Bonjour tout le monde ! Désolée d'avoir tardé à poster, mais le temps me manquait pour écrire, et j'espère qu'à l'avenir ça ira mieux ! Un grand merci à toutes les personnes qui ont lu cette histoire... et qui n'ont pas décroché en cours de route !

Bonne lecture !

Etoilia


Chapitre 12

Grégory attira le corps de James encore plus près du sien pendant que sa langue forçait doucement les lèvres de son ami à s'ouvrir pour faire la connaissance de sa jumelle. Wilson répondit à cette requête muette, permettant ainsi à leur baiser de se faire plus passionné. Pourtant, au bout de quelques secondes, l'oncologue écarta sa tête de celle de son ami et murmura, rouge comme une pivoine:

« Greg... On... On devrait peut-être arrêter, je ne suis pas très sûr de savoir ce que je fais en ce moment...

- Moi non plus, si tu veux tout savoir, souffla House d'une voix où perçaient à la fois la surprise et l'hésitation. Pourtant...

- Pourtant quoi ?

- Eh bien... Depuis que l'on sait que tu es hermaphrodite, on dirait que... C'est comme si quelque chose s'était... « débloqué » entre nous...

- Débloqué ?

- Oui, comment dire... On se connaît depuis déjà quelques années, tous les deux... Au fil du temps, on est devenus des amis proches, à tel point même que tu passais plus de temps avec moi qu'avec tes ex-femmes !

- C'est vrai, admit Wilson. Je t'ai connu au moment où mon premier mariage commençait à battre de l'aile... Tu as apporté une bouffée d'oxygène dans ma vie malgré ton fichu caractère: tu me faisais rire, tu me jouais des tours pendables mais pour lesquels je ne parvenais pas à t'en vouloir... Finalement tu es la seule personne avec laquelle j'ai eu une relation à peu près stable jusqu'à présent, puisqu'aucun de mes mariages n'a duré aussi longtemps que...notre... amitié..., dit l'oncologue en hésitant sur ce dernier mot.

- Justement, en parlant d'amitié..., fit le diagnosticien. Même si je n'ai jamais fait le moindre effort pour te montrer que notre relation comptait pour moi, je... j'ai toujours apprécié les moments passés en ta compagnie, même s'ils n'étaient pas toujours drôles... comme aujourd'hui...

- Sauf qu'aujourd'hui, on ne peut pas dire que l'on se soit vraiment comportés en amis l'un envers l'autre, souffla Wilson. On s'est embrassés dans la chambre, puis là maintenant dans la pièce où je viens de subir un examen gynécologique... Je crois que la découverte de mon hermaphrodisme nous a chamboulés bien plus qu'on ne le pense...

- Entièrement d'accord, approuva House tout en retirant son bras des épaules de son ami. Maintenant... euh... pas que je m'ennuie en ta compagnie, Jimmy, mais... on ne retournerait pas dans ta chambre ? Sinon notre chère directrice va se demander ce qu'on fait !

- Oui, tu as raison..., répondit l'oncologue, qui enlaçait toujours Grégory.

- Et, euh... tu pourrais me rendre ma liberté, s'il te plaît ?, fit celui-ci en regardant les bras de son ami posés sur lui, lequel s'exécuta immédiatement en rougissant.


« Ah ! Docteur Wilson, je vous attendais !, s'exclama Cuddy alors que les deux hommes arrivaient à sa hauteur, devant la porte de la chambre de l'oncologue. Comment s'est passé votre examen ?, demanda-t-elle en baissant la voix.

- Oh, euh... bien, ça va..., répondit Wilson en entrant dans la pièce. Le docteur Spencer m'a dit que tout était normal, mais... qu'il faudra que je songe éventuellement à un contraceptif hormonal pour bloquer mon cycle... D'ailleurs, il faudrait que je prenne rendez-vous avec un endocrinologue pour ça ...

- Bien sûr, docteur Wilson, pas de problème... Mais si vous voulez, je... je suis moi-même endocrinologue, je pourrais donc m'occuper de vous... si vous êtes d'accord, bien sûr...

- Oh, c'est très aimable à vous, docteur Cuddy, mais je ne voudrais pas vous déranger...

- Vous ne me dérangez pas, docteur Wilson, le coupa celle-ci, puisque c'est moi qui vous le propose ! Il est vrai que je suis la directrice de cet hôpital et que j'ai par conséquent beaucoup de travail administratif, mais je peux quand même m'organiser de façon à m'occuper personnellement d'un patient, l'un de mes médecins qui plus est !

- Bon, eh bien... d'accord... et ... merci, murmura l'oncologue.

- Mais je vous en prie, répondit Cuddy en lui souriant chaleureusement. Sinon, à part ça, j'étais venue pour vous demander le nom de l'acupuncteur qui va s'occuper de House...

- Seigneur, elle n'a pas oublié !, s'écria House en levant les yeux au plafond. Mais pourquoi a-t-il donc fallu que les femmes soient dotées d'une cervelle et surtout d'une mémoire, je vous jure... Un corps bien roulé était amplement suffisant...

- Mais tout simplement pour rappeler aux hommes leurs engagements, répondit calmement la directrice en regardant le diagnosticien droit dans les yeux. Et dans votre cas c'est très simple: c'est acupuncture ou consultations ! Comment s'appelle ce monsieur, docteur Wilson ?, reprit-elle en se tournant de nouveau vers ce dernier.

- Son nom est Tcheng, Hou Siao Lin Tcheng, répondit l'oncologue.

- Je vous remercie. Bien, maintenant, nous allons vous laisser vous reposer, n'est-ce pas House ?

- Pourquoi ?, fit l'intéressé d'une voix surprise. Je suis très bien ici, moi !

- Oh mais ça je n'en doute pas, House, seulement je voudrais que vous me suiviez dans mon bureau, j'ai à vous parler...

- De mon joyeux entrain pour l'acupuncture ou de votre fabuleuse capacité à vous rappeler les choses qui fâchent ?

- Les deux ! »


« Et voilà c'est fait, votre premier rendez-vous avec Monsieur Tcheng est pour cette après-midi à quatorze heures !, dit Cuddy en reposant le combiné du téléphone. Et je regrette de ne pas avoir d'appareil photo sous la main en cet instant, la tête que vous faites mériterait d'être immortalisée !, reprit-elle d'une voix moqueuse.

- Ha ha ha !, fit le diagnosticien. Ça vous éclate, hein, de me jeter dans la fosse aux lions !

- Vous n'avez même pas idée...

- Ouais, ben si vous croyez que le fait de me retrouver avec des aiguilles dans le corps va m'aider à soigner des patients...

- Pour ma part je suis convaincue que l'acupuncture va parvenir à soulager votre douleur chronique. Par contre, pour ce qui est de votre manière de faire avec les patients, là vous avez raison, on n'a pas encore trouvé le remède miracle contre la misanthropie !

- Ni celui contre la tyrannie des femmes !

- Oh... Vous pensez sincèrement que je vous tyrannise, House ?

- Moi non, mais mes oreilles, oui ! Vous entendre vanter les mérites de l'art de piquer un homme est à la limite du harcèlement moral ! En plus, j'ai promis à Wilson d'aller lui tenir compagnie : s'il n'a affaire qu'à mes trois larbins, ce sera la dépression nerveuse assurée !

- Vous lui avez promis de rester avec lui aujourd'hui, vraiment ?

- A vrai dire... non. Mais s'il me le demandait, il est plus qu'évident que je me ferais un plaisir d'accepter !

- Soit. Alors par égard pour votre amitié pour le docteur Wilson, je vous dispense de consultations pour ce matin... à la condition expresse qu'à quatorze heures tapantes, vous soyez ici dans mon bureau pour y faire la connaissance du docteur Tcheng ! Et qu'après votre séance, vous alliez – quand même ! - voir du côté des consultations si vous pouvez vous rendre utile.C'est clair ?

- Limpide, mon général ! Ah, au fait, avant que je ne parte retrouver mon patient mi-figue mi-raisin...

- House !, l'interrompit Cuddy. C'est votre ami ! Un peu de respect voyons !

- ... ce cher Wilson, qui est à voile et à vapeur disais-je, reprit le diagnosticien sans se démonter - ignorant les yeux levés au ciel de sa directrice -, n'est pas malade au sens physique du terme et ne devrait donc plus être hospitalisé... En revanche, découvrir que l'on est hermaphrodite est plutôt le genre de chose à provoquer un sérieux chamboulement psychologique, et il vaut mieux dans ces cas-là ne pas rester seul... Aussi, lorsqu'il sera prêt à quitter mon service, je lui demanderai de venir habiter chez moi, histoire d'avoir un oeil sur lui...

- Je suis heureuse que vous abordiez cette question, House, répondit Cuddy. Moi aussi, je me suis dit qu'il ne serait pas bon pour le docteur Wilson de rester seul, et je pensais lui proposer de venir s'installer chez moi tout en se faisant suivre par un psychologue...

- Quoi !, s'exclama House. L'installer chez vous ! Vous avez des vues sur lui ou quoi ?

- Bien sûr que non ! Mais le docteur Wilson est une personne que j'estime beaucoup, j'irai même jusqu'à dire que c'est un ami, et il est normal de s'occuper de ses amis lorsqu'ils ne vont pas bien, non ? Notre confrère est fragile en ce moment, il a besoin d'un environnement stable et chaleureux. De plus, je pense qu'une femme sera mieux placée pour répondre à ses questions sur son côté féminin...

- Et vous pensez avoir assez d'oestrogènes pour ça ?, l'interrompit le diagnosticien.

- J'en aurai toujours plus que vous en tout cas !

- Wilson m'a dit qu'il se sentait toujours un homme malgré tout, vous ne pensez donc pas qu'une femme qui va vouloir l'encourager à parler de son ressenti côté féminin – son cycle et j'en passe ! - risque de le perturber ?

- Non, je pense même que ça pourrait l'aider à harmoniser ses deux côtés, accepter sa féminité tout en préservant sa masculinité en même temps ! »

House se leva de son siège, l'air songeur:

« Bon, je vais vous laisser, j'ai à faire...

- Oui, vous avez raison... comme rattraper votre paperasse en retard, par exemple...

- Oh non, j'ai déjà une séance de torture chinoise pour cette après-midi, et vous voulez m'infliger...

- Ce n'est pas parce que vous allez avoir 20 séances d'acupuncture qu'il faut vous croire dispensé de faire votre devoir de médecin ! Le serment d'Hippocrate, ça vous rappelle quelque chose ?

- Vous n'avez vraiment aucune pitié pour les infirmes !, geignit House.

- Faites-moi donc un procès pour discrimination ! », lui lança Cuddy alors que le diagnosticien se dirigeait vers la sortie.


Dans l'après-midi.

House se tenait dans le couloir, à quelques mètres du bureau de sa directrice. Il regarda l'horloge: il était presque quatorze heures, l'acupuncteur était peut-être déjà arrivé... Soupirant à fendre l'âme, il se dirigea vers le lieu du rendez-vous et frappa à la porte avec sa canne. Il entendit la voix de Cuddy lancer un « Entrez » assez sonore et s'exécuta. Grégory vit alors qu'une personne – un homme – était assise en face de sa directrice et en déduisit qu'il ne pouvait s'agir que du fameux « Monsieur Tcheng »... Lequel, en entendant la porte s'ouvrir, se leva de son siège pour faire face au visiteur:

« Docteur House, rebonjour..., lui dit Cuddy. Permettez-moi de vous présenter le docteur Tcheng, qui a eu l'extrême gentillesse de se déplacer pour vous soigner ! Docteur Tcheng, voici votre futur patient, le docteur Grégory House, qui dirige le service « Diagnostiques » de cet hôpital !

- Je suis enchanté de faire votre connaissance, docteur, déclara l'acupuncteur d'une voix claire avec un fort accent chinois tout en s'inclinant pour le saluer.

- Bonjour, répondit le diagnosticien d'une voix où perçait une pointe d'étonnement.

- Oh, excusez-moi docteur, répondit Tcheng, vous préfèrez peut-être que je vous salue à la mode occidentale, en vous serrant la main...

- Ce ne sera pas nécessaire..., fit House en restant sur place alors que le Chinois s'avançait vers lui en s'aidant d'une canne C'est drôle, mais je vous imaginais avec une longue barbe et dans une tenue traditionnelle, un peu comme les vieux sages que l'on peut voir dans les films de kung-fu...

- House !, s'exclama Cuddy. Le docteur Tcheng n'est pas venu ici pour entendre vos sarcasmes !

- Ce n'est rien, docteur Cuddy, répondit l'acupuncteur en caressant sa petite barbichette, que surmontait une fine et longue moustache. Les paroles du docteur House sont autant d'indications pour moi de son état de santé, et par conséquent de son degré d'ouverture à ma discipline... Je devine à vos propos que ce n'est pas vous qui avez décidé de faire appel à mes services, n'est-ce pas ?

- En effet, docteur Tcheng, intervint la directrice, c'est moi qui ai incité le docteur House à vous rencontrer...

- pour que j'essaie de soulager votre problème à la jambe, n'est-ce pas ?

- Oui, fit House, dubitatif devant ce petit homme au corps légèrement voûté. Euh... Je m'excuse de vous demander ça, mais... quel âge avez-vous ?

- House ! Je vous en prie ! Ce ne sont pas des questions à poser !, s'exclama Cuddy.

- Ce n'est rien, madame, répondit le Chinois. J'ai 78 ans, docteur House, j'ai donc un âge qui peut expliquer que je me serve d'une canne pour marcher, et pourtant... cela fait plus de 60 ans que je boîte...

- Je vous demande pardon ?, fit le diagnosticien, interloqué.

- Le docteur Tcheng a reçu un éclat d'obus dans la jambe lorsqu'il avait 15 ans, déclara Cuddy. A cette époque, pendant l'été 1945, les Japonais n'avaient pas encore déposé les armes, et ils ont bombardé les villes chinoises frontalières puisque la Chine combattait aux côtés des Alliés. Cette blessure l'a donc laissé boîteux et tout comme vous, il a souffert et souffre encore de douleurs chroniques à la jambe... Douleurs qu'il a réussi à maîtriser grâce à l'acupuncture !

- C'est tout à fait exact, dit le Chinois. Mes parents ont quitté la Chine pour s'établir aux Etats-Unis afin d'y faire soigner ma blessure. Les médecins américains ont fait du mieux qu'ils pouvaient, mais ils n'ont pu faire disparaître ma douleur... Ma famille s'est donc tournée vers notre médecine traditionnelle: j'ai été soigné par un acupuncteur qui s'appelait Tao Gan, et qui était parfois assisté de sa fille, Lan-Li... Au début, j'étais renfermé sur moi-même, aigri, je ne comprenais pas pourquoi j'avais été puni par le ciel alors que je n'avais rien fait... Mais Tao Gan, et surtout sa fille, ont su petit à petit gagner ma confiance et me réapprendre à m'ouvrir aux autres et à la vie... J'ai alors découvert ma vocation pour l'acupuncture, et l'amitié qui avait fini par naître entre Lan-Li et moi a peu à peu évolué vers l'amour... Lan-Li est devenue mon épouse, et aujourd'hui je suis l'heureux père de trois enfants et le grand-père de cinq petits-fils et trois petites-filles !

- Vous m'en voyez ravi pour vous, déclara House d'un air nonchalant. Seulement... pourriez-vous me dire à quoi ça va m'avancer de savoir ça ?

- L'expérience, docteur House, m'a appris que pour amener une personne à se confier, il faut d'abord savoir parler de soi... Cela est d'autant plus vrai qu'en acupuncture, la relation de confiance qui peut s'établir entre le soigneur et le patient peut jouer un grand rôle dans la guérison du mal... Toutefois, je me dois de vous mettre en garde, Monsieur House: l'acupuncture peut aider à combattre la douleur, mais elle ne peut réparer ce qui a été détruit...

- A vrai dire, je m'en doutais un peu...», lança le diagnosticien d'une voix légèrement moqueuse et toujours sur la défensive.

Monsieur Tcheng sourit puis, se tournant de nouveau vers Cuddy:

« Bien, je pense pouvoir aider ce patient...

- Vraiment ?, fit la directrice la voix pleine d'espoir.

- Ah oui, vraiment ?, dit House, sceptique.

- Oui, docteur House, répondit calmement l'acupuncteur, je peux vous aider. Le chemin qui mène à la guérison sera très long et difficile pour vous car votre esprit est fermé, mais vous verrez, vous aussi vous réapprendrez à vous ouvrir au bonheur... »