Bonjour tout le monde ! Désolée de ne pas vous avoir donné de nouvelles depuis un moment, mais j'ai eu des soucis de bêta lecteur qui heureusement maintenant sont résolus !
Un grand merci à toutes les personnes qui m'ont laissée une review !
Bonne lecture !
Etoilia
Chapitre 13
House ouvrit la porte de la salle d'examen – réservée préalablement par Cuddy – et se tourna vers l'acupuncteur:
« Après vous, docteur Tcheng, si vous voulez bien vous donner la peine d'entrer...
- Je me donnerai cette peine, docteur House, lorsque vous serez vous-même dans cette pièce, répondit le Chinois en souriant. Même si votre directrice m'a prévenu de votre caractère disons... quelque peu particulier, j'ai tout de suite senti en vous voyant que vous seriez un patient plutôt... roublard, comme vous dites ici en Amérique ! Vous pensiez me faire entrer le premier dans cette salle, pour mieux vous sauver ensuite, n'est-ce pas ? »
Le diagnosticien, qui s'était efforcé d'être un tant soit peu respectueux envers l'Asiatique, laissa apparaître sur son visage un petit sourire en coin:
« Bien vu, vénérable confrère ! Je suis percé à jour !, répondit-il d'une voix ironique alors que son aîné l'invitait d'un signe de tête à entrer dans la salle d'examen.
- Cela me rappelle ma toute première séance avec mon vénérable beau-père..., murmura Tcheng en lui emboîtant le pas. Moi aussi j'étais plus que sceptique quant à la prétendue efficacité de l'acupuncture... et pourtant... Vous savez comment il m'a convaincu d'essayer ?
- Non, mais je sens que vous allez m'en faire la confidence !
- Le père de ma chère épouse m'a tout simplement dit que si j'étais content de souffrir, je n'avais par conséquent rien à faire avec lui et que je n'avais qu'à m'en aller ! Mais que si, par contre, la douleur me rendait malheureux, il me proposait volontiers ses services pour m'aider à évacuer cette souffrance grâce à ses aiguilles ! Ensuite, il a commencé à m'expliquer qu'il allait me piquer à des points bien précis de mon corps, les méridiens qui étaient concernés par mon problème physique, les endroits à stimuler pour combattre cette douleur chronique... Alors je vous pose aujourd'hui cette même question, docteur House: êtes-vous heureux de souffrir ? »
Le diagnosticien, qui s'était assis sur le bord de la table d'examen, tête baissée, releva celle-ci et murmura, le regard vague, plus pour lui-même que pour répondre à son interlocuteur:
« Pas vraiment, non... »
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Une fois House sorti de son bureau avec le docteur Tcheng, Cuddy partit en direction de la chambre de Wilson. Elle frappa trois coups à la porte, et la voix de son confrère lui répondit d'entrer:
« Docteur Cuddy, rebonjour, dit l'oncologue en levant le nez de sa revue médicale.
- Rebonjour docteur Wilson, je venais vous dire que ça y est, House est enfin entre les mains de l'acupuncteur !
- Vraiment ?, fit le médecin qui ne put s'empêcher de sourire à cette nouvelle.
- Oui ! Ils viennent d'ailleurs de sortir de mon bureau à l'instant ! House n'était pas spécialement enchanté de la chose, et je m'attendais à ce qu'il rechigne véritablement, mais je dois admettre qu'il s'est laissé faire assez facilement...
- Il faut reconnaître aussi que vous lui avez donné un argument de choc: c'était ça ou 20 heures de consultation par semaine... Entre deux maux, il a choisi le moindre, si je puis dire... même si je suis convaincu que l'acupuncture pourrait donner de bons résultats sur lui... Il n'y a qu'à voir Monsieur Tcheng: je le trouve très en forme pour une personne de son âge, surtout après ce qu'il a vécu !
- C'est vrai, et j'espère sincèrement qu'il parviendra à soigner House... Sinon, à part ça, j'étais aussi venue vous voir pour vous proposer de venir chez moi quelques temps...
- Chez vous ?, fit l'oncologue, surpris.
- Oui, docteur Wilson, répondit Cuddy. La découverte de votre hermaphrodisme est loin d'être un événement anodin et je pense qu'il ne serait pas bon pour vous de rester seul pendant les prochaines semaines... De plus, comme vous allez devenir mon patient, je me suis dit que ça ferait une autre raison de vous proposer de vous installer chez moi...
- Eh bien, je..., commença le médecin. Je vous remercie pour votre proposition, c'est très aimable à vous, je... je n'en attendais pas tant...
- Oh je vous en prie docteur Wilson, ne soyez pas gêné ! Vous êtes quelqu'un qui comptez beaucoup pour moi, il est donc normal que j'essaie de prendre soin de vous... Et puis avec moi, vous pourrez parler de tout ce qui vous tracasse côté féminin, je serai assez bien placée pour cela il me semble !, répondit Cuddy en riant.
- Oui, c'est une façon de voir les choses, déclara l'oncologue en faisant un petit sourire. Mais le docteur Spencer m'a laissé sa carte, au cas où...
- Le docteur Spencer est peut-être gynécologue, l'interrompit l'endocrinologue, mais c'est un homme... Même s'il peut comprendre ce que vous ressentez en ce moment, il ne peut pas savoir pour autant ce que c'est... Les maux de ventre, la poitrine douloureuse au moment des règles, ce sont des symptômes qu'il rencontre chez ses patientes, mais il ne les a jamais expérimentés par lui-même... Non, croyez-moi, je pense très sincèrement que cela vous fera le plus grand bien de discuter avec une femme...
- Peut-être, oui..., soupira Wilson. Mais vous êtes sûre que ma présence chez vous ne risque pas de vous déranger ?
- Bien sûr que non, docteur Wilson, puisque c'est moi qui vous le propose ! House aussi pense qu'il ne faut pas que vous restiez seul, il est d'ailleurs venu me dire qu'il comptait vous demander de vous installer chez lui... Mais entre nous, je ne suis pas certaine qu'il fasse un très bon hôte pour vous, surtout en ce moment...
- Oh, euh... C'est très gentil de votre part de vous inquiéter de mon bien-être, mais en ce qui concerne House, il n'est pas si terrible à vivre que ça... une fois qu'on a appris à s'accommoder de son fichu caractère...
- Je sais bien que c'est votre ami, mais je suis persuadée que même s'il sait à quoi s'en tenir vous concernant, ce ne sera vraiment pas une sinécure d'aller vivre chez lui !
- Je comprends que vous ne vouliez pas que je reste seul, et moi-même je n'ai guère envie de solitude en ce moment, mais je... je ne me vois pas aller chez vous... vous êtes la directrice de cet hôpital, j'espère que vous comprenez...
- Oui, je comprends, docteur Wilson..., répondit Cuddy, avec une pointe de déception dans la voix. Mais dans ce cas... que diriez-vous d'aller vous installer dans un endroit où vous ne seriez pas seul, et qui ne serait ni mon domicile ni celui de House, autrement dit un endroit... neutre ?
- Un endroit neutre ? Et à quoi pensez-vous ?
- A la maison de repos qui se trouve juste à côté de l'hôpital. Vous pourrez vous déplacer, et même sortir pour aller au cinéma par exemple, et en plus vous pourrez y être suivi par un psychologue... Car même si vous semblez faire face à votre hermaphrodisme avec beaucoup de sang-froid, je ne pense vraiment pas que vous soyez apte à reprendre le travail pour le moment... »
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« Bien, alors avant d'attaquer la séance d'acupuncture proprement dite, je vais d'abord procéder à un examen classique. Pourriez-vous ôter votre chemise, docteur House ?, demanda Tcheng en s'approchant de House avec son stéthoscope.
- Si j'avais su qu'il fallait vérifier la respiration, le pouls et compagnie, j'aurais pu faire ça moi-même, dit le diagnosticien en déboutonnant son vêtement.
- Pardonnez-moi, docteur House, mais il est indispensable que je connaisse vos constantes vitales pour optimiser les soins que je vais vous prodiguer... Est-ce que vous fumez ?
- Un cigare de temps en temps...
- Consommez-vous de l'alcool ?
- Uniquement quand l'envie s'en fait sentir, et là c'est assez régulièrement je dois dire... mais rien d'excessif, je connais mes limites, s'empressa d'ajouter House.
- Pratiquez-vous une activité sportive ?
- Avec ma guibole ? Vous rigolez j'espère !
- Pas du tout, docteur House, moi aussi j'ai un souci à la jambe tout comme vous et pourtant, tous les matins, je fais ma séance de tai-chi ainsi que quelques poses de yoga...
- Vous vous fichez de moi !, s'exclama le diagnosticien.
- Pas du tout... Mais il faut dire aussi que je me soigne par l'acupuncture depuis très longtemps... Pas d'antécédents médicaux ?
- Euh... le coeur, je crois, du côté paternel sauf erreur... Pas de cancer à ma connaissance dans la famille, ni de problèmes d'ordre respiratoire...
- Avez-vous parfois des problèmes pour digérer ? Ou y a-t-il des aliments qui vous posent souci ?
- Non...
- Bon... Ouvrez la bouche maintenant, que je regarde votre langue... Mmmh... Elle est un peu jaune...
- Comment ça jaune ?
- Oui, elle est essentiellement rose mais elle a un voile jaune qui m'indique que votre corps ne va pas bien...
- Non, sans blague ! J'ai un magnifique cratère dans la cuisse droite qui me fait souffrir le martyre depuis 5 ans, mais à part ça je me porte comme un charme !
- Pour votre douleur à la jambe, vous prenez un médicament m'a dit le docteur Cuddy, de la... Vicodine, c'est bien ça ?
- Oui, et si vous voulez vraiment tout savoir sur ma personne, sachez que je me suis aussi fait tirer dessus il y a plusieurs mois et que suite à ça j'ai eu une injection de Kétamine qui a momentanément fait disparaître ma douleur... pour que celle-ci revienne mieux en force par la suite !
- Oui, effectivement, le docteur Cuddy m'en a également parlé... Ce médicament, la Vicodine, il se présente comment ? Ce sont des comprimés à croquer ou à dissoudre ?
- Ce sont des gélules...
- Combien en prenez-vous par jour ?
- Ce sont pas vos oignons ! s'exclama le médecin en reboutonnant sa chemise.
- J'ai bien peur que si, docteur House, car j'ai pour habitude de prescrire en complément à mes séances un traitement phytothérapique, et si je veux pouvoir vous soigner efficacement, il faut que je sache ceci, de même qu'il faut que vous me disiez de quoi est fait ce produit !
- La Vicodine est un médicament classé parmi les opiacés, répondit le diagnosticien d'une voix maussade. La famille de l'opium, quoi... Vous qui êtes Chinois, ça devrait vous parler, non les fumeries d'opium ? lança-t-il à l'acupuncteur, sourire en coin.
- Ce genre d'endroit était effectivement assez répandu en Chine lorsque j'étais jeune, répliqua calmement Tcheng sans se démonter, mais il y en a de moins en moins, car l'opium est une drogue, et comme la plupart des drogues, il est illégal d'en consommer. Bien, maintenant je vais vous demander de me montrer votre blessure, afin que je puisse m'en faire une idée par moi-même, et par conséquent déterminer les endroits à stimuler pour calmer la douleur... »
Voyant que le diagnosticien hésitait, le Chinois reprit doucement en le regardant dans les yeux:
« Mon but n'est pas de vous mettre dans l'embarras, docteur House... Comme le docteur Cuddy vous l'a dit dans son bureau, j'ai reçu un éclat d'obus dans la jambe... Alors je sais ce que c'est que d'être complexé par la difformité d'une partie de son corps... »
En entendant ces paroles empreintes de sincérité, House se sentit troublé: pour la première fois de sa vie, il avait devant lui une personne capable de comprendre ce qu'il ressentait, pour la simple et bonne raison que cette personne avait vécu un drame similaire... Prenant une grande inspiration, il défit la bouche de sa ceinture et abaissa lentement son pantalon... L'acupuncteur examina attentivement la cuisse mutilée de son confrère, et reprit:
« Votre cicatrice est plutôt jolie, comparée à la mienne, si je puis me permettre... Le mal était concentré en un seul endroit chez vous, moi je n'ai pas eu cette chance... Bon... Le corps est traversé par 12 méridiens principaux et 8 méridiens dits « curieux » qui eux ont un rôle de régulateur. La douleur que vous ressentez est due au fait que votre corps n'a pas accepté la disparition du muscle de votre cuisse: il persiste à vouloir faire circuler l'énergie par des chemins qui n'existent plus, ce qui du coup déséquilibre votre corps dans son ensemble...
- Formidable ! s'exclama House d'un ton ironique. Et vous vous proposez de faire quoi ? De mettre en place un... « itinéraire bis » ?
- C'est tout à fait ça, docteur House, je vais apprendre à votre corps à accepter sa nouvelle apparence et stimuler d'autres zones qui deviendront les nouveaux canaux de circulation de votre énergie vitale ! Maintenant, je vais procéder à la séance d'acupuncture proprement dite: la pose des aiguilles n'est pas douloureuse, contrairement à ce que l'on pourrait croire, mais si vous avez vraiment un problème avec ce type d'accessoires, je pratique également l'acupressure...
- L'acupressure ?, fit le diagnosticien, surpris. C'est quoi ça encore ?
- C'est le même principe que l'acupuncture: on stimule des points précis... avec les doigts au lieu d'aiguilles ! Les deux techniques se valent, même si je pense sincèrement que les aiguilles sont plus efficaces !
- Bon... Je prends quand même les aiguilles... et on verra bien ce qui se passe...
- Soigner le corps passe aussi par l'esprit, docteur House, ce qui signifie que pour parvenir à maîtriser votre douleur, il vous faudra apprendre à identifier et à vous débarrasser de tout ce qui pourrait jouer sur celle-ci, comme les contrariétés, ou encore les regrets... »
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Cuddy se leva de son siège pour prendre congé de son confrère:
« Bien, je vais vous laisser encore deux jours pour choisir où vous allez vivre ces prochaines semaines, docteur Wilson... Je comprends que vous ne souhaitiez pas vous installer chez moi, mais je ne pense pas non plus qu'aller chez House soit une bonne chose... La maison de repos serait la solution la plus indiquée dans votre cas...
- Peut-être, oui..., murmura l'oncologue. En tout cas, je vous remercie encore pour votre proposition, je vais y réfléchir et qui sait, peut-être aurai-je une réponse à vous donner avant la fin de ces deux jours...
- Pourquoi pas, oui... En tout cas, si vous avez besoin de quoi que ce soit, surtout n'hésitez pas à me le faire savoir, et... ma porte vous est grand ouverte ! »
Wilson allait répondre, lorsqu'une voix bien connue des deux médecins se fit entendre:
« Autant que votre décolleté ?, lança House qui se tenait dans l'encadrement de la porte. Parce que si c'est le cas, attention aux courants d'air, surtout en cette saison ! »
Tout d'abord surprise par la présence du diagnosticien - qu'elle croyait encore être en séance d'acupuncture - , Cuddy se contenta ensuite de lever les yeux au plafond, avant de répondre avec un grand sourire:
« House ! Vous êtes toujours vivant, à ce que je vois ! Moi qui croyais vous avoir envoyé dans la fosse aux lions, pour reprendre votre expression de tantôt ! Je pensais même vous commander un cercueil, au cas où vous n'auriez pas survécu à votre première séance de... « torture chinoise » !
- Ha ha ha... Très drôle..., ronchonna le diagnosticien en s'avançant dans la chambre en direction du lit de Wilson.
- Bien, puisque vous êtes là, je vais en profiter pour vous dire que j'ai proposé à notre confrère de s'installer soit chez moi, soit dans la maison de repos proche de l'hôpital...
- Et vous lui avez déconseillé d'aller chez moi..., l'interrompit House. Oh! Allez Cuddy, je vous connais suffisamment pour savoir que vous avez dit un truc de ce genre... N'est-ce pas Wilson ?
- Euh, eh bien..., bafouilla l'intéressé, qui ne s'attendait pas à être partie prenante dans la discussion. Euh... oui, le docteur Cuddy m'a effectivement proposé ces deux solutions...
- Et qu'est-ce que tu en penses ? lui demanda le diagnosticien.
- Je... J'ai encore deux jours pour y réfléchir... Mais pour moi tu fais partie des possibilités qui me sont offertes ! s'empressa d'ajouter l'oncologue.
- Bien, je vais vous laisser, messieurs, reprit la directrice. Puis, s'adressant au diagnosticien: « Si le docteur Wilson vient habiter chez vous, House, j'espère pour vous que vous vous conduirez en hôte convenable ! Et vous, docteur Wilson, si jamais votre ami vous ennuie, n'hésitez pas à me le dire, je me ferai un plaisir de le coller en consultations et autres joyeusetés qu'il adore ! »
