Il souriait

Chapitre 9

Il se souvenait.

Le monde était encore jeune et lui plus encore.

Il courait, il jouait, sans se soucier de la haine de son père, du dégout de sa mère et du mépris de ses oncles et tantes.
Il n'y avait guère que son oncle Hadès qui l'aimait bien. Plus d'une fois, le dieu de la mort l'avait accueilli dans son domaine pour le cacher des brutalités ordinaires de ses parents.

Il aimait bien le domaine de la mort. Il y était à l'abri, il y faisait chaud, il y avait toujours des âmes prêtes à jouer avec lui sur les Champs Elysées, Cerbère le laissait monter sur son dos pour de grandes cavalcades dans le domaine souterrain…

Il y avait fait ses premières armes contre son oncle.

Patiemment, Hadès lui avait appris à manier l'épée, à faire ses premiers plans de bataille et l'avait plus d'une fois consolé sur les morts que son rôle le forcerait à commettre.

La mort n'était pas triste, elle n'était que le début d'un renouveau.

Il y avait rencontré ses premiers serviteurs et ses premiers prêtres.

Quand ils étaient revenus à la vie, réincarnés comme tous les autres, il les avait cherchés. Sa marque était déjà sur leurs âmes, ils connaissaient tous la chaleur de sa main et le timbre de sa voix.

Ils avaient été ses premiers.

Ils lui avaient permis de grandir et de devenir un dieu adulte.

Toujours, il avait gardé une grande tendresse pour ces simples mortelles qui lui offraient leur vie en échange de la sienne.

Il avait toujours eut besoin de chaleur.

Qu'il ait été Ares, Léonard, ou tous les autres, il avait eu besoin de cette chaleur qui lui avait tellement manqué de ses parents.

Son sommeil c'était apaisé depuis quelques heures…Quelques jours ?

Il était enfin bien.

Ils étaient près de lui. Ils étaient là.
Ses serviteurs étaient près de lui et veillaient sur lui en attendant qu'il puisse lui aussi veiller sur eux.

Lentement, comme un bébé tête le sein de sa mère, il se nourrit de leur amour à défaut de leur foi. Il préférait l'amour à la foi, comme il préférait la crainte a la peur.
Les deux n'étaient que superficiellement proches.

Il était bien.

L'écho de la haine des humains n'était plus qu'un sourd ronronnement lointain qui s'effaçait et s'apaisait petit à petit, étouffé et chassé par la présence de ses gens près de lui.

Il s'abandonna encore un peu plus à leur présence.

Il vivrait…
Il vivait….
Bientôt, il serait assez fort pour reprendre son épée de se dresser une fois encore, Dieu de la Guerre, devant ceux qui s'opposait aux sien.

Un sourire monta à ses lèvres dans son sommeil.
Depuis combien de temps n'avait-il pas mené une armée ?
Depuis combien de temps n'avait-il pas porté son armure, la vraie, celle, rouge du sang de ses ennemis, noir des cendres des buchers funéraires ?

Il vivrait et conduirait les siens à la victoire.

L'amant de la Mort voulait les détruire ? Il verrait ce qu'il en coutait de s'en prendre à Ares le Défenseur.

Tony était au chaud.

La chaleur était agréable pour une fois. Lui qui en était venu à la haïr a force de la sentir lui brûler le cœur et les poumons en permanence malgré son statut de dieu fait de chair la trouvait soudain agréable.

A mesure que les sensations, entraînées par celles de la chaleur, remontaient lentement, Tony, Ares, réalisait ce qu'il y avait autour et en lui.

Il avait mal à la gorge. Elle était sèche comme de l'amadou. Il était sûr qu'il aurait suffi qu'il se la racle pour pouvoir cracher du feu comme la plus impolie des gorgones mal élevée.

Ses muscles étaient douloureux, son crane résonnait comme le gros bourdon de notre dame, ses tendons lui donnaient l'impression qu'ils allaient s'arracher de ses os mais surtout, il avait chaud… Si chaud…

Il voulut rouler sur le dos mais n'y parvint pas. Il était serré entre deux personnes qui le tenaient étroitement entre eux. Leurs bras étaient autour de ses épaules et de sa taille, il sentait leurs souffles sur sa nuque et son épaule.

Qui était là contre lui ?

Pendant encore un instant, il resta un peu perdu avant de réaliser. Ce n'était pas de la chaleur qui remontait autour de lui. C'était de l'amour. L'amour de fidèles pour leur dieu.

C'était un amour conscient de ce qu'il était. Un amour qui était là pour lui, dirigé vers lui, pour lui. Pour le nourrir en connaissance de cause.

Qui ? Qui savait ?

Il y avait bien Thor et Loki mais les deux personnes qui le tenaient étaient humains, purement humains… Et si chauds….

Depuis quand n'avait-il pas eut quelqu'un comme ça ? Quelqu'un de totalement dédié à lui ?

S'en était grisant.

Il eut la force d'ouvrir les yeux. Les deux humains le nourrissaient si fort….il en eut le souffle coupé.

"- Tony ?"

Ares en resta stupéfait. Le torse confortable sur lequel il avait la joue posée…..Rogers ? Mais le capitaine le détestait !

"- Tony ?" Insista le capitaine.

"- S...Steve ?"

Il avait mal à la tête mais ne se sentait plus mourant.

"- Dieu merci, tu vas mieux."

La main chaude de Steve sur sa joue le fit soupirer de plaisir.

"- Vous faites du bruit." Ronchonna Clint dans le dos de Tony.

Cette fois, Ares faillit faire un bond. C'était CLINT derrière lui qui se collait à son dos comme ça ? Une vague de contentement, de satisfaction et d'affection se déversa en lui en provenance de l'archer, si fort qu'il le fit gémir.

La main autour de sa taille le serra un peu plus.

"- Tu nous a fait très peur, Tony." Le gronda soudain gentiment Steve.

Ares resta stupéfait de son outrecuidance, surtout maintenant qu'il savait sans l'ombre d'un doute qui et ce qu'il était.

"- C'était pas mon intention, Cap. C'était pas prévu du tout."

Clint retira sa main de sa taille. Ares en ressentit immédiatement une intense sensation de perte qui se calma dès que l'archer commença a lui caresser le dos.

"- J'imagine oui. J'imagine aussi ce que n'était pas prévu non plus de nous dire qui et ce que tu es vraiment ?"

"- Pas si je pouvais l'éviter. Comment vous avez su ?"

"- Thor et Loki. et Jarvis."

"- On est où ?"

Ares ne reconnaissait pas les lieux, pas plus qu'il ne reconnaissait "l'odeur" de la terre.

"- Jotunheim."

Ares resta stupéfait un instant avant que des bribes de souvenir ne lui remontent à l'esprit. Il se souvenait enfin de ce qui s'était passé. La vague monstrueuse, Loki qui la gelait, l'énergie que lui avait offert la ville, Steve qui avait servi de Grand Prêtre sans même le réaliser en catalysant cette énergie et en la lui transmettant, puis Thanos, le rejet, la protection que lui avait offert encore une fois Steve sans même le savoir…
Il devait la vie au Capitaine.

Sans lui, il se serait effondré totalement et aurait disparu, il en était certain. Encore maintenant, il sentait l'encrage que lui donnait Steve, tellement profond et encré en lui qu'il faillit fondre en larmes. Rares avaient été les Grands Prêtres à s'être donnés à lui aussi pleinement.
Et voilà que le Capitaine l'avait fait sans même le réaliser, alors qu'il ne l'aimait pas plus que ça, juste parce instinctivement, il avait voulu le protéger.

C'était...Aussi adorable qu'effrayant.

Steve avait accroché sa vie à la sienne. Si Tony mourrait, Steve mourrait avec lui. Et probablement Clint également.

L'archer le nourrissait d'une énergie aussi brutale que basiquement pragmatique.
C'était bizarre de décrire ainsi de l'énergie mais il ne savait pas comment la décrire autrement.

Si Steve était les chaînes qui reliaient la terre au ciel, Clint était le bœuf de labour, les pattes profondément ancrée dans la terre. la créature bassement mortelle qui avait pris le joug et le traînait avec lui, lentement, droit devant lui, juste parce qu'il en avait la force.

C'était aussi exaltant qu'effrayant.

"- Merci de m'avoir sauvé la vie tous les deux."

Steve se redressa. Il était pour la première fois devant "Ares" et non pas devant "Tony".

Il le réalisait, comme Clint. Les deux étaient proches, mais pas identiques.

Ares était à la fois plus calme, plus digne, plus violent et plus…. froid ? Non. Cynique ? Non plus.

C'était…...différent.
Plus vieux ?
Presque.

Mûr ?
Steve faillit rire.

Non… plus triste…. Simplement.

"- Je ne sais pas ce que nous avons fait, ni pourquoi mais nous sommes incapables de te lâcher plus de quelques minutes. Finalement, on a fini par te garder entre nous." Bafouilla un peu Steve, gêné.

Clint semblait bien moins gêné de la situation. Il passa à nouveau un bras autour de la taille de Tony avant de poser son menton sur l'épaule du dieu.

"- Thor et Loki, et Jarvis. Surtout Jarvis en fait. Ils nous ont dit que t'es un Dieu, un vrai, du genre avec éclairs et grosse voix."

Tony éclata de rire, ça lui fit un bien fou.

"- Non, ça c'était mon père."

"- Jupiter ?"

"- Non, Zeus."

"- C'est pas le même clampin ?"

"- Il t'aurait tué pour l'avoir traité de clampin, tu sais ?"

"- J'ai toujours été un petit con mal élevé." Sourit Clint.

Ares lui en fut reconnaissant. Clint exagérait ce côté petit con comme il disait, mais à son bénéfice plein et entier. Il faisait çà pour le détendre et l'encourager à se livrer à eux, sans réaliser que Tony était tenté de le faire à tellement de niveaux que ça aurait pu en devenir dangereux.

"- Zeus et Jupiter étaient deux reflets différents du même concept. Nous passons notre vie à assimiler d'autres reflets de nous-même. A chaque fois, la conscience qui survit de l'assimilation n'est jamais garantie. "Ares" y a toujours survécu, mais "Hermes" s'est effacé devant "Mercure", comme "Jupiter" s'est effacé devant "Zeus". Nous sommes des reflets, des visions de la même chose. A mesure que nous grandissons, nous restons nous même, ou nous nous noyons dans la multitude lorsque nous sommes trop faibles. Mais nous ne disparaissons jamais, nous ajoutons notre conscience et nos connaissance à celui des reflets qui est le plus fort. J'ai assimilé des centaines de reflets de moi-même. Et j'ai toujours survécut. Des fois, c'est passé très près, surtout avec Baal et Mars. Mais je suis resté "Ares".

"- Alors t'es vraiment un type qui fait peur."

"- Je n'ai jamais fait peur à personne.

"- Tu m'excuses, mais "Ares Dieu de la Guerre", moi, ça a tendance à risquer de me faire mouiller ma culotte."

"- Je n'ai rien contre faire mouiller des culottes, mais pas comme ça, Clint."

"- TONY !"

Ares éclata de rire, très amusé par le scandale de Steve. Il resterait sans doute toujours un gentil garçon un peu coincé.

"- Désolé, Capitaine."

"- Certaines choses ne se disent pas." Il était écarlate.

Clint renifla avant de continuer.

"- Bref, Thor et Loki nous ont dit que tu avais besoin de l'Amûûûr de tes ouailles pour survivre. On a bien tenté des trucs mais finalement, tu arrêtais de gémir dans les bras de Steve." Le dit Steve rougit encore plus. "Et moi j'arrivais de moins en moins à te lâcher. Alors on a décidé de plus te quitter."

"- Où sont les autres ?"

"- Thor et Loki discutent avec la maman de Loki, le vrai."

"- Hé ?"

"- Ouai, le roi du coin c'est la maman biologique de Loki. Ne demande pas, je ne veux pas savoir. Il leur a rendu leur équivalent du Graal local que Grand Méchant Vieux Qui Pue Aka Odin avait volé en même temps que Loki. Je t'assure, c'est grandiose les histoires de famille ici. Et depuis tout le monde veut baiser les pieds de Loki. Il a même eut deux ou trois demandes en mariage. Ce qui explique que Thor et son gros marteau...Non, pas celui-là, celui qu'il a la main.. Ne quitte pas Loki d'une semelle. Natasha explore, Bruce a investi les grottes des guérisseurs avec une délectation proprement répugnante de contentement et voilà.

Tony resta silencieux un moment. Les explications imagées de Clint ne parvenaient pas à lui faire oublier la raison de sa présence sur la terre des jotuns.

"- ...Thanos….il a voulu nous échanger contre la terre n'est-ce pas ,"

"- Presque. mais je doute qu'il se soit limité à ça" Soupira Steve. "Fury a réussi à nous faire fuir mais je crains qu'il n'ait payé très cher la chose. le SHIELD était mourant quand on est partis. Loki pensait que nous éloigner de la terre permettrait de te sauver. A raison. Tu as arrêté de hurler a la mort dès qu'on est arrivé ici.

"- Ce n'est pas la seule raison. Steve m'a protégé de la mort. Et à vous deux, vous m'avez permit de reprendre assez de force pour que je puisse fonctionner à nouveau….je crois que vous n'avez pas tout à fait réalisé ce que vous avez fait." Sourit Tony avec ironie.

"- Je crois que personne ne sait ce qui se passe tout court, monsieur.

"- JARVIS !"

Tony voulu se lever mais Jarvis l'en empêcha. S'assit sur le bord du très grand lit pour laisser Ares le prendre dans ses bras.

"- Mon fils…."

"- Je vais bien, père. je vais bien."

"- S'il t'étais arrivé quelque chose….."

"- Je suis une partie de vous, père. Comment voulez-vous qu'il m'arrive quelque chose ?"

Le soulagement de Tony était presque comique à voir.

"- Hooo c'est mignon…. Papa fait un câlin a son AIE !"

Le coup était venu de nulle part, pure manifestation de la volonté du dieu. Clint se massa le crâne.

"- Hé ! tape pas les copains quand même !'"

"- Je ne suis pas que ton copain, moineau. je suis aussi ton Dieu.

"- Ca va les chevilles ?"

"- Tony…

L'amusement de Tony disparu immédiatement, laissant Ares au premier plan.

"- je ne plaisante pas, Clinton Barton."

Clint frémit. Personne ne l'appelait comme ça. Jamais.

"- Vous ne réalisez pas comment vous vous êtes liés à moi. Serions-nous encore à Sparte que Steve serait sur le trône de la ville comme Haut Prêtre-Roi. La plus grande distinction que mon culte a eu. Et toi, Clint, tu serais un Seigneur de Guerre. Je ne sais pas comment, mais vous vous êtes totalement offert à moi. Et dans mon état, je n'ai pu que vous acceptez. Je tire mon pouvoir de vous. Mais vous aussi pouvez tirer du pouvoir de moi.

"- Tony…" La voix de Steve était hésitante, et pleine de peur aussi. Il était catholique. Et voilà qu'on lui disait qu'il s'était offert à un dieu païen ? C'était son….ami ? Encore quelques jours plus tôt, il ne pouvait le souffrir. Et là ? Il n'envisageait même pas de le voir partir. Un lourd frémissement remonta dans son dos quand il sentit une présence dans sa tête ? Non. Sur son épaule ? Oui, c'était comme si quelqu'un avait posé ses mains sur ses épaules et l'encourageait à aller dans une direction. Sans même avoir à poser la question, il sut que c'était Tony...Ares. Il sut que c'était lui et ce n'était pas effrayant. C'était comme être à l'abri dans une cape épaisse et moelleuse, solide et protectrice. Il se sentit soudain remplit d'une vigueur presque exaltante. Il sut, soudain, qu'il aurait à présent pu tenir tête, et même probablement vaincre Thor dans un combat d'égal à égal. Juste parce que son dieu était là, derrière lui, à le soutenir et l'encourager.

Il en ressentit une gratitude si forte qu'il faillit fondre en larmes.

La présence d'Ares le quitta lentement pour ne pas le blesser. Avec un gémissement, il chercha à le retenir. C'était presque une douleur physique que de le sentir le quitter ainsi.

Quand il rouvrit les yeux, il sanglotait doucement dans les bras de Tony qui le berçait tendrement dans ses bras.

"- Tu comprends ?"

Steve aurait dû se mettre en colère, hurler, exiger qu'il lui rende ce qu'il lui avait volé. Mais il n'en était même pas capable. Ce que Tony lui avait volé ? Juste sa foi… Pour quoi ? Pour la remplacer par une autre infiniment plus exaltante et...complète. Pour la première fois de sa vie, il avait touché et été touché par un vrai Dieu. Il avait senti sa présence, son amour également, sa force et son pouvoir. Il comprenait mieux ce que pouvaient ressentir certains "élus". Avait-il envie de perdre cela maintenant qu'il y avait gouté ? Non...Plus jamais.

Il ne voulait plus jamais être seul, tout simplement.

Tony, Ares, lui donnait autant que lui lui offrait. Il se sentait tout simplement plus fort d'être à lui.

Steve resta stupéfait par son acceptation tranquille de la chose. Il était à Ares...A Tony… point.
Ce n'était même pas négociable.

Clint l'observait avec un petit sourire, comme s'il avait déjà fait cet apprentissage et qu'il avait accepté Ares bien avant lui.

"- Ça fait bizarre hein ?" Quand Clint avait-il sentit…

"- Clint est beaucoup plus acceptant que toi. Sans doute à cause de toute ce qu'il a fait avant, ou peut-être à cause de sa possession par Loki et le sceptre."

Clint rosit doucement. C'était exactement ça. Autant il avait hait être dépossédé de son libre arbitre, autant il avait réalisé qu'il ne s'était jamais sentit mieux que lorsqu'il avait eut un but, une fonction, et qu'elle lui avait été offert au point d'être gravée dans son âme.

La présence d'Ares sur son épaule répondait au même besoin.

Il était...Tellement bien ainsi… Tellement à sa place !

Steve se rallongea contre Tony. Ares revint poser sa joue sur son torse confortable. Steve l'enlaça sans réfléchir. C'était normal, c'était sa place…. Son rôle….

Il était le Grand Prêtre d'Ares non ?

Il aurait pu en rire, il se contenta de se complaire dans la chaleur tendre que le dieu lui offrait.

Pour la première fois depuis la mort de Bucky, il se sentait enfin bien, enfin chez lui.

Thanos s'amusait.

Il écorchait la terre lambeau après lambeau avec une délectation proche de la jouissance.

Il attaquait avec ses troupes, sans prévenir, sans logique, parfois une grande ville, parfois un lieudit de 17 habitants. Il tuait parfois l'intégralité de la ville ou les faisaient fuir avant de raser les lieux. Il vaporisait un lac ou noyait une vallée en détruisant un barrage.

Il s'amusait à transformer les humains en petites choses terrifiées, en fourmis perdues qui ne pouvaient que s'agiter en tous sens sans réaction.

Le SHIELD tentait bien de protéger et d'aider mais ils avaient été démantibulés par l'ONU avant les premières attaques. Fury avait résisté de toutes ses forces. Nombre d'agents étaient restés autours de lui, plus que jamais déterminés à se battre jusqu'au bout pour protéger leur monde.

Thanos ne s'en rendait pas compte, mais plus il les poussait et plus il se faisait des ennemis farouches et déterminés.

Fury n'avait pas quitté son bureau depuis des jours. Il mangeait quand il pouvait, il dormait quand il tombait de fatigue mais jamais il ne quittait son bureau. Il coordonnait les évacuations et les soins, il aidait les populations de son mieux là où les états se déchiraient pour savoir qui blâmer, qui devait payer et où étaient les Avengers ! Jamais là quand on avait besoin d'eux.

Fury était dégoutté.

En quelques semaines, il devait avoir vieillit de 20 ans.

Et Thanos continuait à ravager la planète. Pour un peu, il était heureux que les Avengers aient pu fuir. Il leur souhaitait de ne pas revenir. Les humains ne les méritaient pas.

Ils les avaient sauvés, il les avait protégés et ils s'étaient retournés contre eux sans une seconde de délais. D'accord, les humains avaient peurs. Lui aussi avait peur. Il était même terrifié. Comme tous les agents, il savait que Thanos s'amusait de les voir tenter de sauver les meubles sans espoir. Il savait qu'il viendrait les pulvériser à un moment ou un autre, et il savait qu'ils n'avaient aucune chance. Ils étaient tous condamnés mais continuaient bravement à faire leur devoir parce que c'était ce qu'était leur vie.

Ils avaient vécu pour protéger leur monde, ils mourraient pour lui aussi. De ceux qui restaient, ils étaient tous là pour la même chose.

Sans doute était-ce pour ça qu'ils n'étaient que les plus vieux. Et les plus jeunes.

Les plus vieux avaient vécu leur vie.

Les plus jeunes se croyaient encore immortels.

Entre les deux, ils tentaient de sauver ce qui pouvait encore l'être.
Et Thanos riait….