Bonsoir à toutes et à tous ! Après deux semaines d'attente, voici enfin le chapitre 6. Il n'est pas très riche en action, mais il pose les bases des prochains chapitres qui, eux, déborderont d'adrénaline !
Comme d'hab', couverture dispo sur mon tumblr (et elle représente Estelle et Stella !)
Merci pour vos reviews, favs et follows, ils me font incroyablement chaud au cœur w bonne lecture !


Angelic Warriors
Episode 6
Questions - Can you tell me who I am

"D'après ce que Mathieu m'a dit, personne n'a la moindre idée de ce dont il souffre.
- Exact." acquiesça Maître Panda.

Lui, Antoine et Richard étaient assis dans le salon, tandis que Stéphane était affairé dans son laboratoire et en profitait pour garder un œil sur le convalescent.

"Mais... Vous n'avez même pas de soupçons ?
- Je pense qu'il s'agit d'un genre de maladie contractée après une trop longue exposition aux ombres, soupira le panda.
- Comment ça ? intervint Richard. Ça fait que quatre ans, et c'est pas comme si il était vachement en contact avec elles. Il les défonce plutôt vite.
- Eh bien... en fait, pendant un certain temps, Mathieu s'est malheureusement beaucoup battu au corps-à-corps, et contrairement à Antoine, son costume ne dispose pas de gants... Toutefois, je le redis, ce n'est qu'une théorie. Je serais surpris que le fait de simplement toucher ces choses puissent causer de tels symptômes.
- Et... Ça se manifeste par quoi, à part des bubons dégueulasses ?"

Le lycéen fixait le sol, ses poings serrés et tremblants.

"Il n'y a pas tant de symptômes que cela, le rassura le protecteur de Mathieu. De la fatigue, de rares évanouissements, et les sautes d'humeur dont je vous avais parlé. Ce qui nous inquiète, c'est l'évolution de son cas. Il y a encore deux mois, la maladie n'avait pratiquemment pas évolué en un an, mais depuis, elle semble s'aggraver de jour en jour... Antoine, est-ce que ça va ?"

Le jeune homme s'était levé, l'air furieux.

"Vous êtes quoi exactement, toi, Richard et les deux nanas dans l'espace ?
- Pardon ?
- Tu m'as bien entendu, connard. Vous croyez que vous pouvez débarquer un jour comme ça dans la vie des gens et leur annoncer que, bah tiens, faut aller défoncer des créatures dangereuses pour sauver l'humanité ?! Et que même si on survit on finit par contracter une maladie dégueulasse qui va finir par faire pourrir notre corps et nous rendre dingues ?! Parce que c'est ça qui se passe avec Mathieu !
- Calme-toi ! lui intima l'ancienne peluche. Ce n'est pas-
- Ah toi ta gueule, hein ! Pourquoi vous vous en chargez pas vous-même ?
- Je te l'ai déjà dit, nous ne pouvons rien contre elle, nous ne sommes pas des guerriers angéliques, nous-
- Mais j'ai jamais demandé à être un putain de guerrier angélique moi ! Surtout que, bande de salopards, vous avez jamais précisé qu'on était condamnés si on se battait !"

A présent, Antoine écumait de rage, et avait empoigné Maître Panda par le col de son costume.

"On est de la chair à canon, c'est ça ?! Vous vous en foutez pas mal de nous, tout ce qui compte c'est d'avoir de quoi se battre contre les ombres, hein ? Alors vous nous avez fait penser qu'on était des héros, qu'on avait la classe, quand vous aviez juste besoin de quelqu'un pour faire le sale boulot ? Espèce de-"

Avant que l'adolescent n'ait le temps de se montrer plus violent, il s'effondra au sol, et porta la main à son cou, avant d'en retirer une petite flèche.

"Désolé, Toinou, mais j'avais pas d'autre idée pour te calmer, vu que tu nous écoutais pas vraiment. Panique pas, tu vas juste être paralysé pendant une petite demi-heure, t'as qu'à en profiter pour écouter c'qu'on a à te dire."

Incapable de bouger, pestant contre les deux créatures, le touffu finit par accepter d'écouter leurs explications.

"Richard et moi venons de très loin, commença le panda. Nos maîtres nous ont confié une tâche : veiller sur les élus célestes de ce monde, et les protéger. Inutile de dire que j'ai échoué. Malgré tous mes efforts, Mathieu a fini par développer cette chose...
- Mais, articula difficilement Antoine, comment vous nous avez trouvés ?
- On a été placés sur vos routes, sous la forme de peluches, expliqua Richard. J'te laisse deviner l'apparence de Pandi-Panda jusqu'à ce que Mathieu devienne un guerrier.
- Mais ça n'a pas de sens ! N'importe qui aurait pu vous acheter.
- Nan, tu te souviens pas de comment tu m'as trouvé ?"

Le lycéen ne répondit pas, forcé de reconnaître que le garçon avait raison. Un matin, alors qu'il avait environ cinq ans, il était sorti pour aller jouer au parc, et avait trouvé une peluche devant le pas de la porte. Un petit foulard brodé du nom "Richard" était accroché à son cou ; et bien qu'il avait perdu ce bout de tissu, il avait toujours conservé le jouet.

"Tu crois que j'suis arrivé là tout seul peut-être ?
- Ouais... Mais alors pouquoi Maître Panda et Stéphane ont la même tête que Mat' ?"

Le protecteur d'Angelic Slayer jeta un coup d'œil rapide à son homologue, avant de répondre :

"Stéphane n'a rien à voir avec moi, et je ne peux pas te dire comment il est... venu à la vie. Mais si je partage le visage de Mathieu, c'est parce que j'ai été crée ainsi. Moi-même, j'ignore pourquoi, mais si je venais à en connaître la raison, je te le dirais.
- Oh. Et... pourquoi Mat' et moi on a des pouvoirs, en fait ?"

Richard haussa les épaules.

"C'est comme ça. Chaque planète, chaque monde a ses protecteurs, et c'est tombé sur vous, pas de bol.
- C'est marrant mais autant avant je vous croyais, autant là, plus trop. Deux protecteurs pour sept milliards d'habitants ?! Tu te fous de moi ?
- Non, j'te jure. En tout cas, c'est ce que nos boss nous ont dit, alors si t'es pas d'accord, vois-ça auprès d'eux.
- Mais-
- Il se passe quoi, ici ?"

Mathieu se tenait dans l'encadrement de la porte du salon, les yeux à demi-clos de sommeil, les cheveux ébouriffés. Sans nul doute, le bruit de la dispute l'avait attiré, et voir Antoine allongé au sol, l'air furieux, devait l'avoir plus que surpris.

"Qu'est ce que tu fais là, toi ? demanda Richard.
- Stéphane m'a dit que je me suis évanoui...
- Ah, euh, oui, tu devais être épuisé. Tu devrais aller dormir bien au chaud dans ta chambre, d'accord ? Tu l'as bien mérité.
- Merci, Maître Panda. Mais quelqu'un peut m'expliquer pourquoi Antoine est par terre ?!
- C'est une longue histoire, pas très intéressante.
- J'insiste.
- Et moi j'insiste pour que tu ailles te coucher, Mathieu.
- Je ne suis pas un enfant, tu n'as pas à-
- Laisse tomber, Mat'."

Le jeune homme regarda son ami touffu, étonné. Mais le lycéen lui adressa un clin d'œil discret, et Mathieu comprit qu'il aurait des explications un peu plus tard, aussi s'éclipsa-t-il dans sa chambre. De son côté, Antoine ne tarda pas à s'endormir sur place, un peu aidé par une fléchette de son ancienne peluche.


"La condition de Mathieu a empiré, n'est-ce pas ?"

Stella hocha tristement la tête.

"Il a besoin de plus en plus de médicaments pour se contrôler, je crois qu'il en est à dix comprimés par jour, maintenant. Et il - m'a avoué que les voix dans sa tête ne lui parlent plus seulement le soir, mais également la journée de temps en temps.
- Oh non...
- Et elles lui disent toutes la même chose : d'essayer de se souvenir. Alors, il m'a demandé de quoi il était censé se souvenir-
- Tu ne lui as pas répondu, j'espère ?!"

Estelle avait pâli, et aggripait fortement le bras de son amie.

"Tu me prends pour une idiote ?! Je lui ai dit que je n'avais pas la moindre idée de ce que cela signifiait, et que le mieux était de les ignorer.
- Stella !"

Estelle avait à présent une posture indignée, le reproche clairement lisible dans ses yeux.

"Tu ne te rappelles pas de ce que nous nous étions promis ?
- De ne pas mentir, je sais, mais-
- Et ?
- Et alors ? Qu'aurais-tu fait, à ma place ?
- Je n'aurais rien dit.
- Et comment faire confiance à quelqu'un qui refuse de répondre à tes questions ?
- C'est toujours mieux que de mentir... Mais... J'imagine que je peux comprendre."

Stella eut un sourire piteux.

"J'aurais préféré lui dire la vérité, tu sais.
- Je sais. Mais je sais aussi les conséquences que cela aurait eu. Et je regrette tellement que lui et Antoine aient été mêlés à tout cela..."


Le samedi matin avait été calme. Antoine et Mathieu avaient dormi, tandis que Stéphane s'était enfermé dans son laboratoire, l'air mystérieux et inquiet. De leur côté, les deux derniers du groupe s'étaient retranchés dans la cuisine pour discuter.
Ce fut Mathieu qui réveilla son cadet.

"Yo. Bien dormi ?
- Tu parles, ce connard de Richard m'a tiré une fléchette soporifique dessus... ça, il va en entendre parler, crois-moi."

Son interlocuteur éclata de rire. Le touffu était adorable au réveil, ses cheveux d'ordinaire ébourrifés encore plus en bataille, sa petite voix ensommeillée très mignonne. Et puis, il ne portait pas ses lunettes, révélant ses prunelles d'une couleur marron magnifique. Et le cœur de Mathieu battait un peu plus vite quand le regard du lycéen croisait le sien, mais jamais il ne l'avouerait.

"T'as des trucs à me raconter, toi.
- Comme ça, là, sans petit déj ?!
- Je suis parti en reconnaissance, y'a Pandi-Panda et Pluto qui squattent la cuisine. Mais regarde..."

Le petit brun tira un paquet de biscuits de sa table de nuit.

"Au cas où. Parfois, après une mission, je me réveille à quatre heures du matin et je crève la dalle, donc ça m'évite de me lever.
- Pas mal."

Le duo grignota donc la nourriture, tandis qu'Antoine faisait le récit des évènements de la veille.

"Hmm... C'est quand même bizarre qu'ils ne soient pas plus précis. Mais après tout, ils ont sans doute leurs raisons...
- J'en doute pas mais ça reste assez frustrant. Tu n'en avais jamais parlé à Maître Panda, avant ?
- J'ai essayé, mais lorsqu'il se doutait que j'allais aborder le sujet, il changeait aussitôt la direction de la conversation... soupira Angelic Slayer.
- Et Stéphane ?
- Stéphane n'a pas l'air d'en savoir plus que nous.
- Oh. Alors... peut-être que..."

L'ébourrifé hésita, comme s'il allait honte de ce qu'il s'apprêtait à dire.

"Peut-être que ? l'encouragea son ami.
- Peut-être que quelqu'un d'autre a des réponses."

Mathieu se figea.

"Tu ne penses quand même pas...
- C'est juste une proposition ! s'empressa de se justifier l'adolescent aux lunettes. Genre, on le bat, on le capture et-
- Même si on arrivait, qu'est ce qui te ferait croire qu'il serait prêt à nous donner des réponses ?!
- Je sais pas ! Je propose juste quelque chose...
- Je sais bien..."

Mathieu regarda son camarade. Cela ne faisait qu'à peine un mois et demi qu'il était devenu Angelic Destroyer, et ce n'était pas surprenant qu'il cherche des réponses à ses questions. De son côté, l'aîné du duo avait accepté son quotidien pourtant rocambolesque comme la norme il y avait bien longtemps, et avait renoncé à comprendre, ayant toujours eu un mur en face de lui lorsqu'il s'interrogeait.

Soudain, alors qu'ils allaient continuer leur conversation, la porte de la chambre s'ouvrit brusquement et Richard s'exclama :

"Ah, vous êtes réveillés ! Venez vite, on a un truc urgent à vous montrer. Ça peut pas attendre.
- OK, on arrive."

Les deux guerriers suivirent l'ancienne peluche dans le salon, où les attendaient Maître Panda et Stéphane. Ils s'assirent sur le canapé face à la télévision, s'interrogeant sur ce qui pouvait bien préoccuper les trois autres.

"Si l'on vous a convoqués, c'est parce que Stéphane a remarqué quelque chose de très inquiétant. Je le laisse expliquer."

Le scientifique se leva, avant de s'approcher de son ordinateur, où il s'affaira pendant quelques secondes avant de diffuser une vidéo sur l'écran de télévision.
Il s'agissait d'un extrait du journal télévisé de la veille, plus précisément d'un micro trottoir au sujet d'une proposition de loi. La vidéo durait environ deux minutes, et les guerriers angéliques échangèrent un regard surpris : qu'y avait-il d'étrange ? Comme d'habitude, la grande majorité des personnes interrogées étaient contre la proposition ; rien d'alarmant.

"Prof, je suis pas sûr que ce soit le bon -
- Enfin, Mathieu ! T'arrive-t-il de te servir de tes yeux ?! Je vais vous montrer !"

L'homme en blouse blanche relança la vidéo, mais cette fois, il fit un arrêt sur image.

"Regardez le cou de cette demoiselle ! Vous ne remarquez rien ?"

Les deux adolescents poussèrent un cri de surprise et d'horreur. Un petit bouton noir et rouge se détachait sur la peau pâle de la jeune femme.

"Oh non... gémit Antoine.
- Je suis sorti dans la rue, tout à l'heure, et un nombre non négligeable de personnes arboraient ces boutons de malheur... et encore, ce n'est pas le pire, annonça gravement Stéphane, en arrêtant la vidéo sur un vieil homme. Regardez son front. Il y a une cicatrice caractéristique.
- Mais comment... Il... Ça veut dire qu'il enlève des gens et les infecte ?! réalisa Mathieu, paniqué.
- Exactement, soupira Maître Panda.
- Il nous gardait occupés avec les ombres, mais c'était ça son vrai plan... Faut admettre que ce salopard nous a bien eu, admit Richard.
- Ça n'a pas de sens, objecta Mathieu. De une, s'il possède les gens, pourquoi ne lance-t-il pas d'attaque ? De deux, comment pourrait-il avoir infecté et contaminé autant de personnes sans qu'on s'en rende compte.
- Eh bien, il se trouve que je pense avoir les réponses à ces questions. À mon avis, si contaminer ou infecter ne coûte pas grand-chose, prendre le contrôle de l'hôte doit être assez onéreux en énergie. De plus, il doit y avoir un temps de latence entre la contamination et le moment où le bouton apparaît... Mon hypothèse est que le lycée d'Antoine a servi d'expérience au Patron, et qu'il a commencé à infecter et contaminer d'autres humains la nuit même. Ce qui laisse penser que le délai d'incubation serait de trois semaines, environ.
- Ça... Ça voudrait dire qu'à l'heure qu'il est, tout le monde pourrait être touché ?!
- Ne nous emballons pas, mon jeune ami ! Je ne pense pas que le Patron ait le pouvoir de contaminer chaque être humain, même si cette horreur semble pouvoir se transmettre d'humain à humain. Mais il nous faut agir au plus tôt.
- Ça va être dur, on ne connaît pas l'emplacement de son repaire, rappela Antoine.
- En fait, si, cela fait deux jours que nous sommes enfin parvenus à le localiser, triompha Maître Panda. Mais nous attendions d'avoir un plan valable avant de lancer un assault.
- Enfin, là, faut se rendre à l'évidence, on va devoir improviser, y'a plus de temps à perdre." conclut Richard.


Il était vingt-trois heures quatorze, à en juger par la montre incrustée dans son bras droit. Stéphane étouffa un bâillement, il n'avait pas dormi ne serait-ce qu'une minute depuis deux semaines, et arrivait à sa limite.
Le lendemain serait le jour de l'attaque sur le quartier général de l'ennemi. Antoine était rentré chez lui, il savait pertinemment ce qu'il risquait, et avait tenu à passer la soirée ainsi que le dimanche matin avec ses parents. Mathieu avait vaguement essayé de terminer d'écrire un script qu'il avait débuté pour un petit film amateur, mais le scientifique avait appris à connaître le garçon, et savait qu'il était bien moins calme qu'il en avait l'air.

Inspiré par les adolescents, Stéphane n'avait pu s'empêcher de questionner Maître Panda et Richard à son tour quant à ses propres origines, mais sans plus de résultats. Alors, il avait passé le reste de la journée à cogiter, à couvrir des feuilles de gribouillis. Il avait ressorti ses vieux brouillons, et après cinq heures de calcul et de réflexion intense, tout était enfin devenu clair. Il y avait longtemps qu'il s'était interrogé sur d'où il venait, et pourquoi il avait été créé ce jour-là, quatre ans auparavant.
Et le récit des rêves d'Antoine, que lui avait rapporté Mathieu, s'était révélé être le déclic, la pièce manquante du puzzle.

Vers dix heures, alors que le jeune guerrier était parti se coucher, Stéphane était monté dans le salon, pour la première fois de sa vie tremblant d'excitation et d'appréhension. Après avoir fermé la porte de la pièce, il s'était laissé tomber sur le fauteuil en face de Richard et Maître Panda, et avait murmuré, la voix chevrotante :

"J'ai tout compris."

Il avait exposé son hypothèse aux deux créatures, avec la rigueur d'un scientifique présentant une découverte révolutionnaire à ses semblables. Et il avait bien vu, aux expressions de son audience, qu'il avait visé juste, aussi invraisemblable que cela paraissait, aussi affreux et triste.

"Je suis impressioné, Stéphane, l'avait complimenté le petit garçon aux oreilles en fourrure. J'aurais jamais deviné seul, le panda a dû tout me raconter.
- Merci. Et Maître Panda... en ce cas... je comprends que tu ne veuilles rien dire à Mathieu, il en serait dévasté.
- Oui.
- Oh, mais... J'y pense, cela explique sa maladie, non ?
- En effet.
- Ainsi que pourquoi tu n'as pas le pouvoir de la soigner ou pourquoi tu ne lui expliques pas ce dont il s'agit ?"

Les larmes aux yeux, Maître Panda avait hoché la tête.

Et à vingt-trois heures quinze, après avoir passé en revue les événements de la journée, l'homme à la blouse blanche avait pris sa décision. Il accompagnerait les quatre autres dans leur combat contre le Patron. Il ne resterait plus en arrière, il prendrait des risques juste comme eux.


Mathieu n'arrivait pas à trouver le sommeil. Il savait pertinement qu'il aurait besoin d'être au maximum de sa forme le lendemain, mais il ne pouvait s'empêcher de penser que cela risquait d'être sa dernière nuit. Et même s'il comprenait tout à fait le désir d'Antoine de passer du temps avec sa famille, il ne pouvait s'empêcher de regretter que le touffu ne soit pas avec lui.

"Tu l'aimes, hein, cette larve humaine."

Le jeune homme bondit de son lit. Cette voix... ce n'était pas la sienne. C'était celle qui lui murmurait toujours "souviens-toi", et c'était la première fois qu'il l'entendait dire autre chose.

"Qui êtes-vous, à la fin ?!" pensa-t-il de toutes ses forces.

Aucune réponse ne lui parvint.
Le jeune homme se laissa retomber sur le dos. Bien sûr, la voix avait vu juste, mais il ne voulait pas l'admettre. De un, il n'y avait aucune chance pour que ses sentiments soient partagés. De deux, il était un fucking guerrier, il n'avait pas le droit d'être dans une relation amoureuse. Cela ne pourrait que mettre son partenaire en danger... même si, à bien y réfléchir, ledit potentiel partenaire se mettait en danger tout seul en étant lui même un combattant.
Mais il était déterminé à n'avoir aucune faiblesse, et était certain que de toute façon, ce n'était qu'un petit coup de cœur passager.