tête... Mais je le voyais en train de faire tant d'efforts pour ne pas que je sombre dans la dépression que je le reportais à plus tard. Je pense qu'il avait vraiment peur de me voir dépérir. C'est lui, encore, qui apportait mes repas. Mon cœur lui avait redonné sa confiance. Et j'étais sur le point de... Céder à sa sincérité. A cette sincérité qui m'était plus que réelle.
Aro se trouvait sur un fauteuil. A lire un ancien livre. Je me redressais lentement sur le lit. Je sentis son regard sur moi. A mon plus grand désarrois, ma peau s'embrassa. Et mon cœur s'emballa. Je me mordis la lèvre. J'avais encore beaucoup de travail à faire pour devenir aussi insensible que lui. Puis je décidais de me dégourdir les jambes. J'avais besoin de marcher. Je posais mes pieds sur le sol froid. Je frissonnais. Les pierres étaient aussi froides que sa peau... Il fallait vraiment que j'arrête de penser à lui. Les premiers pas étaient difficiles. Et au fur et à mesure que j'avançais vers Aro, j'avais de moins en moins mal à mes jambes. Je passais devant lui. J'avais envie de voir quel temps il faisait. J'avais besoin de prendre l'air. Ma main allait se poser sur la poignée de la porte quand j'entendis un long sifflement. Je reculais d'un pas de la fenêtre puis regardais Aro.
"_ Tant que tu ne te débarrasseras pas de tes envies suicidaires, je serais toujours là.
_ Tant que..."
Il est resté auprès de toi pendant si longtemps..., fit une petite voix. Regarde comment il est... Il est en train de se dessécher... De mourir à petit feu... S'il ne t'aimait pas, il ne serait pas ici avec toi... Il faut que tu le remercies... Autrement tu le perdras définitivement.
C'est vrai... Je devrais le remercier au lieu de réagir ainsi. Après tout... Il voulait me protéger. De sa femme. De son clan... Je me rapprochais de lui. Lentement. Il fit une moue interrogatrice. Comme s'il se doutait que j'allais faire quelque chose de mal. Il referma son livre et le posa sur la petite table qui se trouvait à côté de lui. Ses yeux ne me quittaient pas. Mon coeur prit de la vitesse. Je ressentais cette gêne si particulière quand on déclarait sa flamme pour la première fois. J'hésitais... Ma main se dirigeait lentement vers son visage. Elle toucha délicatement sa joue. Le vampire ferma les paupières. Je sentis qu'il avait arrêté de respirer. Il avait dû attendre longtemps pour que je puisse faire un autre geste tendre envers lui. Envers son amour... Peut-être que je n'aurais pas dû le toucher. N'étais-je pas en train de raviver sa soif alors qu'il essayait tant bien que mal de me préserver?
"_ Tant que? Répéta-t-il d'une voix étrangement douce."
Je secouais négativement de la tête tout en enlevant ma main de son visage. Au plus profond de moi, je voulais qu'il prend un peu de temps pour qu'il s'occupe de lui... Mon coeur s'en inquiétait. Il battait pour cet homme qui m'avait menti... Il tremblait pour lui lorsqu'il ne se nourrissait pas... Aro parut comprendre que j'étais en plein confit intérieur... J'aperçus une ombre d'un sourire. Presque victorieux. Pensait-il qu'il était sur le point de me récupérer? Je ne devais pas lui céder. Je ne devais pas écouter mes sentiments. J'allais encore m'y perdre. Je jetais un coup d'œil à la porte fenêtre une dernière fois. Et je retournais vers mon lit. Je l'entendis soupirer.
"_ La politesse veut que lorsqu'on commence une phrase, on doit la terminer, répliqua-t-il durement."
Brusquement, je m'arrêtais. Mes muscles se firent plus tendus. J'avais perçu une menace dans la tonalité de sa voix. Que comptait-il me faire? Son cœur frappait fortement dans ma poitrine. Je ne l'entendis pas marcher mais je savais qu'il était derrière moi. Une mèche de mes cheveux était tirée en arrière. Je l'imaginais bien en train de humer l'odeur que j'avais. Cela me fit chaud au coeur.
"_ J'allais dire... Quelque chose de... D'irrespectueux. Mais..., commençais-je. La... Disparition... De notre fille... Nous affecte déjà... Beaucoup... Je me suis... Dit qu'il serait... Préférable de faire une pause..."
Ses mains effleuraient délicatement mes hanches. Une vague d'images rejaillissait dans mon esprit. Le manoir en France. Le magasin... Nos ébats... Le bain... Je fermais les yeux. Pour mieux profiter de ces visions du passé... Un passé si lointain... Si naïf... Si tranquille... J'émis un long soupir.
"_ J'ai envie de toi..., souffla Aro dans le creux de mon oreille."
Moi aussi... Mon corps l'appelait... Irrémédiablement... J'essayais tant bien que mal de réfréner mes envies... Mes pulsions. J'avais envie de lui... Plus que jamais. Sentir son corps contre le mien. Sa bouche sur mes lèvres... Ses mains caressant ma poitrine... Mon corps réagissait à ce que je pensais... Aro me fit pivoter lentement vers lui. Son regard capta le mien. Je ne pouvais plus m'en détourner... Il m'hypnotisait. Ma bouche s'assécha. Peu à peu, ma température augmentait... Il devait le sentir... Non? Je me blottis contre lui en tentant d'éviter de briser notre contact visuel. Mes mains venaient encadrer son menton. Je frissonnais. Sa peau était toujours aussi douce... Aussi crémeuse au toucher... Cela le fit sourire. Tendrement...
Non... Ce n'était vraiment pas... Raisonnable. Je reculais. Rompant notre toucher... Je vis un éclair de tristesse dans ses iris. Je baissais les yeux sur le sol. Un peu mal à l'aise.
"_ Je ne peux oublier les mensonges que tu m'as dit... Je te hais pour ça... Et pourtant... Mon coeur est si proche du tien..."
Aro ne répondit pas. L'atmosphère était figée. Dans mes entrailles, je souhaitais qu'il réponde à une question. Une qui m'était importante... J'osais le contempler... Bien que j'avais peur de ce qu'il pouvait me faire... Ses traits n'étaient pas assez tendus que d'habitude. Mais je savais bien qu'il était en train de se retenir pour ne pas laisser sa bête prendre du dessus. Je devais faire attention. Ses réactions pouvaient être violentes. Dangereuses.
"_ Est-ce que... Tu penses... Qu'on pourrait... Réessayer? Demandais-je d'une toute petite voix.
_ Réessayer? Répéta Aro, ne comprenant pas ce que je voulais en venir."
Je m'humectais les lèvres. Peut-être qu'il ne voulait plus d'enfant... Je me souviens comment il m'avait prise lorsqu'il avait appris que j'étais enceinte. Il était tellement heureux. Mes doigts effleuraient doucement le dos de sa main... Je sais que j'étais hésitante... Peut-être qu'il ne me faisait plus autant confiance qu'avant.
"_ Pour avoir un... Enfant..., murmurais-je, honteuse de mon désir."
Mais pour la conception de cet enfant... On serait deux à le vouloir. Enfin... Je pense... Mais j'avais des doutes... Alors j'aperçus dans ses yeux un amour inconditionnel. Brûlant. Résistant contre vents et marées. Et cela me donna du baume au cœur. Il me souria, contrit. Avec beaucoup de retenue mais je percevais une sorte d'affliction. Cela me freina. Je m'écartais soudainement de lui. Il saisit ma main et la baisa avec tendresse puis il me conduisit à un sofa. Bien moelleux. Il me mit sur ses genoux et entoura ses bras sur ma taille.
"_ Il faut que je te... T'avoue quelque chose..., dit-il doucement."
Ouh... Je sentais qu'il allait m'annoncer une mauvaise nouvelle. Je serrais un peu plus ses mains. Un peu peur de ce que j'allais entendre. Il me serra plus contre lui. Comme s'il avait peur que je disparaisse.
"_ Je trouvais que... La perte de Némésis était... Trop dure pour toi alors... J'ai préféré attendre que tu sois un peu mieux pour te le dire... Si je t'avais tous raconté... Je pense que tu ne serais plus de ce monde aujourd'hui."
Bien que j'étais confortablement installée, je me mis à bouger. A trouver une position plus... Douillette? Je ne sais pas... Je redoutais ce qu'Aro allait me dire. Son visage se posa sur mon épaule. Je l'entendis inspirer très longuement.
"_ Le fœtus a abîmé une majeure partie de ton utérus. J'ai été obligé de l'enlever pour éviter de te perdre."
Je ne réagis pas tout de suite. Je... Ne pouvais... Plus... Avoir d'enfant? Je tournais mon visage vers le vampire. Je ne pouvais pas le croire. Il me mentait... Mais ses yeux me disaient tout le contraire. C'était la vérité. La pure vérité... La dure réalité... Je manquais d'air. Mon coeur eut un raté. Si on peut le dire. Je ressentais une lourde pression dans ma poitrine. Je... Je ne pourrais plus... Avoir d'enfants... Je... Je ne pourrais pas... Je ... Ne pourrais plus... Devenir mère...
Moi qui me disais que je voulais mourir en couche pour que ma fille puisse vivre avec son père vampire... Je n'aurais jamais dû penser ainsi...
