Un silence pesant avait régné tout le long des treize heures qu'avait duré le trajet de Sioux Falls à Hernando. Pourtant, Sam avait bien essayé d'engager la conversation avec Dean et Castiel, mais, devant la froideur des réponses de l'ange et la réticence de son frère à vouloir dire plus de deux mots dans une phrase, il avait vite jeté l'éponge et c'était plongé dans la recherche d'informations sur l'affaire que leur ami ailé leur avait trouvé. Plusieurs corps avaient été retrouvés dans le fleuve qui traversait le comté. Les victimes étaient toutes mortes d'une crise cardiaque.
Arrivé dans la ville, ils prirent une chambre au premier motel qu'ils trouvèrent, Castiel, lui, prétexta une affaire urgente à régler au Paradis et s'éclipsa avant que l'un des deux frères ai pu répondre. Ils enfilèrent leur costume d'agent du FBI et se dirigèrent vers les bureaux de la police du comté. Un jeune adjoint les accueillit.
-Messieurs ? Je peux vous aider ? Demanda-t-il.
-Oui. Agent Angus et Young. FBI, déclara Dean en montrant sa plaque en même temps que son frère, nous voudrions voir les corps que vous avez repêchés dans le fleuve.
-Merci Becker ! Retournez à vos dossiers, je vais m'occuper de ces fédéraux. Shérif Donovan. Suivez-moi dans mon bureau je vous pris, déclara l'homme qui venait de pénétrer dans la pièce.
Ils entrèrent dans son bureau à sa suite.
-Vous êtes du FBI hein ? Déclara le shérif ironiquement.
-Vous pouvez appeler notre supérieur si vous voulez, lui répondit Sam en lui tendant une carte de visite.
-Non, je vous crois, déclara-t-il, c'est juste qu'on ne vous voit pas souvent par ici.
-Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur cette affaire shérif Donovan, dit Dean comme s'il n'avait rien entendu.
-Je suppose que vous avez lu les rapports... Crise cardiaque... Ils étaient tous en très bonne santé, déclara l'homme qui s'était assit à son bureau.
-Vous n'avez rien trouvé d'autre ? Demanda Sam.
-Comment ça ?
-Des empreintes, des fibres, ce genre de choses, répondit Dean.
-Vous n'avez cas allé voir la légiste. On vient encore de retrouver un corps... La morgue se trouve au sous-sol, leur indiqua le shérif.
Dean et Sam sortirent de son bureau et ce dirigèrent vers l'ascenseur qui les amena au sous-sol. Là, ils se dirigèrent vers la morgue et croisèrent la médecin légiste qui allait donner son rapport au shérif.
-Que puis-je pour vous jeunes hommes ? Déclara la légiste.
-FBI, répondit Sam en montrant sa plaque, nous enquêtons sur les morts que vous avez retrouvés dans le fleuve et on nous a dit qu'on vous en avez rapporté un ce matin.
-C'est exacte, répondit le médecin, cette pauvre fille... Je la connaissait elle était amie avec mon fils... Enfin... On l'a retrouvé ce matin vers le pont Lincoln, comme tous les autres, la cause principale de la mort est une crise cardiaque. Je suppose que vous voulez voir le corps ?
-Si ça ne vous dérange pas, répondit Dean en souriant.
Ils suivirent la légiste. Elle ouvrit un des tiroirs mortuaires et leur expliquait les résultats de son autopsie quand son téléphone sonna. Elle s'excusa et s'enferma dans son bureau pour répondre.
-Qu'est-ce que tu en penses Dean ? Dit Sam en regardant le corps étendue sur le tiroir froid.
-C'est bien une dame blanche, déclara-t-il, trouvons qui sait au plus vite, on brûle ses ossements et on s'occupe de ce qui nous amène vraiment dans ce trou.
Ils récupérèrent les dossiers des précédentes victimes et retournèrent à leur motel. Sam continua ces recherches, mais cette fois-ci il se concentra sur les accidents de la route et les morts violentes qui c'étaient produit près du pont où les corps avaient été retrouvés. Dean, quant à lui, interrogea les familles.
Le soir même, ils avaient identifié leur fantôme. Leur dame blanche s'appelait Mary Blanchar. Il y avait de cela quatre-vingts ans, elle avait massacré sa famille à coup de hache après avoir découvert que son mari l'avait trompé avec sa sœur et qu'il avait violé une de ses filles. Après son acte, elle s'était pendue au pont par désespoir ou par peur d'aller en prison. Par chance, la fameuse Mary avait été enterrée dans le cimetière de la ville.
Dès qu'ils firent cette découverte, ils décidèrent d'agir immédiatement.
Arrivé au cimetière, ils ne cherchèrent pas longtemps la tombe de la tueuse. Ils déterrèrent le corps, versèrent du sel sur ses ossements et l'aspergèrent d'alcool à brûler avant d'en faire une belle flambée. Sam sentit un regard sur lui. Il se retourna, mais il n'y avait évidemment personne. Dean quant à lui regardait le corps,ou du moins ce qui en restait, partir en fumée.
-Voilà une emmerdeuse en moins ! Déclara Dean, à la suivante maintenant !
Ils rangèrent les pèles, le sel et ce qui restait de l'alcool dans le coffre, puis montèrent dans l'impala et ce dirigèrent vers le motel pour récupérer leurs affaires, afin d'aller trouver une nouvelle chambre dans la ville voisine pour ne pas attirer l'attention sur eux et continuer tranquillement leur travail.
-Castiel n'est toujours pas réapparut, fit remarquer Sam.
-Il a surement mieux à faire que de s'occuper de deux stupides humains ! Déclara Dean froidement.
Sam le regarda. Le visage de son frère n'avait aucune expression, mais le connaissant trop bien, il devait sans doute ronger son frein. Il n'insista pas et préféra enclencher sur leur prochaine tâche, alors qu'ils pénétraient dans la ville de Pine Ridge.
-Première chose à faire en arrivant au motel : chercher où cette créature à trouver refuge, déclara Sam.
Dean ne répondit rien. Mieux que ça, il n'avait rien écouté de ce qu'il avait dit parce qu'il prié. Oui, il prié. Il adressait à son ange une prière dans laquelle il lui disait tout ce qu'il pensait.
« Cas', où que tu soit, je sait que tu m'entend ! Alors ouvre grand tes oreilles angéliques !
Je ne te blâme pas pour ce que tu as fait, mais tu aurai pu au moins me parler de tes plans. Je sais que tu as fais ça dans l'intérêt de l'humanité, mais putain Cas', pourquoi tu ne nous as rien dit !
Je t'en veux pour ça et pour ce que tu prépares encore ! Je sais que tu nous as envoyé dans ce trou pour une bonne raison et non pas pour savoir des informations sur la salope qui ruiné des mois de recherches d'un simple geste de la main ! Merde Cas', pourquoi tu te confis pas ! Je croyais que j'étais comme ton frère ! Ton meilleur ami ! Et en tant que tel j'ai le droit de savoir ce que tu prépares ! Alors où que tu sois, je veux que tu sache que la prochaine fois que tu nous fais une chose pareil je te tue ! Tu ma bien entendu Cas' ? Je te tuerais sans aucun remord! »
Côté motel, ils avaient connut mieux, mais c'était le seul qui, en cette période de vacance, n'était pas complet. Au moins, ils avaient une bonne connexion internet pour leur recherches. D'ailleurs, le lendemain, Sam avait fait une découverte stupéfiante. En trente ans, la ville de Hernando était passée de petite ville campagnarde à une agglomération où les entrepreneurs venaient se réfugier pendant les crises financières. De plus, comparé au reste du pays, la ville n'avait connut aucunes récessions, aucunes hausses d'impôts et aucuns dépôts de bilan d'un de ses commerces. Cela était bizarre. Qu'avait-il bien pu ce passer il y a trente ans pour que « ce trou », comme l'appelait Dean, deviennent une bourgade en perpétuelle expansion ?
-Je pense qu'on devrait se concentrer sur les familles qui habitent en ville depuis au moins trente ans, déclara Sam au bout de trois heures d'enquêtes infructueuses sur le net. Il y a des archives en villes, je crois qu'on ferait bien d'aller y faire un tour.
-Oui, prend les clés de l'impala, elles sont sur la table à l'entrée, moi je vais resté ici je crois que j'ai un début de migraine, dit Dean de son ton le plus convainquant.
-QUOI ! Tu vas me laisser faire tout le boulot, alors que toi tu vas rester tranquillement ici à te regarder un porno en t'enfilant une bière ! S'exclama Sam.
Dean leva les yeux aux ciel.
-À t'entendre on dirait que je ne fais que ça de mes journées, lui rétorquât-il.
Sam ne répondit pas, mais lui jeta un regard qui lui fessait bien comprendre qu'il lui revaudrai ça. Il partit. Dean, qui pour une fois ne simulait pas, s'allongea sur un des deux lit et s'endormit presque aussitôt.
Sam avait dût jouer de tout son charme et sortir ça plaque du FBI pour pouvoir accéder à la partie des archives qui concernait les acquisitions immobilières depuis trente ans. En moins, d'une heure il avait déjà fait un tri et avait sélectionné cinq familles qui pourraient entrer dans leur critère. Encore une heure, et il avait mis le doigt sur ce qu'il cherchait : une maison de style coloniale, à la sortie de la ville. Isolé. Calme. Parfait pour une créature qui ne voulait pas ce faire remarqué.
Il appela Dean. Ce dernier répondit au bout du deuxième appel.
-Hum...
-Tu dors ! S'exclama Sam surprit en regardant sa montre. Il est à peine quinze heures trente.
-Ouai bon... T'as trouvé quoi ?
-Une maison isolée, à la sortie de la ville. Quartier calme. Pas ou très peu de voisins. L'endroit parfait quand on ne veut pas se faire remarquer.
-Quelque chose me dit que c'est trop facile... déclara Dean.
-Bas, pour une fois, on va pas s'en plaindre, lui rétorqua son frère. Bon j'arrive dans dix minutes.
Dean raccrocha. Pourtant, comme il avait dit à son frère, il trouvait que cette affaire était trop simple. Quelque chose clochait et il sentait le piège à plein nez, mais comme disait son frère, pour une fois que c'était simple, il n'allait pas faire la fine bouche.
Quand Sam arriva au motel, son frère l'attendait déjà. Dean rangea leurs affaires dans le coffre et prit le volant. Il esquissa un sourire. Dans moins d'une heure toute cette affaire serait réglée, mais une petite voix lui soufflait que tout ceci ne rimait à rien. Que, malgré ce qu'il pouvait en pensé, ce n'était qu'un subtil subterfuge. Il la fit taire en allumant la radio. Une de ses chansons préférés, Travelling Riverside Blues, passé sur une des stations local. Il la fredonna tout le long du trajet.
L'impala se gara devant l'immense bâtisse. Maison de style coloniale, à la sortie de la ville, endroit calme, c'était bien là.
-Et dire que si la chasse rapportait je pourrais m'offrir une baraque pareille, soupira Dean en rangeant son colt 1911 à sa ceinture.
-Rêve pas tu pourrais même pas en profiter, lui répondit Sam.
Ils crochetèrent la serrure et pénétrèrent dans le hall. Là, ils se séparèrent pour fouiller la maison, mais elle était vide. Il ne restait plus que les traces de tableaux qui avaient dû être accroché au mur et, dans ce qui avait dû être un salon, un chaise où l'on y avait posé une rose noir et un mot où les deux frères pouvaient distinctement lire deux mots :
« Try Again ».
