Désolée pour la longue attente... Les chapitres qui vont suivre seront plus consacrés à William et Julia. Merci de continuer à suivre cette histoire :)

- Rues de Toronto, 3h du matin -

La calèche tourna à droite après la réprimande de William. Bercé malgré lui par le galop régulier des chevaux, il s'en été fallu de peu pour que leur périple nocturne ne s'allonge encore de quelques minutes.

- Ce n'est rien messieurs, dit-il aux deux agents une fois l'embarcation remise sur la bonne voie, je m'y serais moi même trompé.

Assis inconfortablement contre le dossier, il repensa à la dernière fois où il avait dû emprunter cette route. Le souvenir obscur qu'il en gardait confirmait bien que de l'eau avait coulé sous les ponts depuis.

A sa droite, le docteur restait toujours silencieux. La quasi-totale obscurité à l'intérieur ne cachait pas sa nervosité, et ainsi William put voir aisément ses mains se crisper, comme si l'une devait prendre l'avantage sur l'autre. Quelle idée de lui avoir cédé ! Et surtout que dirait sa femme en l'apprenant ?

La calèche s'arrêta et le petit groupe en sortit pour se faufiler silencieusement à l'intérieur du bâtiment.

- Poste de police n°3 -

Ils se dirigèrent directement à l'accueil. Comme personne ne venait à eux, William s'accorda le droit de vagabonder jusque dans les bureaux, qui ne s'avérèrent pas plus remplis.

Après une attente qui devenait presque gênante, un agent de garde sortit de ce que William reconnut comme étant la salle de repos et se dirigea lentement vers eux. Sans cacher sa fatigue, il s'assura de leur identité et les pria de le suivre.

- Qu'est-ce que ça signifie ? Demanda William, qui trouvait le silence de l'agent plus inquiétant qu'impoli.

Devant un escalier qu'ils étaient invités à descendre, William saisi d'un mauvais pressentiment, se tourna vers Crabtree en lui ordonnant de bien vouloir l'attendre ici avec le docteur. Il se maudit encore une fois de l'avoir amené avec lui. A quoi d'autre pouvait-il s'attendre venant de la gendarmerie ?

L'agent ouvrit la porte des cellules et le laissa entrer aussi tendu que surpris. Dans la deuxième des quatre cellules, il le vit allongé sur sa couchette – peut-être depuis des heures – inconscient de l'agitation qu'il avait provoqué.

Le jeune Chris McFloy, recherché depuis l'après midi se tenait devant lui, aussi simplement que ça. Il n'aurait pu dire s'il était soulagé voir même heureux de se retrouver dans la même pièce que lui, car pouvait-on se satisfaire de cette nouvelle situation ?

Il fut tiré de ses pensés par l'arrivée d'un homme qu'il connaissait plus de réputation que personnellement.

- Inspecteur, c'est un soulagement de vous voir encore à cette heure, dit-il en détournant à contre cœur ses yeux du jeune homme.

- C'est bien lui ? Demanda l'homme en désignant Chris.

William acquiesça.

- Nous allons enfin avoir les réponses que nous attendions.

- Sans vouloir vous manquer de respect inspecteur, nous sommes ceux qui en avons le plus besoin.


- Un thé ? Proposa l'inspecteur du poste une fois remonté dans son bureau.

William refusa poliment et une fois assis, résuma brièvement ses dernières heures de recherches.

- Il est en bonne santé, lui assura l'inspecteur qui semblait-il avait su lire dans ses pensées.

Ce fut à son tour de s'expliquer. C'est sur la défensive qu'il commença son récit, comme s'il se savait fautif d'une quelconque faute. La situation était simple et William devait faire preuve de compréhension ; Ils avaient été sollicité par l'équipe de surveillance de l'hôpital St Michel quelques heures après le déjeuner. Un jeune garçon s'était introduit dans leurs archives et refusait de quitter les lieux décemment. La salle avait été mise sans dessus dessous et le personnel n'avait su faire autrement que de le ligoter à un radiateur en attendant leur venue. Rien semblait-il avait été volé.

- Vous n'avez pas fouillé l'enfant ?

- Il n'avait rien sur lui.

- Dans ce cas pourquoi l'avoir arrêté?

- Ce gamin a commis une infraction, et qui plus est nous a manqué de respect.

- C'est un enfant.

- Un enfant qui a pourtant déjà bien la tête dure pour son age.

William se leva et laissa échapper un léger soupir. La situation était moins grave qu'elle n'y paraissait. Cependant, un détail le gênait : Pourquoi l'avoir gardé si longtemps ? Et surtout, pourquoi la gendarmerie les avaient-ils contactés si tard ? Ce à quoi l'inspecteur répondit sur un ton presque méprisant qu'il avait refusé de donner son nom. D'ailleurs, l'enfant avait bien insisté sur le fait qu'il n'avait pas de famille. Son identité serait restée secrète si le poste n'avait pas reçu son avis de recherche seulement une heure plus tôt. Il avoua sans honte qu'il n'aurait pas su quoi faire sans.

- On ne relâche pas un mineur comme ça dans la nature. Vous allez prendre la suite ?


William prit congé et retrouva ses collègues dans l'entrée. Le Dr McFloy cachait de plus en plus mal son impatience, ainsi la vérité fut-elle plus pénible à lui avouer. Il était préférable que William aille d'abord s'entretenir seul avec l'enfant, son père pourrait le voir après mais devrait faire preuve de tact s'il en était capable. La nouvelle l'avait sans aucun doute remonté, et il valait mieux l'écarter de son fils pour l'instant.

Chris McFloy était toujours allongé sur sa couchette et ne s'en leva que lorsque William tourna la clé dans la serrure.

- Avec toutes les excuses de la gendarmerie, dit-il en lui faisant signe de sortir.

L'enfant le regarda, sembla hésiter puis quitta sa modeste prison. Il se laissa guider à l'étage sans dire un mot.

- Vous m'excuserez du choix du lieu, reprit William en l'entraînant dans une salle d'interrogatoire, nous serons plus au calme ici.

Il le regarda s'asseoir avec une légère appréhension. Le jeune homme semblait ailleurs, ou plutôt désintéressé de ce qui lui arrivait. William n'était pas habitué à soutirer des informations à un si jeune public, d'autant qu'il ne s'agissait pas de n'importe qui et il s'en sentit plutôt mal à l'aise. Après quelques secondes de silence, il sortit son calepin et y griffonna rapidement l'heure et la date. La suite ne vint pas. Écrire sur lui revenait à l'abaisser au même rang que suspect, et il ne le considérait pas comme tel. Il rangea son carnet et son concentra exclusivement sur lui.

- Ça ne t'embête pas que je te tutoie ? Commença-t-il par dire. Le jeune homme haussa les épaules. Avant tout, saches que c'est un véritable soulagement pour tes parents de te savoir sain et sauf. Je ne te cache pas que nous avons craint le pire... - Inutile d'essayer de le faire culpabiliser, autant aller droit au but - La dernière fois que nous nous sommes vu, tu souhaitais mettre la main sur un dossier médical... Tu as réussi à obtenir ce que tu voulais ?

- Je sais que vous avez parlé avec l'inspecteur, dit finalement Chris en levant à peine les yeux. Inutile de perdre votre temps.

William acquiesça puis demanda calmement ce qui l'avait poussé à faire ce qu'il avait fait. Il ne répondit pas, ni à toutes les autres questions qui auraient pu éclaircir son geste.

- Inutile de t'apprendre que ce que tu as fait là est répréhensible aux yeux de la loi. Je suppose que l'envie d'obtenir tes réponses a été plus forte...

Face au mutisme du jeune homme, William voulut tenter une nouvelle approche quand il s' aperçut qu'il avait levé les yeux. Il suivit son regard pour se rendre compte que Mme McFloy les observait à travers la vitre. Sans doute son mari l'avait-il prévenu. Sa présence bien que légitime, le perturba et il mit quelques secondes avant de pouvoir reprendre l'interrogatoire.

- L'inspecteur Mikel et moi même sommes d'accord pour fermer les yeux. Mais il va sans dire que nous serons moins indulgents si l'envie te reprenait...

- Vous ne me gardez pas?

Bien qu'étonné, William lui assura que non. Il pouvait partir dès maintenant, d'ailleurs sa famille avait déjà bien assez attendu pour le voir.

- Je préfère rester ici.

- Comment ? Enfin... c'est impossible.

Chris jeta un rapide coup d'œil vers la vitre, puis le regarda droit dans les yeux.

- Je ne rentrerai pas.

- Enfin, qu'est-ce que tu racontes ? Tu ne vas pas rester ici.

Le jeune homme lui expliqua d'une voix pleine d'assurance qu'il n'était personne pour lui dire quoi faire, qu'il avait commis une infraction et que pour ça, il méritait au moins d'être gardé jusqu'au matin. Pour ce qui était de sa famille, il valait mieux pour elle qu'elle ne tente pas de l'approcher.

- A vous de vous arranger pour que ça ne soit pas le cas.

William se leva. En repoussant sa chaise calmement, il lui appris qu'il ne ferait rien pour éviter ça. Pensant qu'il avait certainement ses raisons, il décida de ne rien ajouter, bien qu'il était inimaginable qu'on puisse autant manquer de respect à ses parents.


Lorsqu'il sortit, Mme McFloy le bombarda littéralement de questions. Bien que sa fatigue se lisait sur son visage, elle avait encore la force de parler avec passion. Ses mouvements étaient rapides et pénibles à suivre. C'est avec gêne qu'il lui apprit que son fils refusait de les voir. Manifestement blessée, elle n'en parut pas terriblement surprise.

- Mais rassurez-vous, il va bien.

- Que vous a t-il dit ?

- Pas grand chose. Rien qui puisse expliquer sa réaction…

Étant d'avis qu'il valait mieux ne pas la confronter, elle aussi, immédiatement à son fils, il la raccompagna à l'écart. Près du distributeur, il lui proposa un verre d'eau qu'elle refusa d'abord pour ensuite le boire d'une traite. La voir ainsi le peinait. Son regard ne dégageait plus l'angoisse des dernières heures, mais n'exprimait pas non plus l'apaisant soulagement attendu après pareille épreuve. Elle avait l'air de prendre la situation avec fatalité, oui c'était le mot juste, elle encaissait les coups sans les remettre en question. Le docteur les rejoint. La nouvelle ne passa pas aussi bien qu'avec sa femme. Son fils avait perdu la tête et devait être résonné sur le champs ! D'abord commettre un délit et maintenant remettre leur éducation en question ?

William s'excusa et repartit voir Chris.

Il était maintenant adossé contre le mur de sorte qu'on ne puisse pas l'apercevoir de l'extérieur. Il n'eut pas le temps de s'asseoir que Chris insista d'emblée sur le fait qu'il n'avait pas changé d'avis.

- Tu n'es pas sans savoir qu'il y a des lois, et en tant que mineur, tu es encore sous l'autorité de tes parents. Quand bien même tu passerais la nuit ici, quand sera-t-il demain matin ?

Le regard vide du jeune homme lui fit comprendre qu'il n'y avait pas pensé. Peut-être s'en sentit-il stupide.

- Je n'ai rein volé, dit-il finalement en s'écartant du mur.

- Je te crois.

- Je n'en ai pas eu besoin...

Cette curieuse ouverture était l'occasion rêvée d'en savoir plus, et après une pause réfléchie, William lui demanda s'il avait eu le temps de lire ce qu'il voulait. Le jeune homme acquiesça gravement.

- Ce dossier, il concerne tes parents ?

- Je n'ai pas envie d'en parler.

Dans ce cas que faire de plus ? Ce n'était certainement pas auprès des McFloy qu'il se renseignerait sur son contenu. Contenu qui par ailleurs ne le concernait pas et ne devait en aucun cas attirer sa curiosité.

- Je veux voir un avocat, continua Chris, qui finalement employait le même discours que ses habituels suspects.

- Un avocat ? Mais pour quoi faire ?

Il ne répondit pas mais William comprit ce qu'il tentait de faire. Peut-être l'idée lui était-elle venue à l'instant, après s'être rendu compte qu'il n'avait aucun plan pour la suite et William ne put s'empêcher de s'en sentir responsable.

S'émanciper à son âge ? La cellule lui avait sans aucun doute fait perdre le sens des réalités. Décidé finalement à le prendre au sérieux, William lui affirma qu'il connaissait ses parents et qu'il était injuste de leur faire subir une telle humiliation, qu'il devait relativiser ce qu'il avait bien pu apprendre sur eux et surtout, ne pas agir bêtement sur un coup de tête. Il n'en fallu pas davantage à Chris pour se retourner et en tapant du poing sur la table, cria qu'il ne connaissait pas ses parents, sans quoi il ne prendrait pas leur défense.

- Si vous ne me croyez pas, regardez dans vos archives. Le dossier est au nom de ma mère...

Décontenancé face à la soudaine insistance du jeune homme, William le laissa seul. Comment allait-il l'annoncer aux McFloy ?


Julia avait quitté le hall pour se recoiffer dans les toilettes. Enfin, telle était l'excuse qu'elle avait donnée à son mari pour se retrouver seule quelques minutes. Il devait être dans les trois heures du matin et le public à la gendarmerie n'était pas des plus fréquentables. Les effluves d'alcool qui se dégageait d'un vieux monsieur allongé sur un banc lui monta au cœur mais ne suffit pas à la tirer de ses pensées.

L'inspecteur en chef discutait avec son mari et lui répéta une fois qu'elle les eut rejoint, qu'il était d'accord pour garder Chris. Seulement, et en insistant bien sur le fait qu'il s'agissait là d'une exception, ils devaient revenir le chercher le lendemain sans faute. Effondrée d'en être arrivée là, Julia le remercia chaudement pour son geste. Quand à Peter, il semblait toujours ne pas en revenir que leur fils préféra une cellule inconfortable à leur compagnie. Assez humilié comme ça pour la soirée, il voulut partir sur le champ contrairement à Julia qui refusait de s'en aller sans l'avoir vu.

- On ne vous l'a pas assez répété, dit Peter réellement vexé, il ne veut pas nous voir.

De toute évidence, Chris semblait leur en vouloir à tous les deux. Ne sachant pas exactement ce que contenait son dossier médical, pour ne l'avoir jamais lu, elle supposa qu'il n'y faisait pas mention de son mari. Peut-être leur fils trouvait-il naturel que Peter soit aussi impliqué qu'elle dans cette décision... Si les choses venaient à être rectifiées, il accepterait peut être de rentrer avec son père et n'aurait ainsi plus à supporter l'incommodité des lieux. Encore fallait-il pour ça qu'elle puisse l'approcher... et plus difficile encore, qu'elle accepte de rendre publique ce qu'elle avait toujours réussi à dissimuler.

Son regard fut attiré vers l'arrière de la gendarmerie où elle aperçut l'inspecteur Murdoch sortir de la salle d'interrogatoire. Sans réfléchir, elle se précipita vers lui.

Encore une fois, elle le pria de bien vouloir retranscrire les dires de son fils. N'y avait-il vraiment aucun moyen de le voir ? Le silence gêné de William lui fit comprendre que non. Sa réaction à son égard restait la même voir plus conciliante que d'habitude et elle en déduit que Chris ne l'avait pas mis au courant.

- Je suis navré de ne pas vous avoir attendu tout à l'heure, s'excusa-t-il. Vous étiez introuvable et le coup de fil de la gendarmerie nous a paru plutôt pressant... J'ai essayé de décourager votre mari de nous accompagner... sa santé, enfin je craignais... comme vous le voyez en vain.

- Vous avez bien fait, dit-elle l'air ailleurs.

Il se fit interpeller par l'inspecteur en chef et se détourna d'elle le temps de quelques secondes. Elle en profita pour jeter un rapide coup d'œil à l'intérieur de la salle; Elle était vide.

- Comment vous sentez-vous ? Lui demanda William une fois disponible.

C'était bien la première personne à s'en inquiéter. S'en préoccuperait-il toujours quand il apprendrait quelle genre de femme elle était vraiment ? Inutile de préciser qu'elle se sentait en sursis avec toutes les personnes qui lui témoignaient encore de l'affection. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'elles ne la regardent différemment. Que penserait-on de son choix non abouti ? Imaginerait-on qu'elle n'ait jamais aimé son fils ? Après tout, n'avait-elle pas tenté de s'en débarrasser ?

Ce genre de remarques qu'elle était sûre d'entendre, la faisait frémir. Mais pour le moment, seul son fils comptait. Il était celui qui devait entendre en priorité sa version des faits. Mais voudrait-il seulement la croire ?

- Vous devriez rentrer chez vous, lui conseilla William en la ramenant vers l'entrée.

Ils se rendirent compte que Peter ne l'avait pas attendue et William, manifestement gêné, semblait contre l'idée de la laisser repartir seule. Elle réussit à l'en dissuader; Il en avait déjà assez fait pour ce soir et devait certainement tomber de fatigue.

Il attendit avec elle que sa calèche arrive. Il faisait froid dehors et encore sombre. Si ses pensées n'étaient pas dirigées vers son fils, elle aurait certainement été mal à l'aise. En tout cas, l'inspecteur avait l'air de l'être car il ne posait plus aucunes questions et ne regardait que ses pieds. La calèche arriva et avant de monter, elle le remercia encore pour tout ce qu'il avait fait. Jamais elle n'oublierai son geste.

Mais, ne voulait-il pas profiter de son chauffeur pour rentrer chez lui ?

- C'est très généreux, mais je dois encore discuter de quelques points avec l'inspecteur Mikel.

Il lui souhaita bonne nuit et espéra sincèrement que tout rentre dans l'ordre. C'était donc ainsi qu'ils se quittaient... De l'arrière de la calèche, elle regarda la forme noire du détective se rétrécir jusqu'à ce qu'elle ne la vit presque plus. Pris d'un soudain sursaut, elle fit quelque chose qu'elle était sûre de regretter. Sûrement parce qu'elle avait l'impression d'avoir déjà détruit sa famille ou peut-être parce-qu'elle refusait de perdre à nouveau quelqu'un qui comptait pour elle ; Elle fit signe au cocher de s'arrêter.

En la voyant redescendre, William fit demi-tour aussitôt. Ils se regardèrent et les mots qu'elle voulait lui dire partirent. Ce fut lui finalement qui parla.

- Tout va s'arranger, je vous le promets, dit-il en ayant vraiment l'air sincère.

Sans se l'expliquer, et sans même qu'elle ne les ait senties venir, des larmes coulèrent sur ses joues. Elle en eut honte. La suite fut bien pire, car elle lui avoua qu'elle n'avait jamais eu aussi peur de se retrouver seule. Qu'est-ce qui lui prenait ? Ne se rendait-elle pas compte qu'elle le rendait terriblement mal à l'aise ?

Il eut l'intelligence de ne pas lui répondre mais retira doucement la main qui frottait ses yeux. Comprenant que leurs adieux devaient être plus marqués, il l'enlaça calmement mais assez brièvement pour ne pas que la situation devienne incorrecte.

- Vous n'êtes pas seule. Vous avez votre mari.

Cette phrase lui fit l'effet d'une douche froide. Il dut s'en rendre compte car il enchaîna directement ;

- Vous avez vos amis... Et puis, vous êtes aimée, finit-il par dire d'une manière assez ambiguë pour ne pas qu'elle sache exactement à qui il faisait référence.