Des ruines.
Voilà donc tout ce qui restait du sublime royaume qu'était Samarkand. Il soupira et s'avança entre des colonnes brisaient et des murs à moitié détruits et tachés du sang de ses frères. Plusieurs squelettes gisaient au sol, leur sang s'étant incrustés dans la pierre autour d'eux. Il ne s'attarda pas sur les dépouilles et se dirigea droit vers le seul bâtiment encore debout, une tour. Une haute tour, recouvert en grande partie par la végétation et qui lui donnait l'air d'être légendaire. Et dire qu'il y avait quelques siècles de cela, il dirigeait, en grande partie, l'armée qui protégeait cette magnifique cité désormais détruite à tout jamais...
Il pénétra dans la bâtisse et croisa le regard d'un portrait. Le tableau, défraîchit par le temps, n'avait rien perdu de sa beauté. Ou plutôt de la beauté froide qu'il représentait. D'ailleurs, les deux yeux gris qui y étaient peints le transperçaient de part en part comme si le portrait cherché à le sonder. Tient, des yeux gris ? Il ne se rappelait d'elle qu'avec des yeux verts pourtant... Il secoua la tête. Liliael, celle à cause de qui tout avait commencé. Celle qui se disait Conseiller Suprême et qui l'avait banni pour avoir voulût essayer de sauver leur peuple qui se mourrait ! Celle qui lui avait promis d'en faire son roi quand elle serait sur le trône ! Celle, enfin, qu'il avait toujours aimé et qu'il aimait encore à son plus grand malheur... Mais bientôt, ce ne serait plus le cas ! Elle lui avait pris ce qu'il avait de plus cher dans ce monde, son fils. Un fils qui n'avait eu que quelque minute de vie. Un fils qu'il n'eût pas le temps de connaître, car enlevé trop tôt à la longue vie qu'il aurait dû avoir. Un fils qui fut tué pour le simple fait que sa mère n'eut pas voulut sacrifié sa vie pour le sauver. Il se souvenait encore très bien de la scène.
« Cela faisait déjà plus de neufs mois qu'ils avaient été enfermé. Le couronnement de son amante avait été annulé et, chaque jour depuis leurs arrestations, ils subissaient de violentes tortures qui avaient pour but de les « rééduquer » comme le disait si bien le Conseiller Suprême, le père sans cœur et froid d'une fille tenue caché aux yeux de son peuple jusqu'à son couronnement. C'était Liliael qui subissaient les plus horribles. Son père savait qu'elle attendait un enfant, car il était frustré de ne pouvoir obtenir de sa propre fille le nom du père. Mastêma était parti, dès leur arrestation ,à l'autre bout du royaume et ne lui avait donc pas révélé de qui il pouvait bien s'agir. Mais le vieux souverain, s'étant toujours douté que sa fille fréquentait un seconde classe, le fessait tous les jours assister au supplice de sa belle. Le jour où l'enfant arriva, son père lui laissa une dernière chance de sauver sa vie ainsi que celle de son bébé, mais elle préféra se taire et, quand le travail fut fini, le bébé, ayant été au préalable examiné par un guérisseur pour s'assurer qu'il était bien vivant et non mort-né, fut plongé dans un baril d'acide. Puis, quand cette horreur fut faite, le vieil homme donna l'ordre de faire en sorte que sa "Chère'' fille ne puisse jamais plus avoir d'héritier. »
Il fit bruler le tableau. Lui, Henoch, le premier Zodiac à entrer au Conseil, comment avait-il put aimer une femme aussi vicieuse et fourbe ?! Il allait lui faire payer la mort de son fils, de son frère, de sa famille, de Samarkand et celle de son cœur. Mais comment tuer une créature aussi puissante que le Dieu qui les avaient créé ? Ça, il n'en avait aucune idée, mais la Grande Bibliothèque devrait surement le savoir, elle qui contenait, en son sein, l'histoire de leur peuple et la source de son pouvoir.
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-Qu'est-ce que tu me raconte là ! Tu n'as jamais été enceinte ! Lui rétorqua son frère excédé.
-J'ai passé neufs mois dans la plus cruelle des prisons de notre Royaume ! Tous les membres du Conseil et le personnel de l'Intelligence Suprême était au courant ! Alors, NE ME FAIS PAS CROIRE QUE TU NE SAIS PAS DE QUOI JE PARLE ! S'écria Liliael faisant voler en éclat les vitres autour de la chambre.
Au moins, il pouvait constater que sa chère sœur avait retrouvé tous ses pouvoirs vue la puissance de sa voix... Mais non il ne se souvenait pas de cela, pour la bonne et simple raison qu'il ne se trouvait pas dans le palais à se moment-là !
-Tu... Père n'aurait jamais fait ça ! Tu.. Ta mémoire doit-être altérée.. J'avoue que je ne sais pas vraiment de quoi tu parles, mais, je... Je crois que je n'étais pas dans le Royaume quand tout ceci s'est passé.. Dit-il en essayant de se souvenir.
-Mais bien sûr.. Lâcha-t-elle en le foudroyant du regard.
Elle lui tourna le dos, rassembla ses affaires et prit son sabre. Sans ajouter une parole, elle se dirigea vers Sam et lui repris l'amulette.
-Et bien rafraichis toi la mémoire ! Finit-elle par dire de son ton glaciale en lui jetant le bijoux et en se dirigeant vers la porte.
Sam et Castiel se regardèrent sans vraiment comprendre. Elle se tourna une dernière fois vers eux, salua Castiel et son regard s'attarda un instant sur le chasseur qui la regardait. Deux yeux verts qui, la supplier de rester, de les aider à comprendre.
-Castiel et toi, Sam, allait retrouver Dean. Et préparez vous, le monde tel que vous le connaissez et sur le point de prendre fin... Lâcha-t-elle en détournant le regard des deux yeux verts qui lui provoquaient un sentiment étrange.
Elle ouvrit la porte et était sur le point de partir quand son frère la retint.
-Où comptes-tu aller !
-Réparer mes erreurs ! Et je t'interdis de me suivre où je te jure que se sabre sera la dernière chose que tu verras ! Ta place est avec eux ! Ton destin ne dépend plus de moi ! Lui répondit une Liliael déterminée qui se dégagea avec facilité de l'emprise de son frère.
Comprenant ce qu'elle contait faire, il essaya tant bien que mal de la retenir.
-Ne fais pas ça ! Je t'en supplie... Lili !
Mais c'était déjà trop tard. Sans un dernier regard, elle avait disparu, ne laissant derrière elle qu'une vieille amulette qui scintillait doucement dans la main d'un Balthazar qui semblait désemparé.
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Dean se trouvait dans le cimetière où lui et Sam avaient vu leur père pour la dernière fois. Il était assis, appuyé contre un arbre qui fessait face à la porte des enfers. Un bruissement d'ailes dérangea le silence qui régnait dans ce lieu de paix.
-Tu en as mis du temps pour venir me faire ton sermon, Sam.
-Dean, il faut que tu m'écoutes attentivement. Je sais que tu détestes Liliael, mais il faut que tu me fasses confiance.
-Je te fais toujours confiance, mais pas à elle ! Pas à cette vipère !
-Lily n'est pas une vipère ! Elle est partie se sacrifier pour tous nous sauver ! Alors, écoute ton frère et réfléchi bien à la décision que tu vas prendre ! S'exclama un Balthazar qui commencé à en avoir marre de l'attitude de ce foutu chasseur envers sa sœur.
-Quand on aura besoin de toi, on te sonnera ! Alors maintenant tu la fermes ! Lui lança froidement le foutu chasseur en question.
-Dean, tu devrais te calmer. Écoute les arguments de Sam. Tu n'as rien à perdre... Intervint alors Castiel.
-Pas toi Cas'... Je ne sais pas ce que vous attendez de moi, mais ça ne présage rien de bon...
-Dean, Liliael est partie combattre le Zodiac... Elle veut réparer ses erreurs du passé et tous nous sauver en ce sacrifiant ! Ce Hénoch veut tuer Liliael pour se venger de la mort de son enfant. Elle ne doit pas mourir Dean ! Alors, est confiance en mes choix et aide-nous à la sauver !
Balthazar s'était éloigné du groupe et se retrouvait en transe à cause de l'amulette. Toute la vie de l'avatar défilait devant ses yeux. Pendant ce temps-là, nos trois compères se disputaient pour ce qui était de sauver la vie de Liliael. Bien évidemment, Dean était contre, mais il commençait à changer d'avis.
-Ok, si on va sauver votre nouvelle amie, on fait comment. L'un de vous sait-il où elle est ? Demanda Dean. Une idée Balthazar ?
L'appel de l'aîné des Winchester le fit revenir à la réalité mais lorsqu'il voulut répondre, Castiel le pris de court et répondit à sa place.
-Elle est sûrement au palais. C'est là-bas qu'elle va le retrouver.
-Comment tu peux savoir pour le palais ? Seul les avatars connaissent sont existence !
-Je l'ai toujours su. Comme toute l'histoire de votre espèce.
-C'est un problème qu'il va falloir régler dès que l'on aura retrouvé Lily...
Il leur tourna le dos et ses trois compagnons ne purent voir la larme qui coulait le long de sa joue.
(**)
Il était arrivé à un grand escalier de marbre qui avait miraculeusement résisté à la destruction du royaume. Une ombre sur sa droite, l'interpella. Hénoch se retourna. Rien, à par peut-être les fantômes d'un passé glorieux qui devaient encore hantés ces lieux... N'ayant plus la patience de rechercher cette stupide salle, il se téléporta directement sur les lieux.
La Grande Bibliothèque n'avait rien perdu de sa beauté. Elle était encore plus belle que dans ses souvenirs. Les vitraux, bien que certains soient brisés, laissaient entrer les rayons du soleil et emplissaient la pièce d'une nuance de jaune or, de rouge sanguin, d'orange flamboyant et de bleu d'opale. Un stupide archéologue humain se serait sans doute déjà demandé comment une si belle salle avait pu rester en l'état après des siècles d'abandon, mais pour un Avatar la réponse était simple: le Conseiller Suprême n'étant pas mort, l'Arbre de Vie continuerai à faire pleuvoir sur le monde les bienfaits de ses pouvoirs et contribuerait encore à la stabilisation des différentes dimensions qui le composaient. Certes, les moines qui s'occupaient de lui étaient morts il y avait de cela bien longtemps, mais l'Arbre, qui se trouvait au milieu de la pièce, n'avait rien perdu de sa splendeur. C'était un chêne plus que millénaire, dont la légende racontait qu'il avait été planté par le Créateur, lui-même, ému par la création du tout premier Avatar. Mais ce n'était qu'une de ces stupides histoires que l'on racontait aux Non-Initiés, la réalité était beaucoup plus noire. Le sang avait coulé en ces lieux et, bientôt, il sera le théâtre de la Dernière Bataille. Celle qui déterminera la destiné de ce stupide monde remplit de créature plus cruelles les unes que les autres. Celle qui verra ou non le retour du Grand Peuple. Celle qui verrait le premier Zodiac sur le Grand Trône. Hénoch posa une main sur l'écorce vivante, pour en ressentir le pouvoir. L'arbre, semblant apprécier se contact, laissa sa ramure bouger lentement au rythme des battements du cœur de l'Avatar.
-Bientôt, mon vieil ami, tu seras le symbole d'une nouvelle destinée. Lui murmura-t-il presque avec amour en s'éloignant fouiller la pièce à la recherche de l'objet de sa venue.
