Il souriait

Chapitre 6

Steve fixait l'extérieur du café sans vraiment le voir.
Quand il voulait réfléchir, il venait ici, loin de la tour, loin de ceux qui savaient qui il était.

Ici, il pouvait prendre un café et regarder le monde tourner autour de lui.

Tout allait si vite à présent…Tellement vite qu'il en avait souvent le tournis.

Et il y avait Tony…

Le fils de son ami Howard, si différent, tellement différent de son père…

Steve savait qu'il était parfois un peu dur avec le génie.
Tony était incroyablement intelligent, affreusement cynique et moqueur, oublieux de la valeur de l'argent à lui donner la nausée et totalement indépendant.

Howard avait été un peu comme ça aussi.
Mais jamais Howard n'avait fait passer ses désirs avant la vie des autres.

Pour Tony ?
Certes, il s'était sacrifié sans un regard en arrière quand le missile nucléaire avait été envoyé sur New York. Mais Tony restait Tony.

Pour le soldat, ce ne faisait que quelques temps à peine qu'il avait perdu ses amis…sa vie…

Tony ne pouvait comprendre, il le savait.

Il ne pouvait comprendre que Steve souffre de simplement le voir.

Tony était la preuve absolue qu'il avait tout perdu.

Il lui en voulait.

Steve savait qu'il était ridicule et que c'était aussi malhonnête que cruel de sa part d'attendre du fils qu'il remplace le père.

Alors Steve s'en voulait.

Il était en colère contre lui-même.

Et comme il était en colère contre lui-même, il passait sa colère sur la seule personne qui se mettait en travers : Tony.

C'était un cercle vicieux.

Il rendait fou Steve.

Le pauvre Soldat ne savait jamais sur quel pied danser avec lui.

Un instant, il pensait avoir en face de lui quelqu'un de foncièrement honnête, de totalement bon…Et la seconde d'après il était face à une créature étrange qu'il n'arrivait pas à cadrer.

Une créature qui lui en rappelait une autre.

Schmidt…

C'était à Schmidt que Tony lui faisait parfois penser.
Et ça lui faisait peur.

Malgré l'agacement, voir la colère perpétuelle que Steve ressentait devant l'ingénieur, le capitaine savait qu'il avait du respect et de l'affection pour lui. Le tout était timide, un peu mal à l'aise et maladroit. Mais c'était là.

Il n'aurait pas manqué grand-chose pour que les deux éclosent plus largement…Si Tony n'avait pas rappelé à ce point Schmidt au Capitaine….

Steve soupira lourdement.

Il avala une grande gorgée de café avant de reprendre ses gribouillages sur son carnet.

La petite chose était un cadeau de Natasha.

Elle, plus que les autres, avait vu sa difficulté à s'intégrer à ce monde, à ce temps qui n'était pas le sien.

Dieu, même LOKI qui avait été leur ennemi s'adaptait mieux que lui… Il ne comprenait pas ce monde.
Il ne comprenait pas ce temps.
Alors pour se protéger, il mettait en avant la seule chose qui ne pouvait souffrir : Le Capitaine.

Mais le Capitaine n'était qu'une petite partie de lui. Une partie qui, si elle était solide, n'était pas sans douleur non plus.

Un gros soupir lui échappa alors qu'il capturait sur le papier de visage de chacun de ses amis.

Il s'acharna sur le sourire un peu railleur de Tony avant de laisser tomber.
Si l'ingénieur ne prenait pas la pose pour lui, il n'y arriverait jamais.

Un instant, il eut envie de jeter le carnet contre le mur.

L'ingénieur était aussi difficile à capturer en live qu'au crayon.

Il y avait quelque chose en lui qui semblait….pas naturel ? Non… différent ? Oui, c'était certain.

Mais c'était autre chose encore.

Ce qu'il sentait parfois chez Tony était… animal ? Non plus…. Bestial ? Non. Au contraire…Primitif ? Déjà plus. Instinctif ?

Oui…C'était ça…
Comme si quelque chose de si primaire et instinctif qu'il n'arrivait même pas à l'appréhender grondait sous la peau du milliardaire.

L'image ferait sans doute mourir de rire Tony, Clint et les autres, mais elle était la seule qu'il lui venait à l'esprit.

Tony les avait tous forcé à regarder des films abyssalement mauvais basés sur des livres encore plus consternant. Une histoire de vampires qui devenaient brillant au soleil.
Steve avait trouvé les films non seulement mauvais, mais intrinsèquement insultant pour toute créature douée de raison.
Mais il y avait les loups garous.

Tony était un peu comme eux lorsqu'ils allaient se transformer.

Il y avait en lui une force primaire, un "quelque chose" qui ne demandait qu'à sortir mais que l'ingénieur contrôlait quelque même.

Une force qui, s'il lâchait la bride, serait potentiellement destructrice.

Steve avait parfois l'impression de voir la même chose avec Tony que dans ces garous de cinéma. Comme des muscles surnuméraires qui soudain roulaient sous la peau. Comme si des plaques de poils se préparaient à sortir mais étaient tenues en respect uniquement par le vouloir de l'ingénieur.

Steve réalisa soudain.

Tony était un prédateur qui se cachait sous une peau de dindon inepte.

Et c'était ce qui effrayait le soldat.
Qu'est-ce qu'était réellement Tony ?
Qui était-il ?
Et surtout, qu'est-ce qu'il leur cachait à tous ?

Un lourd frisson lui remonta le long du dos.

Depuis le sérum, Steve n'avait jamais rencontré d'humain plus fort ou plus puissant que lui.
Thor était un cas à part. Déjà, il n'était pas humain et sa fidélité allait avant tout à son frère.

Mais Tony ?
Le petit garçon rachitique et malade en lui se languissait d'avoir un autre Bucky pour le protéger.
Etait-ce qu'il voyait chez Tony ?
Une possibilité ?

Il secoua la tête.

Il était pathétique.

Lorsqu'il avait pris le sérum, lorsqu'il était devenu Captain America, il avait été le plus heureux des hommes… Jusqu'à ce qu'il comprenne la distance que le produit avait mis entre lui et le reste de l'humanité.

Ho, Bucky et ses amis ne le montraient pas trop, mais Steve n'avait jamais raté les nuages de craintes qu'ils avaient vu dans leurs yeux en plus de leur fascination et leur respect.

Il était devenu "autre chose", "plus qu'humain".

Il n'avait pas été de leur monde "avant".

Il n'avait plus eut la moindre possibilité "après".

Mais Tony, lui, y avait réussit. Malgré son intelligence surhumaine, malgré les fuites du génie, malgré tout ce qu'il était, malgré ce qui se cachait en lui, ce…prédateur…Qu'il sentait frémir sous la peau de l'ingénieur parfois, Steve savait que Tony se tenait au milieu des humains. Il s'épanouissait même parmi eux comme s'ils étaient le terreau fertile de sa propre existence.

Pourquoi lui n'y arrivait-il pas ?
Qu'est-ce qu'il avait raté ?
Et…Comment y parvenir ?

Il se prit le visage dans les mains.

Aurait-il le courage de passer par-dessus le mépris évident que l'ingénieur avait pour lui pour lui demander de l'aide ?

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Loki dormait dans ses bras.

Depuis leur première sortie ensemble au combat, Loki les suivait à chaque fois avec IronRodolphe comme Tony se plaisait à se moquer.

Au début, la magie de son frère avait progressé lentement. L'ark rongeait bel et bien les sceaux d'Odin.

Puis le premier avait cassé net en plein combat.

Leur ennemi du jour avait été tué sur le coup par le déchainement de magie.

Depuis, Loki veillait bien à ne pas utiliser sa magie au combat mais juste à l'entrainement.

Il avait bien fait.

Le second sceau avait rompu net lui aussi, carbonisant la salle d'entrainement.

Tony n'avait paru ni surprit, ni inquiet.

Mais Thor savait.

Tony, n'était pas que Tony.

Le prince d'Asgard pouvait parfois être idiot, mais il n'était pas stupide ni à ce point aveugle.

Il n'avait pas rêvé l'aura qui avait entouré Tony lorsqu'il s'était mis en colère. Pas plus que Tony ne pouvait contrefaire son regard.
Peut-être Tony pourrait-il le convaincre qu'il avait mal vu, que c'était un reflet de lumière, quelque chose…

Mais ses yeux…
Non, ça c'était quelque chose qui était impossible à cacher autant qu'à imiter.

La sagesse, l'âge, le temps…
Les trois se voyaient dans les yeux de l'humain.

L'humain qui était son ami était sans doute aussi vieux qu'Odin lui-même….

A une différence près.
Dans les yeux d'Odin, c'était surtout la fatigue et la lassitude qui s'exprimaient.

Dans ceux de Tony ?
Il y avait la même douleur, le même poids du temps qui passe…
Mais il n'y avait ni fatigue ni lassitude.

Il y avait au contraire une soif, une vie, un besoin de s'accrocher à l'existence que Thor n'avait jamais vu dans les yeux d'Odin.
Même si le roi d'Asgard était un guerrier dans l'âme, ce qu'il avait appris du temps qui passe et des batailles était l'inéluctabilité de sa mortalité.
Dans les yeux de Tony ?
Il n'y avait pas cette peur, cette résignation.

Au contraire.

Tony avait la force de vie et l'acharnement d'un enfant.

Le prince caressa la joue de son frère du bout des doigts.

Loki venait de plus en plus souvent se glisser dans ses bras comme ce soir.

Il semblait y trouver une…consolation ? Peut-être se trouvait-il simplement plus à l'abri…

Thor n'en savait rien et s'en fichait.

Loki se rapprochait de lui. C'était tout ce qui comptait.
Depuis qu'il avait failli mourir, blessé par "accident" par Tony, Loki le surveillait comme le lait sur le feu.

Non, il n'était pas dupe.

Il eut un sourire en coin.

Mais c'était drôle de laisser les autres le croire plus stupide qu'il n'était.

Il s'étira un peu puis se rencogna contre son frère.

La peau nue de son cadet, fraiche comme une nuit de printemps contre la sienne, chaude comme un midi d'été, était toujours un plaisir sans nom.

Pourquoi avaient-ils finit par se séparer ?

Thor ne le savait même plus.

Son sourire tendre se flétrit pourtant lorsque les cauchemars de son frère reprirent.

Comme chaque nuit.

Il le berça contre lui.

"- Shhh… Tout va bien, Loki… Je suis là…Thanos ne te fera pas de mal, je te promets…"

Mais Thor savait qu'il mentait.

Thanos venait.

Il le savait aussi.

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N'importe quel autre enfant de Midgar aurait été fasciné par les ors d'Asgard mais ce n'était pas le cas de Tony.
Ou plutôt, d'Ares.

Le Dieu de la Guerre n'était pas là pour faire du tourisme.

Il n'était même pas vraiment là.

Il avait hésité un moment avant de tenter sa chance. Jusqu'à ce qu'il sente la présence de Thanos se rapprocher.

Ho, il n'était pas sur a 100% que la discordance dans la Force qu'il sentait soit le teletubbies violet m'enfin il ne voyait pas qui d'autre.

Midgar n'avait (pour l'instant) pas tant d'ennemi hors planète que ça.

Aussi Tony avait-il décidé de faire le nécessaire malgré sa peur, il fallait l'avouer.

La Purge lui sauterait-elle sur le râble à la seconde ou il se montrerait tel qu'en lui-même ?

Il avait abandonné son corps de chair à la tendre surveillance de JARVIS pour reprendre son apparence première.

La transition avait été étrange.

Il s'était attendu à reprendre son physique premier mais qu'il soit dedans ou dehors, le physique d'Anthony Stark restait le sien.

Sans doute son moi c'était-il adapté à ce corps qui lui allait si bien.

A moins qu'il ne se soit de lui-même fondu dans ce corps qu'il acceptait réellement comme le sien pour la première fois depuis qu'il avait accepté de se débarrasser du premier.

Tony, Ares, s'en fichait un peu.

Il était là incognito et invisible aux yeux de tous.

Odin, comme Thor, n'étaient "que" des extraterrestres. En aucun cas ils n'étaient des dieux.

Avec la quantité de magie qu'il abritait dans son petit corps, Loki était plus proche qu'eux d'un vrai dieu.

Il en était encore bien loin bien sûr, mais….Savait-on jamais.

Ce n'était pas comme si la création et la naissance d'un Dieu obéissait a des règles établies.
Un concept pouvait choisir de s'incarner dans une créature vivante. Comme une créature vivante pouvait se hisser au rang de concept.

Certains mortels avaient flirté avec la divinité durant les derniers millénaires. Ce ne serait pas une première.

Il en avait lui-même abattu quelques-uns avant qu'ils ne passent de l'autre côté.

Mais il n'était pas là pour ça.

Il aurait pu dire qu'il venait prendre la température de l'ennemi, ça n'aurait pas été si faux.

Il aurait pu dire qu'il venait en ami pour aider les deux gamins à renouer les liens avec leur père.

Il aurait pu dire plein de choses.

Ares était presque au bon menteur que Loki.

On ne vivait pas comme lui des dizaines de milliers d'années sans apprendre a mentir comme un dieu.

Blague.

Rire.

Plaisanterie.

Cocasserie.

Oui, c'était pitoyable.

L'ombre d'Ares renifla sans la moindre pitié devant l'image qu'il avait devant les yeux.

Odin.

Il avait vieillit.

Le poil était devenu blanc, les épaules s'étaient voutées, l'œil s'était affadit.

Une fin de règne qui s'accroche.

Même Zeus n'avait pas été aussi décrépit que ça lorsqu'il était mort, détruit par le manque de croyants autant que par la Purge.

Un frisson passa dans le dos du Dieu de la Guerre.

Il était né pour être le Roi des Dieux lorsque Zeus s'affaiblirait assez pour qu'il puisse le tuer. Et voilà que cette misérable créature avait, de fait, prit la place de son père quelque part.

Il ressentit l'envie purement animale, instinctive, de sortir l'Epée de la Guerre et de l'enfoncer dans la gorge d'Odin pour s'asseoir à sa place.

C'était son droit de naissance.
Cette chose de chair qui se prenait pour le roi des dieux n'était qu'un pantin sans saveur qui ne connaissait pas la valeur de la place qu'il prenait.

Ares se détourna avant de commettre un régicide.

Il n'était pas venu pour ça non plus.

Un instant, il ferma les yeux à l'écoute de ce qu'il cherchait.

Il tourna un instant sur lui-même…. OUI ! Là !

Il n'était que pensée ici, il n'était même pas aussi réel qu'un courant d'air.

Il voulut être ailleurs qu'il y était déjà.

Le Coffre…

Là où Odin conservait tous les Artéfacts de pouvoir qu'il avait trouvés.

Un à un, il les passa en revue

Il en reconnut certain, il apprit la saveur d'autres…

Mais il en cherchait un en particulier.

Deux en fait.

La cassette de l'hiver.

Elle était bien là.
Odin l'avait donc bien arraché à son fils.

L'ombre se solidifia assez pour la soulever.
Elle était légère…Si légère….

Comme si elle savait qu'il était là et le suppliait de la prendre.

Elle disparut d'une flexion de pouvoir.

Ares ne prit pas garde une seconde au Destructeur.

La pauvre créature de métal était incapable de le voir ou de le sentir.

Elle savait que quelqu'un avait pris quelque chose mais il était incapable de savoir où il était.

Ares grogna.

Avec le réveil du drone, Odin ne tarderait pas à pointer son vieux nez ridé ici pour en savoir plus

Il devait se hâter.

La Lance du Destin fut le second larcin d'Ares. Une fois débarrassée de la compulsion magique mise en place par Thanos, elle reviendrait entre les mains de son légitime propriétaire.

Le gant de l'infini ? Prendre ou laisser ? Le dieu le prit mais laissa une illusion à la place.

Le Bouclier des Ombres ? Empoché aussi.

Ares se fit plaisir.

Il prit une douzaine d'artefacts.

Du lot, il ne laissa d'illusion de présence que pour le Gant.

Pour le reste, noyé dans la masse, rien ne permettrait de mettre le vol sur le dos de Loki.

Odin finit par apparaître dans le Coffre avec la garde.

La cour devait donc être seule dans le Grand Hall.

Le dieu s'y déplaça à nouveau.

Cette fois, quelques étincelles rouges noires marquèrent son départ mais personne ne les vit.

Odin était bien trop occupés à tempêter contre le vol pour ça.

Ares sourit.
Comme il s'en doutait, Frigga avait été laissé par son mari pour gérer la cour.

Le dieu renforça sa présence.

Son apparence se modifia légèrement jusqu'à une fusion exotique entre le dieu qu'il avait été et celui qu'il était à présent.

Son perpétuel sourire de fauve amusé aux lèvres, ses cuirs d'Olympien sur le dos, les mains dans les poches, il s'approcha de la reine qui tentait désespérément de faire garder leur calme aux nobliaux qui s'agitaient comme des poulets sans tête.

Ce chaos totalement bordélique le faisait rire.

Son sourire disparu soudain.

Il venait de réaliser pourquoi il appréciait autant Loki.

Il avait passionnément aimé un dieu du chaos. Cheveux noirs, sourire moqueur, à moitié fou, perdu de douleur dans son propre esprit…
Eris…
Sa jumelle.

L'amour qu'il avait eu pour elle était purement fraternel bien sûr. Pas comme ce qu'il y avait entre Thor et Loki. Ce qui, entre Olympien, était même plus étonnant qu'un amour incestueux.

Mais il avait aimé sa petite sœur… La déesse du Chaos et de la Destruction avait été très proche de ce qu'était Loki. Juste un peu plus brisée, un peu plus perdue, un peu plus désespérée…Il avait toujours fait de son mieux pour la protéger de la haine de Zeus et de celle d'Héra. Mais leurs parents les utilisaient depuis toujours comme leurs punchingball personnel.

Lorsque sa jumelle était morte, il avait senti sa conscience non voler en éclat comme celle des autres mais s'endormir doucement, comme si la mort était une délivrance attendue depuis une éternité.

Il avait refusé de la pleurer.

La pleurer aurait été quelque part approuvé le traitement qu'elle avait toujours subit de tous et toutes.

Il retrouvait un peu sa sœur dans Loki. Ce n'était qu'une ressemblance superficielle, mais elle suffisait à assurer au gamin une part d'affection qu'Ares avait cru mort depuis longtemps.

Il comprenait mieux à présent ce réflexe instinctif de prendre le petit jotun sous son aile.

Et devant lui, sa mère s'échinait à tenir à bout de bras ce ramassis d'imbéciles.

Ares s'approcha encore. Il poussa, écarta et refoula un à un tous les Asgardiens qui se mettaient entre la reine et lui.
Elle n'était plus de première jeunesse. Mais contrairement à son mari, il n'y avait pas de fatigue en elle. Sa dignité n'était pas celle des ans mais celle de la mère.
Toutes les mamans de l'univers avaient cette même dignité tranquille et instinctive quand elles s'occupaient de ce qui avait de l'importance pour elle.
Ares en fut charmé.

Sa catin de sœur Aphrodite avait eu le même regard inquiet mais assuré quand elle s'occupait de Cup', Harmonie ou Deimos.

Le sourire du Dieu de la Guerre se fit encore plus large.

Il aurait été cruel de sa part de ne pas lui donner un petit coup de main alors qu'il était responsable de la panique générale.
Elle avait se briser les cordes vocales à brailler comme ça. La pauvre.

Il poussa si fort un dernier Ase que Fandral chuta lourdement sur le sol avec un cri de douleur.
Sans se soucier de lui, il passa les gardes stupéfaits.

"- SILENCE !"

Le rugissement autoritaire du Dieu de la Guerre figea tout le monde sur place, même Odin qui venait d'entrer dans le grand hall, le visage marqué par l'inquiétude.

"- Etes-vous donc des poulets sans tête à vous agiter ainsi ?"

La voix glaciale du Dieu fit frémir chaque Asgardien.

Ares sentait sur lui le regard interloqué de Frigga.

Qui était-il ?
Qui était ce guerrier à l'autorité naturelle indéniable qu'elle n'avait jamais vu ?

Le Dieu de la Guerre lui lança un sourire charmeur et joueur.

"- Je suis navré de voir un tel conglomérat d'imbéciles, ma chère reine." Ronronna presque Ares.

Il sentait sur lui le regard soudain meurtrier d'Odin.

Hoooo c'était juste trop facile. Il ne fallait pas lui tendre la perche comme ça.

Plus joueur que jamais, il attrapa Frigga par la taille puis l'embrassa passionnément avant de la lâcher.

Un petit clin d'œil sous le rugissement de rage d'Odin et il filait se fondre dans la masse horrifié et choquée des nobles pour disparaître à nouveau à la vue, ombre de volonté dans un monde de chair.

Il resta pourtant là encore un moment, trop amusé pour rentrer directement.

"- Frigga !"

Odin saisit son épouse choquée contre lui.

Elle se laissa faire, trop retournée pour réagir.

Elle se sentait toute chose.
Ce baiser avait été aussi inattendu que joueur.

Elle était trop vieille pour y voir autre chose que ce qu'il était, mais quand même.

Elle rosit.
Ca la rendait toute chose. Ce baiser fougueux d'un inconnu, même s'il n'était que là pour rendre Odin fou de rage….

"- Tout va bien Odin."

"- Ce…Ce… Qui est-ce ?"

"- Je n'en sais rien mon époux."

Etroitement serrée contre le torse de son mari, elle se laissa aller à son étreinte protectrice autant que jalouse et inquiète.

Le baiser avait été aussi inattendu que bon.
Mais la réaction de son mari était encore meilleure.

Elle eut un petit sourire rêveur

Elle ne savait qui était cet aventurier, mais il venait de lui rappeler qu'avant d'être la reine, elle était aussi une femme.
C'était un rappel bienvenu.

Le sourire qu'elle dédia à Odin fit rougir le vieux roi.

Pendant une seconde, il en oublia même le vol qui venait de se produire.

Ares en resta les bras ballant.

Hé ! Mais il n'avait pas prévu ca !

Il bouda une minute puis éclata de rire.

Bah ! Ça lui apprendrait à faire le mariole.

Moqueur envers lui-même, il secoua la tête.

Il n'avait jamais été très bon pour les plans psychologiques. C'était le boulot d'Athéna ça. Lui était un barbare.

Tant pis si ça n'avait pas marché. Il s'était bien amusé et la p'tite dame embrassait super bien quand même.

C'est en s'auto insultant avec enthousiasme que l'ombre du dieu disparue d'Asgard pour retourner sur Midgar.

Allongé sur son lit dans son repaire au fin fond de sa tour, Tony ouvrit les yeux en riant.

Jarvis se pencha sur lui.

"- Monsieur ? Tout va bien ?"

Tony se redressa.

"- Ouai. Je suis juste toujours aussi peu doué avec les femmes pour autre chose que leur sauter dessus."

Jarvis pencha la tête sur le côté sans comprendre.

"- Cherche pas mon trésor. Tu es trop jeune pour comprendre. Et je suis trop vieux pour changer là-dessus."

Encore mort de rire de sa propre bêtise, Tony changea ses vêtements d'une flexion de pouvoir.

"- Où sont les autres ?"

"- Une alerte a été lancée monsieur."

"- Doom ? Ça fait longtemps qu'on l'a pas vu."

"- Non monsieur. Un Tsunami. Il se rapproche de New York."

"- Naturel ?"

"- Non monsieur."

Tony jura.

Il sauta dans son armure pour rejoindre ses amis sur le toit de la tour.

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Tout le monde l'attendait déjà sur le toit.

"- Ha tout de même !"

"- Couché, Fury. J'étais occupé"

"- Plus que par CA !"

Le "ça" en question était une vague qui se rapprochait de la côte à toute allure.

"- Quelle hauteur ?"

"- 200m…"

La tour serait à l'abri… Mais les habitants….

"- On a un moyen de stopper ça ?"

"- Stark comment vous voulez stopper de l'eau ?"

"- Il va bien falloir."

"- Je peux y arriver." Tenta Loki le visage fermé de concentration

Un gros blanc parcourut le groupe.

"- ….Tu es sur Rodolphe ?"

"- Avec l'air de Thor et de Tony, je peux."

Fury fronça les sourcils.

Thor, il voulait bien, mais Tony ?

"- Qu'est-ce que tu veux que nous fassions ?"

Loki eut un timide sourire pour le capitaine.

Le soldat savait ne pas s'embarrasser de questions farfelues quand il fallait agir. Il demanderait plus tard.

"- Occupez-vous de faire évacuer au mieux la ville… Combien de temps avant qu'elle soit là ?"

Fury répéta la question dans son oreillette.

"- Dix minutes."

"- Faites au mieux pour faire monter un maximum de gens dans les tours les plus hautes, c'est leur seule chance." Contra Clint. "Il n'y a pas assez de temps pour évacuer."

"- Utilisez le studio télé de la tour." Proposa Tony. "Captain, tu es une figure rassurante pour les gens. Ils seront plus enclins à t'obéir et aller te balader partout ne servira à rien."

Fury approuva.

"- Stark à raison pour une fois."

"- Comment ça pour une fois ?"

Fury continua sans un regard pour l'ingénieur.

"- Clint, Natasha, allez avec Steve"

"- JARVIS ?"

"- Je m'en occupe monsieur."

"- Loki, fais au mieux." Soupira Fury en abandonnant Tony, Thor et le jotun sur le toit.

"- Qu'est-ce que tu vas faire, Loki ?"

"- Je vais utiliser la cassette."

Ares haussa un sourcil.

La cassette ? Il l'avait volé à Asgard pas deux heures avant !

"- Loki, Père te l'a reprise."

Le jotun renifla.

"- Crois-tu vraiment ? Il l'a prise oui. Mais il ne me l'a pas arrachée."

Tony comme le jotun allèrent enfiler leurs armures.

"- Qu'est-ce que je peux faire Rodolphe ?"

"- Je vais avoir besoin d'énergie."

"- Comprit."

Tony attrapa de quoi bricoler son armure pour que l'énergie issue de son ark puisse s'ajouter à celle de Loki.

"- Mon frère ?"

"- Thor, je fais avoir besoin du plus monstrueux cyclone que tu as jamais créé de toute ton existence."

Loki piocha libéralement dans sa magie. Il peina mais parvint à appeler la cassette à lui.
Ares grogna quand la magie du jotun viola la sienne pour arracher la cassette de sa domination mais il retint ses protestations.

Dès que le jotun eut l'artefact en main, il se débarrassa de son armure mais resta près d'elle.

Le contact était nécessaire.

Lentement, le céruléen rampa sur la peau du sorcier pour remplacer la peau pale de l'Ase jusqu'à ne laisser que l'azur de sa naissance.

Ares siffla entre ses dents.

"- Bon dieu ce que tu es sexy comme ça !"

Loki rougit furieusement.

"- l'ami Stark à raison, Loki. Tu es incroyablement séduisant ainsi !"

Le jotun se racla la gorge.

"- Mais c'est finit oui ?"

Et l'eau se rapprochait toujours.

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Si son oncle Poséidon avait été encore là, cette vague créé il ne savait comment par il ne savait qui (quoi que) n'aurait pas posé de problème.

Là ?
Ils allaient tous y passer.

A mesure qu'elle se rapprochait de la côte, la vague grandissait sans que rien ne puisse sembler l'arrêter.

Thor avait beau la repousser avec le monstrueux cyclone qu'il avait appelé, elle approchait toujours. Juste moins vite.

La crête de la vague semblait lécher le ciel.

Steve avait utilisé toute son autorité possible pour enjoindre les gens à se mettre à l'abri mais il ne pouvait forcer les tours privées à s'ouvrir pour laisser entrer la plèbe !

Certains refusaient, préférant voir des gens mourir que leur ouvrir.

Bon sang ! Même le SHIELD avait ouvert ses portes pour mettre un maximum de gens à l'abri !

De loin en loin, des centaines de personnes se déversaient sur les toits de la ville et regardaient la vague approcher avec horreur.

"- On y arrivera pas, Loki."

Le jotun ne lui dédia pas un regard.

La glace qu'il générait avec l'aide de la cassette formait déjà un énorme rempart devant la vague qui approchait.
Pourtant, l'un comme l'autre savaient que ça ne suffirait pas.

La vague était trop haute….Et le mur trop fin.

"- Je sais." Finit par siffler Loki en s'acharnant quand même.

Pourquoi insistait-il ? Ce n'était pas dans son caractère de se soucier des autres. Et finalement, il ne s'en souciait pas vraiment.

Thor voulait sauver ces gens. Tony voulait sauver ces gens.

Et c'était la seule chose qui lui importait.

Loki pouvait être d'une fidélité confinant à la folie dans certaines circonstances.

Il se fichait des mortels.

Il se fichait de leurs vies.

Mais Thor voulait les préserver.
Alors il l'y aiderait.
Si seulement sa magie avait été libre….

L'énergie qu'il tirait par gestalt de son propre ark et de celui de Stark ne suffisait pas.

Sans vraiment le réaliser, il se connecta à celui de la tour, utilisant non plus sa magie pour elle-même mais comme relai. Elle était trop faible pour suffire.

Il entendit le cri de triomphe de Thor lorsque le mur de glace gagna plusieurs pieds d'épaisseurs en quelques instants.

Mais ça ne suffisait pas.

Ca ne suffirait pas.

"- Stark ? Qu'est ce qui se passe ?"

La voix de Steve grésilla dans leurs oreillettes.

"- On y arrivera pas, Captain."

"- ….On peut faire quelque chose ?"

Stark fixa le visage figé de douleur du jotun puis Thor qui s'épuisait aussi pour sauver ce monde qui n'était pas les leurs.

Un sourire lui monta aux lèvres.

"- Ouai…. Fais les prier, Steve…"

"- Quoi ?"

"- Les gens qui te regardent à la télé. Fait les prier de toutes les forces. Je sens qu'on peut avoir un petit miracle mais un dieu sans fidèles, il peut par faire grand-chose."

"- …Ca va aider Loki et Thor ?"

"- Ouai."

Eux non. Mais lui ? Ho bon dieu oui !

"- Comprit."

Ares retint un rugissement lorsque la pression des premières prières le heurta.

Il était le Dieu de la Guerre, mais ce n'était que la moitié de ce qu'il était. Les agresseurs comme les défenseurs appelaient son nom pour vaincre. Pour les uns, il était Ares Dieu de la Guerre. Pour les autres, il était Ares le Défenseur.
Et là, tout de suite, c'était ce que cette foutue ville avait besoin. L'ennemi n'était juste pas armé d'une épée. Il était juste armé d'eau et de vent.

Contre lui, il sentit Loki tressaillir.

Lui aussi sentait la monstrueuse vague d'énergie, en provenance de non seulement la ville mais de bien d'autres, partout dans le monde, qui se rassemblait autour de Tony.

Puis le Jotun ne vit plus Tony.

Il vit au-delà.

Ses yeux s'écarquillèrent.

"- Que…"

"- Prépare-toi. Je ne pourrais l'arrêter qu'un instant."

Même la voix de l'ingénieur était différente. Plus agressive, plus joueuse aussi… Mais surtout infiniment plus autoritaire. La voix d'une chef de guerre.

Le sorcier se secoua.

"- Très bien."

Ares oublia un instant tout ce qui était son humanité.

Il n'était plus que Dieu servant ses Fidèles.

Il tendit la main devant lui lorsque l'eau entra en contact avec le mur de glace, le pulvérisant sans peine.

"- DEMEURE !"

Le commandement fut si absolu que l'eau s'immobilisa, se dressant contre l'ordre vers les cieux comme si elle avait heurté un mur de volonté pure.

Loki ne perdit pas un instant.

Piocha libéralement dans les deux ark des deux armures, l'ark de la tour puis ceux de toutes les autres armures que JARVIS lui mettait à disposition, il parvint à geler assez la vague pour qu'elle s'écrase contre le mur de glace et commence à refluer lorsque Tony s'écroula sur le sol.

Le cyclone de Thor repoussa les dernières vagues géantes suffisamment pour qu'elles ne détruisent pas la construction de glace puis même le mur craqua avant de s'effondrer dans la mer.

Lorsqu'un Thor épuisé se posa sur le sommet de la tour, il y trouva son frère hors d'haleine, à genoux sur le béton.

Et Stark, écroulé sur le sol qui fixait le ciel en riant, comme ivre.

Les deux frères échangèrent un regard.
Thor aussi avant sentit la volonté Divine de dresser sur la crête des prières pour repousser l'eau.

Ils ne dirent rien.

Ce n'était pas la peine.

Lorsque Steve et les autres montèrent enfin sur le toit après avoir rassuré les populations qui n'auraient à patauger que dans une trentaine de centimètres d'eau, ils y trouvèrent les trois dieux pelotonnés les uns contre les autres.

Tony eut un sourire triomphant.

"- Te l'avait dit, Steve. On l'a eu ce putain de miracle !" Puis il donna une tape sur les épaules des deux asgardiens, comme s'ils étaient les responsables de ce sauvetage improbables.

Ils ne dirent rien. Encore.
Ce n'était pas le moment de parler.

Pas encore.

Fury finit par les rejoindre.

"- On a des infos."

Il leur tendit une tablette.

Un humanoïde à la peau violette, à présent qu'il avait l'attention pleine et entière de toute la planète, en direct sur toutes les chaines, leur promettait l'enfer sur terre si on ne lui livrait pas les Avengers et Loki dans les 24h.

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Sur son trône, le visage fermé, Odin serrait les mâchoires.
La cassette était entre les mains de Loki.

Il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre qui avait fait une razzia dans le Coffre.
Cela ajouté à l'incapacité du Destructeur à éliminer le voleur…. Loki restait un prince…Enfin, jusque-là…

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Lyrashin : Thor ne dit rien parce qu'il sait qu'il se passe quelque chose qui le dépasse. Tant que Tony ne viendra pas a lui, il ne dira rien.

Demlone : a la grosse louche, j'écris d pages de l'heure suivant ce sur quoi je planche. Si je suis vraiment a fond, ca peut monter a 6 pages. Oui, j'ai plusieurs choses en court en même temps. C'est une question d'habitude je pense XD ca fait….20 ans que j'écris des conneries. Ca doit aider XD

Questshe : merci ^^

Sora : le cas d'Ares est une exception. Il aurait du normalement mourir. Le concept que lui est les autres représentent ne meurent pas. Juste leur personnification.

plume : le seul vrai point fort de l'armure de Loki est sa résistance et son ark que Loki peut utiliser en gestalt. Il n'a finalement besoin de rien d'autre. Pour "Rodolphe", je t'invite a aller sur mon site perso, rubrique "vos questions" puis "vocabulaire". C'est noté ^^. Entre Ares, Happy, Pepper et Rhodey, les relations sont assez tendues. On les verra un peu plus tard. On verra pour les robots mais sans doute. Pour Odin, oui. Mais il ne le peut plus. Il n'en a plus assez. Pour le reve de Jarvis c'est exactement ca.

Owian Bahn : les couples ici ne sont pas a l'avant plan. Ils ne sont là que comme encouragement à proteger les siens, c'est tout ^^

Mel72000 : vu l'évolution de l'histoire, il n'y aura pas d'IronFrost finalement. Comme d'hab, la fic fait ce qu'elle veut XD

Akarisnape : Thor en a aussi mais il ne le réalise pas encore. Elles sont trop courtes pour qu'il y voit autre chose qu'une grosse nuit de sommeil post gueule de bois. Pour Tony, l'ark n'est pas autre chose qu'un boost a son pouvoir. Il pourrait s'en passer. Mais il remplace ses fidèles absents. Si des gens recommencaient à le prier, il redeviendrait a terme le dieu qu'il était dans le passé. Tu fais une erreur. Les concepts que son les dieux ne sont pas mort. Tant que l'idée qu'ils représentent existe encore pour un seul mortel, ils ne peuvent pas mourir. C'est leur personnification qui sont mortes. Et oui, il y a d'autres dieux que Ares, mais originaires d'autres panthéon. Seulement, comme ils dépendent de leurs fidèles, il ne quittent pas leurs terres. Le seul moyen pour Ares de les rencontrer serait d'y aller lui-même