Bonsoir à tous ! Depuis quelques temps, j'ai retrouvé une bêta donc je devrais reprendre une publication régulière !

Bonne lecture et un grand merci à toutes les personnes qui me suivent depuis le début !

Etoilia


Chapitre 14

Une fois Cuddy sortie de la chambre, Wilson s'adressa à son ami:

« Alors, cette séance ?

- Mmmhh... eh bien... Mis à part le fait qu'il se prenne pour un flic, ça peut aller, il connaît son affaire apparemment..., répondit House en s'approchant du lit.

- Pour un flic ? House ! C'est un médecin, et c'était la première fois de sa vie qu'il te voyait, il est donc normal qu'il ait voulu en savoir un minimum sur toi ! Il voulait savoir à qui il avait affaire, nous faisons bien la même chose avec nos patients, nous ! Euh... rectification: JE fais bien la même chose avec mes patients, puisque TOI tu ne rencontres pour ainsi dire jamais les tiens ! riposta l'oncologue en fronçant les sourcils. Et si tu me parles de Monsieur Tcheng de cette façon, j'en déduis que vous avez dû évoquer ta consommation de Vicodine...

- Non, tu crois ? Tu pourrais me dire en quoi ça le regarde ?

- Mais enfin... House ! C'est ton médecin ! s'exclama Wilson en s'agitant sur son lit. Quand un patient atterrit dans ton service, tu ne demandes jamais à tes assistants de se renseigner sur ses antécédents ou tout traitement éventuel en cours ? Tcheng n'a fait que son boulot en te posant toutes ces questions ! »

L'oncologue regarda son ami pendant quelques instants, avant de reprendre plus doucement:

« Ce n'est pas l'acupuncture qui te pose un souci, House...ni même Monsieur Tcheng... Tu aurais réagi exactement de la même façon avec n'importe qui... Le vrai problème, c'est que... tu ne supportes pas l'idée d'être pour une fois le patient et non le médecin ! Mais si tu veux réellement te débarrasser de ton problème récurrent à la jambe, il faudra bien que tu sois le patient de quelqu'un un jour ! Et en devenant celui de Tcheng, je trouve que tu n'es pas si mal loti, excuse-moi !

- Si tu le dis, Jimmy..., murmura le diagnosticien en regardant le sol. Et sinon à part ça, les Anglais sont toujours en plein débarquement chez toi ? reprit-il en relevant la tête.

- House ! Ne change pas de sujet, s'il te plaît ! A chaque fois c'est pareil avec toi, quand on aborde un sujet qui te touche d'un peu trop près, c'est plus fort que toi, il faut que tu fasses des... pirouettes ! Tu sais que la Vicodine n'est pas ce qu'il y a de mieux pour toi, et pour une fois que tu as l'opportunité de combattre ta douleur en face, tu fuis! Ça te plaît tant que ça de souffrir ? Ou alors tu as une telle trouille des changements que pourrait apporter l'acupuncture dans ta vie que tu préfères t'accrocher envers et contre tout à tes petites habitudes, la prise de Vicodine entre autres ?

- Je n'ai pas peur du changement, Jimmy..., soupira le diagnosticien. C'est juste que... l'acupuncture, je... je suis pas convaincu... Tcheng m'a dit qu'il faudrait du temps pour rétablir l'équilibre chez moi, et qu'une partie de ma douleur pouvait provenir de mon esprit... Mais c'est mon corps qui a un problème, pas ma tête !

- En es-tu bien sûr, House ? lui demanda doucement Wilson. Rappelle-toi à quel point tu avais mal après avoir rompu avec Stacy... et rappelle-toi aussi comment tu te sentais bien après avoir été traité à la Kétamine lorsque tu t'es fait tirer dessus... Tu t'étais remis au sport ! Et quand la douleur est réapparue, ce n'était pas uniquement à cause de la Kétamine qui ne te faisait plus autant d'effet, c'était aussi parce que tu avais peur du changement: tu t'étais tellement habitué à souffrir qu'inconsciemment tu as tout fait pour que ça revienne ! House... je suis complètement d'accord avec Tcheng: la guérison passe aussi par l'esprit... Je le vois bien avec mes patients !

- Ouais... si tu le dis..., soupira son ami. Et toi sinon, comment ça va ?, reprit le diagnosticien en s'asseyant sur le bord du lit de Wilson et en poussant ce dernier pour qu'il lui fasse de la place.

- House ! Non mais ne te gêne pas, surtout ! Fais-moi tomber par terre, tant que tu y es !

- J'ai une jambe qui n'a plus toute sa forme, et j'ai donc besoin de m'asseoir car la station debout prolongée n'est pas ce qu'il y a de mieux pour elle et par conséquent pour moi ! répondit Grégory du tac au tac.

- Je te rappelle que je suis ton patient, et qu'à ce titre j'ai droit à un minimum d'égard il me semble ! riposta Wilson en essayant de repousser son ami.

- Et moi je te rappelle que j'ai une canne et que je sais m'en servir ! répondit House avec une lueur de malice dans les yeux.

- Mais je t'en prie, mets-toi donc à ton aise !, s'exclama l'oncologue en souriant. Mmh... T'es vraiment un cas, toi...

- Je sais..., murmura le diagnosticien en allongeant ses jambes sur le lit. Tu n'as pas répondu à ma question...

- Laquelle ?

- Je t'ai demandé comment tu te sentais, juste avant que tu n'empêches le pauvre infirme que je suis d'accorder un peu de repos à sa malheureuse jambe qui vient de subir les assauts infernaux d'une bonne trentaine d'aiguilles ! Et je ne te parle même pas du reste de mon corps !

- Eh bien... mis à part quelques légers maux de ventre et un peu de fatigue, je vais plutôt bien... Une trentaine d'aiguilles sur ta jambe tu dis ?, dit Wilson en tournant la tête vers son ami.

- Ouaip... », fit House en imitant l'oncologue. « Figure-toi que dans le temps il y avait deux façons de pratiquer l' « aiguillage »: le métal jaune – or ou cuivre – pour stimuler les organes, et le métal blanc – acier ou argent – pour apaiser les douleurs... Mais l'or et l'argent n'étaient pas des métaux faciles à utiliser en acupuncture, les aiguilles étaient trop fragiles, sans parler de la procédure de stérilisation... Ce qui fait que depuis déjà quelques décennies, la profession se sert d'aiguilles en acier inoxydable, et à usage unique afin d'éviter les mauvaises surprises du style hépatite ou VIH... Et selon les soins à apporter au patient – douleur à calmer ou organe à stimuler -, l'acupuncteur piquera tel ou tel endroit !

- Et tu as ressenti quelque chose pendant que tu avais toutes ces aiguilles ?

- Pas vraiment... Tcheng m'a dit que certaines personnes pouvaient ressentir un léger mieux dès la première séance, mais je ne pense pas que ce soit mon cas ! On ne se débarrasse pas d'une douleur vieille de quelques années en seulement trente minutes !

- C'est sûr... », répondit Wilson en souriant.

House allait poursuivre, lorsqu'il réalisa que son ami et lui-même se retrouvaient à nouveau dans la situation qui avait abouti à un baiser, leur premier baiser... Le diagnosticien inspira un grand coup et dit:

« Euh... Jimmy, que dirais-tu si chacun de nous gardait sa tête à une distance raisonnable de celle de l'autre, histoire qu'on ne se bécote plus comme deux collégiens en pleine puberté ?

- House... Je sais bien qu'on s'est embrassés à deux reprises, mais à chaque fois c'est parce que je... je me sentais... perdu... Maintenant que ça va un peu mieux, je ne vois pas pourquoi ça se reproduirait... Ou alors tu as peur du « jamais deux sans trois » ?

- On va dire ça..., murmura Grégory en penchant légèrement la tête vers son ami. Au fait, puisque vous en parliez Cuddy et toi quand je suis arrivé, tu as réfléchi à ta convalescence ?

- Oui et non...

- Franchement, tu te vois dans une maison de repos ? Ou alors chez Cuddy ?

- Parce que vivre chez toi serait vraiment le mieux pour moi ?

- Pourquoi pas ? Je n'habite peut-être pas un palace, mais c'est assez grand pour deux ! S'il le faut, j'investirai même dans un canapé-lit pour que tu sois installé le plus confortablement possible !

- Tu crois vraiment que c'est de ça dont j'ai le plus besoin en ce moment ? D'un lit confortable ? demanda Wilson avec une pointe de tristesse dans la voix. Tu ne penses pas qu'actuellement, c'est plutôt la présence réconfortante d'un ami qu'il me faudrait ? »

En disant ces mots, l'oncologue avait regardé Grégory droit dans les yeux et ce dernier se sentit soudain troublé par la mélancolie qui se dégageait de l'autre médecin. Lorsque Wilson avait eu des problèmes de couple avec sa dernière épouse en date, Julie, lui, House, avait-il senti que son ami avait besoin de se confier, d'ouvrir son coeur ? Non. Lorsque Wilson s'était installé chez lui en attendant de retrouver un logement, l'avait-il si bien traité que ça ? Non. Il avait malmené l'oncologue, que ce soit en le faisant poireauter pendant trois heures devant sa porte - sur laquelle il avait posé un stéthoscope – avant de le laisser faire toute la vaisselle , ou en mettant son doigt dans un verre d'eau pendant son sommeil afin qu'il ait une désagréable surprise en se réveillant... Le diagnosticien inspira, et répondit en soufflant et en baissant la tête:

« Si, tu as raison, Jimmy... Seulement je crains de ne pas être la bonne personne pour ça...

- Quoi ? Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Je suis content de t'avoir pour ami, j'apprécie les moments qu'on passe ensemble, seulement...

- Seulement quoi ?

- On ne peut pas dire que je me suis toujours bien comporté avec toi... Notamment quand tu es venu chez moi après avoir quitté ta femme...

- Oh, tu veux sans doute parler... du verre d'eau dans lequel tu as plongé mon petit doigt afin que je me pisse dessus... ou encore des appels des agents immobiliers que tu effaçais consciencieusement de ton répondeur ?, répondit doucement Wilson.

- Mmmh..., fit House, les lèvres pincées.

- C'est vrai... Tu as souvent été le pire ami que l'on puisse avoir... Mais d'un autre côté, si je ne t'avais pas rencontré, ma vie n'aurait peut-être pas été aussi... comment dire... animée ? C'est vrai que je t'en ai voulu pour certaines choses que tu as pu dire ou faire, mais en même temps tu as une telle façon d'être, tu es tellement... toi, c'est incroyable mais même quand tu sors des horreurs on ne peut pas s'empêcher de t'admirer malgré tout... A chaque fois que tu me jouais un tour, j'étais furieux sur le moment, mais après je... je ne pouvais pas faire autrement que de te pardonner... Alors si ta proposition de m'accueillir chez toi tient toujours...

- Tu..., fit House en relevant vivement son visage vers Wilson. Tu es sûr ?

- Seulement si tu réponds à ma question: es-tu prêt à faire des efforts pour vaincre ta douleur à la jambe ?

- Je... C'est-à-dire ?

- Peux-tu me promettre d'essayer de diminuer tes prises de Vicodine, à défaut d'arrêter complètement ?

- Je rêve ou tu me fixes une condition pour venir chez moi ?

- Je suis sérieux, House... C'est parce que je suis ton ami que j'ai voulu t'inciter à essayer l'acupuncture, alors j'aimerais que pour une fois dans ta vie tu agisses en véritable ami avec moi... Es-tu prêt à faire un effort pour t'en sortir ? »

Wilson avait prononcé ces paroles d'une voix pleine d'espoir, et le diagnosticien se sentit ému par le regard de ce dernier tandis qu'une petite boule se formait dans sa gorge. Il inspira et regarda son ami droit dans les yeux tout en penchant la tête sur le côté, pendant qu'il pinçait sa bouche.

En voyant le regard du diagnosticien, l'oncologue pressa ses lèvres l'une contre l'autre pour les empêcher de trembler mais ne put retenir les larmes qui étaient apparues au coin de ses yeux:

« House..., murmura-t-il.

- Oui, Jimmy ?

- Merci..., fit celui-ci en se frottant les yeux. Oh... Excuse-moi si je pleure, je... je ne sais pas ce qui m'arrive... Je suis assez émotif en ce moment...

- Les hormones sans doute..., répondit le diagnosticien en souriant.

- Ça doit être ça, oui... », dit Wilson en lui rendant son sourire.

Les deux hommes étaient en train de se regarder lorsque, mû par une impulsion subite, House enlaça son ami lequel, surpris sur le coup, réagit en lui souriant davantage, avant de poser doucement son front contre le sien tout en se blottissant dans ses bras...