Alexiel974: les critiques sont toujours bonnes à prendre je ne t'en veux pas, en effet pour l'âge de Jo, il faut mieux considérer qu'il ait 16 mois, s'agissant de ta 2ème remarque, lol, l'ambiguïté est voulue et tu comprendras pourquoi

voilà la suite!


Le regard fixe sur un point du mur, Elizabeth était présente physiquement dans son bureau, mais son esprit vagabondait en un autre espace temps. Le visage indéchiffrable d'émotions, seuls ses yeux étaient le défaut de ce bouclier presque parfait. On y lisait tant de souffrance et de culpabilité. Pourquoi? Voilà l'éternelle question qu'elle se posait depuis deux ans? Une question qui n'aurait malheureusement aucune réponse et qui demeurerait un des grands mystères de sa vie. Pourquoi ais-je fais ça? Prisonnière de son passé, elle ne cesserait jamais de se demander à partir de quand tout avait dérapé pour eux.

Elizabeth reporta son attention sur son fils qui était tranquillement en train de jouer dans son parc, enfin, tranquille n'était pas vraiment le terme exact puisque le petit vouait une grand passion pour le démontage de ses jouets ou pour les casser .

Johnatan. Devenir parent vous oblige à inculquer des valeurs à votre enfant, or lorsque l'on est soit même une personne sans valeurs, comment peut-on se prétendre être parent? Mais seule, Elizabeth n'avait pas le choix, et ferait donc de son mieux à cette fin. Son fils avait besoin d'elle. Il n'avait plus qu'elle.

- « Elizabeth » appela Rodney à l'embrasure de la porte.

La jeune femme sursauta légèrement à l'entente de son prénom.

- « Désolé de t'avoir fais peur » s'excusa t-il en entrant.

- « Rod » appela Johnatan en se mettant debout sur ses jambes, mais son équilibre était quelque peu précaire.

- « Oh ma guimauve » fondit le canadien en prenant Johnatan dans les bras.

Elizabeth se laissa attendrir par le portrait idyllique que formait Johnatan et Rodney. Ce dernier essayait d'apprendre une nouvelle fois à son fils de prononcer son prénom entièrement et non à moitié. Il était si étonnant que Rodney se montre si ... « gaga » avec son fils, alors qu'il avait toujours clamé de tout temps son antipathie pour les enfants. La raison de ce revirement de comportement était certainement dû aux liens qui l'unissaient à son père. C'était même sûr et certain. Bien que trop pudique pour le confirmer, son fils représentait l'ami que le canadien avait perdu. Il revoyait en lui certains de ses traits physiques, et notamment comportementaux. De surcroît, Rodney se sentait investi d'une mission, celle de prendre soin de lui à défaut de présence de paternelle. Touchée, Elizabeth pensait néanmoins que ce rôle ne lui incombait pas, qu'il avait sa vie à mener sans qu'il n'ait le besoin de s'encombrer d'un fardeau. Mais s'occuper de Johnatan n'était en rien un fardeau pour Rodney, il prenait cette mission à coeur. A l'étonnement de tous.

- « Je suis certain qu'il fait exprès de mal prononcer mon prénom, juste histoire de m'enquiquiner! » s'exclama Rodney en le regardant dans les yeux comme s'il essayait de le faire avouer.

- « Mais bien sûr Rodney, ce n'est pas comme si à treize mois un enfant parlait couramment sans la moindre faute de français » lui répliqua t-elle d'un ton qui ne soulevait rien d'autre que du sarcasme.

Une attitude qui ne ressemblait en rien à la jeune femme, qui aurait même énormément surpris en temps ordinaire, sauf que maintenant ce n'était plus le cas, tous s'étant habitués à la nouvelle Elizabeth.

- « Non, mais avoue que ça pourrait être le cas. Je suis certain que c'est dans ses gênes » argumenta t-il en faisant des grimaces à Johnatan qui riait aux éclats.

Et merde. Parfois, il ferait mieux de réfléchir un peu plus avant de parler.

- « Je ... je suis désolé » se confondit-il en excuses. « Je sais qu'aujourd'hui est un jour particulièrement difficile pour toi. »

- « Je vais bien » lui assura t-elle. « Dis moi plutôt pourquoi tu es là »

Rodney montra par un signe de tête l'horloge mural.

- « La réunion, mince j'ai complètement oublié. J'arrive tout de suite Rodney. » s'affola t-elle en se hâtant de ranger quelques rapports en désordre sur son bureau.

Rodney l'observa une fraction de seconde.

- « Quoi? » s'enquit-elle en le voyant l'épier.

- « Rien, je me demandais... je me demandais juste où est passé Elizabeth. » fit-il, mélancolique avant de tourner les talons avec Johnatan dans les bras.

Elizabeth le suivit du regard avant de dire :

- « Elle est morte il y a deux ans. »

Morte, le jour où il mort.

Aujourd'hui, elle n'était plus qu'une mère, une dirigeante; mais la femme, elle, n'existait plus. En ne vivant que pour Johnatan et son travail, elle se punissait. C'est ma sentence et je l'accepte, pensa t-elle le coeur lourd.

A partir d'une dispute, plus virulente que d'ordinaire certe, mais une dispute avait suffit pour que sa vie soit bouleversée à jamais. Pour qu'elle commette l'irréparable. La violence de ses mots étaient gravés à jamais dans sa mémoire, ainsi que son regard de dégoût lorsqu'il avait appris pour eux.

Elizabeth ferma les yeux, et se laissa porter par ce que lui montrèrent ses souvenirs.

Deux ans auparavant...

Encore une mission difficile pour sga1, une mission qui fut à deux doigts de se solder par la mort de l'équipe. Ce n'est pas comme si elle ne l'avait pas prévenu. Ne pas s'immiscer dans leurs conflits, un ordre simple qui n'aurait pas dû souffrir de la moindre contestation. En diplomate de renom, Elizabeth était très bien placée pour savoir qu'il n'y a jamais rien de bon au fait de s'ingérer dans un guerre que se livre deux peuples depuis des siècles. On ne peut pas juger en prenant seulement en compte le point de vue d'une partie. Et comment savoir quelle est la cause juste? Au fil du temps, l'origine même du conflit s'estompe, on se sait plus pourquoi on se bat, mais on continue. Finalement, la guerre n'est plus qu'une routine, une coutume, et une rage qu'on aime nourrir au gré du temps.

Alors pourquoi ne m'a t-il pas écouté? Pourquoi me désobéir encore?

Il agissait toujours de manière impulsive, selon son instinct. Or, en l'espèce, son l'instinct l'avait très mal conseillé.

En voulant aider un peuple qui se prétendait placé sous la terreur de son rival, sga1 avait commis une erreur de jugement. Faute d'informations, elle avait aidé un peuple qui ne voulait en aucun cas mettre un terme au conflit, mais qui n'avait pour seule motivation que celle d'éradiquer son ennemi. En prenant conscience de la tromperie, toute l'équipe fut capturée en attendant leurs exécution à venir. Sans leurs évasions in extremis, ils seraient tous morts.

- « On va bien Elizabeth, alors calme toi »

- « Oui, vous allez bien, mais la prochaine fois quant sera t-il? » explosa t-elle après avoir fermer la porte de son bureau. « Quand va tu enfin écouter mes ordres? »

- « Je ne pouvais pas rester inactif, tu n'étais pas là pour voir ces orphelins et ces veuves. Ils nous ont manipulés, ok je l'avoue. »

Elizabeth laissa échapper un soupir. Comment lui faire comprendre?

- « Le problème John, c'est que tu crois bon de surpasser mes ordres quand bon te semble. N'as -tu pas confiance en moi ou quoi? »

- « Si »

L'angoisse, la tension de ces dernières heures retomba sur ses épaules, l'empêchant alors de garder son calme et son tact.

- « Alors pourquoi?! » tempêta t-elle. « Pourquoi n'en as tu fais qu'à ta tête? Sortir avec moi ne te donne pas un droit. Je suis et je reste ta supérieure! »

John recula face à la violence de ces mots.

- « Non mais je rêve, tu penses sérieusement ce que tu dis » lui rétorqua t-il en renchérissant sur le même ton hargneux.

- « C'est l'impression que j'ai parfois, oui » mentit-elle afin qu'il comprenne sa position délicate au vu des autres. Elle n'avait pas à tout lui passer.

- « Donc tu penses que je couche avec toi afin d'obtenir des avantages? Une sorte de promotion canapé ?»

John avait reformulé les pensées de la jeune femme sous forme de question, mais la réponse n'amenait aucune contradiction au vu de son intonation de voix méprisante.

- « Il suffit que je claque des doigts pour mettre une fille dans mon lit, pourtant, c'est toi que j'ai choisi » en mimant le geste à la parole.

Sa voix était froide, cassante, comme rarement elle ne l'avait entendu.

- « Tu... tu m'as choisi » dit-elle, la voix tremblante.

Il l'avait choisi. Comme on choisit une chemise... Comme on choisit les fruits et légumes sur un étalage au marché... Où était passé l'homme qui lui chuchotait des mots d'amour, qui la faisait se sentir unique?

- « Tu vois très bien ce que je veux dire »

- « Non, justement, explique moi! A t'entendre, je ne suis qu'un vulgaire objet! »

- « Un vulgaire objet! Tu te fous de moi, qui c'est qui ne veut pas se montrer avec moi? Ca pourrait mettre un coup à ton autorité en sachant que tu te tappes le chef militaire. Je suis juste bon pour te procurer un orgasme! D'ailleurs, il ne m'a pas fallu beaucoup d'efforts pour que tu écartes les cuisses! Un petit compliment et hop l'affaire était dans le sac!

Elizabeth plaça une main devant sa bouche, choquée par ses paroles. Ces paroles qui la faisaient passer pour une marie-couche-toi-là.

Son regard chargé d'animosité, lui indiqua qu'elle avait raison.

- « Je me suis dis au départ que tu avais besoin de temps pour nous, et puis... Bordel! Elizabeth ça fait un an et tu te comportes encore comme une gamine qui a du mal à annoncer à ses parents qu'elle a un copain et qu'elle n'est plus vierge! »

La dureté de ses paroles donna le tournis à la jeune femme qui dû s'appuyer contre le rebord de son bureau pour ne pas perdre l'équilibre.

- « Elizabeth... »

Par un signe de la main, elle lui intima de se taire. Ne plus l'entendre. Elle ne pouvait pas en supporter davantage.

- « Je me suis plantée sur toute la ligne ou quoi? »

Une question plus pour elle même que pour John. L'homme en face d'elle était un inconnu. Elle ne le reconnaissait plus...

Avait-il joué avec elle en lui affirmant l'aimer? Cette année avec lui n'avait donc été qu'un rêve, quelque chose de factice créé par son orgueil et son besoin d'être aimé. Une illusion éphémère.

Elle baissa son regard, ne supportant plus les yeux de cet homme qui lui paressait désormais si peu familier. Sa respiration se fit anarchique. Elle suffoqua à mesure que ses dernières barrières s'effondraient, libérant quelques larmes de douleur et de trahison.

- « J'ai besoin d'air » annonça t-elle en tournant les talons en direction de la porte.

John tenta de la retenir par le bras, avec un peu plus de force et de conviction, il y serait arrivé.


à suivre...