- Poste de police n°4, 10h -

L'odeur caverneuse de la salle des archives embrumait William depuis une heure déjà. Assis entre des rayons de documents assez haut pour transformer la salle en labyrinthe de papier, il se perdait dans une longue contemplation des étagères. Prenait-il du plaisir à ainsi s'abandonner dans cette atmosphère austère, certainement pas, car la raison de sa visite n'était pas aussi noble qu'il l'aurait espéré.

Il parcourut avec minutions la rangée des O pour enfin tomber sur le nom qui l'intéressait. Le voir ici lui procura une sensation étrange. Julia McFloy ne portait plus son nom de jeune fille, mais il lui appartenait toujours et d'une certaine manière, il la caractérisait mieux que son nom actuel qui la rattachait à un autre. Oui, le voir écrit noir sur blanc le laissa pensif et il se dit que toutes ses années, sans qu'il n'en ait conscience, une part d'elle vivait dans la gendarmerie, juste à quelques mètres en dessous de lui. A chaque fois qu'il était descendu aux archives, il aurait pu tomber sur son nom, tout à fait par hasard et cette intrigante proximité le ravi. Plus que du hasard, il y aurait vu une certaine forme de destin si leur situation n'avait pas été celle qu'elle était à ce jour...

En prenant le premier document qu'il pensait être le bon, il découvrit qu'un autre suivait derrière. D'abord surpris, il hésita puis se disant qu'il serait bien obligé d'en connaître le contenu s'il voulait remonter le bon, il le feuilleta rapidement. Qu'elle ne fut pas sa surprise en découvrant que le plus mince était de nature pénale ! Cette femme avait donc déjà été arrêtée, et pour un motif qu'il n'avait pas l'habitude de croiser dans son métier; une atteinte à la pudeur. La curiosité le poussa à lire les deux premières lignes qui ne manquèrent pas de le surprendre. Il le referma le rouge aux joues; Une image d'elle qu'il n'était pas en droit d'avoir lui vint à l'esprit. Il la savait extravagante, voir même avant-gardiste, mais il ne réussissait pas à l'imaginer se dénuder dans un contexte aussi osé que celui décrit dans le dossier. Il ne sut quoi en penser.

Comprenant que le dossier qui l'intéressait était le plus volumineux des deux, il le remonta sans prendre la peine de l'ouvrir.


Il croisa dans les couloirs l'inspecteur Brackenreid qui s'inquiéta d'abord de sa santé – les cernes de la veille n'étaient décidément pas partis – pour ensuite se pencher sur le document qu'il portait. En pensant d'abord à le dissimuler, William répondit de manière assez évasive pour le rendre insignifiant.

- Dr Eliott vous recherche, soit dit-en passant, encore l'une de ses réclamations qu'il tient à vous faire.

En imaginant la scène qu'il s'apprêtait à vivre s'il le croisait, William décida de faire un détour pour ne pas avoir à passer par la morgue. Préoccupé par ses affaires et surtout par les McFloy, le mystère des flacons disparus n'avait toujours pas pu être élucidé et il se doutait bien que le docteur le cherchait pour le rappeler à l'ordre.


Devait-il l'ouvrir ? Se disait-il en regardant le dossier posé sur son bureau. La question n'était pas de savoir s'il en avait légalement le droit, il était évident qu'il l'avait. Mais était-ce bien correcte ? L'aurait-elle autorisé à le faire s'il le lui avait demandé ? Et surtout, ne violait-il pas son intimité en ouvrant ce qui devait renfermer une part importante de sa vie ?

Après une nuit gâchée à s'interroger sur la nature de ce document, son besoin d'obtenir des réponses était devenu tel qui l'emporta sur tous ses autres principes. Il l'ouvrit.

La première page ne la concernait pas directement, et il la parcourut rapidement des yeux. Un certain Dr Picart énumérait dans un jargon médical les maladies psychiques connues à ce jour pouvant pousser un sujet à s'automutiler. La suite l'intéressa plus; Il s'agissait d'une déclaration signée par la gendarmerie en accord avec l'hôpital St Michel pour garder, durant la durée de son hospitalisation, Mlle Julia Ogden dont la grossesse avait été caractérisée, en italique, de compliquée.

Il s'arrêta déjà sur ce terme « compliquée ». Dans quels cas pouvait-on dire qu'une grossesse était compliquée ? Plusieurs hypothèses lui vinrent à l'esprit, mais n'y connaissant rien à ce domaine, il décida de ne pas s'y attarder. Non, ce qui l'intriguait, c'était l'implication de la police... On ne surveillait pas une patiente simplement pour s'inquiéter de sa santé. Avait-elle eu besoin d'être protégée ? Mais contre qui, ou contre quoi ?

Il poursuivit sa lecture. Le dossier faisait maintenant mention des antécédents médicaux de la patiente qu'il parcourut rapidement des yeux. Alors qu'il avait déjà lu une bonne dizaine de fois son nom, un détail qui aurait dû immédiatement lui sauter aux yeux le laissa perplexe; Mlle Julia Ogden... Mlle. Elle n'était pas mariée. Rechercher son nom parmi les dossiers de la salle des archives ne lui avait posé aucun problème, comment aurait-il pu imaginer qu'il concernerait sa grossesse? Mais maintenant qu'il le savait, tout était différent. Comment avait-elle pu tomber enceinte sans être mariée ? Cette situation lui parut inconcevable et à l'encontre de tous ses principes. Il eut du mal à l'avouer, mais plus il en apprenait sur elle, plus elle lui paraissait étrangère. Que savait-il vraiment d'elle finalement ?

Pour se rassurer, il attribua ses écarts à l'insouciance de sa jeunesse. Une jeunesse qui avait dû être, de ce qu'il en avait lu, particulièrement remplie...

« Jeudi 21 avril 1881, déclaration de Mlle Claire Picart, poste de police n°5

Je soussignée Mlle Claire Picart, affirme n'être en rien mêlée à la décision de mon amie Mlle Julia Ogden. Mon implication dans cette malheureuse histoire se limite à l'appel de renfort de mon père, le chirurgien Albert Picart à 22h55 ce mercredi 20 avril. La raison de cet appel n'est en rien liée au choix de Mlle Ogden, et a été effectué uniquement dans le but de la sauver d'une hémorragie déjà déclenchée.

J'affirme par la même occasion l'innocence de mon compagnon, M. Isaac Tash, dans la chute de Mlle Ogden déjà tombée avant son arrivée. Je récuse également l'accusation dont il est l'objet.

Mes pensées à ce jour sont pour l'enfant à naître, qui j'espère n'en subira aucuns séquelles.

« Jeudi 21 avril 1881, déclaration de M. Isaac Tash, poste de police n°5

Aucune déclaration. Sujet arrêté et en attente d'interrogatoire.

« Vendredi 22 avril 1881, compte rendu de l'agent Flugger, poste de police n°5

- Unité appelée à 23 h le mercredi 20 avril au domicile universitaire de M Isaac Tash et de Mlle Claire Picart.

- Présence sur place de M. Isaac Tash, Mlle Claire Picart et du Dr Albert Picart.

- État des lieux à l'arrivée : Salon désordonné avec signes évidents de lutte; fauteuil couché, coussins à terre, tapis principal froissé. La table centrale est revêtue d'un drap taché de sang.

- Confirmation de l'appel par le Dr Albert Picart, chirurgien à l'hôpital St Michel, arrivé sur les lieux à 22h55. Le sujet déclare avoir été sollicité par sa fille pour venir au secours de son amie, Mlle Julia Ogden. L'individu Isaac Tash se trouvait entre ses jambes à son arrivée, les mains couvertes de son sang; Situation désignée par le docteur "d'explicitement condamnable".

- Arrestation provisoire de M. Isaac Tash à 23h10.

- Confirmation de la présence de Mlle Julia Ogden au domicile de Mlle Claire Picart jusqu'à 22h57, heure d'arrivée des secours.

- Entretient avec l'urgentiste en chef de l'hôpital St Michel: Arrivée des secours sur la demande du Dr Albert Picart. Mlle Julia Ogden, enceinte de trois mois, a été trouvée dans un état semi-comatique nécessitant une hospitalisation immédiate. Observation d'une perte abondante de sang intra-utérin. Hémorragie déjà stoppée avant l'arrivée des urgences. Constantes de l'enfant faibles mais réversibles. Une mise en - "

Le téléphone sonna. William le décrocha tout en gardant un œil sur le dossier.

- Allô, William. Je ne vous dérange pas ?

Il reconnut la voix de Mme McFloy et pris d'un sursaut de panique, ferma immédiatement le document. Il n'eut pas le temps de lui demander si tout s'était arrangé avec son fils qu'elle lui annonça déjà sur un ton grave qu'il refusait toujours de les voir.

- Il n'y a pas que ça... L'inspecteur Mikel vient de m'annoncer sa décision de s'émanciper. Sa voix était d'une fragilité émouvante et il en oublia presque son contenu. Chris lui a affirmé que vous alliez l'aider dans cette démarche... Je ne comprends pas.

Comment avait-il pu croire une chose pareille ?

- Il y a erreur je vous assure. J'ai tout fait pour essayer de l'en dissuader. Cette décision me paraît aussi absurde qu'elle doit l'être pour vous.

- Vous étiez au courant ?

Blessé à l'idée qu'elle puisse douter de lui, il lui affirma qu'il avait préféré la mettre à l'abri d'une décision qui sur le moment, avait tout l'air d'avoir été prise sur un coup de tête.

- Ne m'en voulez pas, je pensais bien faire.

Après un cours laps de temps;

- C'est à moi de m'excuser... Je n'aurais pas dû vous appeler. Je viens d'apprendre la nouvelle et... je ne sais plus ce que je dis. Je m'excuse de vous avoir - Un instant. Il l'entendit parler avec quelqu'un, crut comprendre qu'il s'agissait d'une voix de femme et en déduisit qu'elle devait appartenir à Mme Alger. Oui, allô ?

- Je suis toujours là. Mme McFloy, où êtes-vous ?

- A la gendarmerie.

Son mari était-il avec elle ? Non, il avait refusé de venir. Ne comprenant pas pourquoi il avait posé cette question, il enchaîna directement avec une autre;

- Qu'avez-vous prévu de faire ? Aucune réponse de sa part. Je pense que vous devriez appeler un avocat.

- Il n'y a donc rien d'autre à faire selon vous ?

- Hélas, qui mieux placé qu'un avocat saurait défendre vos droits ?

- Me défendre ? Dit-elle en marquant une nouvelle pause, plus longue que la précédente. Contre mon fils ?

Il la laissa réfléchir à un meilleur moyen d'agir, puis estimant que son silence avait assez duré pour lui indiquer qu'elle acceptait sa première proposition, il lui demanda si elle avait déjà un nom d'avocat en tête.

- Il y aurait bien celui de mon mari mais... non, je ne peux pas. C'est un avocat médical et je ne voudrais pas le mêler à notre vie privée.

- Y aurait-il quelqu'un d'autre ?

Elle chercha mais ne trouva pas. Lui même réfléchit; En lui proposant l'un de ses collègues, il s'engageait à suivre cette histoire jusqu'à son terme, chose qu'il n'avait pas initialement prévu de faire. N'était-il pas temps de s'éloigner d'elle ? N'avait-il pas suffisamment franchi les limites du convenable en lui avouant qu'il l'aimait toujours ? Il regarda devant lui et ses yeux se posèrent sur le dossier dont la lecture avait déjà bien été entamée. Pourquoi l'avait-il ouvert ? Par curiosité, par intérêt pour elle ou pour mieux comprendre la réaction de Chris McFloy ? Peut-être un peu des trois. Dans tous les cas, il était déjà impliqué dans cette affaire, et refuser de l'aider maintenant ne changerait rien au fait qu'il penserait toujours à elle.

- Je peux vous conseiller un avocat avec qui nous avons l'habitude de travailler. Ses honoraires ne sont pas exorbitants et son travail est rigoureux. Je lui fait entièrement confiance.

Comme si ce dernier argument avait suffi à la décider, elle accepta. William raccrocha et sortit immédiatement son répertoire, laissant de côté la lecture inachevée du document...

- Poste de police n°3, au même moment -

Julia se tourna vers Claire, dépitée. Cet endroit lui donnait de plus en plus la nausée et elle n'avait pourtant pas fini de s'y rendre... Son amie la prit par le bras et en l'entraînant s'asseoir sur un banc, lui fit remarquer que le conseil de William était sage et on ne peut plus adapté à la situation qui les préoccupait.

- Tu ne sauras pas seule ainsi. Et puis peu-importe du quand dira-t-on, tu as le droit de te battre pour garder ton fils.

« Se battre » pensa-t-elle. Aucune mère n'avait à se battre pour une chose aussi banale. Et pourtant, elle, n'avait pas le choix.

- C'est un homme correcte, reprit Claire en parlant de William. J'avoue ne pas toujours avoir été tendre avec lui, et Dieu sait qu'il l'a mérité, mais n'importe quel autre policier n'aurait agit de la sorte. Tu as de la chance d'avoir su tisser des liens avec lui.

Que voulait-elle insinuer ? Et comment pouvait-elle parler de chance dans un contexte pareil ? Elle regarda Claire lui serrer les mains et face à son évidente générosité, s'en voulut de la traiter aussi durement. Elle était là pour elle, depuis le début, et ce malgré qu'elle soit l'une des rares personnes à connaître son secret.

Elle regarda en direction des bureaux et vit de loin un homme terne et trapu s'entretenir avec l'inspecteur Mikel. Il dut sentir qu'elle l'observait car il tourna la tête, leurs regards se croisèrent et prise d'un étrange malaise, elle détourna immédiatement le sien.

- Veux-tu passer l'après-midi chez moi ? Proposa gentiment Claire qui avait l'air de supporter autant qu'elle l'inconfort du lieu. Il n'y a rien à à faire de plus ici à présent.

Julia refusa gentiment en expliquant qu'elle devait informer son mari de la nouvelle décision de leur fils. Son mari qui n'avait d'ailleurs pas pris la peine de se déplacer pour lui...

En se dirigeant vers la sortie, elle croisa l'homme aperçu quelques minutes plus tôt. Il leva à peine la tête sur son passage et aurait certainement continué sur cette lancée si l'inspecteur ne l'avait pas interpellé de son bureau.

- Maître Parker, cria-t-il, les cellules sont au sous sol. Non, à droite ! Attendez...

Il sortit à la rescousse de l'homme. Julia, arrêtée, continuait inexplicablement de regarder la scène, comme saisie d'un mauvais pressentiment. L'inspecteur la remarqua et se tourna vers elle.

- Ah, Mme McFloy puisque vous êtes toujours là, laissez moi vous présenter maître Parker. L'avocat... Il s'arrêta, comprit certainement la délicatesse de la situation … L'avocat de tutelle choisi par votre fils.

Elle regarda glacée, l'homme qui se tenait maintenant en face d'elle, il ressemblait davantage à un ancien détenu reconverti en garde du corps qu'à un avocat. Le regard qu'il lui jeta avait complètement changé de nature et semblait vouloir lui crier au visage que la guerre était déclarée. Prise par surprise, elle mit du temps avant de pouvoir serrer la main ferme qu'il lui tendit.

- Résidence des McFloy, 15 h -

Le bruit du téléphone la tira de manière agressive d'une sieste qui s'était imposée dès son retour chez elle. Elle descendit les escaliers et s'empara du combiné. La voix qu'elle espérait secrètement entendre lui réchauffa le cœur.

- Je viens d'avoir l'avocat dont je vous ai parlé. Maître Durieux est d'accord pour vous rencontrer au moment de votre choix. Il est aussi concerné que moi par ce qu'il vous arrive. Je vous donne son numéro. Il m'a semblé qu'il n'avait aucun rendez-vous cet après-midi, une rencontre pourrait idéalement ce faire aujourd'hui si vous n'y voyez pas d'inconvénient.

- Vous serez présent ? Demanda-t-elle sans réfléchir.

- Eh bien...Je ne pensais pas que...

- Non, ne vous dérangez pas. Vous avez sans doute beaucoup à faire.

Il ne répondit pas immédiatement et son silence la rendit d'autant plus honteuse. Pourquoi le lui avait-elle demandé ? Ce n'était pas parce-que sa vie avait pris une nouvelle tournure - aussi désagréable fut-elle - que le monde devait obligatoirement se plier en quatre pour elle.

- Je peux quitter la gendarmerie à 18h, dit-il finalement, si ce n'est pas trop tard pour vous.

Pour qui devait-il la prendre à présent ? Pour quelqu'un d'assez immature pour ne pas pouvoir se rendre seule à un rendez-vous ou devait-il se dire qu'elle lui était devenue dépendante ? Il avait néanmoins accepté. Bien sûr qu'il avait accepté, elle l'avait mis au pied du mur !

- Où dois-je vous retrouver ?

- Son cabinet est au 33 rue... Laissez, je passerai vous prendre.

Il ne lui laissa pas le temps de refuser, il lui souhaita un bon après-midi et raccrocha. Elle resta quelques secondes avec le combiner entre les mains, confuse.


Julia remonta s'habiller. Son mari était toujours enfermé dans son bureau et elle ne prit pas la peine de l'informer de son prochain départ. Elle le mettrait au courant dès son retour, puisqu'il avait l'air si préoccupé par l'avenir de leur fils.

Elle effaçait les dernières traces de sommeil sur son visage lorsque la porte d'entrée sonna.

- Peter, la porte s'il vous plaît !

Il ne répondit pas et craignant que William vienne la chercher avec plusieurs minutes d'avances, elle descendit aussitôt avant que son mari le fasse.

Elle ouvrit la porte mais ne tomba pas sur lui.

- Odette ? Dit-elle plus que surprise en regardant la vielle dame qui se tenait devant-elle, une valise à la main. Que faîtes-vous ici ?

- Pardonnez-moi Julia, dit-elle en faisant un pas en avant, je ne m'attendais pas à tomber sur vous.

Il ne manquait plus qu'elle... Julia la laissa entrer bien qu'elle se méfiait toujours des visites de sa belle-mère, aussi rares furent-elles. Craignant qu'elle désira s'installer chez eux durant cette période trouble, elle s'apprêtait à gentiment refuser lorsque Odette ouvrit sa valise, vide.

- Je suis venue chercher quelques affaires pour Chris, reprit-elle nonchalamment. Sa chambre est toujours au premier ?

Julia la regarda perplexe, ne sachant que dire devant le regard faussement attristé de la vielle dame.

- Oh, chérie, vous n'étiez pas au courant ? Je reviens de la gendarmerie. Chris va passer quelques jours chez moi, le temps qu'il faudra. Comment, reprit-elle alors que Julia n'arrivait toujours pas à prononcer un mot, vous ne vouliez tout de même pas qu'il reste enfermé dans une cellule ?