Bonsoir la compagnie ! voici un nouveau chapitre, en espérant qu'il vous plaira !

Bonne lecture

Polymnia


Chapitre 15

Wilson sentit les larmes lui monter de nouveau aux yeux. Il tenta de les refouler, mais elles s'écoulèrent doucement tandis qu'il souriait de plus belle à son ami. House, ému par cette vision, écarta sa tête de celle de l'oncologue pour essuyer ses joues de sa main droite pendant qu'il remontait son bras gauche au niveau des épaules de son compagnon. Celui-ci approcha lentement son visage de celui du diagnosticien et murmura: « Jamais deux sans trois... », avant de poser doucement ses lèvres sur celles de Grégory...

Le diagnosticien captura tendrement la bouche de James et les deux hommes se laissèrent de nouveau aller aux sensations qui les avaient assaillies lors de leur tout premier baiser, à la différence près que cette fois-ci, ils avaient réellement voulu s'embrasser... Quelques secondes s'écoulèrent ainsi, avant que Wilson ne décide d'interrompre ce moment d'intimité:

« Tu crois vraiment que c'est une bonne idée de me prendre chez toi le temps de ma convalescence ?, demanda-t-il avec un sourire un peu gêné. Parce que si on continue à se comporter comme ça l'un envers l'autre, je... Disons que ça risque de devenir une... amitié plus que particulière entre nous !

- Je suis prêt à prendre le risque, répondit calmement le diagnosticien. Et puis si ça peut t'aider à te situer au milieu de toute l'humanité...

- De l'humanité ? Oh ! House...

- Quoi ? Tu es à la fois un homme et une femme, et même si physiquement tu peux parfaitement vivre avec tes deux sexes, il va bien falloir que tu te positionnes d'un point de vue psychologique ! Car je doute que tu parviennes à naviguer longtemps entre deux eaux...

- Oui, je sais tout ça, mais... c'est pas facile... Comme je te l'ai dit après m'être fait examiner par le docteur Spencer, je... je me sens toujours un homme, même si génétiquement c'est tout le contraire... Mais parfois, je... je me demande ce que serait ma vie si je décidais de devenir une femme à part entière... Ce serait un sacré revirement, et je ne suis pas sûr de vouloir changer de vie à mon âge... C'est vrai quoi, j'ai toujours vécu comme un homme, alors pourquoi voudrais-je changer du tout au tout ? D'un autre côté, le fait de devenir une femme mettrait enfin mes gènes et mon physique en accord ! Oh je ne sais vraiment pas quoi te dire...

- Alors ne dis rien... Donnes-toi le temps de la réflexion, et le jour où tu seras fixé, eh bien, on avisera...

- Si je décidais d'être une femme, notre relation... évoluerait peut-être vers autre chose...

- Parce qu'elle n'a pas déjà commencé à changer ?, l'interrompit House. Je te signale qu'on s'est déjà embrassé trois fois depuis la découverte de ton hermaphrodisme !

- Oui, c'est vrai... Même si je voulais le nier, je... notre relation a changé, House, c'est évident, il ne sert à rien de se voiler la face... Et si je décidais de rester un homme, tu... Enfin je... Tu nous vois sortir ensemble ?, demanda précipitamment Wilson.

- On le fait déjà, il me semble, sans parler des soirées que tu viens régulièrement passer chez moi, que ce soit pour une partie de poker ou un ciné maison ! Si tu restais tel que tu es aujourd'hui, je ne vois pas en quoi ça dérangerait les gens qu'on sorte ensemble puisque c'est déjà le cas !

- Ne change pas de sujet s'il te plaît, tu vois très bien ce que je veux dire ! Même si je suis en partie une femme, il n'empêche que pour les gens, nous serions ...

- ... gays ? Oui, je crois que c'est le terme qu'on emploie pour désigner deux mecs qui font des trucs pas très catholiques ensemble !, répondit le diagnosticien d'un ton ironique.

- House..., soupira l'oncologue. Comprends-moi, je... je suis en train d'explorer les différentes options qui s'offrent à moi, et je... J'ai été marié trois fois, sans parler de toutes les femmes avec lesquelles je suis sorti entre deux...

- Euh... Excuse-moi, Jimmy, mais maintenant que tu sais que tu es une femme génétiquement parlant, tu ne devrais pas plutôt te demander si tu n'aurais pas été par le passé... une lesbienne qui s'ignorait ?

- House ! J'étais certain d'être un homme à l'époque !

- Ça je le sais, fit le diagnosticien en souriant. Mais tu as raison de te questionner comme tu le fais: ça prouve que tu es en train de digérer la découverte de ton hermaphrodisme, et ça, ça ne peut que me rassurer sur l'état de ton moral !

- Oh, je... je t'avouerais franchement que ce n'est pas trop la joie en ce moment, mais tu as raison, je... je ne cherche pas à esquiver le problème... Quoi qu'il en soit, je n'ai pas vraiment le choix: c'est soit y faire face, soit sombrer dans la dépression et je n'ai pas vraiment envie de passer les dix prochaines années à pleurer sur mon sort !

- Tant mieux, parce que je n'ai pas l'intention d'investir dans les kleenex, mon courtier en bourse me l'a fortement déconseillé ! »

Wilson se mit à rire doucement et allait répondre à son confrère, lorsque trois coups furent frappés à la porte. L'oncologue invita le visiteur à entrer dans la chambre pendant que House reprenait ses distances avec lui – tout en restant assis dans le lit -, et les deux médecins virent ainsi arriver Cameron:

« Bonjour docteur Wilson, je m'excuse de vous déranger, mais on a besoin de House pour un patient qui vient d'arriver...

- Description des symptômes ?, l'interrompit le diagnosticien.

- Eh bien... c'est un homme d'une quarantaine d'années, plutôt en bonne santé... Il a fait un malaise et lorsqu'il a repris connaissance, il ne savait plus prononcer une seule phrase cohérente et surtout compréhensible par son entourage...

- Un AVC ?

- C'est d'abord ce que les ambulanciers ont pensé, mais Foreman soupçonne plutôt une pathologie d'ordre neurologique, et je serais assez tentée de le rejoindre...

- Pas de signe d'infection ?

- Rien d'apparent en tout cas, mais nous allons nous en assurer...

- OK. »

House se tourna de nouveau vers son ami et lui dit tout en se relevant du lit:

« Si tu veux bien m'excuser... Le devoir m'appelle ! »

**********

Une fois dans le couloir, Cameron s'adressa à son chef de service:

« Finalement vous n'êtes pas si irrécupérable que ça, puisque vous discutez avec l'un de vos patients !

- Alors là jeune fille je vous arrête tout de suite: premièrement, ce patient n'en est pas véritablement un puisqu'il s'agit de Wilson. Deuxièmement, ce n'est pas parce que je ne fais pour ainsi dire jamais un brin de causette avec vous que je ne parle à personne. Et troisièmement, le fait que vous pensiez que je suis irrécupérable me laisse carrément de marbre ! Maintenant, si on allait bosser ? », lui demanda-t-il en lui désignant du menton la porte de sa salle de réunion.

********

Deux jours plus tard.

L'oncologue était en train de finir de ranger une pile de vêtements dans sa valise lorsque Cuddy entra dans sa chambre:

« Bonjour docteur Wilson...

- Docteur Cuddy...

- Comment allez-vous aujourd'hui ?

- Plutôt bien, je vous remercie... Je me sens encore un peu fatigué à cause de mes petits soucis d'ordre... gynécologique, mais sinon ça va...

- Avez-vous pris une décision pour la suite de votre convalescence ?

- Eh bien... Au risque de vous décevoir, je vais aller vivre chez House...

- Chez House ?, fit la directrice avec une pointe de déception dans la voix. Vous... vous êtes sûr ?

- Oui... mais je me ferai suivre par un psychologue, rassurez-vous !, s'empressa d'ajouter Wilson.

- Bon, d'accord, si vous êtes convaincu de vous y trouver bien...

- Je sais bien que House n'est pas toujours facile à vivre, mais j'ai l'habitude de ses frasques et puis cette fois, ce sera différent... Je serai chez lui en tant que patient, pas juste en ami... »

**********

Fin de journée.

Wilson se gara devant l'immeuble de son ami et coupa le moteur, pendant que House faisait de même avec sa moto. Quelques minutes plus tard, les deux hommes entraient dans l'appartement du plus âgé. L'oncologue fut surpris de trouver le logement parfaitement rangé - surtout lorsque comme lui on connaissait House et son sens du rangement dans son bureau à Princeton-Plainsboro ! - , et posa ses affaires dans un coin du salon. Le diagnosticien se tourna vers lui et lui dit tout en enlevant sa veste de moto:

« Quand tu m'as dit il y a deux jours que tu pensais venir ici, j'ai... J'ai annulé tous mes rencards...

- Tes rencards ?

- Oui, mes rencards ! Je me suis dit que ça ferait peut-être un peu désordre si tu croisais ce soir – ou demain au réveil – une demoiselle en petite tenue qui sortirait de ma chambre...

- Oh...je vois... Tu as agi en médecin responsable, quoi..., fit Wilson avec un petit sourire.

- On ne peut rien te cacher ! Et j'ai même poussé le vice jusqu'à te faire un peu de place dans un placard ! Mais pas pour y dormir, hein, c'est juste pour y entreposer tes fringues pendant tout le temps où je devrai te supporter !

- Pardon ? »

L'oncologue avait du mal à en croire ses oreilles: Grégory House, personnage solitaire s'il en en était – surtout depuis sa rupture avec Stacy Warner -, avait fait de la place pour ses affaires à lui ? Et de son plein gré en plus ? Wilson enleva son manteau et l'accrocha à côté de la veste de son ami, avant de s'asseoir près de lui sur le canapé:

« Tu... je... Je peux vraiment déballer mes affaires ici ?, demanda-t-il d'une voix émue tout en tournant la tête vers son compagnon.

- Si je te le dis !, répliqua le diagnosticien d'un air gêné, sans le regarder. Telle que je connais Cuddy, elle ne voudra pas que tu reprennes du service tant qu'elle ne sera pas sûre et certaine que tu seras solide psychologiquement ! Maintenant, reste à savoir combien de temps elle te donne pour te remettre de tes émotions... Si elle estime que tu as besoin de 6 mois pour affronter de nouveau des patients, autant dire que tu ne retravailleras pas avant la fin de l'année !

- Mais ça, ce sera au psychologue d'en décider !, s'exclama Wilson. Et à moi aussi quelque part ! Si le psy me donne un avis favorable pour reprendre d'ici... un mois mettons, elle ne pourra pas s'y opposer !

- Oh, je ne crois pas qu'elle s'y opposera.... Mais elle te demandera au moins vingt fois si tu auras bien réfléchi à la question !, fit Grégory avec un petit sourire.

- House ?

- Oui ?, répondit celui-ci en tournant la tête vers son ami

- Merci..., murmura Wilson en le regardant dans les yeux.

- De quoi ?

- Pour tout ce que tu as fait pour moi depuis que je me suis écroulé dans ton bureau il y a quelques jours de cela !

- J'ai juste fait mon job... La différence, c'est que je ne me suis pas occupé d'un parfait inconnu, mais de toi, et je...»

Le diagnosticien aurait voulu poursuivre, mais lorsqu'il vit les yeux brillants de l'oncologue, il sentit une boule se former dans sa gorge et ne put faire autrement que de lui rendre son sourire tandis que leurs visages se rapprochaient. Leurs lèvres s'unirent tendrement, pendant que leurs mains se cherchaient doucement. Leurs corps se rapprochèrent lentement, alors que leurs bras s'ouvraient pour se refermer sur le corps de l'autre et que House incitait timidement Wilson à s'allonger dans le canapé...