Chapitre 8

Le lendemain matin.

Wilson ouvrit les yeux, bailla et étira les bras: il avait encore eu des suées nocturnes et des bouffées de chaleur, mais il avait bien mieux dormi que les nuits précédentes. Un petit tiraillement se fit sentir dans son bas-ventre, mais l'oncologue n'y prêta guère attention: depuis le temps que ses crampes abdominales avaient commencé, il avait fini par s'y habituer... Il tourna la tête vers sa table de nuit et regarda sa montre: il était environ 8h, une infirmière n'allait pas tarder à passer pour lui amener son petit déjeuner...

L'oncologue se leva, s'étira à nouveau et partit en direction de la salle de bains. Il passa aux toilettes et se lava les mains tout en jetant un oeil dans le miroir fixé au-dessus du lavabo: ses traits étaient encore tirés, mais il avait meilleure mine que la veille, lorsqu'il s'était évanoui dans le bureau de House... Wilson portait une des chemises de nuit standards de l'hôpital, comme n'importe quel patient, et ce look inhabituel le fit sourire. Heureusement, il avait des vêtements de rechange dans son casier à l'hôpital et il avait demandé à Foreman et à Chase la veille d'aller récupérer toutes ses affaires dans sa chambre d'hôtel: s'il devait rester hospitalisé un moment, mieux valait libérer la location. Il avait en outre demandé aux deux médecins de dire à la réception d'envoyer sa note à son bureau.

Alors que Wilson revenait dans la chambre pour préparer les vêtements qu'il allait porter après sa douche, qu'il s'apprêtait à prendre, il entendit frapper à sa porte et lança:

« Oui, entrez !

- Bonjour, docteur Wilson, répondit Chase qui portait un plateau, pendant que Foreman ouvrait la porte.

- Docteur Chase, bonjour... Docteur Foreman...

- Docteur Wilson, le salua le neurologue. Alors, comment vous sentez-vous ce matin ?

- Mmh... Encore un peu fatigué, mais beaucoup mieux qu'hier et que les autres jours... J'ai encore des maux de ventre, des bouffées de chaleur et des suées nocturnes, mais j'ai l'impression que ça diminue...

- Nous nous sommes permis de vous apporter nous-mêmes votre petit déjeuner, dit Chase en posant le plateau près du lit, sur la tablette à roulette prévue à cet effet. Le docteur Cuddy est venue nous dire qu'il fallait vous refaire une prise de sang, car pour évaluer le taux de testostérone, il faut être à jeun ! Et ce n'était pas le cas hier matin...

- C'est vrai, admit Wilson.

- ...alors pour pouvoir vous prélever du sang aujourd'hui, nous sommes allés voir les infirmières et nous leur avons dit qu'on s'occupait de vous amener votre plateau-repas !

- Eh bien merci ! Et je dois dire que vous êtes arrivés au bon moment: cinq minutes plus tard, j'étais sous la douche !

- Ce n'est pas tout, docteur Wilson, intervint Foreman. Il nous faudrait aussi un échantillon d'urine, dit-il en sortant un flacon de sa poche.

- Ah ! Trop tard..., murmura l'oncologue. Si j'avais su...

- Ce n'est pas grave, répondit le neurologue. On va déjà voir ce que votre prise de sang d'hier révèle, et il sera toujours temps demain matin de...

- ... « faire pipi dans le bocal », compléta l'aîné des trois hommes en souriant.

- Maintenant, si vous le permettez, docteur Wilson, je vais vous examiner, ensuite Chase vous fera la prise de sang...

- Je vous en prie, docteur Foreman, faites... »

Le neurologue s'assit au bord du lit et ausculta son confrère: tout comme House la veille, lui non plus ne détecta rien de suspect au niveau respiratoire. Puis il prit sa tension:

« 9,8 ce matin... C'est encore un peu faible, mais c'est toujours mieux qu'hier... Vous étiez à 7,6 au moment de votre malaise...

- 7,6..., murmura Wilson. Vraiment pas beaucoup, en effet... Euh... au fait, on n'avait pas parlé d'une radio du thorax hier ?

- Si, répondit Chase, mais vous dormiez si bien hier après-midi qu'on n'a pas osé vous réveiller...

- Et on a même dû faire barrage à House qui voulait absolument rentrer dans votre chambre !, déclara Foreman qui examinait les yeux de son confrère avec une petite lampe.

- Mais on a fini par le laisser passer à condition qu'il nous promette de ne pas chercher à vous réveiller, ajouta l'Australien. Il est entré, s'est assis – ou plutôt il a carrément allongé ses jambes ! - sur le lit à côté de vous et il a allumé sa petite télévision !

- Ah oui ? Je n'ai rien entendu !, s'exclama Wilson, à la fois surpris et ému. House... il est venu me voir... et il est resté à côté de moi ! C'est que je compte un peu pour lui finalement..., songea-t-il. Je devais être vraiment crevé !

- Oui, mais on a gardé un oeil sur votre chambre et quand House en est sorti, reprit Foreman, il a dit que vous aviez transpiré pendant votre sommeil et que votre température avait légèrement augmenté... Des bouffées de chaleur très certainement...

- Tiens, déjà debout la Belle au Bois Dormant ?, lança le diagnosticien en entrant, suivi de Cameron qui salua tout le monde d'un petit signe de tête et avec un sourire. Alors, messieurs, vous avez fait votre BA du jour avec notre patient particulier ?

- Je viens de l'examiner et les choses semblent rentrer doucement dans l'ordre, déclara Foreman.

- Et la prise de sang ?

- Pour celle d'hier, nous devrions avoir les résultats aujourd'hui. Et pour celle de ce matin, je vais seulement la faire, dit Chase. Docteur Wilson, si vous voulez bien me donner l'un de vos bras... Je vous ai prélevé quatre pipettes hier, deux devraient suffire aujourd'hui...»

Quelques minutes plus tard, Cameron et Foreman ressortaient de la chambre, la première avec l'accord de l'oncologue pour programmer une radio du thorax dans la journée, et le second avec les échantillons sanguins fraîchement prélevés. Wilson approcha la tablette près de son lit et commença à manger, lorsque l'Australien lui dit:

« Euh... au fait, pour votre petit-déjeuner, j'ai demandé un chocolat pour vous... Je me suis dit qu'avec vos ennuis de santé d'hier, le café ne serait pas trop indiqué... Mais si ça ne vous convient pas, je peux aller...

- Non, je vous remercie, le coupa gentiment l'oncologue, le chocolat ça ira très bien pour ce matin. Vous avez eu raison de ne pas m'apporter du café... Par contre, j'apprécie un thé de temps en temps...

- C'est noté, répondit Chase en souriant.

- euh... Sinon, pour aujourd'hui j'ai des vêtements, mais... vous avez pu aller récupérer mes affaires, avec le docteur Foreman ?

- Oui, nous y sommes allés hier après-midi mais comme vous dormiez à poings fermés, on a laissé votre valise dans le bureau de House et...

- Et du coup c'est moi qui te sers de consigne, l'interrompit le diagnosticien. Chase va t'amener tes fringues et ta brosse à dents, n'est-ce pas ?

- Bien sûr... D'ailleurs je vais aller vous la chercher tout de suite...

- Oh, ce n'est pas urgent docteur Chase !, répondit Wilson. Mmh... Tiens, les élancements dans la poitrine me reprennent... Ouille, les maux de ventre aussi ! Bon sang...

- Si tu as fini ton p'tit déj, tu veux bien t'allonger que je palpe ton abdomen ?, demanda House.

- Vas-y..., murmura son ami. De toute façon, je n'ai pas très faim ce matin, je me sens encore légèrement barbouillé... »

L'oncologue repoussa la tablette, que Chase replaça contre le mur, et s'allongea. House posa sa canne contre le lit et entreprit de tâter le ventre de son confrère. Il appuya à des endroits précis, tout en demandant à ce dernier si cela était douloureux. Les intestins pouvaient parfois faire des leurs, et le médecin pensait tout bonnement que son ami avait des diverticules ou une gastro-entérite. Wilson lui répondit que la douleur avait pour point de départ son bas-ventre et qu'elle se diffusait un peu partout. Le diagnosticien palpa alors la zone incriminée pendant quelques minutes, en espérant qu'une nouvelle crampe abdominale ferait son apparition. Son souhait fut exaucé quelques secondes plus tard: l'oncologue grimaça de nouveau, et House perçut les crispations musculaires à l'intérieur du corps de son ami: celles-ci étaient vraiment localisées en une zone précise, et une idée surréaliste commença à germer dans l'esprit du praticien...

Depuis le temps qu'il exerçait, le diagnosticien avait traité toutes sortes de pathologies et rencontré bien des cas étranges, mais il sentait que le cas de Wilson était inédit pour lui, et il voulut approfondir l'étrange idée qui lui était venue:

« Les douleurs abdominales sont vraiment localisées... Je crois qu'une petite échographie ne serait pas un luxe pour essayer de découvrir ce qui se cache derrière ces vilains spasmes... Chase, allez chercher le matériel ! Et toi, Jimmy, tu veux bien remonter ta chemise de nuit ? A moins bien sûr que ta pudeur ne te l'interdise ! Je suppose que tu n'as pas encore pris ta douche...

- Non, répondit Wilson. J'allais justement me laver lorsque Foreman et Chase sont arrivés avec mon petit déjeuner, mais si tu me donnes dix minutes..., poursuivit-il en s'asseyant dans le lit. Oh...

- Qu'y a-t-il ?, s'enquit House d'une voix où perçait l'inquiétude, en voyant son ami pâlir soudainement.

- Je... je sens comme un écoulement..., dit l'oncologue d'une voix étranglée.

- Un écoulement ? Rallonge-toi tout de suite ! Chase, allez chercher des gants et tout le nécessaire, ainsi que l'échographe !, s'écria le diagnosticien en partant vers la salle de bains pour s'y laver les mains. Et fermez la porte en sortant ! Compris ?»

Quelques dizaines de secondes plus tard, Grégory était assis à la droite de son ami, de façon à pouvoir examiner l'entrejambe de celui-ci sans être gêné par sa jambe. House demanda à ce dernier de relever ses genoux vers sa poitrine et ce qu'il vit lui fit un coup au coeur: un petit filet de sang semblait effectivement s'échapper du corps de l'oncologue. Le diagnosticien nettoya la trace et s'exclama, surpris malgré lui:

« Ce n'est pas un épanchement rectal ! Le sang ne sort pas de là !

- Quoi ?, fit Wilson d'une toute petite voix où perçait la plus vive inquiétude.

- Cest curieux, on dirait... »

L'aîné sentit son coeur s'emballer: l'étrange idée qui avait germé dans son esprit quelques minutes auparavant semblait se vérifier... « Non, ce n'est pas possible... pas Wilson... Il ne serait quand même pas comme une patiente que j'ai rencontré il y a plusieurs mois de ça, mais dans le cas inverse... Cette ado mannequin qui était... »

House prit une grande inspiration et demanda à son ami:

« Euh... Jimmy... Je m'excuse, mais... il va falloir que j'aille faire connaissance de façon plus... approfondie avec tes bijoux de famille...

- Quoi ?, murmura faiblement Wilson, dont la respiration était devenue saccadée.

- Le sang qui est en train de s'écouler de ton corps ne provient pas de là où on pense tous les deux, mais semble venir de... derrière ton service trois pièces ! Donc il va falloir que je... soulève le tout pour y voir plus clair ! Tu as fait quelque chose qui aurait pu provoquer une blessure à cet endroit ?

- Non...

- Les coutures de ton slip qui auraient pu frotter ? Un bain trop chaud qui aurait pu faire claquer une veine ?

- Non !, s'écria Wilson, de plus en plus perdu et intrigué.

- Bon, alors si tu veux bien m'excuser... », murmura House en soulevant délicatement les testicules de son ami.

Malgré sa grande expérience, le diagnosticien ne put empêcher ses yeux de prendre une forme de soucoupe et il s'exclama:

« On dirait... Le sang provient d'une sorte de fente au-dessus de l'anus !

- Quoi ?, s'écria Wilson, au moment même où quelqu'un frappait à la porte.

- Chase, c'est vous ?, demanda House en haussant le ton.

- Oui, répondit l'intensiviste, la voix étouffée par la porte. Je vous amène l'échographe...

- Faites entrer le matos, mais vous, vous restez dehors ! Compris ? Je n'ai pas fini d'examiner Wilson !

- Compris ! »

La porte s'entrouvrit quelques instants, le temps pour l'Australien de faire entrer le matériel dans la chambre, puis se referma. House reprit l'examen de l'entrejambe de son ami:

- Il y a comme une sorte de fente, et c'est de là que sort le sang apparemment..., murmura-t-il. Jimmy, je vais écarter les chairs pour trouver l'origine du saignement, mais si jamais je te fais mal, tu me le dis immédiatement ! D'accord ?

- D'accord », souffla l'oncologue d'une voix tremblante. Euh... House..., reprit-il en rougissant légèrement. Je sais que le moment est très mal choisi, mais je tenais à te dire... Merci de t'occuper de moi, et surtout merci... d'être venu me voir dans ma chambre et d'y être resté alors que je dormais...»

En entendant la voix de son ami, le diagnosticien avait relevé la tête, mais trop rapidement pour qu'il puisse cacher au plus profond de lui l'émotion provoquée par les paroles de son confrère. Son regard rencontra donc trop vite à son goût celui de Wilson, et il crut alors que le temps s'était arrêté: House perçut de la reconnaissance dans les yeux de l'oncologue, ainsi qu'une immense confiance et de l'amitié. Toutefois – mais cela le praticien n'aurait pu le jurer - il avait cru entrevoir autre chose pendant une fraction de seconde, autre chose qui ressemblait... à de la tendresse ?

L'aîné rompit le contact visuel et répondit à son ami par un de ses petits sourires en coin dont il avait le secret avant de reporter de nouveau son attention sur le problème de l'oncologue. Alors qu'il s'apprêtait à procéder à un examen plus approfondi, son regard fut attiré par une minuscule cicatrice à la base du pénis:

« Jimmy... Tu as eu des soucis... génitaux ?

- Pardon?, fit l'intéressé d'une voix surprise.

- Ne bouge pas s'il te plaît !, s'exclama l'aîné des deux hommes en attrapant une petite lampe ramenée par Chase quelques instants auparavant. Je vois comme une petite cicatrice à la base de ta verge, reprit-il. Et... t'as aussi une cicatrice sur ton scrotum ! »

L'oncologue se mit à rougir et souffla:

« Greg... Tu crois vraiment que c'est le moment de parler de ce genre de choses ?

- Mon cher ami, Cuddy soupçonne une andropause chez toi et je la rejoins assez sur cette hypothèse mais moi vois-tu, je sens qu'il y a également autre chose !

- Et autre chose comme... quoi ?

- Je ne sais pas encore, avoua House, mais tu admettras que le filet de sang qui s'échappe de ton corps par un endroit non conventionnel a de quoi faire supposer une anomalie anatomique...

- Une anomalie anatomique !, s'écria Wilson. Mais enfin House, à quoi tu penses ?

- Il y plusieurs mois de cela, j'ai eu une jeune patiente d'une quinzaine d'années qui n'avait encore jamais eu ses règles. Les analyses montraient qu'elle avait une tumeur... qu'on ne trouvait pas ! Jusqu'à ce qu'on lui fasse une échographie qui a révélé... une absence totale d'utérus et une jolie paire dans l'abdomen ! Avec une tumeur sur le gauche ! Physiquement c'était une fille, mais génétiquement... c'était un mec ! Et dans notre jargon, on appelle ça un pseudo-hermaphrodite masculin !

- House..., murmura l'oncologue, qui était devenu très pâle pendant que son ami parlait. Mais enfin tu délires... je suis un homme !

- Je viens de passer en revue tous tes symptômes depuis que tes ennuis de santé ont commencé, et avec ce saignement qui vient de se déclencher, permets-moi d'en douter !, déclara le diagnosticien, qui sentait son pouls s'emballer de plus en plus en même temps qu'il sentait le sang quitter son visage.

- House... Tu es sûr que ça va ?, lui demanda son ami. Tu viens de blanchir d'un coup !, ajouta-t-il, surpris malgré l'appréhension qui le gagnait peu à peu. Tu... tu crois que j'ai un truc grave, c'est ça ? Oh allez House, je suis oncologue, alors les cancers, ça me connaît ! J'ai une tumeur au niveau des intestins, hein ?

- Du calme, Jimmy..., soupira l'aîné des deux hommes. Je pense effectivement à quelque chose, mais ce n'est pas un cancer, loin de là ! Seulement, c'est tellement énorme que ça me flanque le tournis ! Les cicatrices que tu as sur le côté droit de ton scrotum et à la base de ton pénis indiquent que des interventions ont été pratiquées il y a longtemps... Et en prenant tes testicules dans les mains, j'ai senti que l'un des deux était un peu trop dur pour être du « fait maison »... Tu as une prothèse n'est-ce pas ?

- Oui, murmura l'oncologue, partiellement soulagé. Je suis né avec... le testicule gauche parfaitement normal, et le droit qui était bien là aussi mais minuscule... Il ne s'est jamais développé... Alors pour éviter que mon scrotum ne fasse... « vide », les médecins ont attendu que j'atteigne ma taille définitive pour me mettre une prothèse... Quant à la cicatrice à la base de mon pénis, eh bien... là aussi c'est un problème que j'ai eu à la naissance... la partie haute de mon sexe était bien formée, mais en bas c'était resté... « ouvert »... Ça ressemblait presque à des grandes lèvres, comme celles d'une femme, et s'il n'y avait pas eu mon scrotum pour prouver que j'étais un garçon, ma mère aurait pu croire que j'étais une fille ! Et je...

- Autrement dit tu es né avec des malformations génitales !, s'exclama House en l'interrompant. Nom de Dieu... Cette fente... c'est une cavité en forme de tunnel... et c'est par là que s'écoule le sang...

- Ah ?, fit l'oncologue, qui retenait sa respiration.

- Jimmy, ce... « tunnel »... ressemble... à un vagin... Je crois qu'une petite échographie va nous aider à y voir plus clair ! »

Quelques minutes plus tard, l'appareil était en marche et le moniteur afficha une image qu'aucun des deux médecins n'aurait cru voir un jour, surtout pas celui qui était à la place du patient:

« Nom de Dieu Wilson..., murmura House en détachant chaque syllabe. Je savais que les patients pouvaient mentir, mais là c'est bien la première fois que je rencontre... un corps qui ment à l'insu de son propriétaire...

- C'est pas vrai..., souffla l'oncologue, lui aussi fasciné par l'écran. On dirait un... un...

- ... utérus, compléta le diagnosticien d'une voix blanche. Avec les deux trompes de Fallope... pas d'ovaire à gauche... mais un à droite... »