Bonjour à toutes et à tous ! Voici enfin le chapitre 5. Désolée pour l'attente, mais j'ai fait ma rentrée en P1, donc je travaille déjà beaucoup et je n'ai plus trop le temps d'écrire et de dessiner.
Merci pour les reviews, follows et favs! J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de vos espérences. L'illustration de couverture (Mathieu en ange ~) est disponible sur mon tumblr.
Attention, la première partie du chapitre est un peu violente, avec une scène édulcorée de torture.
Bonne lecture !


Angelic Warriors
Episode 5
Confessions - Feeling out of order

"Ça va, Antoine ?"

Le jeune homme leva les yeux de ses papiers. Marie, souriante, le regardait d'un air inquisiteur.

"Euh... oui, pourquoi ?
- D'habitude tu es toujours de bonne humeur, mais depuis ce matin tu n'as pas fait une seule vanne ou un jeu de mots à la con, alors je m'inquiète un peu, c'est tout.
- Oh, c'est rien. J'ai été dormir chez un pote la nuit dernière, alors je suis un peu fatigué, rien de grave."

Tandis qu'elle se replongeait dans ses exercices de mathématiques, la jeune fille eut un petit rire.

"Quoi ?
- Ce serait pas le charmant jeune homme qui t'attendait devant le lycée avant-hier ?
- Tu veux parler de Mathieu ? Un petit châtain avec une veste en cuir noir?
- Oui, voilà ! Exactement.
- Et alors ? En quoi c'est drôle ?
- Ben, ça l'est pas, je me disais juste que vous feriez un couple très, très mignon."

La déléguée s'esclaffa, tandis que son camarade lui donnait une petite tape à l'arrière du crâne. Marie était sans doute la fille la plus gentille de la promotion, mais elle avait une certaine tendance à imaginer tous les couples possibles entre les garçons de la classe, et ces derniers n'avaient donc pas trop tendance à la fréquenter. Mais Antoine s'en fichait un peu, il trouvait en fait cela assez drôle et se joignait parfois à elle.

"Bah t'es quand même allée dormir chez lui hein ! Qui sait ce que vous avez fait, seuls, dans la chaleur de la nuit...
- Marie, on est en novembre.
- Mais Antoine, l'amour réchauffe le cœur, c'est bien connu."

Elle lui jeta un regard entendu.

"Pas que le cœur, d'ailleurs.
- T'es vraiment pas possible, hein."

L'adolescente gloussa, avant de se faire réprimander par le professeur et de retourner à ses équations. De son côté, Antoine soupira. Oui, il avait effectivement dormi chez Mathieu la veille, mais il ne s'était rien passé du tout. Simplement, il avait fait le même cauchemar que les quinze jours précédents. Enfin, ce n'était jamais vraiment le même, pour être exact ; il y avait des petites différences d'une fois sur l'autre.

Mais la trame principale, elle, ne changeait jamais. Mathieu, pourvu d'une paire d'ailes, était enchaîné, et son corps amaigri était couvert de blessures en tout genre, certaines encore ensanglantées. Il était seul dans une pièce sombre, et pleurait beaucoup. À chaque fois, Antoine voulait courir à sa rescousse, mais il ne parvenait pas à faire le moindre mouvement.
Et puis, quelqu'un entrait dans la pièce. Un double de Mathieu, vêtu de noir et de pourpre et portant, curieusement, des lunettes de soleil ; double qu'Antoine présumait être le Patron. Il s'approchait de sa victime avec un rictus malsain aux lèvres, et le captif criait, gémissait, dans l'attente de ce qui allait se passer. Le Patron posait une seule question, toujours la même :

"Alors, gamin, tu vas me la donner cette fois ?"

Et, invariablement, Mathieu répondait d'une voix tremblante, tandis qu'il fermait les yeux, en une vaine tentative de faire disparaître le monstre en face de lui :

"Non. Jamais !"

La première gifle prenait toujours place à ce moment-là. Et puis le premier coup de poing, et de genou, et de pied, et puis Antoine perdait le compte, tandis que les hurlements terrifiés de son ami et le ricanement de leur adversaire résonnait dans son crâne. À chaque fois, le songe allait un peu plus loin, le forçant à voir le brun de plus en plus torturé. Le lycéen se débattait de toutes ses forces pour mettre un terme aux souffrances de son ami, pour se jeter sur le Patron, ou même pour se réveiller ; mais il était figé, tel une statue, spectateur impuissant de ce spectacle morbide.

Et Antoine se réveillait tous les matins en pleurant, avec une solide nausée. Les cauchemars étaient extrêmement réalistes, et il lui fallait toujours quelques minutes pour se remettre de ses nuits atroces. Il se refusait à en parler, ayant trop peur de la réaction de ses amis. Ce devait être une manifestation de son anxiété, rien de plus. Ou un contact prolongé avec les ombres, comme l'en avait averti Richard. Il n'y avait aucune raison pour que ces songes signifient quoi que ce soit...

En tout cas, c'était ce dont le jeune homme essayait désespérément de se convaincre.


"Bonsoir, Antoine !"

Le jeune homme se retourna. La jeune femme qu'il avait rencontré le jour où il était devenu Angelic Destroyer se tenait devant lui.

"Vous !
- Qui d'autre ? Alors, comment se passe ta mission ?"

L'adolescent lui jeta un regard surpris.

"Ben, vous n'avez pas d'écran où je ne sais quoi pour me regarder ? C'est vous qui m'avez donné mes pouvoirs, je pensais que vous prêtiez un minimum attention à ce que je deviens.
- Si, bien sûr que je te regarde. Simplement, je voulais avoir ton avis sur la situation, ton ressenti. Et pour information : je ne t'ai rien donné du tout. Tu as toujours eu ce don en toi, en sommeil. Je t'y ai simplement... éveillé.
- Pourquoi maintenant et pas avant ?"

L'inconnue soupira.

"Inutile d'entrer dans les détails. Simplement, je sais des choses que tu ignores, et qui me laissent penser que c'est le bon moment.
- Euh... ouais. Vous allez jouer le rôle de la meuf mystique combien de temps, encore ?
- Je ne joue aucun rôle, mais tu as raison, je ne suis qu'une inconnue pour toi... je devrais au moins te donner mon nom. Appelle-moi Estelle.
- Estelle, OK.
- Je te repose donc ma question initiale : que penses-tu de ton rôle ?"

Antoine hésita. Il ressentait beaucoup de choses vis-à-vis de sa nouvelle condition.

"Je sais pas vraiment. D'un côté, c'est assez chouette d'être le défenseur badass de l'humanité, mais de l'autre, c'est quand même fatiguant, stressant, beaucoup de responsabilités et parfois flippant.
- Hm, j'imagine bien. Mais tu n'es pas seul dans ta lutte.
- Ouais, c'est vrai que mes alliés sont assez cool."

Il marqua une pause.

"Même si j'ai mis du temps à m'habituer que ma peluche d'enfance soit en fait une créature rompue au combat, mais bon. Et je suis content d'avoir un partenaire comme Mathieu, on est vraiment sur la même longueur d'onde."

Le lycéen se demanda subitement pourquoi il avait dit ça, et son regard croisa celui d'Estelle. Pour une raison qui lui échappait, il se sentait en confiance auprès d'elle, et avait l'impression de pouvoir tout lui dire.

"Je suis heureuse d'entendre tout cela, et-
- J'ai une question, interrompit le jeune homme.
- Oui ?
- Mathieu m'a dit qu'il avait régulièrement la visite d'une fille qui s'appelle Stella. Vous la connaissez ?
- Eh bien... oui.
- Et vous êtes qui, vous deux, en fait ?
- Je ne peux pas t'en dire plus à ce sujet."

Antoine leva les yeux au ciel. Il en avait assez qu'on lui cache des secrets ; il sauvait l'humanité quotidiennement, cela méritait un peu de transparence, non ?

"Merci, vous êtes décidement très utile.
- Désolée... je ne vais pas te déranger plus longtemps.
- Vous ne me dérangez pas."

La jeune femme eut un sourire triste et empli de compassion.

"Ces cauchemars te hantent, n'est-ce pas ?
- Je... oui, admit le touffu. Vous ne pouvez pas y faire quelque chose ?
- Malheureusement non... je suis navrée.
- Mais... vous savez s'ils ont un sens ?"

C'était la première fois que l'adolescent s'autorisait à admettre la possibilité que, peut-être, ses rêves n'étaient pas anodins, et cachaient quelque chose.

"Je ne le pense pas.
- D'accord, merci."

Sur ces mots, Estelle disparut, laissant une traînée de poussière dorée derrière elle. Et tandis qu'Antoine se sentait tomber, il ne pouvait s'empêcher d'avoir la sensation qu'elle lui avait menti.


"C'est vraiment un connard, ce mec, j'y crois pas !
- Antoine, tu t'attendais à quoi, c'est un peu l'incarnation du mal absolu...
- D'accord, mais je ne comprends pas... d'habitude il lance des attaques de nuit, sur des boîtes ou des trucs comme ça, mais la sortie d'une école ?! Sérieusement ?!
- Il veut nous tester, ça semble évident. Après les lycéens possédés, il s'attaque aux mômes. Ca ne m'étonne pas de lui, et honnêtement, je suis surpris qu'il ne l'ait pas fait plus tôt."

Les deux adolescents courraient aussi vite que possible, chacun tenant fermement son pendentif à la main. Antoine avait été surpris d'apprendre que Mathieu se servait encore du sien après quatre ans, alors que Richard lui avait assuré que rapidement, un guerrier pouvait se transformer sans. Mais son aîné lui avait expliqué que c'était un genre de rituel qui le rassurait et le mettait en confiance avant un combat.

"Et encore, heureusement que les gens ont pu s'enfuir à temps...
- Euh... En fait, pas vraiment... avoua Richard, qui trottinait derrière eux. Il reste trois gosses dans l'école...
- Oh putain ! On doit faire vite !"

Quelques secondes plus tard, le petit groupe arriva devant l'établissement. La police avait fait évacuer les lieux et gardait le périmètre, aussi les guerriers profitèrent d'une diversion provoquée par Richard et Maître Panda pour s'introduire dans l'école, où ils se transformèrent.

"Bon, il faut trouver ces saloperies, maintenant."

Le duo se mit en quête des ombres, et ne tarda pas à les trouver. Elles s'étaient regroupées dans la cour, entourant les malheureux enfants, se rapprochant de plus en plus d'eux.

"Il va falloir être rapides et frapper très fort !" s'exclama Mathieu. "Je m'occupe d'elles, va mettre les enfants à l'abri, OK ?
- OK !"

Depuis quatre ans, il n'y avait eu que deux fois où des humains avaient été en danger imminent, et il s'était toujours agi d'adultes. Le jeune homme raffermit sa prise sur son épée, et l'empoigna à deux mains, avant de crier :

"Bleeding Heart Blade !"

Son arme se dédoubla et les deux lames crépitèrent d'énergie. Il fonça sur les ignobles créatures, les dispersant aux quatre coins de la cour ; de son côté, Antoine profita de la panique créée par son ami pour courir vers les trois enfants.

"Vite ! Suivez-moi, on n'a pas beaucoup de temps !"

Terrorisés et en larmes, un garçon et une fillette d'une dizaine d'années hochèrent la tête. Mais le troisième était plus jeune que les autres, ayant peut-être six ans, et était littéralement paralysé de peur. L'adolescent soupira, avant de prendre l'enfant sous son bras gauche, et le groupe courut à toutes jambes. Quelques ombres se terraient sur le chemin menant à la sortie, mais le guerrier les abattait d'un coup de hache, tout en continuant à porter le petit garçon.

"Dites, monsieur, c'est quoi ces choses ?" demanda la fillette en haletant.

Antoine leva les yeux au ciel. Il n'avait jamais vraiment aimé les enfants, et il estimait que ce n'était pas vraiment le moment de répondre à des questions, étant donné qu'il leur fallait s'enfuir au plus vite.

"Rien d'important, tais-toi et cours."

La petite troupe parvint enfin à sortir de l'école, et Antoine arriva devant des policiers très surpris :

"Voilà les gamins qui étaient à l'intérieur, vous pouvez partir, moi et mon camarade nous chargeons du reste.
- Euh...
- Vous êtes sourds ou quoi ?! Dégagez au plus vite, en restant ici vous êtes en danger !"

Sans attendre la réponse de l'officier, Angelic Destroyer repartit en trombe dans l'établissement. Dans la cour, Mathieu commençait à avoir du mal à se battre ; des ombres se collaient à lui, l'entravant, ralentissant considérablement ses mouvements.
Ni une, ni deux, Antoine commença à distribuer des coups de hache et de laser. Il ne pouvait malheureusement pas utiliser son attaque aquatique, ayant trop peur de blesser l'autre adolescent dans le feu de l'action. Le petit brun s'était d'ailleurs évanoui, à la grande surprise de son ami, après avoir lancé une autre attaque ; désormais, tout reposait sur le touffu.
Heureusement, Mathieu avait fait l'immense partie du travail, et le jeune homme parvint à éliminer toutes les ombres jusqu'à la dernière.


"Ah... Oh non ! Les ombres, on doit les arrêter, on-
- Calme-toi, tout va bien. Tu es en sécurité."

Mathieu ouvrit lentement les yeux. Antoine était assis sur une chaise à côté du lit où il était allongé, et le regardait d'un air bienveillant.

"Il... Il s'est passé quoi ?
- T'es tombé dans les pommes pendant la baston.
- Oh merde... Euh... J'ai dormi longtemps ?
- Non, deux heures au plus, tu récupères vite. On a battu toutes les ombres, il n'en restait plus une seule, et tous les gosses sont sains et saufs.
- Ca, c'est une bonne nouvelle ! Mais tu vois, je me fais vieux, je n'ai même pas pu tenir jusqu'à la fin du combat. Imagine si j'avais été seul."

Antoine prit une expression grave, qui surprit son ami.

"Justement, Mat', tu n'es plus seul. Ne l'oublie pas, maintenant c'est nous deux contre ces saloperies. C'est normal que tu craques ; tu t'es battu en solo pendant quatre ans ! Pas étonnant que tu sois à bout. Et j'ai l'impression que ces trucs sont de plus en plus puissants.
- Ouais, j'imagine que t'as raison, je m'étais fait la même réflexion..., grimaça Angelic Slayer en se massant son torse entouré de bandages. Et je rêve ou tu viens de m'appeler "Mat" ?
- Ah ? Euh... rougit le touffu. Je sais pas, ça m'a paru naturel. Si ça te gêne...
- Non, pas du tout, simplement j'ai perdu l'habitude des petits surnoms. Les deux autres m'appellent tout le temps "Mathieu", alors bon."

Les deux amis bavardèrent encore un peu, mais bientôt Maître Panda leur annonça que le dîner allait être servi.

"Ca dérange pas tes parents, que tu passes beaucoup de temps ici ? demanda le plus petit du duo en se levant doucement.
- Hein ? Ah, non, ils sont contents que je sorte de ma chambre en fait." plaisanta l'autre jeune homme.

Mathieu rit, et allait sortir de la chambre, lorsqu'Antoine le stoppa net dans son élan, sa main agrippant le poignet pâle de son compère.

"Et sinon, tu comptais me le dire quand, pour les plaques noires avec des boutons dégueu ?"

Le cœur de Mathieu manqua un battement.

"Comment... comment est-ce que...
- Après que Stéphane t'a soigné, c'est moi qui me suis chargé de tes bandages. Et j'ai pas vraiment aimé ce que j'ai vu. Alors dis-moi, c'est quoi ce bordel ?"

Le jeune homme soupira, avant de se laisser tomber sur le lit.

"C'est pas... c'est pas important.
- Pas important ?! Mais tu te fous de ma gueule ?! Tu as un truc pareil sur le corps et tu me dis que c'est PAS IMPORTANT ?! Tu me prends pour un con, hein ?"

Mathieu leva le regard vers son cadet, dont les yeux brûlaient de colère.

"Et pourquoi tu ne veux rien me dire ? Tu ne me fais pas confiance ou quoi ?
- C'est pas ça, je -
- Putain, Mathieu, on est censés être partenaires, comment tu peux me cacher des trucs aussi graves ? Peut-être que-
- Tout simplement parce que je ne sais pas ce que c'est, pauvre abruti !
- Mais tu ne m'as quand même pas dit que tu avais un truc ignoble qui te bouffait le bras !
- Qu'est ce que ça change, de toute façon, bordel ?! POURQUOI TU T'INQUIÈTES AUTANT POUR MOI ?! JE SUIS PAS UN... UN GAMIN !
- PARCE QUE, PETIT CON, SI TOUTES LES NUITS TU ASSISTAIS À MA TORTURE EN DIRECT J'OSE ESPERER QUE TU TE FERAIS DU SOUCI POUR MOI !" hurla l'ébouriffé.

Choqué, son interlocuteur écarquilla les yeux, ne trouvant rien à répondre. Aussitôt, le lycéen pâlit fortement. Il n'avait jamais eu l'intention de révéler ce détail, et s'était laissé emporter par sa déception et sa peur.

"Tu... tu quoi, exactement ?
- Rien, oublie.
- Non. Non, non, non, je vais pas oublier que tu m'as dit texto que tu rêvais de moi toutes les nuits, et que je me faisais torturer à chaque fois.
- C'est... c'est pas ce que j'ai dit.
- Si, si, c'est exactement ce que tu as dit."

Antoine se tortilla, mal à l'aise.

"Alors de quel droit tu me reproches de garder des secrets ?!
- Excuse-moi, il y a une différence entre avoir une gangrène flippante et faire des cauchemars.
- Je m'en fous, raconte-moi plus de détails."

Devant l'air hésitant de son ami, Mathieu ajouta :

"Et je te promets qu'après, je te dirais tout ce que je sais ou plutôt, tout ce que j'ai deviné sur ce que j'ai.
- Bon... bon. OK."

Le jeune homme entama donc le récit de ses songes, et Angelic Slayer ne perdait pas le moindre de ses mots. Mais, soudain, un détail le frappa :

"Attends... tu dis que le Patron veut quelque chose de moi ?
- Exact.
- Mais quoi ?
- Je ne sais pas. A chaque fois, il dit juste "donne-la moi."
- Hmm... qu'est ce que ça pourrait bien être... Attends, peut-être que... peut-être est-ce quelque chose que je lui ai pris le jour de sa création ? Pas que je me souvienne de lui avoir pris quoi que ce soit, mais, éventuellement, par accident... si je me concentre... je... ah, je... ngh...
- Euh, Mat' ?"

L'adolescent était recroquevillé sur lui-même, la tête entre les mains, et poussait des gémissements de douleur.

"Mathieu ?!
- Je... je ne sais plus... aaaah, ma tête, elle va exploser...
- Allonge-toi, je... je reviens tout de suite !"

Tentant d'ignorer les cris de son ami, Antoine dévala les escaliers jusqu'à la cuisine, où Maître Panda et Richard étaient attablés devant une assiette de pâtes.

"On vous a appelés, mais-
- Venez vite, Mathieu a un gros problème !"

Surprises, les deux créatures grimpèrent jusqu'au premier étage, alertant Stéphane au passage. Et tandis que Richard et le scientifique emmenaient le jeune homme au laboratoire, qui servait également d'infirmerie, le touffu fit le récit des événements à Maître Panda, du réveil de Mathieu jusqu'à son malaise.

"Si j'ai bien compris, il s'est senti mal alors qu'il repensait au jour où il s'est éveillé à ses pouvoirs ?
- Oui.
- Pas étonnant..., marmonna le panda. Antoine, écoute-moi attentivement, reprit-il en se saisissant des épaules de l'adolescent. C'est très important, et de cela dépend la vie de Mathieu, et sans doute celle de beaucoup plus de personnes.
- Oh... d'accord ?
- Il ne doit jamais, jamais se souvenir de ce qui s'est passé ce jour-là.
- Mais pourquoi ?
- Je ne peux malheureusement pas te le dire, mais je t'en prie, fais-moi confiance. Si la mémoire lui revenait, les conséquences en seraient plus que désastreuses. S'il te plaît, ne réaborde pas le sujet avec lui.
- Euh... bien. Je le promets.
- Bien. Allons voir ce qu'il devient."

Maître Panda quitta promptement la chambre, et Antoine le talonna. Fort heureusement, le jeune guerrier allait bien, et une bonne nuit de repos lui suffirait à se rétablir.

Ce soir là, Angelic Destroyer eut beaucoup de mal à trouver le sommeil. En quoi le souvenir du jour où Mathieu était devenu un guerrier pourrait-il lui nuire ? Cela n'avait aucun sens... mais Maître Panda en savait sans nul doute plus que lui ; aussi décida-t-il de ne pas tenter le diable, et se jura de respecter sa promesse.