Chapitre 5 : L'usine désaffectée
Sherlock et son frère entrèrent dans un lieu sombre, humide et poussiéreux. En plus de la pollution, leur père devait être au bord de l'étouffement. Il fallait donc faire très vite ! A peine la grande porte de bois passée, un grondement sourd se fit entendre. Sherlock sursauta, et contrairement à son habitude il semblait…effrayé.
« C'était quoi ce bruit? demanda-t-il
-Certainement une poutre qui est tombée. Bon avançons ! Après tout ce n'était qu'un bruit. répondit Mycroft »
-Non une explosion tu veux dire !
-Sherlock ! »
Ils continuèrent d'avancer. L'usine était gigantesque, il y avait plusieurs « quartiers ». L'extérieur n'était pas très flatteur :un immense bâtiment de briques rouges, des cheminées noircies ce qui en disait long sur la quantité de fumée qu'elles avaient dû produire par le passé. Les rares fenêtres avaient été brisées et le bout de terre aux pieds de l'architecture n'était que friches et désordre. Il n'y avait pas à dire, ce lieu était glauque. La fermeture encore récente avait probablement été acceptée à cause de manque d'hygiène. Ah oui, et aussi parce que la propriétaire était morte…
Soudain un grognement survint :
« C'était quoi ça ? dit Mycroft
-Un chien de type molosse qui veut nous faire la peau.
-Mais qu'est-ce que tu racontes ?!
-Regarde par toi-même.
-Quo… ? Oh non c'est pas vrai ! »
En effet lorsque Mycroft se retourna, il vit un gros chien qui le regardait avec un air très féroce. A peine Sherlock eu-t-il le temps de dire à son frère de courir que la bête s'était précipitée sur eux. Mycroft qui ne courrait jamais se mit à détaler comme un lapin (enfin pas tout à fait…il courait tel un membre du Gouvernement Britannique, c'est-à-dire…avec raffinement. Attends quoi ? Bon ok disons qu'il marchait vite).
Sherlock fut l'heureux élu. L'immense chose poilue se jeta sur lui. Le poids du chien le fit basculer et sa tête heurta le sol. Sous son bandage immaculé, une tache rouge fit son apparition. Le merveilleux travaille de son frère avait été saboté, les points de sutures s'étaient rouverts. Le chien mordit le bras du détective et celui-ci hurla de douleur.
C'est alors que Mycroft arriva, une arme dans la main. Il tira sur la bête qui s'effondra.
« Ah bah c'est pas trop tôt ! gémit Sherlock
-Fais-moi voir ! ordonna l'aîné. »
Il releva son petit frère et le fit asseoir sur une caisse se trouvant à proximité. Il sortit de la poche de veston son mouchoir en soie et commença à éponger les plaies de son cadet. Celui-ci gémit faiblement. Il était si fatigué.
« Hé Sherlock ne t'endors pas !
-Je fais ce que je peux…
-Il t'a salement amoché. Sherlock ?
-Quoooooiiiii ? dit Sherlock au bord du malaise.
-Tu restes avec moi ! »
Mycroft continua d'éponger les blessures du détective. Celui-ci se laissa faire. On aurait dit un petit enfant qui se faisait par son grand frère. En fait c'était le cas, sauf que le petit garçon en question avait passé la trentaine. Le front de Mycroft se plissa. Il s'était assis près du détective et ses yeux croisèrent la caisse qui servait de chaise au blessé.
« Mais qu'est-ce que ? Attends Sherlock c'est une…Oh non, lèves toi tout de suite ça va exploser !
-De quoi ? »
Sherlock était ailleurs, il ne pouvait sans doute pas marcher sous peine de s'effondrer. Mycroft lâcha son mouchoir et prit son frère par les épaules. Celui-ci se laissa traîner dur plusieurs mètres. Soudain une explosion se fit entendre. Les deux hommes furent projetés au sol tant la déflagration était puissante. Le choc était de trop pour Sherlock qui s'évanoui… Mycroft sentit un engourdissement, sa tête était lourde, si lourde…
Lorsque Mycroft se réveilla, seulement deux minutes étaient passées. Le fond du bâtiment brûlait mais aucune issue n'était condamnée et il étaient en sécurité plus loin. Il secoua son frère dont la pâleur était grandissante. Enfin il ouvrit les yeux.
« Mycroft ?
-Il y a eu une explosion, la caisse sur laquelle on s'est assis contenait une bombe. L'odeur de latex, elle a certainement été manipulée avec des gants. Très fragile en somme, en connaissant l'endroit où nous nous trouvons ça ne pouvait être qu'une bombe. Esterfield a piégé l'usine. Comment te sens-tu ?
- J'avais compris ! Je vais très bien allons –y maintenant ! »
Il bascula car il s'était levé trop tôt. Mycroft le rattrapa de justesse.
« Reste tranquille !
-Mais, John ! Il faut aller le chercher ! Et nos parents aussi !
-Sherlock ! cria Mycroft tellement fort que le son de sa voix parti en échos. »
Le détective s'était relevé en boitant. Mycroft se leva à son tour, prit Sherlock par le bras et le fit s'asseoir autoritairement. Il arracha la manche de la chemise de Sherlock (quoi ? Vous ne croyez quand même pas qu'il allait arracher la sienne ! Si ? Vous êtes mignons ! Non mais c'est Mycroft ! Houhou ! Ok désolé…ça colle plus au personnage) et en fit deux bandes bien distinctes. Il entoura le bras de Sherlock avec l'une et sa tête avec l'autre.
Sherlock eu quand même une pensée pour son manteau. Il était bien heureux de ne pas l'avoir pris avec lui. Lorsque son frère eu fini, Sherlock prit son air arrogant et lui lança :
« J'te déteste ! »
Mycroft ne répondit même pas. Le merci était inutile…Son frère avait toujours été comme ça de toute façon. Il se leva à son tour (maudissant ses vieux os ! Bon ok quand même pas !) et suivit son frère qui s'était déjà dirigé vers la porte. Mais hélas, celle-ci était verrouillée.
« C'est pas vrai ! pesta Sherlock qui semblait avoir retrouvé ses esprits.
-On va la contourner.
-Ton arme, donne-la moi, je vais faire sauter la serrure.
-Très bien mais fais en sorte qu'il me reste une balle pour Esterfield. »
Sherlock soupira puis se mit à tirer. Il faut dire qu'il s'était bien entraîner avec le mur du salon. Il visa juste et tira seulement deux fois La porte s'ouvrit sur un escalier en bois dont les marches semblaient sur le point de tomber. Mycroft commença à grimper, l'escalier ne céda pas. Arriver en haut, il appela son frère qui fit de même. Il était tout près du but lorsque tout à coup, l'escalier céda. Mycroft eu tout juste le temps de lui attraper la main.
« Sherlock donne-moi l'autre ! »
Le souffle du détective était saccadé, il était comme prit de panique mais cela ne dura que quelques secondes. Le feu avait gagné le bois de l'escalier, il s'était rapproché si vite. Sherlock parvint avec difficultés à prendre la seconde main de son frère. Celui-ci tira sur les bras de Sherlock. Le détective hurla. Son bras blessé lui faisait affreusement souffrir. Mycroft le souleva puis les deux hommes se retrouvèrent allongés dans ce qui semblait être un couloir. Mycroft frappa la porte et fit céder le verrou. Il la plaça sur l'emplacement de la sortit de l'escalier. Au moins elle allait bloquer le feu un certain temps. Les deux hommes se levèrent puis continuèrent d'avancer.
Le couloir était interminable et ils durent tournés plusieurs fois avant de trouver une porte. Elle était toute simple, faîtes de bois. Ils entrèrent et débouchèrent dans une pièce à la tapisserie rose. A en jugé par la luminosité et l'état impeccable du lieu (quelqu'un avait fait le ménage) c'était probablement l'ancien bureau de la femme d'Esterfield.
Il y avait une armoire au fond de la pièce, Sherlock la poussa avec l'aide de son frère puis découvrit une seconde porte beaucoup mieux travaillée que la précédente, c'était une cachette. La cachette qui avait permis au pauvre couturier de rejoindre sa maîtresse. Esterfield était fourbe. Il avait tué la propriétaire pour son argent, et il ne l'avait aimé pour cela aussi.
La porte conduisait à une autre pièce, encore. Il faut dire que la propriétaire était très organisée et avait tout prévu pour ses « rencontres » amoureuses. Dans cette pièce deux corps gisaient au sol. C'était les sous-fifres d'Esterfield qui avaient dû regretter d'avoir aidés le criminel. Deux portes s'offraient aux deux frères. L'une accédait au bureau d'Esterfield, l'autre aux otages. Avant de sauver tout le monde, ils allaient devoir s'occuper du monstre.
Sherlock observa les portes et déduisit de par le fait que la poignée était très abîmée, qu'Esterfield était à l'intérieur de celle de gauche. Ils entrèrent avec fracas. Sherlock qui avait l'arme à la main tira sur Esterfield dans la poitrine. Celui-ci n'eut même pas le temps de réagir. Sherlock lâcha l'arme et se précipita dans la pièce voisine. Mycroft prit le téléphone sur le bureau et appela une ambulance. Il ne savait pas dans quel état il allait retrouver les siens.
Il sortit, s'approcha de la seconde porte…et l'ouvrit…
Fin du chapitre 6 ! La suite (et aussi la fin par la même occasion) est à suivre !
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