Un souffle de vent passa entre eux.
Les deux camps, bien qu'inégaux, se fessaient face. Au dehors de la bâtisse, les nuages s'amoncelaient à l'ouest et un orage grondait au loin. Ce temps-ci rappelait aux fantômes qui hantaient la cité, une journée bien triste où, eux et l'ensemble de leurs frères et sœurs, avaient quitté le monde des vivants. Balthazar voulut ce mettre entre Liliael et Henoch, mais un geste de sa soeur l'en dissuada.
-Tu sais plus rien ne m'étonne, venant de toi; je me doutais que tu ne viendrais pas seule. Tu as toujours été d'une remarquable lâcheté. Déclara Hénoch avec un petit sourire.
-Tais-toi... Lui lança pour toute réponse une Liliael qui se battait contre de douloureux souvenirs.
Ce qu'elle ressentait, c'était le pouvoir de son ancien amant. Quand il n'était encore qu'un simple soldat, il aimait par dessus tout torturer les prisonniers en les enfermant dans les plus mauvais moments de leur vie. Pourtant, elle savait qu'elle ne devait pas l'écouter. Elle devait le tuer. Si elle ne le fesait pas, il se ferait un immense plaisir de la faire souffrir. Et puis, il n'y avait pas qu'elle. De ce combat dépendait la vie de milliards d'êtres humains. Sortant de ses pensées, elle se reconcentra sur le discours de celui qui avait toujours compté pour elle.
-...Tu as détruit sans aucune pitié ton peuple ! Tes propres frêres et soeurs ! Tu étais censée nous protéger. Tout faire pour que nous puissions redevenir ce que nous avons été. Un Grand peuple ! Mais non, toi tu as toujours voulut aimer ses stupides humains. Tu as été jusqu'à aider ce « Dieu » pour créer ce qu'il appelle des anges. Personne n'a compris ton choix, mais comme tu étais sur le Trône, tes désisions n'ont pas été discutées. Ils n'ont pas vu que tu étais malade. Que tu n'étais plus toi même depuis que notre fils est mort.
-Arrête ton baratin et finissons en ! Accomplissons ce pourquoi nous somme là ! Ton sang sellera pour toujours l'histoire d'un peuple qui n'est plus que poussière !
Il s'avança.
Balthazar, n'y tenant plus, se mit entre lui et sa soeur.
-Ne t'approche pas ! Un pas de plus et tu ne seras plus de ce monde !
Hénoch le regarda et éclata de rire.
-Qu'est ce qu'un ange pourrait faire contre moi ? Parce que c'est tout ce que tu es à présent mon cher ! Tu n'as plus les capacités pour m'affronter ! Crois-tu vraiment que ta très chère soeur t'as réduit à une espèce d'emplumé puant l'humanité rien que pour te sauver, toi, la personne qu'elle a toujours détesté ? Toi, qui la livra au Roi son père et qui s'enfuit à l'auttre bout du Royaume pour ne pas être le spectateur d'une injustice ?...
-Tais-toi ! Lui lança Liliael qui n'écoutait déjà plus. Prend ton arme et bas-toi !
Mais il ne l'entendait pas et continuait à s'adresser à Balthazar.
-... Si j'étais toi je me serai déjà arraché les ailes pour sautait dans une cuve d'acide et en finir avec ce monde. Je ne te tuerais pas encore mon cher ami, mais aujourd'hui tu vas assister à la mort de celle par qui tout à commencer.
Son regard, aussi glacial que la voix qui venait de prononcer ses mots, se posèrent sur Liliael.
-Lili... Regarde à quoi nous en somme réduis, toi et moi... Tu as commis une erreur et bientôt je la réparerai. Bientôt, et grâce à toi, un nouveau peuple renaîtra de ses cendres. Le peuple du Phoénix reprendra sa place et j'en serai le nouveau maître.
Il déploya ses ailes et se jeta sur Liliael. Les deux sabres s'entrechoquèrent et des étincelles volèrent. Comme pour accompagner les deux êtres, le vent se leva. L'orage, qui se trouvait à quelques kilomètres de là cinq minutes plutôt, les entourèrent bientôt. Les éclairs zébraient le ciel et le tonerre fesait trembler la terre.
-Castiel ! Il faut qu'on parte ! S'écria Balthazar pour ce faire entendre par dessus la rumeur de l'orage.
-On ne peut pas laisser Liliael ! Il faut qu'on l'aide ! S'écria, à son tour, l'ange aux yeux bleus.
-On ne peut plus rien faire ! L'avenir de la Terre se joue en ce moment, sous nos yeux, et la vie de milliard d'êtres humains sont entre leurs mains ! Liliael sait ce qu'elle à faire ! Et si ce combat devra être son dernier, elle le gagnera.
-Mon frère... Part si tu le souhaite, mais moi je ne peux la laisser !
-On a pas le choix !
Et sans rajouter un mot de plus il attrapa l'ange du jeudi et se volatilisa dans un éclair qui ne laissa derrière eux qu'un trou béant. Le rire glacial d'Hénoch emplit l'air.
-Tu es seule ! Personne ne viendra pour te sauver cette fois ma chère ! Il n'y a plus de Conseil Supprême, ni de peuple pour te couvrir. Aujourd'hui tu mourra ! Inutile de jouer les héros ! Il est bien trop tard pour cela !
Pour toute réponse, le katana de Liliael plongea dans son épaule, lui fesant lâcher son arme. De rage, il déploya ses ailes et alla se poser sur le toit de l'une des tours de l'ancien palais et abattit son pouvoir sur son adversaire. Pensant avoir triomphé, il sourit au nuage de poussière qui montait doucement dans l'air, entourait par la foudre qui frappait inlassablement le champs de bataille, créant ainsi une sorte de cage électrique autour des deux adversaires. Mais il se dissipa bien vite quand, emmergeant du nuage, un filant de sang coulant de sa bouche, Liliael se posa en face de lui.
-Tu croyait vraiment pouvoir me vaincre avec de la foudre Hénoch ! Aurais-tu oublié qui je suis ?Lui lança avec un sourire une Liliael dont les yeux avait prit la couleur de l'orage qui grondait au-dessus d'eux.
Elle ne lui laissa pas le temps de répondre. Jetant son sabre pour un combat égal, elle l'envoya d'un coup d'aile rouler au loin. Avec un sourire presque cruel et sans une once de chaleur, elle s'avança lentement vers lui. Henoch se releva difficilement et leva son regard vers le visage de son ex-fiancée. Il ne la reconnaissait plus. Les traits fin, qu'elle arborait jadis, avaient été remplacé par une détermination sans égal et son regard glacial et décidé ne lui laissait aucun doute sur l'issus du combat. Ce serait elle ou lui. Mais dans le second cas, elle ne le laissera pas gagner aussi facilement. Elle se battrait bec et ongle. Mais il savait.. Il savait qu'elle n'était plus elle même. Ce regard il l'avait déjà vue. C'était le même regard qu'elle avait adressé à son père le jour où il lui avait retiré son fils. Le même regard quand elle lui enfonça le poignard royal en plein coeur. Le même regard qu'elle avait dût adresser à son peuple le jour où elle pris la décision de détruire ce royaume. Elle n'était plus Liliael, Avatar de haute naissance. Elle était redevenu la Liliael qu'il avait aimé jadis, une tueuse de sang froid et qui ne reculait devant rien. Une femme déterminé et qui n'aurait jamais dû régner. Tombant à genoux, plus par la douleur que lui causer son épaule que par résignation, il se mit à rire nerveusement.
-Tu ne trouves pas que cette situation est cocasse.. Toi et moi se battant ici, dans la cité qui nous à vue naître, pour la sauvegarde ou l'anéantissement d'un peuple que nous avons nous même créé...
Liliael, surprise, s'arrêta.
-Je ne vois ce qui a de drôle ! Je ne suis pas là pour prendre le thé avec toi, mais pour me battre ! Lève-toi.. Lui répondit-elle en s'avançant vers lui et en lui tendant sa main.
Il la regarda un instant et l'a saisi. Quand il fut levé, leur regard se croisèrent. Aucuns ne dis mots et ils restèrent, là, au milieux de l'orage qui grondait autour d'eux, à se regarder, chacuns combattants les souvenirs du passé. Une minute... deux... trois... Liliael voulut délivrer sa main de la poigne de son adversaire, mais il l'attira à lui, la planquant de se fait contre son torce.
-Hénoch...
Un baiser brûlant, humide et salé se posa sur ses lèvres, faisant ainsi taire la phrase qu'elle s'apprétait à lui dire. Un baiser qui, aussi pationné qu'il fût, ne put faire cesser l'afflux des larmes qui montaient à ses yeux. Cela faisait si longtemps...
-Je t'aime... Pardonne-moi...
Un instant un froid la traversa, mais la douleur le remplaça bien vite. Elle tomba à genou, sans comprendre.
-Hénoch ? Le questionna-t-elle en porta ses mains à son ventre.
-Je suis désolé... Ne put-il que lui répondre en se détournant, cachant ainsi les larmes qui commençait à rouler sur son visage et échappant au regard de son amante.
Levant ses mains devant ses yeux, Liliael les découvrit rouge. Rouge du sang que le traitre venait de faire couler.
-Regarde-moi ! Lui cria-t-elle.
Il s'éloigna d'elle. Ce traître venait de la poignardé et il la laissait là, seule, agonnisante ? Il n'en était pas question ! Elle allait lui faire payer et ainsi accomplir son devoir ! Un devoir envers sept milliards d'êtres humains. Elle ne pouvait pas le laisser faire ! Serrant les dents, elle se releva, priant pour qu'elle ne tombe bas dans le néant avant d'avoir fini ce qu'elle avait à faire.
-Regarde-moi Hénoch ! Lui cria-t-elle une fois de plus, plus déterminée que jamais.
L'intéressé ce retourna. Il la comtempla un moment, mais se reprit bien vite. Il ouvrit la bouche, mais elle fut plus rapide.
-Tu te trompes, ce n'est pas moi qui doit mourir ici !
Rassemblant les dernières forces qui lui restaient, elle déversa sur lui toute la rage et toute la colère qu'elle avait accumulées en elle depuis ce jour funeste où elle prit une effroyable décision. Luttant pour ne pas flaichir, elle avança. Elle le voyait lutter, se rendre coup pour coup, mais toutes ses tentatives étaient veines et bien vite, bien que mortellement blessait, elle le maîtrisa. Les mots n' étaient plus suffisant pour exprimer ce qu'elle ressentait. Elle luttait contre la mort, elle voulait le voir mourir avant elle. Alors, lentement et avec précision, elle enfonça sa main dans le torce de son bien-aimé, y farfouilla un moment, puis referma sa main sur son coeur. Elle tenait maintenant sa vie entre ses mains. Elle le regarda un instant de plus. Dans son regard se lisait la résignation. Il savait. Il l'avait toujours su que leur histoire se finirait ainsi.
-Pourquoi fais-tu durer ce moment ? L'interrogea-t-il. Doutes-tu de ce qu'il te reste à faire ? Il est bien trop tard pour reculer ma belle. Le dénouement est proche et il ne tient qu'à toi d'en finir là, maintenant...
Sans un mot, elle plongea son regard dans le sien. Elle devait le faire... Mais en avait-elle la force ? Deux yeux verts lui revinrent en mémoire. Deux yeux verts, qui la suppliaient de laisser leur propiétaire l'aider dans son combat.
-Je ne suis plus rien que le traitres qui a voulut te voler ton trône à tes yeux... Tues-moi et vas le retrouver !
Elle le regarda sans vraiment comprendre, mais le doute avait fait place une fois de plus à sa véritable personnalité et un sourire sadique, presque pervers, lui répondit alors que, sans qu'elle la contrôle véritablement, sa main resserait peu à peu son étreinte avec une lenteur calculé sur le coeur de l'homme qui se trouvait maintenant à genoux, criant sa douleur et la priant, la suppliant, de l'achever ! Cela prit bien dix bonnes minutes, avant qu'elle ne sente le dernier battement de vie de son amant d'antant et avant de sentir les dernières gouttes de sang qui l'emplissaient couler sur sa peau. Alors, reprennant peu à peu contrôle de son corps, elle laissa les larmes emplirent son visage alors que le cadavre, inerte, venait s'écrasait à ses pieds. Elle même tomba à genoux, les yeux toujours fixé dans ceux, désormais sans vie, d'Hénoch. Laissant les gouttes cristalines s'écrasaient sur le visage de son amant du passé elle déposa une dernière fois ses lèvres sur les siennes et lui rendit, un peu tard, le baiser que ce dernier lui avait donner un peu plus tôt.
Henoch était mort.
La Terre était sauvée et Samarkand allait pouvoir sombrer dans les ténèbres d'un repos bien mérité. Mais Liliael n'en retira aucune joie. Il ne lui restait plus qu'à mourir, ici, seule, loin de tous ceux qui tenait ne serait-ce qu'un minimum à elle.. Mais elle s'en fichait.. Elle n' était plus qu'un corp dont la vie, gouttes après gouttes, s'enfuyait. Elle avisa un pillier à moitié détruit qui se trouvait près d'elle et se traîna jusqu'à lui avant de si adosser et, dans un dernier effort, prononça les quelques mots qui détruiraient, une fois pour toute, sa maison.
