Chapitre 3

« House ! Salut..., murmura Wilson.Tu frappes toujours aux portes, dis-moi...

- Salut à toi aussi, répondit House sans se démonter. Alors, Foreman, ajouta le praticien en lui faisant un petit signe de tête, il paraît que vous êtes en consultation avec un confrère, d'après Chase ?

- Le docteur Wilson souffre de douleurs abdominales depuis quelques jours, et j'étais sur le point de lui demander s'il avait mal...

-... à la jambe, ça merci j'ai entendu, le coupa le diagnosticien. Et pourquoi alliez-vous lui demander ça ?

- Parce que je soupçonne une crise d'appendicite..., répondit Foreman en soupirant.

- Je me suis fait opérer il y a un peu plus de 25 ans, intervint Wilson. Alors je doute que ce soit à nouveau ça... Euh... au fait, House, comment as-tu su qu'on était dans cette salle et pas dans une autre ?, demanda Wilson..

- Oh, on va dire que je vous ai trouvés au feeling... Derrière la première porte que j'ai ouverte se trouvaient le docteur Spencer - un confrère gynéco - et une patiente qu'il s'apprêtait à examiner apparemment puisque la dame en question avait les fesses à l'air... Quand j'y repense, j'ai sacrément bien fait de ne pas hésiter entre virologie et obstétrique-gynécologie à la fac comme spécialité... La patiente que j'ai vue à côté n'avait vraiment pas une tronche à se faire visiter par autre chose qu'un speculum, si vous voyez ce que je veux dire !

- House ! Tu es vraiment... d'une élégance rare..., déclara l'oncologue en levant les yeux au plafond.

- Que veux-tu, Jimmy, c'est ce qui fait mon charme... Oh allez ! Vous savez aussi bien que moi qu'un gynéco, ce n'est jamais qu'un toubib qui bosse là où d'autres s'amusent, non ?

- Oui, c'est une façon de voir les choses, répondit Wilson d'un air désabusé.

- Bon, sinon, trêve de digressions, reprit House en regardant son ami. J'ai entendu parler de tes symptômes et en voyant ta tête, je confirme que t'as l'air vraiment crevé... Toi, tu as encore fait des folies de ton corps !, lança le diagnosticien d'une voix joyeuse et pleine de sous-entendus.

- Oh mais bien sûr House, hier soir je m'ennuyais dans ma chambre d'hôtel, alors pour me distraire j'ai fait venir une demi-douzaine de call-girls et on a fait un gang-bang !, répliqua Wilson du tac au tac.

- Waoh ! Six nanas, rien que ça !

- Pourrait-on en revenir à l'état de santé du docteur Wilson, s'il vous plaît ?, intervint Foreman, mi-amusé mi-agacé par les échanges verbaux entre ses deux confrères.

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a Foreman ?, s'exclama House en le regardant droit dans les yeux. Chase m'a dit que vous pensiez tous les trois que c'était une gastro ou un truc du genre, et une partie des symptômes colle effectivement avec ce diagnostic, notamment les spasmes abdominaux... Euh... je peux ?, demanda le diagnosticien en posant sa main sur le ventre de Wilson.

- Quoi donc ?, répondit ce dernier.

- Te tâter comme Foreman l'a fait... C'est vrai, quoi, pourquoi lui aurait-il le droit de te tripoter et pas moi, alors que je te connais depuis plus longtemps que lui ne te connaît ? »

Et sans attendre l'assentiment de l'oncologue, House appuya sur l'abdomen de celui-ci, ce qui eut pour effet de produire un son qui fit rougir Wilson:

« Oups... Désolé, murmura-t-il en se tournant vers Foreman.

- Ouh là ! Mais c'est que tu avais un gros mal-être à évacuer, ma parole !, s'exclama l'aîné des trois hommes en faisant les yeux ronds. Eh bien, heureusement pour Foreman et moi que c'était juste sonore ! Parce que s'il y avait eu l'odeur en prime, et proportionnelle au bruit, il aurait fallu décamper d'ici vite fait, bien fait ! Toi, t'as encore abusé de la cuisine asiatique: le chou chinois, ça pardonne pas pour les flatulences !

- Justement, en parlant de cuisine asiatique... J'ai rencontré un patient qui pourrait t'intéresser..., dit lentement Wilson.

- Pourquoi ? Il a loupé la préparation de son plat de fugu et il est toujours en vie alors qu'avec le poison de ce charmant poisson il aurait dû clamecer ?

- Non..., répondit l'oncologue en souriant.

- Euh... Docteur House, intervint Foreman, on pourrait revenir dans le sujet de départ, si ce n'est pas trop vous demander ? »

Le diagnosticien regarda le neurologue en faisant les yeux ronds, tout en continuant à palper le ventre de l'oncologue:

« Mais il est insupportable celui-là aujourd'hui ! Pour une fois que je discute avec un patient, vous n'allez pas venir me les briser ! Si ?

- House !, s'exclama Wilson. Je ne suis pas un patient ! Tu as juste devant toi un confrère qui n'est pas très en forme ces temps-ci, c'est tout ! Alors maintenant que tu m'as examiné ainsi que Foreman, je vais me rhabiller et on va sortir tous les trois d'ici, et reprendre nos occupations habituelles ! D'accord ?

- Bon, bon, OK, dit lentement le diagnosticien en retirant ses mains du ventre de l'oncologue. Mais j'aimerais savoir juste une chose : tu es sûr que tu ne me caches rien, histoire de ne pas atterrir dans mon service en tant que patient ?

- Non ! Pourquoi te mentirais-je sur mon état de santé ?

- Parce que tu sais ce que je pense des gens en général..., soupira House.

- Oui, « tout le monde ment » selon toi, souffla Wilson. Mais pas moi ! Enfin, en tout cas, pas sur ma santé !

- Soit..., reprit le plus âgé des trois hommes. Alors tu vas prendre du charbon actif pour tes ballonnements, et pour tes maux de tête ainsi que tes maux de ventre, du paracétamol, mais du « 1 gramme », hein, pas du 500mg ! Et pour ton transit...

- Je n'ai rien de ce côté-là, House, répondit Wilson en descendant de la table d'examen tout en se rhabillant. Ni constipation, ni diarrhée ! Je manque simplement de sommeil et je couve sûrement une gastro ou un truc du genre, c'est tout !

- OK. Mais n'oublie pas que tes symptômes sont apparus il y a déjà trois jours... Si dans 48 heures tu es toujours dans le même état, promets-moi de faire des examens plus...

- House ! Ferme-là, tu veux ! T'es vraiment gonflant, quand tu t'y mets ! », cria soudainement Wilson.