Bonjour à toutes et à tous ! Nous voici réunis pour le 2e épisode des aventures fantastiques et kawaii d'Antoine et Mathieu.
Merci pour vos reviews, vos favorites et follows ! Commençons donc par la réponse aux reviews (d'habitude, je réponds par PM, mais certaines personnes n'ont pas de compte FF)
Lauryn : merci beaucoup :D j'espère que la suite te plaira autant !
Voici donc la suite, j'espère qu'elle vous plaira, et bonne lecture ! (comme d'habitude, couverture disponible sur mon tumblr.)
Angelic Warriors
Episode 2
Doutes - All you need is what I offer
"Ca y est, je l'ai !"
Antoine se précipita vers son bureau, où Richard était assis, tapant frénétiquement sur le clavier de son mini-ordinateur. Nous étions le dimanche après-midi, et à l'exception du duo, la maison Daniel était déserte, les parents du touffu étant allés au cinéma. Ledit touffu avait passé la majorité de son week-end à dormir, exténué par son premier combat. Pendant ce temps, Richard avait recherché plus d'informations sur le mystérieux Mathieu, et était enfin parvenu au but.
"Montre !"
L'écran affichait une photo de Mathieu, où il souriait, en contraste avec le personnage froid qui avait sauvé Antoine.
"Mathieu Sommet... lut le lycéen. Angelic Slayer.
- Un Élu, donc.
- Mmmh. Y'a pas grand chose de plus. Il a dix-huit ans..."
Tandis que l'ébouriffé lisait en détail le profil de l'adolescent, Richard était pensif. Pourquoi l'autre guerrier avait-il rejeté l'aide d'Antoine ? Certes, le lycéen n'avait pas fait un grande première impression, mais dans ce genre de situation, toute aide est la bienvenue, non ? Se battre seul contre ces créatures hideuses n'a rien d'agréable...
Soudain, la voix de son protégé le tira de ses réflexions.
"Hé, Richard ! Regarde ça !"
Le petit garçon se pencha sur l'écran.
"Lui, il est aidé par un mec sapé en panda.
- Hé mais, je le connais !
- Ah bon ?
- Ouais, il s'appelle "Maître Panda".
- Un peu pompeux, non ?
- Tu m'étonnes ! 'fin bon, il est assez cool, et puis il chante bien.
- Mais comment tu-
- Ça fait partie de la longue histoire très chiante que je te raconterai un jour."
Antoine jeta un regard noir à son compagnon. Il mourrait d'envie de tout savoir sur les origines de Richard, tant par simple curiosité que par la sensation d'être utilisé pour faire le sale boulot de quelqu'un. Il n'avait jamais demandé à être un héros doté de pouvoirs magiques, et voilà qu'on lui refusait des explications ! Cela avait le don de l'énerver au plus haut point. Mais bon, ils en discuteraient plus tard.
"Ouais... Mais tu remarques pas quelque chose de bizarre, quand même ? demanda le touffu.
- Non, pas spécialement.
- Regarde bien la tête du panda et de Mathieu. On dirait des jumeaux !
- Eh... Mais oui ! Maintenant que tu le dis, ça saute aux yeux.
- Alors, est-ce que ça voudrait dire que Mathieu n'est pas humain, mais vient du même endroit que toi ?
- Impossible. Mais t'as raison, c'est carrément chelou.
- Et regarde, il y a aussi le fichier de ce mec, Stéphane Sommet."
D'un clic, Antoine afficha le visage d'un homme ressemblant trait pour trait à Mathieu, excepté qu'il avait les traits plus tirés, les cheveux plus en bataille, et qu'il portait des lunettes.
"Et ce n'est pas le frère de Mathieu. Regarde : selon son dossier, l'autre taré est fils unique. Et pourtant, ce type qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau a le même nom que lui...
- Quelque chose me dit que ce gars n'est pas très net.
- Pour une fois je suis d'accord avec toi."
Richard intercepta le regard concentré de l'adolescent. Il devinait sans peine qu'il allait à tout prix chercher à résoudre le mystère entourant l'autre guerrier, alors qu'il lui fallait se concentrer sur sa mission.
"Antoine, regarde-moi s'il te plaît."
Une paire d'yeux chocolat se tourna vers lui.
"Oublie ce mec. On s'en fout. S'il défonce des ombres aussi, tant mieux, mais sinon vaut mieux l'éviter, j'ai l'impression qu'il pourrait nous attirer des ennuis.
- Mais...
- Pas de mais, ton devoir avant tout."
Levant les yeux au ciel, Antoine referma violemment le mini-ordinateur.
"Mathieu, Stéphane veut te voir !"
Le jeune homme posa sa manette sur la table basse. Son allié au costume de panda se tenait dans l'encadrement de la porte, un vague sourire aux lèvres.
"Il dit que c'est urgent. Mais rien de grave, ne t'inquiète pas.
- J'arrive tout de suite."
Le jeune guerrier quitta rapidement la pièce, avant de descendre au sous-sol de la petite maison qu'il habitait. Stéphane avait établi ses quartiers dans ledit sous-sol, et personne n'était autorisé à y pénétrer sans son accord.
En effet, la vaste pièce abritait son laboratoire, et il détestait que l'on touche à ses expériences, ou même qu'on les regarde, tant qu'elles n'étaient pas achevées. Mathieu adorait cet endroit, empli d'alambics où bouillonnaient des liquides de couleurs vives ; il aimait effleurer du bout des doigts les nombreuses machines, toujours impeccablement lustrées. Aussi, à chaque fois que le Prof - comme il le surnommait - avait besoin de lui, il était prompt à venir, impatient de voir la pièce et son occupant. Stéphane avait tendance à passer plus de temps que nécessaire dans son laboratoire, oubliant parfois même de prendre ses repas avec ses deux colocataires. Mais il en demeurait un homme d'agréable compagnie.
"Ah, mon petit Mathieu ! Je t'attendais, viens par ici."
Le scientifique le saisit par la main, l'entraînant au fond de la pièce.
"Regarde ce que je viens de mettre au point pour toi."
L'adolescent se saisit du revolver argenté et parsemé d'étoiles que son comparse lui tendit. L'objet, pourvu d'un double canon, était petit, à peine une quinzaine de centimètres. Mathieu poussa un sifflement admiratif. Il était ravi lorsque le Prof lui consacrait du temps pour lui fabriquer de nouvelles armes, bien souvent redoutables.
"Et à quoi il sert ? J'imagine que ce n'est pas un flingue banal."
Son ami lui adressa un sourire satisfait.
"Tu as tout à fait raison. Ma dernière création a deux usages : il te permet de lancer des mouchards, ainsi que des cartouches qui libéreront un nuage de fumée, te cachant à la vue de tes ennemis.
- C'est fantastique, Prof ! Pile ce qu'il me manquait. Merci beaucoup.
- De rien, mon petit. Donne ton pendentif."
Le jeune homme lui tendit promptement son collier, un disque de cuivre étincelant gravé d'une étoile en son centre.
"Je ne te cacherai pas que Maître Panda m'a aidé pour les finitions. Tout expert scientifique que je suis, le domaine de la magie me demeure encore difficile à maîtriser."
Stéphane plaça l'arme sur le pendentif, avant d'actionner un petit bouton sur la crosse de l'arme. Aussitôt, cette dernière parut se fondre avec l'artefact magique.
"Lorsque tu seras transformé, il te suffira de visualiser mentalement le revolver pour qu'il apparaisse. Entendu ?
- Parfait, Prof, merci encore. Vous êtes un génie."
Son interlocuteur rougit sous le compliment.
"Allez, file, je ne vais pas t'accaparer plus longtemps."
Il faisait noir tout autour de lui. Il n'arrivait pas même à voir son propre corps, et cette pensée l'angoissait au plus au point. Soudain, après une attente qui avait semblé infinie, il put vaguement distinguer une lueur au loin, et commença à courir en sa direction. Il était terrorisé à l'idée que plus il avançait, plus la lumière s'éloignerait, mais rien de tel ne se produisit. Enfin, il put se rendre compte que la lumière émanait de quelqu'un. Mathieu. Il n'était pas vêtu de son costume de guerrier, mais d'une simple tunique blanche, et ses poignets et chevilles étaient enserrés par de lourdes chaînes. Il aurait voulu l'aider, mais ses membres ne lui obéissaient plus, et son souffle se faisait court, et il ne pouvait rien faire, et-
"Antoine ! Debout !"
Le lycéen bondit de son lit, haletant, trempé de sueur. Un rêve. Tout cela n'était qu'un rêve. À côté de lui, Richard - qui avait repris une apparence de peluche afin d'éviter des ennuis avec les parents Daniel - lui marmonna :
"Mauvais rêve ?
- Ouais...
- Ça arrive souvent dans les jours qui suivent une confrontation avec les ombres. Tu t'y feras, t'inquiète."
Peu convaincu, le lycéen dévala les escaliers en direction de la cuisine et s'attabla devant son petit-déjeuner.
"Tu vas bien, poussin ? Tu es tout pâle et tu es beaucoup resté dans ta chambre ce week-end.
- Ouais, t'inquiète pas maman, j'avais juste un... un contrôle de maths à réviser.
- Je vois... Et tu peux me dire depuis quand tu te balades dans la maison avec Richard ?"
La quadragénaire eut un petit rire amusé, tandis que son fils regardait la peluche à côté de lui avec des yeux ronds. Il était certain de l'avoir laissée dans sa chambre.
"Euh... C'est comme un porte-bonheur. Pour les maths.
- Bon, je vois."
Avec un sourire entendu, sa mère lui posa un baiser sur le front, avant de partir dans la salle de bain. De son côté, Antoine regardait distraitement la télévision en mangeant ses Chocapics, histoire de se changer les idées. Mais les nouvelles annoncées par le journal télé étaient loin d'être bonnes ; il ne s'agissait que de guerres, de crise économique, de faits divers glauques.
"Vous les humains, vous êtes vraiment les champions pour foutre la merde... commenta laconiquement Richard. Dis, tu me files à bouffer ?
- Brosse-toi, t'avais qu'à pas me faire passer pour un gosse immature auprès de ma mère.
- Connard.
- Je sais. En plus j'ai vraiment un contrôle de maths et avec toutes ces conneries j'ai pas vraiment eu le temps de réviser..."
Une fois ses céréales terminées, l'adolescent posa son bol dans l'évier, avant de filer s'habiller. Le trajet jusqu'au lycée lui parut plus long que d'habitude, tandis qu'il s'interrogeait sur son futur en tant que guerrier. Richard l'avait prévenu, ce soir il lui faudrait à nouveau combattre. Comment pourrait-il tenir le rythme, allier ses deux vies et surtout protéger son secret ? Car oui, il avait décidé de garder tout cela secret. Inutile de mettre d'autres personnes en danger.
Enfin arrivé dans sa salle de classe, le brun prit place à sa table habituelle. Et faillit pousser un cri de surprise en ouvrant son sac. Heureusement qu'il était, pour une fois, le premier arrivé...
"Richard ?! Tu fous quoi là, exactement ?
- Bah imagine que les ombres s'attaquent à toi pendant la journée ! Je crois pas que tu sois encore capable de te débrouiller seul..."
La tête d'Antoine émit un bruit sourd en frappant le bureau. La journée allait être longue.
C'êtait la cinquième bataille d'Angelic Destroyer depuis son échec initial, et il parvenait enfin à trouver un style de combat qui lui correspondait et lui évitait d'encaisser trop de coups. Bien sûr, après chaque affrontement, il avait encore besoin de Richard pour lui masser ses membres endoloris ou lui bander ses blessures, mais il commençait enfin à se sentir confiant. Bien sûr, il devait souvent se faire violence pour s'empêcher de somnoler en cours. Bien sûr, ses parents avaient fini par remarquer qu'il était plus fatigué que d'habitude. Mais tout cela en valait la peine. Il protégeait l'humanité.
Après tout, peut-être était-il réellement fait pour être un héros ? En tout cas, c'était le sentiment qu'il avait tandis qu'il réduisit la dernière ombre en charpie.
"Bravo !" le félicita son compagnon. "Tu es prêt pour que je t'enseigne à exploiter ton pouvoir.
- Comment ça ?
- Les Elus des Étoiles sont dotés de capacités hors du commun. Tu vas voir, c'est cool, tu vas pouvoir lancer des rayons lasers et tout.
- Sérieux ?! Mais pourquoi tu m'en as pas parlé avant ?
- Parce que tu n'étais pas encore prêt, et je doute que tu le sois un jour."
Les deux bruns se retournèrent. Quelqu'un se tenait derrière eux, quelqu'un qu'ils ne connaissaient que trop bien.
"Richard, laisse-nous s'il te plaît.
- Tu déconnes ?! Je vais pas...
- S'il te plaît. Rentre à la maison, maintenant."
Haussant les épaules, Richard s'éclipsa. Après tout, le danger était écarté, et ce n'est pas comme si Mathieu allait essayer de tuer Antoine.
"Qu'est ce que tu fous là ? J'ai éliminé toutes les ombres."
Antoine essayait de paraître agressif, mais en réalité, il était assez content de revoir son rival. Cela lui permettait de dissiper l'image du rêve qui était restée ancrée dans sa mémoire... Et qui sait, peut-être pourrait-il en apprendre plus sur lui ?
"C'est ce que tu crois. Tu ne t'es pas demandé pourquoi elles t'opposaient moins de résistance que la première fois ?
- De quoi tu parles ?! Je-
- Tu sais de quoi je parle."
Le touffu serra les poings. Même si cela le blessait, il devait admettre s'être fait la même réflexion quelques jours auparavant.
"Et ton chien-chien aussi sait, mais il veut rien te dire.
- Ne l'appelle pas comme ça ! Son nom, c'est Richard.
Si ça peut te faire plaisir. Toujours est-il que tu n'as eu à faire qu'à des ombres de seconde zone depuis ton fiasco. Celles qui sont trop faibles pour représenter une réelle force de frappe, pour te tenir éloigné de la vraie menace. Que moi, j'ai combattue.
- Mais Richard m'a-
- Richard t'a envoyé sur ces ombres-là ? Ben ouais, pauvre con, histoire de t'entraîner en conditions réelles mais pas de façon trop hardcore. T'es vraiment naïf, j'y crois même-"
Angelic Slayer fut arrêté net par les mains de ébouriffé sur sa gorge. Ce dernier n'avait pas vraiment réfléchi, cédant plus à une impulsion de déception et de rage qu'autre chose. Il s'était tellement persuadé d'être enfin un combattant digne de ce nom, mais non, une fois de plus il avait échoué. Alors il retourna sa haine soudaine contre le petit brun, resserrant fortement sa prise sur sa gorge :
"Écoute moi bien, connard, je m'en fous de tout ça. Tout ce que je veux, c'est faire mon putain de boulot correctement - boulot que j'ai pas choisi, d'ailleurs - et ça prendra le temps que ça faudra. Mais si t'es juste venu pour me dire ça, je t'autorise à fermer ta grande gueule et à repartir fissa."
L'autre guerrier se dégagea sans peine de sa prise.
"Je suis venu pour te donner un dernier avertissement, c'est tout. Arrête avant que ce soit trop tard pour toi ou les autres. Qu'est ce qui se passe si tout d'un coup tu te retrouves face à un bataillon normal ? Hein ? Je vais te le dire, moi. Tu vas crever, comme une merde, et y'aura personne pour les arrêter, parce que je peux pas être tout le temps sur ton dos. Alors elles s'attaqueront aux autres, et bravo champion, à cause de toi-"
Mathieu n'avait pas vraiment anticipé que son interlocuteur se jetterait sur lui, un feu ardent dans le regard.
"LA FERME BORDEL !
- Oh, tu le prends comme ça ?!"
Se débarrassant du poids au-dessus de lui, le jeune homme matérialisa son épée, et le combat s'engagea. Mais depuis leur première rencontre, Antoine avait beaucoup progressé, et aucun des deux ne parvenait à prendre le dessus sur l'autre. Alors l'adolescent vêtu comme un marin décida de changer de tactique. Esquivant un coup de hache, faisant disparaître son arme, il illumina ses mains de doré.
"Qu'est ce que tu fous ?!
- Ce que tu pourrais faire si t'étais un vrai Élu."
Mathieu sauta, en hurlant :
"COPPER JUDGMENT BEAM !
- Mais ça veut rien-"
Antoine n'eut pas le temps d'esquiver le rayon cuivré, qui le percuta de plein fouet, l'expédiant droit dans une benne à ordures. Grimaçant de douleur, le jeune homme tenta de se relever, mais il sentit quelque chose l'entraîner en avant. Son adversaire l'avait agrippé par le devant de sa tunique, et si un regard avait pu tuer, Antoine serait certainement mort sur place. Les yeux bleus, braqués sur lui, le fixaient avec une rage peu commune. Mais le touffu lui rendit l'intensité de son regard, et puisant dans ses dernières forces, lui administra le coup de poing le plus violent qu'il pouvait, faisant saigner le plus petit du nez.
"T'en veux encore, le nabot ?
- Je-
- MAIS VOUS ALLEZ BIEN, PAUVRES IDIOTS ?"
Encore agrippés l'un à l'autre, haletants, les deux combattants se tournèrent vers celui qui avait parlé : Maître Panda. Il avait l'air furieux, ce qui choqua Mathieu, habitué à le voir posé et serein.
"Mathieu ! Tu n'as pas honte de te comporter de la sorte ? Ne t'ai-je donc rien enseigné depuis tout ce temps ?
- Mais-
- Et toi, avec la cape ! Je le redis, c'est une honte ! Vous avez été choisi de par delà les étoiles pour protéger ce monde, et vous en êtes réduits à vous entretuer ?! Et si je n'étais pas intervenu, vous seriez allés jusqu'où ?!
- Maître Panda, je voulais juste-
- Je ne veux pas de tes explications, Mathieu. Regarde dans quel état est... euh...
- Antoine, marmonna le concerné. Et je vais bien."
Ce devait être le plus gros mensonge que le jeune homme ait jamais prononcé. Il ne se souvenait pas avoir été en si piteux état : ses vêtements lacérés peinaient à cacher ses membres tremblotants couverts de bleus et d'estafilades sanguinolentes. Il était obligé de garder son œil droit clos, en raison d'un énorme hématome juste en-dessous ; et il n'était pas sûr d'être capable de marcher tant la tête lui tournait. Mathieu s'en sortait beaucoup mieux : quelques bleus, quelques coupures, une manche arrachée.
"Ce n'est pas la peine de mentir, voyons, il est clair que...
- Laisse, son égo a assez pris aujourd'hui, commenta Angelic Slayer avec un petit rire amer.
- Toi, tu te la fermes maintenant !"
Rarement Antoine avait eu autant envie de pleurer, bien à l'abri sous une couette, mais pour rien au monde ne l'aurait-il admis.
"Je sais que tu me hais. Mais je voudrais juste que tu comprennes ce qui t'attend vraiment. Si tu m'avais écouté, je n'aurais pas été obligé de faire ça.
- Mathieu, soupira Maître Panda, nous reparlerons de tes méthodes plus tard. Pour l'instant, tu sais ce qu'il te reste à faire.
- Ouais... Bouge pas."
Méfiant, l'ébouriffé obtempéra. De toute façon, il n'aurait certainement pas pu s'enfuir. Son rival lui positionna délicatement les mains sur les tempes, avant de dire d'une voix ferme :
"Nice Peace !"
Aussitôt, une douce lumière rose et des pétales de fleurs s'échappèrent de ses mains, entourant peu à peu le corps d'Antoine. Ce dernier se sentit empli d'une fatigue soudaine, et il ne put s'empêcher de s'affaisser dans les bras de l'adolescent. Et avant de glisser dans les bras de Morphée, il fut certain d'entendre Mathieu murmurer "désolé".
Bien loin de là, dans une grande salle aux murs blancs et aux colonnes de marbre, deux jeunes femmes vêtues de tuniques immaculées avaient les yeux rivés sur un écran gigantesque. Le même air inquiet se lisait sur leurs visages doux.
"Je n'arrive pas à croire que nous venons d'assister à cela. Nos Élus... Jamais je ne les aurais cru capables d'agir de la sorte.
- Il leur faudra pourtant travailler de concert s'ils veulent venir à bout de la menace qui plane sur leur monde.
- Mais justement, je crains qu'il n'utilise cette animosité à son profit..."
Les jeunes femmes échangèrent un regard éloquent.
"Allons, n'envisageons pas le pire, j'ai confiance en Richard et Maître Panda. Ils sauront les remettre dans le droit chemin.
- Je l'espère de tout cœur."
