Elle réapparut dans un champ en friche.Liliael poussa un profond soupir.Pourquoi fallait-il que ce soit toujours quand une importante bataille se profilait que les scandales éclataient ?Elle secoua la tête.Elle pensait comme l'humaine qu'elle n'était pas.Voilà, le résultat d'une centaine de siècles passés sur Terre au milieu de ces stupides hominidés, qui ne se doutaient même pas que ce soit un monstre mythologique, selon leurs termes, qui dirigeait l'une de leur entreprise les plus fleurissantes, pensa-t-elle avec un petit sourire.Elle regarda autour d'elle.Le champ devait sans doute avoir servi pour la culture fruitière, comme le témoignait les quelques arbres plus que centenaires qui dressaient encore leurs branches vers un ciel bienveillant.Au loin, s'élevait encore des tours, fantômes majestueux du passé d'un peuple trop vite tombé dans l'oubli.Elle se dirigea vers ses dernières.Bientôt, le chemin boueux qu'elle suivait et qui encrassait ses bottes d'argile collante, fut remplacé par une ancienne route pavée de marbre.Quelques kilomètres de plus et elle put contempler les vestiges des remparts de la cité qui avait repoussé dans le temps beaucoup de leurs ennemis.Quand, elle les atteignit, elle fut accueillie par un ancien soldat, dont le squelette était appuyé contre le rempart, un poignard lui transperçant la poitrine.Alors, elle hésita.Devait-elle vraiment entrer dans la cité qui avait jadis été le siège de sa puissance ?Était-elle vraiment obligée d'affronter les fantômes d'un passé encore trop présent au plus profond de son être ?Mais elle ne pouvait pas le laisser agir.Tout avait commencé ici, et tout serait réparé ici.Ses erreurs lui seront pardonnées quand elle aurait enfoncé son sabre dans le cœur de ce Zodiac qui avait voulu détruire sa si belle création.Non !Cette fois-ci, elle ne ferait pas preuve de pitié !Le passé resterait le passé et ses sentiments, qui avaient depuis longtemps étaient remplacés par la haine, motiveraient sa rage.Elle s'avança, donc, d'un pas décidé à travers les ruines, enjambant les corps qui se trouvaient sur son chemin.Samarkand.Elle devait bien reconnaître que cette chère vieille cité lui avait manqué.Ici, elle avait passé les plus belles années de son règne.Elle se rappelait encore ses sorties où, déguisée en simples suivantes, elle se perdait dans la foule, contemplant avec ravissement les trésors que ses sujets pouvaient ramener de leurs différents voyages et qu'ils vendaient dans les différentes boutiques qui emplissaient sa cité.Elle se rendit compte que des larmes coulaient sur ses joues et qu'elle s'était arrêtée devant une ancienne stèle dressait en l'honneur des plus grands souverains qui avait dirigeaient avec bienveillance et fermeté le royaume.Tous ses prédécesseurs seraient retournés dans leurs tombes s'ils avaient su ce qu'était advenu de l'immense et magnifique cité qu'ils s'étaient appliqués à construire.
Elle chercha un nom en particulier.Le nom de la première femme au pouvoir.Sa mère.Elle aurait tant voulut pouvoir la voir ne serait-ce qu'une dernière fois...
Elle allait se détourner du monument quand une inscription attira son attention :

En ce lieu repose les corps de tout ceux que la Grande Conseillère a laissé mourir afin de satisfaire sa soif de destruction

L'inscription ne datait que de quelque heures et lui était destinée ne connaissait d'ailleurs qu'un seul être qui pouvait détruire un si précieux morceau d'histoire sans aucun remords.D'ailleurs, l'énergie résiduelle de son pouvoir flottait encore dans l'air.Hénoch.Elle ne s'était donc pas trompée.Lui aussi était retourné dans leur monde pour leur dernière bataille.En même temps, elle pouvait le comprendre, ce lieu n'était égalé par rien au monde.Mais, le connaissant, il avait sans doute une idée derrière la tête.Elle frissonna.Qu'allait-il encore pouvoir inventer pour faire régner le chaos ?

(**)

Il ragea.

Pourquoi ce stupide coffre lui résistait ? Au moins, il pouvait constater que les moines savaient protéger leur trésor.Malheureusement pour eux, il n'avait pas le temps de jouer aux énigmes.D'un geste impatient, il fit brûler le coffre en bois doré qui se trouvait devant lui.Quand il ne fut plus que cendres et braises fumantes, il s'avança et recueilli, au cœur du brasier mourant, l'arme qui y était posé.Un sabre magnifique, qu'il prit soin de poser près d'un des vitraux pour pouvoir le contempler.Il était un véritable bijou de ferronnerie.Le fil de la lame, long d'une bonne trentaine de centimètre, était gravé des caractères originaux de leur langue et scintillaient légèrement sous les quelques rayons de soleil colorés qui venaient les caresser.Le tsuba, en ivoire, était frappé des armoiries de la dernière grande famille de Conseillers qui avait régné sur la cité.Un phénix, symbole majestueux d'une famille qui avait toujours su se relever malgré les épreuves qu'elle avait dû traversé.La poignée, plus simple, n'était faite que d'une simple pièce de cuir bouilli et noirci par le temps.Il le prit délicatement entre ses mains.Quelques gouttes de sang séché avaient résisté au temps et le maculé partiellement de rouge.Hénoch étira ses lèvres en ce qui ressemblait à un simulacre de sourire.Cela fessait bien longtemps qu'il ne l'avait pas revue.L'arme qui avait fait couler le sang d'un futur Conseiller.L'arme qui avait scellé le sort de tout un peuple et qui avait envoyer sur le trône un imposteur.Du moins, il considérait Liliael comme tel.
Il n'avait plus qu'à trouver cette catin royale et lui enfoncer son arme dans ce cœur ampli de venin.
Il allait se téléporter au bas de la tour quand, à travers l'un des vitraux brisé, il remarqua une silhouette qui venait de s'arrêter devant une stèle qu'il avait pris soin de compléter à sa manière.Finalement, il n'aurait peut-être pas à redescendre sur cette stupide planète qu'il prendrait un grand plaisir à martyriser quand tout cela serait terminé.Liliael était venu à lui et se jetait tout droit dans son piège.(**)Deux légers bruissements d'ailes perturbèrent le silence de la vieille cité.Elle soupira, priant silencieusement que ce ne soit que des oiseaux, quand une main se posa sur son épaule.-Lili...Ne fais pas ça...
-Je fais ce pourquoi je suis venue au monde mon frère.Répliqua-t-elle de son ton déterminé.Elle se releva et se retourna pour faire face à son frère, mais fut surprise de constater qu'il n'était pas venu seul.-Comment ont-ils put te suivre ici ?Seul un Avatar connait l'emplacement exact de ce monde !
-Castiel nous a amenés !Lui répondit Dean comme si c'était l'évidence même.Liliael regarda l'ange.Son regard, surpris par ses révélations, le sonda un instant.-Comment connais-tu ce monde ?Aucun ange à ma connaissance n'a, ne serait-ce, qu'entendu parler de l'histoire de mon peuple ! Lui demanda l'avatar.
-Je l'ai toujours su.Lui répondit Castiel. Je connais l'histoire de ton peuple et celle de se Royaume comme si elle avait fait partie de ma vie.Je ne saurai dire pourquoi, mais même avant de te rencontrer, je savais qu'un peuple vieux comme Père avait vécu.Un peuple fier et tellement beau que même Père en pleura de joie.
-Répond moi Castiel !Et surtout ne me ment pas !Lui lança très sérieusement une Liliael qui commençait à perdre patience.Elle le regarda droit dans les yeux.Son regard n'était rien d'autre que de la glace à l'état pure.Mais très vite, elle détourna son visage et, soupirant d'exaspération, se dirigea vers un enchevêtrement de pierre et de végétations.Elle n'avait pas le temps de s'attarder sur ce point, du moins pas avant d'avoir régler son compte au Zodiac qui la narguait allègrement depuis quelques heures et dont l'inscription sur le marbre blanc du monument avait fait naître en elle une flamme de colère.Quand elle aurait enfin mis la main sur cette abomination, elle lui ferait connaître la colère d'une Suprême.De toute façon, elle n'aurait pas le choix.Ce sera lui ou elle...Mais le regard vide d'un des nombreux squelettes se posa sur elle quand elle se fraya enfin un chemin à travers les ronces qui avaient envahi le perron de ce qui était jadis l'entrée secondaire du palais principal de la cité.Contre son grès, une larme roula de ses yeux.Non...Elle ne devait pas craquer...Mais ce fut plus fort qu'elle et elle tomba à genoux.Pourquoi avait-elle détruit ce monde !Pourquoi avait-elle envoyé son peuple à une mort certaine !Hénoch avait peut-être raison alors, elle n'était rien d'autre qu'un imposteur et une usurpatrice...Elle n'était plus digne de se trouvaient dans ses lieux et elle pensa un instant qu'elle ferait peut-être mieux de s'enfoncer son arme au plus profond de son cœur au lieu de se lancer dans un combat perdu d'avance.
Les larmes s'étaient faites plus nombreuses au fur et à mesure qu'elle plongeait dans le doute.Liliael ne savait plus quoi faire.Devait-elle vraiment se battre ?Pourquoi faire couler du sang dans un lieu qui en à suffisamment recueillit pour l'éternité ?Deux bras la firent se relever et elle se retrouva bientôt coller à son frère.Elle essaya de le repousser, mais son corps n'en avait plus la force.Elle se résigna donc à serrer Balthazar dans ses bras.Un souffle chaud près de son oreille lui indiqua qu'il essayait de lui parler.-..Sache que Père aurait été fière de toi.Il ne te l'a jamais dit, mais il t'aimait.Il t'aimait d'un amour aussi fort que celui qu'il portait à mère.Tout ce que tu as fait dans cette cité n'en n'a rendu que le monde meilleur.Tu dois savoir que beaucoup des principes que tu as fait appliquer ont été repris par la plupart des plus grandes civilisations humaines...D'ailleurs se sont vraiment t'as plus belle création...Et ce que tu as fait, qui n'était certes peut-être pas le meilleur des choix que tu aies pu faire ma sœur, à permis à ces magnifiques créatures de se développer en paix !Alors, reprends-toi !Ne baisse pas les bras alors que tu touches bientôt au but !Bientôt, grâce à toi ce monde sera débarrassé d'un monstre !Et, quoi qu'il arrive, ma très chère Liliael, je serai là pour te soutenir...
-Tu ne comprends pas...Soudain, un bruit sourd les interrompit.Un pan d'un des rares murs encore debout, venait de s'écraser au sol manquant de peu le frère et la sœur, toujours enlaçaient, révélant une dizaine de squelettes qui, jadis, avaient été des gardes, étaient encore appuyé contre leur pilier respectif, une lance transperçant la poitrine de quelques-uns.-Bon, vous vous embrasserez plus tard !Leur dit Sam en regardant un point derrière Liliael qui venait de repousser doucement son frère et qui s'était retourné vers les deux chasseurs.
-Il a raison...Mais ce combat n'est pas le vôtre !Castiel ramène-les dans leur chambre de motel.Je suis désolé, mais ceci n'est pas votre destin...
-Quoi !Mais...Commença Dean.
-Écoutez... Je sais ce que vous devez penser de moi, Dean, mais je ne suis pas un monstre...J'ai sauvé votre monde, mais cela m'a couté.J'ai commis une énorme erreur et il est temps pour moi de la réparer !Maintenant, ces ruines sont son territoire et il mettra en œuvre des forces qui vous détruiront pour m'atteindre personnellement !
-Vous atteindre !Je vous ferai dire que si vous ne le détruisez pas, c'est notre monde qui va subir ce fils de pute !Alors, arrêter de penser à vos fesses et laissez-nous vous aider !Lui rétorqua le chasseur blond froidement.Un silence se fit.On entendait plus qu'un lointain cliquetis.-Vous ne comprenez pas...Cela vous paraît peut-être égoïste, mais vous ne connaissez pas Henoch.Il utilisera ma principale faiblesse pour me faire le plus de mal possible et faire en sorte que je sois totalement anéantie pour en finir, et ma faiblesse, ce sont vous, stupides humains !Lui répliqua Liliael en se rapprochant des deux chasseurs et posant une de ses mains sur chacun d'eux.
-Liliael, s'il vous plaît laissez-nous vous aider...La supplia doucement Sam.
-Vous reprendrez votre vie là où vous l'aviez laissé en vous mettant sur ma piste et vous ne vous souviendrai de rien...Sachez juste que je fais ça dans votre intérêt.Dit-elle en s'efforçant d'ignorer les paroles du plus jeunes des deux frères et son regard suppliant.Vous avez un grand destin qui vous attend, Dean et Sam Winchester, alors, profitez bien de votre vie tant que vous le pouvez encore.Une lumière vive les entoura dès qu'elle eut prononcé ses mots et ils disparurent.

-Lili...
-Ce n'est pas le moment Mastêma...
-Je préfère Balthazar, si ça ne te dérange pas, lui rétorqua l'intéresser en souriant.
-Qu'importe le nom que tu portes désormais !Vous deux vous restez-là !Moi, je vais accomplir ce pour quoi je suis revenue.Déclara l'avatar d'un ton dur.
-Hors de question de te laisser y aller seule !
-Je ne resterai pas ici à attendre que cet Henoch t'arrache ton cœur !Tu es mon amie Lili...
-Comme tout cela est touchant !Regardez-moi ça !Deux anges essayant de convaincre la Grande Liliael de les laisser se sacrifier à sa place !C'est tellement...Pathétique !Lança alors une voix derrière le petit groupe que formé les trois compères.Il se tenait là, devant eux, arme à la main, les fixant d'un regard dont les yeux d'un bleu profond auraient fait frissonner n'importe quel humain.Le sourire qu'il affichait ne leur annonçait rien de bon.
Une joie qu'elle ne pouvait s'expliquer, envahit alors le cœur de Liliael à la vue de son ex fiancé.Il n'avait pas changé.Tout comme elle, il était resté tel qu'il était quand elle avait banni du beau visage, qui lui rappelait vaguement quelqu'un, lui fit étirer ses lèvres en ce qui aurait été un sourire si elle ne s'était pas reprise à temps !
Que lui prenait-elle !Elle ne devait pas se laisser distraire par cette abomination !L'heure était grave et les risques trop grands !Il fallait en finir maintenant, car Henoch, leur fessait face, attendant que l'apogée de leur destin s'accomplisse.